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הַמַּגִּיעַ לַכְּתֵפַיִם, כָּאן בְּשֶׁבַח שֶׁאֵינוֹ מַגִּיעַ לַכְּתֵפַיִם.
du champ qui atteint les épaules d’une personne, c’est-à-dire la récolte qui a poussé grâce aux améliorations apportées par l’acheteur est presque entièrement développée et mûre, et elle peut bientôt être récoltée et portée sur les épaules d’une personne. À ce stade, la récolte est considérée comme indépendante de la terre et n’est donc pas perçue par le créancier à moins qu’il ne paie les dépenses. Et là-bas, dans la déclaration de Shmuel selon laquelle le créancier perçoit la plus-value sans payer de compensation, il s’agit d’une plus-value qui n’atteint pas les épaules d’une personne, c’est-à-dire dont la croissance n’est pas presque achevée. À ce stade, la récolte est considérée comme faisant partie de la terre.
וְהָא מַעֲשִׂים בְּכׇל יוֹם, וְקָא מַגְבֵּי שְׁמוּאֵל אֲפִילּוּ בְּשֶׁבַח הַמַּגִּיעַ לִכְתֵפַיִם!
La Guemara demande : Mais il y avait des incidents quotidiens de ce type, et Shmuel percevait le paiement des acheteurs même pour l’amélioration qui atteint les épaules, sans exiger que les créanciers les indemnisent pour leurs dépenses.
לָא קַשְׁיָא: הָא דְּמַסֵּיק בֵּיהּ כְּשִׁיעוּר אַרְעָא וּשְׁבָחָא. הָא דְּלָא מַסֵּיק בֵּיהּ אֶלָּא כְּשִׁיעוּר אַרְעָא, דְּיָהֵיב לֵיהּ שְׁבָחֵיהּ וּמְסַלֵּיק לֵיהּ.
La Guemara répond que cela n’est pas difficile; ces cas où Shmuel n’exigeait pas que le créancier indemnise l’acheteur étaient des cas le créancier avait à recevoir du débiteur la même somme d’argent que la valeur du terrain et de l’amélioration. Cette baraita, qui affirme que le créancier doit indemniser l’acheteur pour l’amélioration, se réfère à un cas où il avait à recevoir du débiteur seulement la même somme d’argent que la valeur du terrain, sans l’amélioration, car dans ce cas le créancier donne à l’acheteur la valeur de son amélioration du terrain et par là écarte de l’acheteur toute revendication sur le terrain.
הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: אִי אִית לֵיהּ זוּזֵי לְלוֹקֵחַ לָא מָצֵי מְסַלֵּיק לֵיהּ לְבַעַל חוֹב, שַׁפִּיר. אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר כִּי אִית לֵיהּ זוּזֵי לְלוֹקֵחַ מָצֵי מְסַלֵּיק לֵיהּ לְבַעַל חוֹב, נֵימָא לֵיהּ: אִילּוּ הֲוָה לִי זוּזֵי, הֲוָה מְסַלְּקִינָּךְ מִכּוּלַּהּ אַרְעָא, הַשְׁתָּא דְּלֵית לִי זוּזֵי, הַב לִי גְּרִבָא דְאַרְעָא (בְּאַרְעָא) [בְּהָא אַרְעָא] שִׁיעוּר שְׁבָחַאי!
La Guemara demande : Cela s’explique bien selon celui qui dit que même si l’acheteur a de l’argent, il ne peut pas écarter le créancier de sa revendication sur le terrain en en payant la valeur. Mais selon celui qui dit que, lorsque l’acheteur a de l’argent, il peut écarter le créancier en payant la valeur du terrain, que l’acheteur lui dise : Si j’avais de l’argent, je t’aurais écarté de tout le terrain. Maintenant que je n’ai pas assez d’argent pour rembourser toute la dette, donne-moi au moins un se’a de terrain pris sur le terrain que tu souhaites reprendre, ce qui correspond à la mesure de mon amélioration.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁעֲשָׂאוֹ אַפּוֹתֵיקֵי. דַּאֲמַר לֵיהּ: לֹא יְהֵא לְךָ פֵּרָעוֹן אֶלָּא מִזּוֹ.
La Guemara répond : Ici, nous traitons d’un cas le débiteur, qui a vendu cette terre à l’acheteur, a désigné sa terre comme remboursement désigné [apoteiki] pour la dette, comme il a dit au créancier : Tu seras remboursé uniquement à partir de cette parcelle de terre. Par conséquent, l’acheteur ne peut écarter le créancier d’aucune partie de la terre, même s’il en a augmenté la valeur.
הִכִּיר בָּהּ שֶׁאֵינָהּ שֶׁלּוֹ וּלְקָחָהּ, אָמַר רַב: מָעוֹת יֵשׁ לוֹ, שֶׁבַח אֵין לוֹ. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֲפִילּוּ מָעוֹת אֵין לוֹ.
§ Dans le cas où quelqu’un a acheté un champ à un voleur et a reconnu qu’il n’était pas au vendeur, c’est-à-dire qu’il savait qu’il s’agissait d’un bien volé, mais l’a néanmoins acheté, lorsque le véritable propriétaire reprend le champ, Rav dit que l’acheteur a le droit d’être remboursé de l’argent qu’il a payé pour le champ, mais n’a pas le droit d’être remboursé pour l’amélioration du champ pendant qu’il était en sa possession. Et Shmuel dit qu’il n’a pas le droit d’être remboursé même de l’argent qu’il a payé pour le champ, puisqu’il savait que la vente était invalide.
בְּמַאי קָמִיפַּלְגִי? רַב סָבַר: אָדָם יוֹדֵעַ שֶׁקַּרְקַע אֵין לוֹ, וְגָמַר וְנָתַן לְשׁוּם פִּקָּדוֹן. וְנֵימָא לֵיהּ לְשׁוּם פִּקָּדוֹן! סָבַר לָא מְקַבֵּל.
La Guemara demande : Concernant quel principe Rav et Chmouel sont-ils en désaccord ? La Guemara répond : Rav soutient qu’une telle personne sait que la vente est invalide et qu’elle n’a pas droit à la terre, et par conséquent elle a clairement décidé de donner l’argent au vendeur comme dépôt. La Guemara demande : Mais si tel est son objectif, qu’il dise au vendeur explicitement qu’il lui donne l’argent comme dépôt. La Guemara répond : L’acheteur a pensé que le vendeur n’accepterait pas cela comme dépôt et, par conséquent, il le lui a donné de cette manière afin qu’il le garde pour lui entre-temps.
וּשְׁמוּאֵל סָבַר: אָדָם יוֹדֵעַ שֶׁקַּרְקַע אֵין לוֹ, וְגָמַר וְנָתַן לְשׁוּם מַתָּנָה. וְנֵימָא לֵיהּ לְשׁוּם מַתָּנָה! כְּסִיפָא לֵיהּ מִילְּתָא.
Et Shmuel soutient qu’une telle personne sait qu’elle n’a pas de droit sur la terre, et par conséquent a clairement décidé de donner l’argent au vendeur en cadeau. La Guemara demande : Mais si c’est le cas, qu’il dise au vendeur qu’il lui donne l’argent en cadeau. La Guemara répond : S’il le disait explicitement, la chose serait embarrassante pour le vendeur. C’est pourquoi l’acheteur a utilisé ce stratagème afin de faire un cadeau au vendeur.
וְהָא פְּלִיגִי בַּיהּ חֲדָא זִימְנָא, דְּאִיתְּמַר: הַמְקַדֵּשׁ אֶת אֲחוֹתוֹ, רַב אָמַר: מָעוֹת חוֹזְרִין, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מָעוֹת מַתָּנָה. רַב אָמַר: מָעוֹת חוֹזְרִין, אָדָם יוֹדֵעַ שֶׁאֵין קִידּוּשִׁין תּוֹפְסִין בַּאֲחוֹתוֹ, וְגָמַר וְנָתַן לְשׁוּם פִּקָּדוֹן. וְנֵימָא לַהּ לְשׁוּם פִּקָּדוֹן! סָבַר לָא מְקַבְּלָה מִינֵּיהּ.
La Guemara demande : Mais Rav et Chmouel ne se sont-ils pas déjà opposés au sujet de ce principe une fois ? Comme il a été enseigné au sujet de celui qui fiance sa sœur : Rav dit : l’argent qu’il a donné pour les fiançailles est rendu, puisque les fiançailles ne prennent pas effet ; et Chmouel dit : Cet argent est un cadeau, c’est-à-dire qu’il voulait faire un cadeau à sa sœur et qu’il l’a fait de cette manière. Rav dit : l’argent doit être rendu car une personne sait que les fiançailles ne prennent pas effet avec sa sœur, et il a décidé de lui donner l’argent à titre de dépôt. La Guemara soulève une difficulté : Qu’il lui dise donc explicitement qu’il lui donne l’argent à titre de dépôt. La Guemara répond : Il pensait qu’elle ne l’accepterait pas de sa part.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: מָעוֹת מַתָּנָה – אָדָם יוֹדֵעַ שֶׁאֵין קִידּוּשִׁין תּוֹפְסִין בַּאֲחוֹתוֹ, וְגָמַר וְנָתַן לְשׁוּם מַתָּנָה. וְנֵימָא לָהּ לְשׁוּם מַתָּנָה! כְּסִיפָא לַהּ מִילְּתָא
Et Shmuel dit : L’argent est considéré comme un cadeau parce qu’une personne sait que les fiançailles ne prennent pas effet avec sa sœur, et il a décidé de lui donner l’argent à titre de cadeau. La Guemara soulève de nouveau une difficulté : Qu’il lui dise explicitement qu’il le lui donne à titre de cadeau. La Guemara répond : Il pensait que la chose serait embarrassante pour elle et qu’elle refuserait d’accepter l’argent. Il a donc essayé de le lui donner par une autre méthode.
צְרִיכָא: דְּאִי אִיתְּמַר בְּהָא, בְּהָא קָאָמַר רַב, דְּלָא עָבְדִי אִינָשֵׁי דְּיָהֲבִי מַתָּנוֹת לְנוּכְרָאָה. אֲבָל גַּבֵּי אֲחוֹתוֹ אֵימָא מוֹדֵה לֵיהּ לִשְׁמוּאֵל.
La Guemara explique : il est nécessaire de présenter le désaccord dans les deux cas car, s’il n’avait été énoncé que concernant ce cas-là, celui de l’achat d’un bien à un voleur, on aurait pu raisonner que c’est précisément dans ce cas que Rav dit que l’argent retourne à l’acheteur, car les gens n’ont pas l’habitude de faire des cadeaux à des personnes qui ne sont pas de leur famille, et il est donc clair que l’acheteur entendait que l’argent soit un dépôt. Mais concernant le cas de celui qui épouse sa sœur, on aurait pu dire que Rav concède à Shmuel que l’argent a été donné en cadeau. Il est donc nécessaire de présenter l’opinion de Rav dans les deux cas.
וְאִי אִיתְּמַר בְּהָךְ, בְּהָךְ קָאָמַר שְׁמוּאֵל: אֲבָל בְּהָא אֵימָא מוֹדֶה לֵיהּ לְרַב, צְרִיכָא.
Et, inversement, si le désaccord n’avait été énoncé que dans ce cas, c’est-à-dire les fiançailles avec sa propre sœur, on aurait pu raisonner que ce n’est que dans ce cas que Shmuel dit que l’argent est un cadeau, mais dans ce cas-ci, où l’acheteur n’est pas un parent, on pourrait dire que Shmuel concède à Rav que l’argent est un dépôt. Il est donc nécessaire de présenter le désaccord dans les deux cas.
בֵּין לְרַב דְּאָמַר פִּקָּדוֹן, בֵּין לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר מַתָּנָה, הַאי לְאַרְעָא בְּמַאי קָא נָחֵית, וּפֵירוֹת הֵיכִי אָכֵיל?
La Guemara demande : Tant selon Rav, qui dit que l’argent est un dépôt, que selon Shmuel, qui dit que l’argent est un cadeau, lorsque cet acheteur prend possession du terrain bien qu’il sache que son acquisition est invalide, en vertu de quoi prend-il possession du terrain, et comment justifie-t-il le fait de consommer ses fruits ?
סָבַר: אֲנָא אֵיחוֹת לְאַרְעָא וְאֶיעְבֵּיד וְאֵיכוֹל בְּגַוַּיהּ כִּי הֵיכִי דַּהֲוָה קָא עָבֵיד אִיהוּ, לְכִי אָתֵי מָרֵיהּ דְּאַרְעָא זוּזַאי נֶהְווֹ, לְרַב דְּאָמַר פִּקָּדוֹן – פִּקָּדוֹן, לִשְׁמוּאֵל דְּאָמַר מַתָּנָה – מַתָּנָה.
La Guemara répond que l’acheteur raisonne ainsi : Je prendrai possession du terrain et le travaillerai, et je consommerai les produits qui s’y trouvent, tout comme le vendeur l’aurait fait. Et lorsque le propriétaire du terrain viendra le réclamer, l’argent que j’ai payé pour celui-ci sera affecté à une autre fin. Selon Rav, qui dit que l’argent est un dépôt, ce sera un dépôt, et selon Shmuel, qui dit que l’argent est un cadeau, ce sera un cadeau.
אָמַר רָבָא, הִלְכְתָא: יֵשׁ לוֹ מָעוֹת וְיֵשׁ לוֹ שֶׁבַח, וְאַף עַל פִּי שֶׁלֹּא פֵּירֵשׁ לוֹ אֶת הַשֶּׁבַח. הִכִּיר בָּהּ שֶׁאֵינָהּ שֶׁלּוֹ וּלְקָחָהּ – מָעוֹת יֵשׁ לוֹ, שֶׁבַח אֵין לוֹ.
Rava a dit : En ce qui concerne les différends halakhiques susmentionnés, la halakha est que, dans un cas où quelqu’un a acheté un champ et qu’il s’est avéré ensuite qu’il était volé, l’acheteur a le droit d’exiger que le vendeur lui rende l’argent qu’il a payé pour la terre, et il a aussi le droit d’exiger que le vendeur le dédommage pour la valeur de l’amélioration, conformément à l’opinion de Rav. Et telle est la halakhamême si le vendeur ne s’est pas explicitement engagé à le dédommager pour l’amélioration. Mais si l’acheteur savait que le champ n’était pas celui du vendeur et l’a néanmoins acheté, il a le droit d’exiger que le vendeur lui rende l’argent qu’il a payé pour la terre, mais il n’a pas le droit d’exiger une compensation pour l’amélioration, conformément à l’opinion de Rav.
אַחְרָיוּת טָעוּת סוֹפֵר הוּא, בֵּין בִּשְׁטָרֵי הַלְוָאָה, בֵּין בִּשְׁטָרֵי מִקָּח וּמִמְכָּר.
Rava a rendu une autre décision concernant un différend cité plus haut : L’omission de la garantie de la vente dans le document est une erreur de scribe. Telle est la halakhatant en ce qui concerne les billets à ordre que les actes d’achat et de vente, c’est-à-dire les actes de vente.
בְּעָא מִינֵּיהּ שְׁמוּאֵל מֵרַב: חָזַר וּלְקָחָהּ מִבְּעָלִים הָרִאשׁוֹנִים, מַהוּ? אֲמַר לֵיהּ: מָה מָכַר לוֹ רִאשׁוֹן לַשֵּׁנִי – כׇּל זְכוּת שֶׁתָּבֹא לְיָדוֹ.
§ Shmuel demanda à Rav : Si quelqu’un a volé à un autre un champ et l’a vendu, puis l’a acheté au propriétaire d’origine, quelle est la halakha ? Le voleur peut-il maintenant reprendre le champ à la personne à qui il l’a vendu avant de le posséder légalement ? Rav lui dit : Non, il ne le peut pas. Qu’est-ce que le premier homme, le voleur, a vendu au second homme, l’acheteur, lorsqu’il lui a vendu le champ ? Il lui a vendu tous droits sur le champ qui viendront en sa possession. Par conséquent, les droits que le voleur a maintenant acquis sont transférés à l’acheteur.
מַאי טַעְמָא? מָר זוּטְרָא אָמַר: נִיחָא לֵיהּ דְּלָא נִקְרְיֵיהּ גַּזְלָנָא. רַב אָשֵׁי אָמַר: נִיחָא לֵיהּ דְּלֵיקוּ בְּהֵמָנוּתֵיהּ.
La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle le voleur achèterait le terrain qu’il avait déjà vendu afin de valider rétroactivement la vente ? Mar Zutra a dit : Il est préférable pour lui de ne pas être appelé voleur par l’acheteur lorsque le propriétaire initial exige qu’il rende le champ. Rav Ashi a dit : Il est préférable pour lui de préserver sa fiabilité, c’est-à-dire d’être considéré comme une personne honnête.
מַאי בֵּינַיְיהוּ? אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ דְּמִית לוֹקֵחַ: מַאן דְּאָמַר נִיחָא לֵיהּ דְּלָא לִקְרְיֵיהּ גַּזְלָנָא –
La Guemara demande : Quelle est la différence pratique entre ces deux opinions ? La Guemara répond : La différence pratique entre elles est dans un cas l’acheteur est mort. Selon celui qui dit que le voleur l’a acheté parce qu’il est préférable pour lui de ne pas être appelé voleur,

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