וְיָצְאוּ עָלֶיהָ עֲסִיקִין; עַד שֶׁלֹּא הֶחְזִיק בָּהּ – יָכוֹל לַחֲזוֹר בּוֹ, מִשֶּׁהֶחְזִיק בָּהּ – אֵין יָכוֹל לַחֲזוֹר בּוֹ.
et que des revendicateurs [asikin] se présentent au sujet de la propriété du terrain, contestant la propriété antérieure de Reuven, tant que Shimon n’en a pas encore pris possession, il peut se rétracter de son accord à la transaction et n’est pas tenu de payer le terrain. Une fois qu’il en a pris possession, il ne peut pas se rétracter de son accord à la transaction.
מַאי טַעְמָא? דְּאָמַר לֵיהּ: חַיְיתָא דְּקִטְרֵי סְבַרְתְּ וְקַבֵּלְתְּ.
Quelle est la raison pour laquelle il ne peut pas se rétracter de son accord concernant la transaction une fois qu’il a déjà pris possession ? Car Reuven lui dit : L’achat du terrain était comme l’achat d’un sac attaché [ḥayta] dont le contenu est inconnu et pourrait n’avoir aucune valeur. Puisque tu étais conscient de cette possibilité et l’as acceptée, puisque tu l’as acheté sans garantie, tu ne peux pas te rétracter de ton accord.
מֵאֵימַת הֲוַאי חֲזָקָה? מִכִּי דָיֵישׁ אַמִּצְרֵי.
La Guemara demande : À partir de quand considère-t-on qu’il a pris possession de la propriété ? Il prend possession à partir du moment où il marche le long des limites du terrain pour l’inspecter.
וְדַוְקָא שֶׁלֹּא בְּאַחְרָיוּת, אֲבָל בְּאַחְרָיוּת – לָא.
La Guemara note : Et cela se rapporte spécifiquement à un cas où le champ a été vendu sans garantie. Mais lorsqu’il a été vendu avec garantie, ce n’est pas le cas, et Shimon peut se rétracter de son accord et refuser de payer la terre même après en avoir pris possession. La raison en est que, si les demandeurs obtiennent gain de cause et saisissent la terre, Reuven devra alors restituer la somme que Shimon a payée pour elle. Afin de minimiser les procédures judiciaires, le tribunal permet à Shimon de soutenir qu’il ne sert à rien de payer Reuven maintenant pour que son argent lui soit rendu plus tard. Par conséquent, il peut se rétracter de son accord relatif à la transaction.
וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: אֲפִילּוּ בְּאַחְרָיוּת נָמֵי, דַּאֲמַר לֵיהּ: אַחְוִי טִירְפָךְ וַאֲשַׁלֵּם לָךְ.
Et il y a ceux qui disent que même lorsque le champ a été vendu avec garantie, Shimon ne peut pas se rétracter de son accord à la transaction, car Reuven a le droit légal de lui dire : D’abord montre-moi le document d’autorisation de la réclamation, qu’un tribunal fournit à un acheteur lorsque la terre qu’il a achetée lui est saisie par un tiers qui a prouvé qu’il avait un privilège sur la terre, et ce n’est qu’alors que je te paierai. Par conséquent, Shimon ne peut pas prétendre qu’il ne sert à rien de payer Reuven maintenant, après avoir accepté la vente mais avant qu’un tiers ne saisisse la terre, car même si la terre est saisie, il ne s’ensuit pas automatiquement que Reuven devra rembourser Shimon.
רַב הוּנָא אָמַר: אוֹ כֶּסֶף אוֹ מֵיטַב.
§ La Guemara revient à sa discussion précédente concernant la forme du paiement des dommages : Rav Huna dit : Les dommages sont payés soit en argent, soit avec la terre de meilleure qualité d’une personne.
אֵיתִיבֵיהּ רַב נַחְמָן לְרַב הוּנָא: ״יָשִׁיב״ – לְרַבּוֹת שָׁוֶה כֶּסֶף, אֲפִילּוּ סוּבִּין!
Rav Naḥman souleva une objection à Rav Huna à partir d’une baraita : Le verset déclare : « Il paiera » de l’argent à son propriétaire (Exode 21:34), ce qui sert à inclure des objets ayant une valeur monétaire, même du son, une marchandise relativement inférieure, comme formes de paiement valides.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בִּדְלֵית לֵיהּ. אִי דְּלֵית לֵיהּ, פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא, אָמְרִינַן לֵיהּ: זִיל טְרַח זַבֵּין, וְאַיְיתִי לֵיהּ כְּסַף; קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Houna répondit : De quoi s’agit-il ici dans la baraita ? Il s’agit d’un cas où il n’a pas d’argent ni de terre. La Guemara demande : S’il n’a pas d’autres moyens de payer, n’est-il pas évident qu’il peut payer avec ce qu’il a ? La Guemara explique : De peur que tu ne dises que nous lui dirions : Va te donner la peine de vendre toute marchandise que tu possèdes, et ainsi apporte-lui de l’argent comme paiement du dommage, la baraita nous enseigne qu’il n’est pas nécessaire de vendre ses biens et de payer en argent.
אָמַר רַב אַסִּי: כְּסָפִים הֲרֵי הֵן כְּקַרְקַע. לְמַאי הִלְכְתָא? אִילֵּימָא לְעִנְיַן מֵיטַב – הַיְינוּ דְּרַב הוּנָא!
Rav Asi dit : L’argent est équivalent à la terre. La Guemara demande : À l’égard de quelle halakha sont-ils équivalents ? Si nous disons que c’est à l’égard de l’accomplissement de l’exigence de payer avec sa terre de meilleure qualité, c’est-à-dire qu’il peut choisir de payer avec de l’argent à la place, cela est précisément la décision de Rav Houna ; et pourtant, la décision de Rav Asi est présentée comme une décision indépendante.
אֶלָּא לִשְׁנֵי אַחִים שֶׁחָלְקוּ, וְנָטַל אֶחָד קַרְקַע וְאֶחָד כְּסָפִים, וּבָא בַּעַל חוֹב וְנָטַל קַרְקַע; דְּאָזֵיל הַאי, וְשָׁקֵיל פַּלְגָא בִּכְסָפִים בַּהֲדֵיהּ.
Au contraire, Rav Asi fait référence à un cas de deux frères qui ont partagé leur héritage, et l’un a pris une terre et l’autre un a pris de l’argent, et par la suite le créancier de leur père est venu et a pris la terre, car elle était grevée pour son prêt. La décision de Rav Asi enseigne que ce frère dont la terre a été prise peut aller prendre la moitié de l’argent avec son frère.
פְּשִׁיטָא! הַאי בְּרָא וְהַאי לָאו בְּרָא?!
La Guemara rejette cette explication : N’est-ce pas évident ? Est-ce que celui-ci est un fils et celui-là n’est pas un fils ? Puisqu’ils sont tous deux des fils et qu’ils ont hérité à parts égales de la succession de leur père, ils partagent la responsabilité des dettes de leur père. Si le créancier obtient le remboursement de la dette auprès de l’un des frères, l’autre doit le rembourser.
אִיכָּא דְּאָמְרִי אַדְּרַבָּה, לְאִידַּךְ גִּיסָא – דַּאֲמַר לֵיהּ: לְהָכִי שְׁקַלִי כְּסָפִים, דְּאִי מִגַּנְבִי – לָא מִשְׁתַּלַּמְנָא מִינָּךְ; וּלְהָכִי שָׁקְלַתְּ אַרְעָא – דְּאִי מִטַּרְפָא, לָא מִשְׁתַּלְּמָא לָךְ מִידֵּי מִינַּאי!
Il y a ceux qui disent que la Guemara rejette cette explication non parce qu’elle est évidente, mais, au contraire, parce qu’elle est incorrecte. Car on pourrait l’envisager dans la direction opposée, en disant qu’un frère pourrait dire à l’autre : C’est avec cette compréhension que j’ai pris l’argent, à savoir que, s’il m’était volé, je ne serais pas remboursé à partir de ton terrain, et c’est avec cette compréhension que tu as pris le terrain, à savoir que, s’il t’était saisi par un créancier, tu ne serais pas remboursé à partir de mon argent.
אֶלָּא לִשְׁנֵי אַחִים שֶׁחָלְקוּ, וּבָא בַּעַל חוֹב וְנָטַל חֶלְקוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן.
Au contraire, Rav Asi fait référence à un cas de deux frères qui ont partagé la terre qu’ils ont héritée de leur père, et le créancier de leur père est venu prendre la part de l’un d’eux. Puisque les frères portent une responsabilité conjointe pour la dette de leur père, celui dont la part a été saisie a le droit d’être remboursé par son frère. La décision de Rav Asi enseigne que cela peut se faire soit en redistribuant la portion restante de terre, soit en le remboursant en argent.
וְהָא אַמְרַהּ רַב אַסִּי חֲדָא זִימְנָא – דְּאִיתְּמַר: הָאַחִים שֶׁחָלְקוּ, וּבָא בַּעַל חוֹב וְנָטַל חֶלְקוֹ שֶׁל אֶחָד מֵהֶן, רַב אָמַר: בָּטְלָה מַחְלוֹקֶת. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: וִיתֵּר. וְרַב אַסִּי אָמַר: נוֹטֵל רְבִיעַ בְּקַרְקַע, וּרְבִיעַ בְּמָעוֹת.
La Guemara demande : Mais Rav Asi n’a-t-il pas déjà dit cela explicitement une fois auparavant ? Par conséquent, cela ne peut pas être l’explication de cette décision. Comme il a été énoncé : Dans un cas de frères qui ont partagé la terre qu’ils ont héritée de leur père, et le créancier de leur père est venu et a pris la part de l’un d’eux, Rav dit que le partage initial de la terre est annulé et toute terre restante est partagée également entre les frères. Shmuel dit que chaque frère, en prenant sa part, a renoncé [viter] à tout droit d’être remboursé si sa part était perdue. Et Rav Asi dit que le frère dont la part a été saisie a le droit de recevoir la moitié de l’héritage restant : Il prend un quart en terre, et il prend l’autre quart en argent.
רַב אָמַר: בָּטְלָה מַחְלוֹקֶת – קָסָבַר: הָאַחִים שֶׁחָלְקוּ, כְּיוֹרְשִׁים הָווּ.
La Guemara explique la logique qui sous-tend chaque opinion : Rav dit que la division initiale de la terre est annulée. Cela s'explique par le fait qu'il soutient que des frères qui ont partagé leur héritage sont encore considérés comme semblables à des héritiers en ce qui concerne l'héritage, et qu'ils continuent donc à assumer conjointement la responsabilité des dettes de leur père. Par conséquent, toute terre restante est répartie également entre les frères.
וּשְׁמוּאֵל אָמַר: וִיתֵּר – קָסָבַר: הָאַחִים שֶׁחָלְקוּ לָקוֹחוֹת, וּכְלוֹקֵחַ שֶׁלֹּא בְּאַחְרָיוּת דָּמֵי.
Et Shmuel dit que chaque frère, en prenant sa part, a renoncé à tout droit d’être indemnisé si sa part était perdue, car il soutient que des frères qui ont partagé leur héritage sont considérés comme des acheteurs de leurs parts respectives, et chacun est considéré comme semblable à un acheteur qui a acquis sa part sans garantie qui lui aurait donné le droit d’être indemnisé si sa part était saisie par un créancier.
וְרַב אַסִּי אָמַר: נוֹטֵל רְבִיעַ בְּקַרְקַע וּרְבִיעַ בְּמָעוֹת – מְסַפְּקָא לֵיהּ אִי כְּיוֹרְשִׁין דָּמוּ אִי כְּלָקוֹחוֹת דָּמוּ, הִלְכָּךְ נוֹטֵל רְבִיעַ בְּקַרְקַע, וּרְבִיעַ בְּמָעוֹת!
Et Rav Asi dit que le frère dont la part a été saisie a le droit de recevoir la moitié de l’héritage restant. Il prend un quart en terre et il prend l’autre quart en argent. Cela s’explique parce qu’il n’est pas certain de savoir s’ils sont semblables à des héritiers, auquel cas la terre restante devrait être redistribuée entre eux, ou s’ils sont semblables à des acheteurs qui ont acheté leurs parts avec garantie, auquel cas le frère dont la part a été prise devrait être remboursé par son frère d’une somme d’argent égale à la valeur de la terre qui lui a été saisie. C’est pourquoi il prend un quart en terre et il prend l’autre quart en argent.
אֶלָּא: מַאי ״הֲרֵי הֵן כְּקַרְקַע״ – לְעִנְיַן מֵיטַב.
Comme Rav Asi avait déjà énoncé la halakha des frères qui ont partagé leur héritage, la Guemara propose une autre explication de sa déclaration. Au contraire, à propos de quoi Rav Asi a-t-il déclaré que l’argent est équivalent à la terre ? Il l’a déclaré à propos de l’exigence de payer avec la terre de meilleure qualité d’une personne, enseignant qu’on peut choisir de payer avec de l’argent au lieu de la terre.
אִי הָכִי, הַיְינוּ דְּרַב הוּנָא! אֵימָא: וְכֵן אָמַר רַב אַסִּי.
La Guemara répète son rejet initial de cette suggestion : Si c'est le cas, alors c'est précisément la décision de Rav Houna, et pourtant Rav Assi est présenté comme une décision indépendante. La Guemara résout le problème : Corrige l'énoncé et dis : Et de même, Rav Assi a dit.
אָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב הוּנָא: בְּמִצְוָה – עַד שְׁלִישׁ.
§ Rabbi Zeira dit que Rav Houna dit : Pour l’achat d’un objet avec lequel on accomplit une mitsva, on doit dépenser jusqu’à un tiers.
מַאי שְׁלִישׁ?
La Guemara demande : À quoi fait référence ce tiers ?