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נוֹתֵן לוֹ מַטְבֵּעַ הַיּוֹצֵא בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: יָכוֹל לוֹמַר לוֹ, לֵךְ הוֹצִיאוֹ בְּמֵישָׁן. אָמַר רַב נַחְמָן: מִסְתַּבְּרָא מִילְּתֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל – דְּאִית לֵיהּ אוֹרְחָא לְמֵיזַל לְמֵישָׁן, אֲבָל לֵית לֵיהּ אוֹרְחָא – לָא.
Le débiteur lui donne une pièce qui est en circulation à ce moment-là avec laquelle il rembourse le prêt. Et Shmuel dit que le débiteur peut dire au créancier : Je te donne une pièce semblable à celle que tu m’as donnée, bien que tu ne puisses pas l’utiliser ici. Va la dépenser à Meishan, c’est-à-dire dans un endroit éloigné où cette pièce est encore en circulation. Rav Naḥman a dit : La déclaration de Shmuel est raisonnable lorsque le créancier a un moyen d’aller à Meishan, c’est-à-dire qu’il a l’intention de s’y rendre, et donc le débiteur peut lui dire de dépenser la pièce lorsqu’il arrivera à destination. Mais s’il n’a aucun moyen d’aller à Meishan, c’est-à-dire qu’il n’a pas l’intention d’y aller, le débiteur ne peut pas lui donner ces pièces. Il doit plutôt lui donner des pièces qui sont en circulation à l’endroit où ils se trouvent actuellement.
אֵיתִיבֵיהּ רָבָא לְרַב נַחְמָן: אֵין מְחַלְּלִין עַל הַמָּעוֹת שֶׁאֵינָם יוֹצְאוֹת. כֵּיצַד? הָיוּ לוֹ מָעוֹת כּוֹזְבִיּוֹת יְרוּשַׁלְמִיּוֹת, אוֹ שֶׁל מְלָכִים הָרִאשׁוֹנִים – אֵין מְחַלְּלִין. הָא שֶׁל אַחֲרוֹנִים דּוּמְיָא דְרִאשׁוֹנִים – מְחַלְּלִין!
Rava souleva une objection à Rav Naḥman à partir d’une baraita (Tosefta, Ma’aser Sheni 1:6) : On ne peut pas désacraliser des produits de la seconde dîme en transférant leur sainteté sur des pièces qui ne sont pas en circulation. Comment cela ? Si quelqu’un avait des pièces de bar Kokheva [Kozeviyyot], des pièces de Jérusalem, ou des pièces d’anciens rois, qui ne sont plus en usage, on ne peut pas désacraliser des produits de la seconde-dîme en transférant leur sainteté sur elles. Rava en déduit : Mais si quelqu’un avait des pièces de rois ultérieurs, c’est-à-dire actuels, qui sont semblables aux pièces des rois anciens en ce qu’elles ont été invalidées dans son lieu, puisqu’elles restent valables ailleurs, on peut désacraliser les produits de la seconde dîme en transférant leur sainteté sur elles. La baraita ne fait pas de distinction quant à savoir si le propriétaire des produits a l’intention de se rendre à l’endroit où ces pièces sont en usage ou non.
אֲמַר לֵיהּ: הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּשֶׁאֵין מַלְכִיּוֹת מַקְפִּידוֹת זוֹ עַל זוֹ.
Rav Naḥman lui dit : De quoi s’agit-il ici dans la baraita ? Il s’agit d’un cas les royaumes ne sont pas pointilleux les uns envers les autres. Ils permettent qu’une pièce qui a été invalidée dans leur province soit emportée hors de leurs frontières et dépensée dans une province où elle est valable. Puisque ces pièces peuvent être données à ceux qui prévoient de voyager vers l’endroit où elle est valable, elle est considérée comme une pièce valable même à l’endroit de celui qui désacralise les produits de la seconde dîme.
אֶלָּא כִּי אָמַר שְׁמוּאֵל – כְּשֶׁמַּלְכִיּוֹת מַקְפִּידוֹת זוֹ עַל זוֹ. הֵיכִי מָצֵי מַמְטֵי לְהוּ? דְּמַמְטֵי לְה[וּ] עַל יְדֵי הַדְּחָק; דְּלָא בָּחֲשִׁי, וְאִי מַשְׁכְּחִי קָפְדִי.
La Guemara demande : Mais, selon cette explication, lorsque Shmuel a dit que le débiteur peut rembourser sa dette avec des pièces invalidées seulement si le créancier a l’intention de voyager vers un endroit où elles sont valides, il parle d’un cas les royaumes sont stricts l’un envers l’autre. Si tel est le cas, comment peut-il apporter ces pièces à Meishan sans que les autorités les confisquent ? La Guemara répond : Shmuel traite d’un cas le créancier peut les apporter avec difficulté, comme dans un cas les autorités ne fouillent pas, mais si elles trouvent des pièces invalidées, elles sont strictes et les confisquent. Il est donc possible d’apporter ces pièces dans l’autre royaume. Néanmoins, puisque les autorités sont strictes, celui qui ne prévoit pas de s’y rendre ne pourra échanger ces pièces avec personne dans son lieu.
תָּא שְׁמַע: אֵין מְחַלְּלִין עַל מָעוֹת שֶׁל כָּאן וְהֵן בְּבָבֶל, וְשֶׁל בָּבֶל וְהֵן כָּאן. שֶׁל בָּבֶל וְהֵן בְּבָבֶל – מְחַלְּלִין. קָתָנֵי מִיהַת: אֵין מְחַלְּלִין עַל מָעוֹת שֶׁל כָּאן וְהֵן בְּבָבֶל – אַף עַל גַּב דְּסוֹפוֹ לְמִיסַּק לְהָתָם!
La Guemara remet en question l’opinion de Shmuel : Viens et entends ce qui a été enseigné dans une baraita (Tosefta, Ma’aser Sheni 1:6) : On ne peut pas désacraliser des produits du second dîme en transférant leur sainteté sur de l’argent de Eretz Yisrael, c’est-à-dire ici, lorsque eux, les pièces et leur propriétaire, sont en Babylonie. Et on ne peut pas le faire sur de l’argent de Babylonie lorsqu’eux, les pièces et leur propriétaire, sont ici en Eretz Yisrael. Si l’on utilise de l’argent de Babylonie et qu’ils sont en Babylonie, on peut désacraliser les produits du second dîme. Quoi qu’il en soit, la baraita enseigne : On ne peut pas désacraliser des produits du second dîme en transférant leur sainteté sur de l’argent de Eretz Yisrael, ici, lorsqu’ils sont en Babylonie. Et cela est dit même s’ils finiront par monter là-bas, en Eretz Yisrael, puisque le but même du transfert de la sainteté sur les pièces est de les dépenser à Jérusalem.
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּשֶׁמַּלְכִיּוֹת מַקְפִּידוֹת זוֹ עַל זוֹ. אִי הָכִי, שֶׁל בָּבֶל וְהֵן בְּבָבֶל לְמַאי חֲזוּ? חֲזוּ דְּזָבֵין בְּהוּ בְּהֵמָה, וּמַסֵּיק לִירוּשָׁלַיִם.
La Guemara répond : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons d’un cas les royaumes sont particulièrement stricts les uns envers les autres, et il est impossible de transporter des pièces d’un endroit à l’autre. La Guemara demande : Si c’est le cas, si les royaumes sont particulièrement stricts les uns envers les autres, alors, concernant le cas dans la baraita, où la sainteté est transférée sur de l’argent de Babylonie et qu’ils sont en Babylonie, à quoi ces pièces sont-elles propres ? En tout état de cause, elles ne peuvent pas être apportées à Jérusalem. La Guemara répond : Elles sont propres à acheter avec elles un animal en Babylonie qui sera amené à Jérusalem.
וְהָתַנְיָא: הִתְקִינוּ שֶׁיְּהוּ הַמָּעוֹת יוֹצְאוֹת בִּירוּשָׁלַיִם מִפְּנֵי כָּךְ! אָמַר רַבִּי זֵירָא, לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּזְמַן שֶׁיַּד יִשְׂרָאֵל תַּקִּיפָה עַל אוּמּוֹת הָעוֹלָם, כָּאן בִּזְמַן שֶׁיַּד אוּמּוֹת הָעוֹלָם תַּקִּיפָה עַל עַצְמָן.
Concernant l’affirmation de la baraita, selon laquelle on ne peut pas désacraliser les produits de la seconde dîme en transférant leur sainteté sur de l’argent babylonien lorsqu’on se trouve en Eretz Yisrael, la Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Les Sages ont institué que tout argent circulera à Jérusalem pour cette raison, c’est-à-dire afin que les Juifs de tous les endroits puissent utiliser leurs monnaies locales ? Rabbi Zeira a dit : Ce n’est pas difficile. Ici, la baraita qui affirme que tout argent est valable à Jérusalem fait référence à une époque où l’autorité du peuple juif dominait les nations du monde et pouvait faire appliquer les décrets rabbiniques. Là-bas, la baraita qui affirme que la sainteté ne peut pas être transférée sur de l’argent babylonien lorsqu’on se trouve en Eretz Yisrael fait référence à une époque où l’autorité des nations du monde dominait sur eux, c’est-à-dire les Juifs, époque à laquelle la monnaie étrangère n’était pas utilisable à Jérusalem.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ מַטְבֵּעַ שֶׁל יְרוּשָׁלַיִם? דָּוִד וּשְׁלֹמֹה מִצַּד אֶחָד, וִירוּשָׁלַיִם עִיר הַקּוֹדֶשׁ מִצַּד אַחֵר. וְאֵיזֶהוּ מַטְבֵּעַ שֶׁל אַבְרָהָם אָבִינוּ? זָקֵן וּזְקֵינָה מִצַּד אֶחָד, וּבָחוּר וּבְתוּלָה מִצַּד אַחֵר.
Ayant mentionné les pièces de Jérusalem, la Guemara note : Les Sages ont enseigné : Quelle est la pièce de l’ancienne Jérusalem ? Les noms David et Salomon étaient inscrits d’un côté, et Jérusalem, la Ville sainte, était de l’autre côté. Et quelle est la pièce d’Abraham, notre patriarche ? Un vieil homme et une vieille femme, représentant Abraham et Sarah, étaient inscrits d’un côté, et un jeune homme et une jeune femme, représentant Isaac et Rébecca, étaient de l’autre côté.
בְּעָא מִינֵּיהּ רָבָא מֵרַב חִסְדָּא: הַמַּלְוֶה אֶת חֲבֵירוֹ עַל הַמַּטְבֵּעַ, וְהוֹסִיפוּ עָלָיו, מַהוּ? אָמַר לוֹ: נוֹתֵן לוֹ מַטְבֵּעַ הַיּוֹצֵא בְּאוֹתָהּ שָׁעָה. אֲמַר לֵיהּ: וַאֲפִילּוּ כִּי נָפְיָא? אֲמַר לֵיהּ: אִין. אֲמַר לֵיהּ: אֲפִילּוּ כִּי תְּרִטָיא? אֲמַר לֵיהּ: אִין.
§ Rava demanda à Rav Ḥisda : Quelle est la halakha dans le cas de quelqu’un qui prête de l’argent à un autre à condition qu’il rembourse le prêt en monnaie, c’est-à-dire avec la dénomination précise d’une devise, et le gouvernement a augmenté la taille de la pièce, de sorte qu’une pièce de la même dénomination pèse désormais davantage ? Le débiteur est-il tenu de rendre la nouvelle pièce ajustée, ou peut-il rembourser la dette selon le poids antérieur de la pièce qu’il a empruntée ? Rav Ḥisda lui dit : Il lui donne la pièce qui est en circulation au moment du paiement. Rava lui dit : Et est-ce la halakhamême si la nouvelle pièce est aussi grande qu’un tamis ? Rav Ḥisda lui dit : Oui. Rava lui dit : Et est-ce la halakhamême si elle est aussi grande qu’un quart de kav [tartiya] ? Rav Ḥisda lui dit : Oui.
וְהָא קָא זָיְילִין פֵּירֵי! אָמַר רַב אָשֵׁי: חָזֵינַן; אִי מֵחֲמַת טִיבְעָא זִיל – מְנַכֵּינַן לֵיהּ,
Rava objecta : Mais, en augmentant le poids de cette pièce, le produit a baissé de prix, et puisqu’on peut acheter davantage de produit avec cette pièce, la donner au créancier en remboursement constitue une forme d’intérêt. Rav Ashi dit : Nous examinons la situation : Si le produit a baissé de prix en raison du changement du poids de la pièce, la dette est réduite pour le débiteur, et le créancier est remboursé avec des pièces équivalant à la valeur antérieure du prêt.

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