וּמַחְרוֹזוֹת שֶׁל דָּגִים. אַמַּאי? לֶהֱוֵי קֶשֶׁר סִימָן! בְּקִטְרָא דְּצַיָּידֵא, דְּכוּלֵּי עָלְמָא הָכִי מְקַטְּרִי. וְלֶהֱוֵי מִנְיָן סִימָן! בְּמִנְיָנָא דְּשָׁוִין.
§ La michna enseigne que des chapelets de poissons figurent parmi la liste des objets trouvés que l’on peut garder. La Guemara demande : Pourquoi ne pas laisser le nœud avec lequel les poissons sont attachés servir de signe distinctif ? La Guemara répond : La michna parle du nœud du pêcheur, avec lequel tout le monde attache ses poissons, et qui n’est pas distinctif. La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas laisser le nombre de poissons attachés sur le chapelet servir de signe distinctif ? La Guemara répond : La michna parle d’un nombre de poissons qui est égal à celui de tous les chapelets de poissons dans cette région.
בְּעוֹ מִינֵּיהּ מֵרַב שֵׁשֶׁת: [מִנְיָן] הָוֵי סִימָן אוֹ לָא הָוֵי סִימָן? אֲמַר לְהוּ רַב שֵׁשֶׁת: תְּנֵיתוּהָ, מָצָא כְּלֵי כֶסֶף וּכְלֵי נְחוֹשֶׁת, גִּסְטְרוֹן שֶׁל אֲבָר, וְכׇל כְּלֵי מַתָּכוֹת – הֲרֵי זֶה לֹא יַחֲזִיר עַד שֶׁיִּתֵּן אוֹת, אוֹ עַד שֶׁיְּכַוֵּין מִשְׁקְלוֹתָיו. וּמִדְּמִשְׁקָל הָוֵי סִימָן, מִדָּה וּמִנְיָן נָמֵי הָוֵי סִימָן.
Les Sages soulevèrent un dilemme devant Rav Sheshet : Pour des objets qui n’ont pas d’autre signe distinctif, leur nombre est-il un signe distinctif ou ne l’est-il pas ? Rav Sheshet leur dit : Vous l’avez appris dans une baraita : Si quelqu’un a trouvé des récipients en argent, des récipients en cuivre, des fragments de plomb et tout récipient en métal, cette personne qui les a trouvés ne devra pas rendre l’objet à son propriétaire jusqu’à ce que le propriétaire fournisse un signe distinctif ou jusqu’à ce que le propriétaire indique avec précision son poids. Et du fait que le poids sert de signe distinctif, la mesure et le nombre aussi servent de signe distinctif.
וַחֲתִיכוֹת שֶׁל בָּשָׂר וְכוּ׳. אַמַּאי? לֶהֱוֵי מַשְׁקְלָא סִימָן! בְּמַשְׁקְלָא דְּשָׁוִין. וְתֶהֱוֵי חֲתִיכָה גּוּפַהּ סִימָן, אוֹ דְּדָפְקָא אוֹ דְּאַטְמָא! מִי לָא תַּנְיָא: מָצָא חֲתִיכוֹת דָּגִים וְדָג נָשׁוּךְ – חַיָּיב לְהַכְרִיז. חָבִיּוֹת שֶׁל יַיִן וְשֶׁל שֶׁמֶן וְשֶׁל תְּבוּאָה וְשֶׁל גְּרוֹגְרוֹת וְשֶׁל זֵיתִים – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ.
La michna enseigne que des morceaux de viande figurent parmi la liste des objets trouvés que l’on peut garder. La Guemara demande : Pourquoi ne pas laisser le poids du morceau servir de signe distinctif ? La Guemara répond : La michna parle d’un poids identique, c’est-à-dire que tous les morceaux de viande dans cette zone ont ce poids. La Guemara demande : Mais pourquoi ne pas laisser le morceau de viande lui-même servir de signe distinctif, puisqu’il provenait, par exemple, soit du cou, soit de la cuisse de l’animal ? N’est-il pas enseigné dans une baraita : Si quelqu’un a trouvé des morceaux de poisson, ou un poisson qui avait été mordu, il est tenu de proclamer sa trouvaille, et s’il a trouvé des tonneaux de vin, ou d’huile, ou de grain, ou de figues sèches, ou d’olives, ceux-ci lui appartiennent à lui ? Apparemment, le signe distinctif dans les morceaux de poisson est la partie du poisson dont ils ont été coupés.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בִּדְאִיכָּא סִימָנָא בִּפְסָקָא, כִּי הָא דְּרַבָּה בַּר רַב הוּנָא מְחַתֵּיךְ לֵיהּ אַתְּלָת קַרְנָתָא. דַּיְקָא נָמֵי דְּקָתָנֵי דּוּמְיָא דְּדָג נָשׁוּךְ, שְׁמַע מִינַּהּ.
La Guemara répond : De quoi s’agit-il ici dans la baraita ? Il s’agit d’un cas où il y a un signe distinctif dans la forme de la coupe, comme dans ce cas de Rabba bar Rav Huna, qui coupait la viande avec trois coins, formant un triangle. Le signe distinctif n’est pas la partie du poisson d’où il a été coupé. Le langage de la baraitaest également précis, car le cas des morceaux de poisson est enseigné juxtaposé et semblable à un poisson qui a été mordu, auquel cas la morsure est un signe distinctif. La Guemara conclut : Apprends-en que c’est la forme de la coupe qui est un signe distinctif, et non l’endroit d’où il a été coupé.
אָמַר מָר: חָבִיּוֹת שֶׁל יַיִן וְשֶׁל שֶׁמֶן וְשֶׁל תְּבוּאָה וְשֶׁל גְּרוֹגְרוֹת וְשֶׁל זֵיתִים – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. וְהָא תְּנַן: כַּדֵּי יַיִן וְכַדֵּי שֶׁמֶן חַיָּיב לְהַכְרִיז! אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב: מַתְנִיתִין בְּרָשׁוּם. מִכְּלָל דְּבָרַיְיתָא בְּפָתוּחַ, אִי בְּפָתוּחַ – אֲבֵידָה מִדַּעַת הִיא. אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: בְּמֵצִיף.
Le Maître a dit dans la baraita : Si quelqu’un a trouvé des tonneaux de vin, ou d’huile, ou de grain, ou de figues sèches, ou d’olives, ceux-ci lui appartiennent à lui. La Guemara demande : Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (25a) : En ce qui concerne des cruches de vin ou des cruches d’huile, si quelqu’un en trouve une, il est tenu de proclamer sa trouvaille. Rabbi Zeira a dit que Rav a dit : La michna fait référence à un cas de cruches scellées. Chaque personne scelle ses cruches et ses tonneaux d’une manière unique. Par conséquent, le sceau constitue un signe distinctif. La Guemara demande : On peut conclure par inférence que la baraita fait référence à un cas de tonneaux ouverts, et si elle fait référence à un cas de tonneaux ouverts, il s’agit d’une perte délibérée. Puisque le vin dans des tonneaux ouverts se gâtera, il est évident qu’il n’est pas nécessaire de le rendre au propriétaire. Rav Hoshaya dit : La baraita fait référence à un cas où quelqu’un couvre le tonneau avec le couvercle mais ne le scelle pas.
אַבָּיֵי אָמַר: אֲפִילּוּ תֵּימָא אִידֵּי וְאִידֵּי בְּרָשׁוּם, וְלָא קַשְׁיָא: כָּאן – קוֹדֶם שֶׁנִּפְתְּחוּ הָאוֹצָרוֹת, כָּאן – לְאַחַר שֶׁנִּפְתְּחוּ הָאוֹצָרוֹת. כִּי הָא דְּרַב יַעֲקֹב בַּר אַבָּא אַשְׁכַּח חָבִיתָא דְחַמְרָא לְאַחַר שֶׁנִּפְתְּחוּ הָאוֹצָרוֹת, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּאַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: זִיל שְׁקוֹל לְנַפְשָׁךְ.
Abaye a dit : Toi, tu peux même dire que tant cette michna que cette baraita se réfèrent à des cruches et des tonneaux qui sont scellés, et cela n’est pas difficile. Ici, dans la michna, où l’on est tenu de rendre les cruches, il s’agit d’un cas où l’on a trouvé les cruches avant que les entrepôts de vin n’aient été ouverts. À ce moment-là, le signe distinctif du sceau prouve que la cruche appartient à son propriétaire. Là-bas, dans la baraita, où l’on n’est pas tenu de rendre les tonneaux, il s’agit d’un cas où l’on a trouvé les tonneaux après que les entrepôts de vin ont été ouverts. Puisque les commerçants ont vendu leurs tonneaux au public, le sceau ne servirait plus d’indicateur de l’identité du propriétaire. C’est exactement comme dans ce cas où Rav Ya’akov bar Abba a trouvé un tonneau de vin après l’ouverture des entrepôts. Il est venu devant Abaye pour déterminer ce qu’il devait faire du tonneau. Abaye lui a dit : Va, prends le tonneau pour toi.
בְּעָא מִינֵּיהּ רַב בִּיבִי מֵרַב נַחְמָן: מָקוֹם הָוֵי סִימָן, אוֹ לָא הָוֵי סִימָן? אֲמַר לֵיהּ: תְּנֵיתוּהָ, מָצָא חָבִיּוֹת שֶׁל יַיִן וְשֶׁל שֶׁמֶן וְשֶׁל תְּבוּאָה וְשֶׁל גְּרוֹגְרוֹת וְשֶׁל זֵיתִים – הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ. וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּמָקוֹם הָוֵי סִימָן, לִכְרוֹז מָקוֹם! אָמַר רַב זְבִיד, הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן? בְּרַקְּתָא דְנַהֲרָא.
§ Rav Beivai souleva un dilemme devant Rav Naḥman : est-ce que le lieu où l’objet perdu a été trouvé constitue un signe distinctif, ou ne constitue pas un signe distinctif ? Rav Naḥman lui dit que tu l’as appris dans la baraita : Si quelqu’un a trouvé des tonneaux de vin, ou d’huile, ou de grain, ou de figues sèches, ou d’olives, ceux-ci lui appartiennent à lui. Et s’il te vient à l’esprit que le lieu est un signe distinctif, que celui qui a trouvé proclame ce qu’il a trouvé, et que le lieu serve de signe distinctif. Rav Zevid dit : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons du cas d’un tonneau trouvé sur la rive du fleuve. Puisque c’est l’endroit où les bateaux accostent et où des marchandises appartenant à de nombreuses personnes sont chargées et déchargées, la rive d’un fleuve ne peut pas servir de signe distinctif.
אָמַר רַב מָרִי: מַאי טַעְמָא אֲמַרוּ רַבָּנַן רַקְּתָא דְנַהֲרָא לָא הָוֵי סִימָן? דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: כִּי הֵיכִי דְּאִתְרְמִי לְדִידָךְ אִתְרְמִי נָמֵי לְחַבְרָךְ. אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב מָרִי: מַאי טַעְמָא אֲמַרוּ רַבָּנַן מָקוֹם לָא הָוֵי סִימָן? דְּאָמְרִינַן לֵיהּ: כִּי הֵיכִי דְּאִתְרְמִי לְדִידָךְ הַאי מְקוֹם, אִתְרְמִי נָמֵי לְחַבְרָךְ הַאי מָקוֹם.
Rav Mari a dit : Quelle est la raison pour laquelle les Sages ont dit que, dans le cas d’un objet perdu, l’emplacement de la berge d’une rivière n’est pas un signe distinctif ? C’est parce que nous disons à celui qui cherche à récupérer son objet en indiquant son emplacement sur la berge d’une rivière : De même qu’il est arrivé que vous y perdiez un objet, il est aussi arrivé qu’une autre personne y perde un objet. Certains disent une version légèrement différente de ce que Rav Mari a dit : Quelle est la raison pour laquelle les Sages ont dit que l’emplacement n’est pas un signe distinctif ? C’est parce que nous disons à celui qui cherche à récupérer son objet en indiquant son emplacement : De même qu’il est arrivé que vous ayez placé un objet à cet endroit, il est aussi arrivé qu’une autre personne ait placé un objet à cet endroit.
הָהוּא גַּבְרָא דְּאַשְׁכַּח כּוּפְרָא בֵּי מַעֲצַרְתָּא, אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב, אֲמַר לֵיהּ: זִיל שְׁקוֹל לְנַפְשָׁךְ. חַזְיֵיהּ דַּהֲוָה קָא מְחַסֵּם, אֲמַר לֵיהּ: זִיל פְּלוֹג לֵיהּ לְחִיָּיא בְּרִי מִינֵּיהּ. לֵימָא קָא סָבַר רַב מָקוֹם לָא הָוֵי סִימָן? אָמַר רַבִּי אַבָּא: מִשּׁוּם יֵאוּשׁ בְּעָלִים נָגְעוּ בָּהּ, דַּחֲזָא דְּקָדְחִי בֵּיהּ חִלְפֵי.
La Guemara raconte : Il y avait un certain homme qui trouva du goudron près du pressoir à vin. Il se présenta devant Rav pour déterminer ce qu’il devait faire du goudron. Rav lui dit : Va prendre le goudron pour toi. Rav vit que l’homme hésitait, incertain d’y avoir droit. Rav, dans une tentative d’apaiser ses scrupules, lui dit : Va le partager avec Ḥiyya, mon fils, car Rav ne voudrait certainement pas que son fils prenne une part d’un objet volé. La Guemara suggère : Disons que Rav soutient que l’endroit n’est pas un signe distinctif. Rabbi Abba dit : Ce n’est pas le raisonnement de Rav. Au contraire, c’est en raison du désespoir de son propriétaire que les Sages ont abordé cette question et ont permis à celui qui trouve un tel objet de le garder. Car Rav vit que de l’herbe poussait à travers le goudron, indiquant qu’il était là depuis longtemps.
רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר אוֹמֵר וְכוּ׳. מַאי אַנְפּוּרְיָא? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: כֵּלִים חֲדָשִׁים שֶׁלֹּא שְׂבָעָתַן הָעַיִן. הֵיכִי דָמֵי? אִי אִית בְּהוּ סִימָן – כִּי לֹא שְׂבָעָתַן הָעַיִן מַאי הָוֵי? אִי דְּלֵית בְּהוּ סִימָן – כִּי שְׂבָעָתַן הָעַיִן מַאי הָוֵי?
§ La michna enseigne : Rabbi Shimon ben Elazar dit : Si quelqu’un trouve des récipients anpurya, il n’est pas tenu de proclamer sa trouvaille. La Guemara demande : Que sont les récipients anpurya ? Rav Yehouda dit que Shmuel dit : Ce sont des récipients neufs, car l’œil de leur acheteur ne les a pas encore vus suffisamment pour pouvoir les reconnaître. La Guemara demande : Quelles sont les circonstances ? S’il y a un signe distinctif sur les récipients, lorsque l’œil de leur acheteur ne les a pas encore vus suffisamment, qu’importe ? Il peut décrire le signe même après un bref coup d’œil et réclamer son objet. S’il n’y a pas de signe distinctif sur les récipients, alors lorsque l’œil de celui qui les achète les a suffisamment vus, qu’importe ?
לְעוֹלָם דְּלֵית בְּהוּ סִימָן – נָפְקָא מִינַּהּ לְאַהְדּוֹרֵי לְצוּרְבָּא מֵרַבָּנַן בִּטְבִיעוּת עֵינָא. שְׂבָעָתַן הָעַיִן – קִים לֵיהּ בְּגַוַּיְיהוּ וּמַהְדְּרִינַן לֵיהּ. כִּי לֹא שְׂבָעָתַן הָעַיִן – לָא קִים לֵיהּ בְּגַוַּיְיהוּ, וְלָא מַהְדְּרִינַן לֵיהּ, דְּאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּהָנֵי תְּלָת מִילֵּי עֲבִידִי רַבָּנַן דִּמְשַׁנּוּ בְּמִלַּיְיהוּ – בְּמַסֶּכֶת, וּבְפוּרְיָא
La Guemara répond : En réalité, c’est un récipient dans lequel il n’y a aucun signe distinctif, et la différence pratique concerne le fait de rendre le récipient à un érudit de la Torah sur la base de la reconnaissance visuelle. Lorsque l’œil d’un érudit de la Torah les a suffisamment vus, il en est certain, et nous lui rendons un objet perdu sur la base de sa description du récipient. Lorsque l’œil d’un érudit de la Torah ne les a pas suffisamment vus, il n’en est pas certain, et nous ne lui rendons pas un objet perdu comme Rav Yehuda dit que Shmuel dit : En ce qui concerne ces trois choses seulement, il est normal que les Sages modifient leurs propos et s’écartent de la vérité : En ce qui concerne un traité, si on lui demande s’il a étudié un traité particulier, il peut humblement dire que non, même s’il l’a fait. Et en ce qui concerne un lit, si on lui demande s’il a dormi dans un lit particulier, il peut dire que non, afin d’éviter la honte au cas où un résidu inconvenant serait trouvé sur le lit.