כׇּל הַמַּפְקִיד, עַל דַּעַת אִשְׁתּוֹ וּבָנָיו הוּא מַפְקִיד.
En ce qui concerne quiconque dépose un objet auprès d’un autre, cela se fait en étant conscient que, parfois, sa femme et ses enfants garderont l’objet qu’il dépose. Par conséquent, j’étais en droit de remettre le dépôt à ma mère.
נֵימָא לַהּ לְאִימֵּיהּ: זִילִי שַׁלִּימִי, אָמְרָה: לָא אֲמַר לִי דְּלָאו דִּידֵיהּ נִינְהוּ דְּאֶקְבְּרִינְהוּ.
Disons à sa mère : Va et paie. Elle peut dire : Mon fils ne m’a pas dit que l’argent n’est pas à lui pour que je l’enterre, ce qui est la méthode optimale pour protéger l’argent.
נֵימָא לֵיהּ: אַמַּאי לָא אֲמַרְתְּ לַהּ? אָמַר: כׇּל שֶׁכֵּן, דְּכִי אָמֵינָא לַהּ דְּדִידִי נִינְהוּ – טְפֵי מִזְדַּהֲרָא בְּהוּ.
Disons au dépositaire : Pourquoi ne lui as-tu pas dit que l’argent n’est pas à toi ? Il peut dire : À plus forte raison que mon omission de cette information était préférable, car lorsque je lui dis que l’argent est à moi, elle est encore plus prudente avec lui.
אֶלָּא אָמַר רָבָא: מִשְׁתְּבַע אִיהוּ דְּהָנְהוּ זוּזֵי אַשְׁלְמִינְהוּ לְאִימֵּיהּ, וּמִשְׁתַּבְעָא אִימֵּיהּ דְּהָנְהוּ זוּזֵי אוֹתְבִינְהוּ בְּקַרְטְלִיתָא וְאִיגְּנוּב – וּפָטוּר.
Au contraire, Rava a dit : le dépositaire jure qu’il a remis l’argent à sa mère, et sa mère jure qu’elle a placé l’argent dans le coffre et qu’il a été volé, et le dépositaire est exempté de paiement.
הָהוּא אַפּוֹטְרוֹפָּא דְיַתְמֵי דִּזְבַן לְהוּ תּוֹרָא לְיַתְמֵי וּמַסְרֵיהּ לְבַקָּרָא. לָא הֲווֹ לֵיהּ כַּכֵּי וְשִׁינֵּי לְמֵיכַל, וּמִית. אָמַר רָמֵי בַּר חָמָא: הֵיכִי נְדַיְינוּ דַּיָּינֵי לְהַאי דִּינָא?
La Guemara rapporte : Il y avait un certain intendant qui agissait au nom d’orphelins, qui acheta un bœuf pour les orphelins et le remit au bouvier. Ce bœuf n’avait pas de molaires ni d’autres dents avec lesquelles manger, et le bœuf mourut parce qu’il était incapable de manger la nourriture habituelle des bœufs. Rami bar Ḥama dit : Comment les juges doivent-ils statuer dans ce cas ?
נֵימָא לֵיהּ לְאַפּוֹטְרוֹפָּא: זִיל שַׁלֵּים, אָמַר: אֲנָא לְבַקָּרָא מְסַרְתֵּיהּ.
Qu'ils disent à l'intendant : Va payer pour le bœuf mort. Mais il peut dire : Je l'ai donné au vacher en pensant qu'il en prendrait soin.
נֵימָא לֵיהּ לְבַקָּרָא: זִיל שַׁלֵּים, אָמַר: אֲנָא בַּהֲדֵי תּוֹרֵי אוֹקֵימְתֵּיהּ, אוּכְלָא שְׁדַאי לֵיהּ, לָא הֲוָה יָדַעְינָא דְּלָא אֲכַל.
Disons au bouvier : Va payer pour le bœuf mort. Il peut dire : J’ai placé le bœuf avec d’autres bœufs et j’ai jeté de la nourriture devant lui. Nous ne savions pas qu’il ne mangeait pas.
מִכְּדֵי בַּקָּרָא שׁוֹמֵר שָׂכָר דְּיַתְמֵי הוּא! אִיבְּעִי לֵיהּ לְעַיּוֹנֵי אִי אִיכָּא פְּסֵידָא דְיַתְמֵי. הָכִי נָמֵי, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – דְּלֵיכָּא פְּסֵידָא דְיַתְמֵי, דְּאַשְׁכְּחוּהּ לְמָרֵיהּ דְּתוֹרָא וּשְׁקוּל יַתְמֵי זוּזֵי מִינֵּיהּ.
La Guemara demande : Après tout, le bouvier est un dépositaire rémunéré des orphelins. Par conséquent, il était tenu d’examiner la situation et de vérifier si le bœuf mangeait. La Guemara répond : S’il y avait eu une perte pour les orphelins, en effet, le bouvier aurait été tenu de payer. Et de quel cas s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où il n’y a pas de perte subie par les orphelins, puisqu’ils ont retrouvé l’ancien propriétaire du bœuf, qui le leur avait vendu, et les orphelins ont récupéré leur argent auprès de lui après avoir découvert que le bœuf avait ce défaut.
אֶלָּא מַאן קָא טָעֵין? מָרֵיהּ דְּתוֹרָא קָטָעֵין. אִיבְּעִי לֵיהּ לְאוֹדוֹעַן! מַאי מוֹדְעִינַן לֵיהּ? מִידָּע יָדַע דְּמִקָּח טָעוּת הָוֵי. בְּסַפְסֵירָא דְּזָבֵן מֵהָכָא וּמְזַבֵּין לְהָכָא, הִלְכָּךְ מִישְׁתְּבַע אִיהוּ דְּלָא הֲוָה יָדַע, וּמְשַׁלֵּם בַּקָּרָא דְּמֵי בָשָׂר בְּזוֹל.
La Guemara demande : Alors, qui réclame une indemnisation au vacher ? Le propriétaire précédent du bœuf réclame une indemnisation à l’intendant : Il aurait dû nous informer que le bœuf ne mangeait pas. La Guemara répond : Que lui informerions-nous, au propriétaire précédent ? Il sait qu’il s’agit d’une transaction erronée, puisqu’il saurait que le bœuf n’avait pas de dents. La Guemara explique : Il s’agit d’un cas concernant un marchand qui achète ici et vend là-bas et qui ne connaît pas l’état du bœuf. Par conséquent, le marchand prête serment qu’il ne savait pas le défaut du bœuf, et le vacher paie la valeur de la viande du bœuf selon le prix le moins cher disponible sur le marché.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאַפְקֵיד כְּשׁוּתָא גַּבֵּי חַבְרֵיהּ, הֲוָה לֵיהּ לְדִידֵיהּ נָמֵי כַּרְיָא דִכְשׁוּתָא. אֲמַר לֵיהּ לְסַרְסְיֵהּ: מֵהַאי רְמֵי. אֲזַל רְמָא מֵאִידַּךְ. אָמַר רַב עַמְרָם: הֵיכִי נְדַיְינוּ דַּיָּינֵי לְהַאי דִּינָא?
La Guemara rapporte : Il y avait un certain homme qui avait déposé du houblon, utilisé dans la production de bière, auprès d’un autre. Le dépositaire avait lui-même un tas de houblon. Le dépositaire dit à son brasseur : Jette du houblon dans la bière de ce tas. Le brasseur alla et en jeta du tas autre, le tas de celui qui avait déposé le houblon, dans la bière. Rav Amram dit : Comment les juges doivent-ils statuer dans ce cas ?
נֵימָא לֵיהּ לְדִידֵיהּ: זִיל שַׁלֵּים, אָמַר: אֲנָא אָמְרִי לֵיהּ מֵהַאי רְמִי.
Disons au dépositaire : Va payer. Mais il peut dire : Je lui ai dit, c’est-à-dire au brasseur : Jette du houblon de ce tas, et je ne suis pas en faute.
נֵימָא לֵיהּ לְסַרְסְיֵהּ: זִיל שַׁלֵּים, אָמַר: לָא אֲמַר לִי מֵהַאי רְמִי וּמֵהַאי לָא תִּרְמֵי.
Disons au brasseur : Va payer. Il peut dire : Le dépositaire ne m’a pas dit : Jette du houblon de ce tas et ne jette pas de houblon de cet autre tas. Je pensais qu’il ne faisait que donner un conseil, et je ne savais pas qu’il insistait pour que je m’abstienne d’utiliser l’autre houblon.
וְאִי דִּשְׁהָא שִׁיעוּר לְאֵיתוֹיֵי לֵיהּ וְלָא אַיְיתִי לֵיהּ – גַּלִּי אַדַּעְתֵּיהּ דְּנִיחָא לֵיהּ! בִּדְלָא שְׁהָא.
La Guemara commente : Et si le houblon du dépositaire était plus proche de l’endroit où lui et le brasseur se trouvaient que celui qui lui avait été déposé, le dépositaire devrait être tenu responsable. Car, si le brasseur a tardé à apporter le houblon pendant la période de temps qu’il aurait fallu pour apporter le houblon du dépositaire depuis son propre tas et qu’il ne l’a pas encore apporté jusqu’à lui, on présume que le dépositaire a compris que le brasseur était allé apporter le houblon déposé, plus éloigné. En ne s’y opposant pas, le dépositaire a révélé qu’il était disposé à brasser la bière à partir du houblon déposé. La Guemara répond : C’est un cas où il n’a pas tardé à apporter le houblon ou, alternativement, les deux tas étaient à égale distance de lui.
סוֹף סוֹף, מַאי פְּסֵידָא אִיכָּא? וְהָא קָא מִשְׁתָּרְשִׁי לֵיהּ! אָמַר רַב סַמָּא בְּרֵיהּ דְּרָבָא: דַּהֲוָה שִׁיכְרָא חַלָּא. רַב אָשֵׁי אָמַר: בְּכִיסֵי,
La Guemara demande : En fin de compte, quelle perte y a-t-il ? Mais le dépositaire n’en tire-t-il pas profit dans ce cas ? Que le dépositaire donne au propriétaire de la bière équivalente à la valeur du houblon qu’il a pris du dépôt, et personne n’y perd. Rav Sama, fils de Rava, a dit : La Guemara parle d’un cas où la bière fermente et devient du vinaigre. Il est donc impossible de prélever la valeur du houblon sur la bière. Rav Ashi a dit : Il s’agit d’un cas où le houblon était mélangé à des épines et n’a pas amélioré la bière.