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מֵיקֵל,
est indulgent, car il soutient que les donateurs ne sont pas pointilleux à cet égard. Cela montre que Rabban Shimon ben Gamliel n’est pas préoccupé par un changement d’avis si aucun préjudice n’en résulte.
אָמַר אַבָּיֵי, טַעְמָא דְּרַבָּן שִׁמְעוֹן כִּדְמָר. דְּאָמַר מָר: הַאי מַאן דְּנִיחָא לֵיהּ דְּתִתְבַּיַּר אַרְעֵיהּ – לִיזְרְעַהּ שַׁתָּא חִטֵּי וְשַׁתָּא שְׂעָרֵי, שַׁתָּא שְׁתִי וְשַׁתָּא עֵרֶב.
Abaye a dit : la raison de Rabban Shimon ben Gamliel est comme l’a expliqué le Maître, Rabba, le maître d’Abaye, comme le Maître dit : Celui pour qui il est préférable de cultiver et pourtant de garder sa terre aussi fertile que si elle restait en jachère doit semer du blé une année et de l’orge l’année suivante. En outre, il doit semer une année dans le sens de la longueur et l’année suivante dans le sens de la largeur. De cette manière, il empêchera le champ de s’affaiblir.
וְלָא אֲמַרַן אֶלָּא דְּלָא כָּרֵיב וְתָנֵי, אֲבָל כָּרֵיב וְתָנֵי – לֵית לַן בַּהּ.
La Guemara commente : Et nous avons dit que son utilisation de la terre sans suivre ces directives l’affaiblirait seulement là où il ne laboure pas et ne répète pas son labour, c’est-à-dire qu’il laboure le champ deux fois avant de le réensemencer, mais s’il laboure et répète son labour, nous n’avons aucun problème avec cela. Par conséquent, le raisonnement de Rabban Shimon ben Gamliel est qu’un changement de cultures au mauvais moment peut affaiblir le champ.
תְּבוּאָה לֹא יִזְרָעֶנָּה קִטְנִית [וְכוּ׳]. מַתְנֵי לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרָבִין: תְּבוּאָה – יִזְרָעֶנָּה קִטְנִית. אֲמַר לֵיהּ: וְהָא אֲנַן תְּנַן: תְּבוּאָה – לֹא יִזְרָעֶנָּה קִטְנִית! אֲמַר לֵיהּ: לָא קַשְׁיָא, הָא לַן וְהָא לְהוּ.
§ La michna déclare que celui qui reçoit un champ pour le semer en grain ne peut pas le semer en légumineuses. Rav Yehouda a enseigné à Ravin que la halakha est que celui qui reçoit un champ pour le semer en grain peut le semer en légumineuses. Ravin lui dit : Mais n’avons-nous pas appris dans la michna que celui qui reçoit un champ pour le semer en grain ne peut pas le semer en légumineuses ? Rav Yehouda lui dit : Ce n’est pas difficile, car cettehalakhaest pour nous, les habitants de Babylonie, et cette autrehalakhaest pour eux, les habitants d’Eretz Yisrael. Puisque le type de semence à planter dépend de la qualité de la terre, en Eretz Yisrael, où la terre est faible, on craint que la terre ne s’affaiblisse. Cette crainte ne s’applique pas aux champs babyloniens.
אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרָבִין בַּר רַב נַחְמָן: רָבִין אֲחִי, הָנֵי תַּחְלֵי דְּבֵי כִתָּנָא אֵין בָּהֶן מִשּׁוּם גָּזֵל. עוֹמְדוֹת עַל גְּבוּלִין – יֵשׁ בָּהֶן מִשּׁוּם גָּזֵל.
Rav Yehouda dit à Ravin bar Rav Naḥman : Ravin, mon frère, ces plantes de cresson qui poussent parmi le lin ne sont pas soumises à l’interdiction de vol, car celui qui les prend est en fait en train de désherber le champ, et le propriétaire préfère que le cresson ne pousse pas afin de ne pas affecter le lin en croissance. Mais si les plantes se trouvent à la limite de l’endroit où le lin pousse, de sorte que leur présence là n’aurait pas d’impact négatif sur le lin en croissance, elles sont soumises à l’interdiction de vol, car on suppose que le propriétaire a cultivé ces plantes là intentionnellement.
וְאִם הוּקְשׁוּ לְזֶרַע – אֲפִילּוּ דְּבֵי כִתָּנָא נָמֵי יֵשׁ בָּהֶם מִשּׁוּם גָּזֵל. מַאי טַעְמָא? מַאי דְּאַפְסֵיד – אַפְסֵיד.
Et si les plants de cresson avaient suffisamment poussé au point d’être durcis avec de la graine poussant à l’intérieur, c’est-à-dire qu’ils étaient pleinement développés, alors même s’ils étaient parmi le lin, ils sont soumis à l’interdiction de vol. Quelle en est la raison ? Quant à ce lin auquel ils ont déjà causé une perte, ils ont déjà causé la perte. Puisque le lin a déjà été endommagé, en retirant maintenant le cresson, il ne fait rien pour améliorer la récolte et ne fait que prendre quelque chose au propriétaire.
אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרָבִין בַּר רַב נַחְמָן: רָבִין אַחִי, הָנֵי דִּילִי – דִּילָךְ, וְדִילָךְ – דִּילִי. נְהוּג בְּנֵי מִצְרָא: אִילָן הַנּוֹטֶה לְכָאן – לְכָאן, וְהַנּוֹטֶה לְכָאן – לְכָאן.
Ravin bar Rav Naḥman et Rav Yehuda possédaient des champs adjacents, et leurs arbres penchaient au-dessus des limites. Rav Yehuda dit à Ravin bar Rav Naḥman : Ravin, mon frère, ceux-ci qui sont à moi sont à toi, et ceux qui sont à toi sont à moi. Cela s'explique parce qu'il est d'usage, en ce qui concerne ceux dont les champs bordent le champ de leurs voisins, que, s'agissant d'un arbre qui penche de ce côté-ci, c'est-à-dire vers la propriété de l'un d'eux, son fruit appartient au propriétaire du champ ici, là où il penche, et s'agissant d'un arbre qui penche de ce côté-là, c'est-à-dire vers l'autre côté, son fruit appartient au propriétaire du champ là-bas, car les voisins ne sont pas pointilleux quant à la portion de terre qui a réellement produit le fruit.
דְּאִיתְּמַר: אִילָן הָעוֹמֵד עַל הַמֶּיצֶר, אָמַר רַב: הַנּוֹטֶה לְכָאן – לְכָאן. וְהַנּוֹטֶה לְכָאן – לְכָאן, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: חוֹלְקִין.
De même qu'un différend a été énoncé sur cette question entre amora’im : En ce qui concerne un arbre qui se tient à la limite entre des champs, Rav dit : Ce qui penche de ce côté-ci, c’est-à-dire vers ce champ, ses fruits appartiennent au propriétaire du champ d’ici, et ce qui penche de ce côté-là appartient au propriétaire du champ de là-bas. Et Shmuel dit : Les propriétaires des deux champs se partagent tous les fruits.
מֵיתִיבִי: אִילָן הָעוֹמֵד עַל הַמֶּיצֶר – יַחְלוֹקוּ. תְּיוּבְתָּא דְּרַב! תַּרְגְּמָא שְׁמוּאֵל אַלִּיבָּא דְּרַב, בִּמְמַלֵּא כָּל הַמֶּיצֶר כּוּלּוֹ.
La Guemara soulève une objection à partir d’une baraita : En ce qui concerne un arbre qui se tient à la frontière entre des champs, ils se partagent ses fruits. Cela constitue apparemment une réfutation concluante de Rav. La Guemara répond : Shmuel a interprété la baraita de sorte qu’elle soit conforme à l’opinion de Rav, comme se référant à un cas l’arbre remplit toute la limite, et, par conséquent, appartient aux deux.
אִי הָכִי, מַאי לְמֵימְרָא? לָא צְרִיכָא דִּתְלֵי טוּנֵיהּ לְחַד גִּיסָא. וְאַכַּתִּי מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא: דְּאָמַר לֵיהּ פְּלוֹג הָכִי, קָא מַשְׁמַע לַן דְּאָמַר לֵיהּ: מַאי חָזֵית דְּפָלְגַתְּ הָכִי – פְּלוֹג הָכִי.
La Guemara demande : Si c’est le cas, cela est évident ; quel est le but de la baraitaqui énonce sa décision ? La Guemara répond : Non, cela est nécessaire dans une situation où ses branches pendent davantage d’un côté. La Guemara demande : Mais malgré cela, quel est le but d’énoncer cela ? La nouveauté de cette halakha demeure obscure. La Guemara explique : Cela est nécessaire, de peur que tu ne dises que le propriétaire du champ au-dessus duquel pendent les branches peut dire au propriétaire de l’autre champ : Partageons les fruits de cette manière, où chacun de nous reçoit les fruits qui poussent au-dessus de sa terre. Le tanna, par conséquent, nous enseigne que le propriétaire de l’autre champ peut lui dire : Qu’as-tu vu pour préférer partager les fruits de cette manière, en te fondant sur la division de l’arbre dans une direction ; partage plutôt les fruits de cette autre manière, c’est-à-dire en te fondant sur la division de l’arbre dans l’autre direction, afin que chacun de nous reçoive une part égale.
אֲמַר לֵיהּ רַב יְהוּדָה לְרָבִין בַּר רַב נַחְמָן: רָבִין אֲחִי, לָא תִּזְבֹּין אַרְעָא דִּסְמִיכָא לְמָתָא, דְּאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: אָסוּר לוֹ לְאָדָם שֶׁיַּעֲמוֹד עַל שְׂדֵה חֲבֵירוֹ בְּשָׁעָה שֶׁעוֹמֶדֶת בְּקָמוֹתֶיהָ.
§ Rav Yehuda dit à Ravin bar Rav Naḥman : Ravin, mon frère, n’achète pas de terre près d’une ville, car Rabbi Abbahu dit que Rav Huna dit que Rav dit : Il est interdit à une personne de se tenir près du champ d’autrui lorsque son grain mûr est sur pied, c’est-à-dire lorsque sa récolte est prête pour la moisson, car elle pourrait nuire à la récolte par le mauvais œil. De même, une terre proche d’une ville peut être endommagée par les habitants de la ville qui la regardent.
אִינִי? וְהָא אַשְׁכְּחִינְהוּ רַבִּי אַבָּא לְתַלְמִידֵיהּ דְּרַב, אֲמַר לְהוּ: מַאי אָמַר רַב בְּהָנֵי קְרָאֵי ״בָּרוּךְ אַתָּה בָּעִיר וּבָרוּךְ אַתָּה בַּשָּׂדֶה״, ״בָּרוּךְ אַתָּה בְּבֹאֶךָ וּבָרוּךְ אַתָּה בְּצֵאתֶךָ״?
La Guemara demande : Est-ce bien ainsi ? Mais lorsque Rabbi Abba rencontra les élèves de Rav, il leur dit : Que dit Rav au sujet de la signification de ces versets de bénédiction : « Béni seras-tu dans la ville, et béni seras-tu dans les champs » (Deutéronome 28:3), et : « Béni seras-tu quand tu entreras, et béni seras-tu quand tu sortiras » (Deutéronome 28:6) ?
וַאֲמַרוּ לֵיהּ, הָכִי אָמַר רַב: ״בָּרוּךְ אַתָּה בָּעִיר״ – שֶׁיְּהֵא בֵּיתְךָ סָמוּךְ לְבֵית הַכְּנֶסֶת. ״בָּרוּךְ אַתָּה בַּשָּׂדֶה״ – שֶׁיְּהוּ נְכָסֶיךָ קְרוֹבִים לָעִיר. ״בָּרוּךְ אַתָּה בְּבֹאֶךָ״ – שֶׁלֹּא תִּמְצָא אִשְׁתְּךָ סְפֵק נִדָּה בִּשְׁעַת בִּיאָתְךָ מִן הַדֶּרֶךְ. ״בָּרוּךְ אַתָּה בְּצֵאתֶךָ״ – שֶׁיְּהוּ צֶאֱצָאֵי מֵעֶיךָ כְּמוֹתְךָ.
Et ils lui dirent : Ceci est ce que Rav a dit : « Béni seras-tu dans la ville » signifie que ta maison doit être adjacente à une synagogue, et l’expression : « Béni seras-tu dans les champs » signifie que ta propriété doit être proche de la ville. « Béni seras-tu quand tu entreras » signifie que tu ne trouveras pas ta femme dans un état où il serait incertain qu’elle ait le statut halakhique d’une femme menstruée lorsque tu reviens de voyage, ce qui la rendrait interdite pour toi. « Béni seras-tu quand tu sortiras » signifie que ceux qui sortent de toi, c’est-à-dire tes descendants, doivent être comme toi.
וַאֲמַר לְהוּ: רַבִּי יוֹחָנָן לָא אָמַר הָכִי, אֶלָּא: ״בָּרוּךְ אַתָּה בָּעִיר״ – שֶׁיְּהֵא בֵּית הַכִּסֵּא סָמוּךְ לְשׁוּלְחָנְךָ, אֲבָל בֵּית הַכְּנֶסֶת לָא. וְרַבִּי יוֹחָנָן לְטַעְמֵיהּ, דְּאָמַר: שְׂכַר פְּסִיעוֹת יֵשׁ.
Et Rabbi Abba leur dit : Rabbi Yoḥanan n’a pas dit cela, mais il a interprété le verset ainsi : « Béni seras-tu dans la ville, » cela signifie qu’il devrait y avoir des toilettes près de ta table, mais il ne faisait pas référence à une synagogue. La Guemara ajoute : Et Rabbi Yoḥanan est conforme à sa ligne de raisonnement à cet égard, comme il dit : Il y a une récompense pour les pas que l’on fait pour atteindre le lieu d’une mitsva, et celui qui habite à côté d’une synagogue n’aura pas l’occasion d’obtenir cette récompense.
״בָּרוּךְ אַתָּה בַּשָּׂדֶה״ – שֶׁיְּהוּ נְכָסֶיךָ מְשׁוּלָּשִׁין: שְׁלִישׁ בִּתְבוּאָה, שְׁלִישׁ בְּזֵיתִים, וּשְׁלִישׁ בִּגְפָנִים. ״בָּרוּךְ אַתָּה בְּבֹאֶךָ וּבָרוּךְ אַתָּה בְּצֵאתֶךָ״ – שֶׁתְּהֵא יְצִיאָתְךָ מִן הָעוֹלָם כְּבִיאָתְךָ לְעוֹלָם. מָה בִּיאָתְךָ לְעוֹלָם בְּלֹא חֵטְא, אַף יְצִיאָתְךָ מִן הָעוֹלָם בְּלֹא חֵטְא.
La Guemara revient à l’exposé de Rabbi Yoḥanan sur les versets : « Béni seras-tu dans les champs » signifie que tes biens doivent être divisés en tiers : Un tiers doit être investi dans le grain, un tiers dans les oliviers et un tiers dans les vignes. « Béni seras-tu à ton entrée et béni seras-tu à ta sortie » signifie que ta sortie du monde doit être comme ton entrée dans le monde : De même que ton entrée dans le monde s’est faite sans péché, de même ta sortie du monde doit être sans péché.

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