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יָכוֹל אֲפִילּוּ מְעוּלֶּה בְּדָמִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״רַק״.
On aurait pu penser qu’il doit donner la priorité à l’abattage d’un arbre stérile même si l’arbre stérile a une plus grande valeur monétaire que l’arbre fruitier. Le verset déclare : « Seulement », ce qui enseigne qu’il existe une exception à la règle. De même, si l’arbre fruitier lui-même valait davantage comme bois que pour ses fruits, il serait permis de le couper.
שְׁמוּאֵל אַיְיתִי לֵיהּ אֲרִיסֵיהּ תַּמְרֵי. אָכֵיל, טָעֵים בְּהוּ טַעְמָא דְחַמְרָא. אֲמַר לֵיהּ: מַאי הַאי? אֲמַר לֵיהּ: בֵּינֵי גוּפְנֵי קָיְימִי. אָמַר: מַכְחֲשִׁי בְּחַמְרָא כּוּלֵּי הַאי? לִמְחַר אַיְיתִי לִי מִקּוֹרַיְיהוּ.
La Guemara raconte : Le métayer de Shmuel lui apporta des dattes. Shmuel en mangea et y sentit le goût du vin. Il dit à son métayer : Qu’est-ce que c’est ? Le métayer lui dit : Les palmiers-dattiers se trouvent parmi les vignes et contiennent donc un goût de vin provenant des raisins. Shmuel dit : Est-ce qu’ils affaiblissent le vin, c’est-à-dire les vignes, à ce point qu’il est possible de goûter le vin dans les dattes ? Demain, coupe les palmiers-dattiers et apporte-moi de leur moelle à manger.
רַב חִסְדָּא חֲזָא תָּאלֵי בֵּי גוּפְנֵי. אֲמַר לֵיהּ לַאֲרִיסֵיהּ: עַקְרִינְהוּ; גּוּפְנֵי קָנֵי דִּקְלֵי, דִּקְלֵי לָא קָנֵי גּוּפְנֵי.
La Guemara rapporte un incident similaire : Rav Ḥisda vit des palmiers-dattiers pousser parmi des vignes sur son domaine. Il dit à son métayer : Déracine les palmiers-dattiers, car on peut acheter des palmiers-dattiers avec des vignes, puisque les vignes ont plus de valeur, tandis qu’on ne peut pas acheter des vignes avec des palmiers-dattiers.
מַתְנִי׳ אַף עַל פִּי שֶׁהוּא נוֹתֵן לוֹ, אֵין נִמְחָל לוֹ עַד שֶׁיְּבַקֵּשׁ מִמֶּנּוּ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְעַתָּה הָשֵׁב אֵשֶׁת וְגוֹ׳״. וּמִנַּיִן שֶׁאִם לֹא מָחַל לוֹ, שֶׁהוּא אַכְזָרִי? שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיִּתְפַּלֵּל אַבְרָהָם אֶל הָאֱלֹהִים, וַיִּרְפָּא אֱלֹהִים אֶת אֲבִימֶלֶךְ וְגוֹ׳״.
MICHNA :Bien que l'agresseur qui a causé un dommage donne à la victime tous les paiements requis pour la blessure, sa transgression ne lui est pas pardonnée au tribunal céleste jusqu'à ce qu'il demande pardon à la victime, comme il est dit que Dieu dit à Abimélec après qu'il eut pris Sarah à Abraham : "Maintenant donc, rends la femme de cet homme ; car c'est un prophète, et il priera pour toi, et tu vivras" (Genèse 20:7). Et d'où est-il déduit que si la victime ne lui pardonne pas, elle est cruelle ? Comme il est dit : "Et Abraham pria Dieu ; et Dieu guérit Abimélec, ainsi que sa femme et ses servantes ; et elles enfantèrent" (Genèse 20:17).
הָאוֹמֵר ״סַמֵּא אֶת עֵינִי״; ״קַטַּע אֶת יָדִי״; ״שַׁבֵּר אֶת רַגְלִי״ – חַיָּיב. ״עַל מְנָת לִפְטוֹר״ – חַיָּיב.
La michna continue : En ce qui concerne quelqu’un qui dit à un autre : Aveugle mon œil, ou : coupe ma main, ou : casse ma jambe, et qu’il le fait, celui qui a accompli ces actes est tenu de payer pour le dommage, bien qu’on lui ait demandé de le faire. Même s’il lui a explicitement dit : Fais-le à condition que tu sois exempté de paiement, il est néanmoins tenu.
״קְרַע אֶת כְּסוּתִי״; ״שַׁבֵּר אֶת כַּדִּי״ – חַיָּיב. ״עַל מְנָת לִפְטוֹר״ – פָּטוּר. ״עֲשֵׂה כֵּן לְאִישׁ פְּלוֹנִי עַל מְנָת לִפְטוֹר״ – חַיָּיב, בֵּין בְּגוּפוֹ בֵּין בְּמָמוֹנוֹ.
En ce qui concerne celui qui dit à un autre : Déchire mon vêtement, ou : brise ma cruche, et qu’il le fait, il est tenu de payer le dommage. Mais s’il lui a explicitement donné pour instruction : Fais-le à condition que tu sois exempté de paiement, il est exempté de paiement. Si quelqu’un dit à un autre : Fais-le, c’est-à-dire cause un dommage, à untel à condition que tu sois exempté de paiement, et qu’il l’a fait, il est tenu, que les instructions concernent la victime elle-même, ou que les instructions concernent ses biens.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: כׇּל אֵלּוּ שֶׁאָמְרוּ – דְּמֵי בוֹשְׁתּוֹ; אֲבָל צַעֲרוֹ – אֲפִילּוּ הֵבִיא כׇּל אֵילֵי נְבָיוֹת שֶׁבָּעוֹלָם, אֵין נִמְחָל לוֹ עַד שֶׁיְּבַקֵּשׁ מִמֶּנּוּ. שֶׁנֶּאֱמַר: ״הָשֵׁב אֵשֶׁת הָאִישׁ כִּי נָבִיא הוּא, וְיִתְפַּלֵּל בַּעַדְךָ״.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Toutes ces sommes dont dans la michna précédente ils ont dit qu’une personne est tenue de payer pour avoir humilié une autre constituent la compensation pour son humiliation, pour laquelle il existe un montant fixe. Mais pour la douleur de la victime causée par l’agresseur, même si l’agresseur apporte en offrande tous les béliers de Nebaïoth (voir Isaïe 60:7) qui sont dans le monde, et qui sont de la meilleure qualité, sa transgression ne lui est pas pardonnée au tribunal céleste jusqu’à ce qu’il demande pardon à la victime, comme il est dit : « Rends la femme de cet homme, car il est prophète, et il priera pour toi » (Genèse 20:7).
דְּאֵשֶׁת נָבִיא בָּעֵי אַהְדּוֹרֵי, אֵשֶׁת אַחֵר לָא בָּעֵי אַהְדּוֹרֵי?
Après avoir cité le verset, la Guemara demande : Faut-il déduire d’ici que la femme d’un prophète doit être rendue, mais la femme d’un autre individu n’a pas besoin d’être rendue ?
אָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן: ״הָשֵׁב אֵשֶׁת הָאִישׁ״ – מִכׇּל מָקוֹם. וּדְקָא אָמְרַתְּ: ״הֲגוֹי גַּם צַדִּיק תַּהֲרֹג?! הֲלֹא הוּא אָמַר לִי אֲחֹתִי הִיא, וְהִיא גַּם הִיא אָמְרָה אָחִי הוּא!״ נָבִיא הוּא, וּכְבָר לִימֵּד: אַכְסְנַאי שֶׁבָּא לָעִיר – עַל עִסְקֵי אֲכִילָה וּשְׁתִיָּה שׁוֹאֲלִין אוֹתוֹ, אוֹ עַל עִסְקֵי אִשְׁתּוֹ שׁוֹאֲלִין אוֹתוֹ – ״אִשְׁתְּךָ הִיא?״ ״אֲחוֹתְךָ הִיא?״
La Guemara répond. Rabbi Shmuel bar Naḥmani dit que Rabbi Yonatan dit : Voici comment il faut comprendre le verset : « Rends la femme de l’homme » dans tous les cas, puisqu’elle est sa femme. Et quant à ce que toi, Avimélekh, as dit : « Ferais-tu périr même une nation juste ? Ne m’a-t-il pas lui-même dit : Elle est ma sœur, et elle, elle-même, a dit : Il est mon frère ? » (Genèse 20:4–5), la réponse est que toi, Avimélekh, tu n’es pas si juste, car la raison pour laquelle Abraham a dit que Sarah était sa sœur est que c’est un prophète, et il a déjà appris comment se conduire d’après ton comportement. Comme pour un hôte [akhsenai] qui arrive en ville, lui demande-t-on des choses concernant le manger et le boire, ou lui demande-t-on des choses concernant sa femme ? Demande-t-on à un hôte : Est-elle ta femme ? Est-elle ta sœur ? Avimélekh était blâmable, car Abraham pensait qu’il avait l’intention de lui voler sa femme.
מִכָּאן לְבֶן נֹחַ שֶׁנֶּהֱרָג, שֶׁהָיָה לוֹ לִלְמוֹד וְלֹא לָמַד.
La Guemara fait remarquer : D’ici on peut déduire qu’un gentil est exécuté pour avoir transgressé une interdiction sans avoir conscience que l’acte était interdit, car il aurait dû apprendre et il n’a pas appris.
״כִּי עָצֹר עָצַר ה׳״ – אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: שְׁתֵּי עֲצִירוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת בְּאִישׁ – שִׁכְבַת זֶרַע, שְׁתַּיִם בְּאִשָּׁה – שִׁכְבַת זֶרַע וְלֵידָה.
Après avoir mentionné les versets concernant l’incident d’Abraham et d’Abimélec, la Guemara explique d’autres versets connexes. « Car le Seigneur avait complètement fermé [atzor atzar] toutes les matrices de la maison d’Abimélec » (Torah 20:18). Rabbi Elazar dit : Pourquoi ces deux obstructions [atzor atzar] sont-elles toutes deux mentionnées ? L’une est mentionnée au sujet d’un homme, afin que la semence ne soit pas émise, et deux sont mentionnées au sujet d’une femme, afin que la semence ne soit pas expulsée d’elle, et afin qu’elle n’enfante pas .
בְּמַתְנִיתָא תְּנָא: שְׁתַּיִם בְּאִישׁ – שִׁכְבַת זֶרַע וּקְטַנִּים, שְׁלֹשָׁה בָּאִשָּׁה – שִׁכְבַת זֶרַע וּקְטַנִּים וְלֵידָה.
Il a été enseigné dans une baraita : Deux choses sont énoncées au sujet d’un homme : le sperme et l’urine, c’est-à-dire que les hommes ne pouvaient pas à la fois uriner et émettre du sperme ; trois sont énoncées au sujet d’une femme : le sperme, l’urine et l’accouchement.
רָבִינָא אָמַר: שָׁלֹשׁ בְּאִישׁ – שִׁכְבַת זֶרַע וּקְטַנִּים וּפִי טַבַּעַת, אַרְבָּעָה בְּאִשָּׁה – שִׁכְבַת זֶרַע וְלֵידָה וּקְטַנִּים וּפִי טַבַּעַת.
Ravina dit : Trois sont énoncés à l’égard d’un homme : le sperme, et l’urine, et le sphincter anal, c’est-à-dire qu’ils étaient également incapables d’évacuer des selles. Par conséquent, ils seraient incapables de se soulager du tout. Quatre sont énoncés à l’égard d’une femme : le sperme, et l’accouchement, et l’urine, et le sphincter anal.
״בְּעַד כׇּל רֶחֶם״ – אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: אֲפִילּוּ תַּרְנְגוֹלֶת שֶׁל בֵּית אֲבִימֶלֶךְ לֹא הֵטִילָה בֵּיצָתָהּ.
Le verset déclare : « Car le Seigneur avait fermé toutes les matrices de la maison d’Abimélek. » Les Sages de l’école de Rabbi Yannai disent : Même une poule de la maison d’Abimélek n’a pas pondu son œuf pendant ce temps-là.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי: מְנַָא הָא מִילְּתָא דַאֲמוּר רַבָּנַן: כׇּל הַמְבַקֵּשׁ רַחֲמִים עַל חֲבֵירוֹ וְהוּא צָרִיךְ לְאוֹתוֹ דָּבָר, הוּא נַעֲנֶה תְּחִילָּה? אֲמַר לֵיהּ: דִּכְתִיב: ״וַה׳ שָׁב אֶת שְׁבוּת אִיּוֹב בְּהִתְפַּלְלוֹ בְּעַד רֵעֵהוּ״.
§ La Guemara cite une série de questions que Rava posa à Rabba bar Mari, la première étant liée au sujet précédent de la discussion. Rava dit à Rabba bar Mari : D’où cette idée est-elle tirée, selon laquelle les Sages ont dit : Quiconque demande miséricorde au Ciel pour autrui, alors qu’il a lui-même besoin de miséricorde du Ciel concernant cette même affaire, est exaucé en premier ? Rabba bar Mari lui dit que la source en est comme il est écrit : « Et le Seigneur rétablit la fortune de Job, lorsqu’il pria pour ses amis » (Job 42:10).
אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ אָמְרַתְּ מֵהָתָם, וַאֲנָא אָמֵינָא מֵהָכָא: ״וַיִּתְפַּלֵּל אַבְרָהָם אֶל הָאֱלֹהִים, וַיִּרְפָּא אֱלֹהִים אֶת אֲבִימֶלֶךְ וְאֶת אִשְׁתּוֹ וְאַמְהוֹתָיו [וְגוֹ׳]״, וּכְתִיב: ״וַה׳ פָּקַד אֶת שָׂרָה כַּאֲשֶׁר אָמָר וְגוֹ׳״ – כַּאֲשֶׁר אָמַר אַבְרָהָם אֶל אֲבִימֶלֶךְ.
Rava lui dit : Tu as apporté la preuve de là-bas, d’un verset dans les Écrits, et moi, j’apporte la preuve d’ici, d’un verset dans la Torah. Comme il est écrit : « Abraham pria Dieu ; et Dieu guérit Abimélec, sa femme et ses servantes, et elles enfantèrent » (Genèse 20:17), et il est écrit immédiatement après : « Et le Seigneur se souvint de Sarah, comme Il l’avait dit » (Genèse 21:1), le pronom étant interprété de manière homilétique : Comme Abraham l’a dit au sujet d’Abimélec. Parce qu’Abraham pria pour Abimélec afin que les femmes de sa maison enfantent, Abraham lui-même fut exaucé sur ce point.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי: מְנָא הָא מִילְּתָא דְאָמְרִי אִינָשֵׁי: בַּהֲדֵי הוּצָא לָקֵי כְּרָבָא? אֲמַר לֵיהּ, דִּכְתִיב: ״לָמָּה תָרִיבוּ אֵלָי? כֻּלְּכֶם פְּשַׁעְתֶּם בִּי נְאֻם ה׳״.
Rava dit à Rabba bar Mari : D’où cette idée est-elle tirée, selon laquelle les gens disent : Le chou est endommagé avec l’épine, puisque parfois le chou est abîmé lorsque l’on retire l’épine ? Rabba bar Mari lui dit que la source est comme il est écrit : « Pourquoi plaideriez-vous avec Moi ? Vous vous êtes tous rebellés contre Moi, dit le Seigneur » (Jérémie 2:29). Le terme « vous tous » inclut même ceux qui n’ont pas péché.
אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ אָמְרַתְּ מֵהָתָם, וַאֲנָא אָמֵינָא מֵהָכָא: ״עַד אָנָה מֵאַנְתֶּם לִשְׁמֹר מִצְוֹתַי וְתוֹרֹתָי״.
Rava lui dit : Tu as dit la preuve de là-bas, à partir d’un verset dans les Prophètes, et moi je dis la preuve d’ici, à partir d’un verset dans la Torah. Le Seigneur dit à Moïse après qu’une partie du peuple eut recueilli la manne pendant le Chabbat : « Jusqu’à quand refuserez-vous [me’antem] de garder Mes commandements et Mes lois ? » (Exode 16:28). Le terme « refuserez-vous [me’antem] » est écrit au pluriel, ce qui indique que même Moïse était inclus, bien qu’il n’ait pas péché.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי: כְּתִיב: ״וּמִקְצֵה אֶחָיו לָקַח חֲמִשָּׁה אֲנָשִׁים״ – מַאן נִינְהוּ חֲמִשָּׁה? אֲמַר לֵיהּ: הָכִי אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אוֹתָן שֶׁהוּכְפְּלוּ בְּשֵׁמוֹת.
Rava dit à Rabba bar Mari : Il est écrit au sujet de Joseph : « Et parmi ses frères, il prit cinq hommes, et les présenta à Pharaon » (Genèse 47:2). Qui sont ces cinq hommes ? Rabba bar Mari lui dit : Voici ce que dit Rabbi Yoḥanan : Ceux dont les noms furent répétés dans les bénédictions par lesquelles Moïse bénit plus tard les douze tribus. Ce sont Dan, Zabulon, Gad, Aser et Nephtali (voir Deutéronome 35). Comme ils étaient faibles, Joseph les amena devant Pharaon.
יְהוּדָה נָמֵי אִיכְּפוֹלֵי מִיכְּפַל!
Rava a dit : Juda aussi a eu son nom répété dans les bénédictions, et il était fort.
אֲמַר לֵיהּ: לְמִילְּתֵיהּ הוּא דְּאִיכְּפַל. דְּאָמַר רַבִּי שְׁמוּאֵל בַּר נַחְמָנִי אָמַר רַבִּי יוֹנָתָן, מַאי דִּכְתִיב: ״יְחִי רְאוּבֵן וְאַל יָמֹת, וִיהִי מְתָיו מִסְפָּר – וְזֹאת לִיהוּדָה״?
Rabba bar Mari lui dit : Son nom fut répété pour sa propre affaire, comme le dit Rabbi Shmuel bar Naḥmani selon qui Rabbi Yonatan a dit : Quel est le sens de ce qui est écrit au sujet de Ruben et de Juda dans la bénédiction de Moïse aux tribus à la fin de sa vie : « Que Ruben vive et ne meure pas, même si ses hommes deviennent peu nombreux » (Deutéronome 33:6), et immédiatement après, dans le verset suivant, il est dit : « Et ceci pour Juda, et il dit : Écoute, Seigneur, la voix de Juda, et ramène-le vers son peuple ; que ses mains combattent pour lui, et Tu seras une aide contre ses adversaires » (Deutéronome 33:7) ? Quel est le lien entre la bénédiction de Ruben et celle de Juda, juxtaposées avec la conjonction « et » ?
כׇּל אוֹתָן אַרְבָּעִים שָׁנָה שֶׁהָיוּ יִשְׂרָאֵל בַּמִּדְבָּר, הָיוּ עַצְמוֹתָיו שֶׁל יְהוּדָה מְגוּלְגָּלִין בָּאָרוֹן; עַד שֶׁבָּא מֹשֶׁה וּבִקֵּשׁ רַחֲמִים – אָמַר לְפָנָיו: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, מִי גָּרַם לִרְאוּבֵן שֶׁיּוֹדֶה – יְהוּדָה!
Rabbi Yoḥanan a dit : Pendant toutes ces quarante années où le peuple juif était dans le désert, les os de Juda, que le peuple juif avait emportés d’Égypte avec ceux de ses frères, roulaient à l’intérieur du cercueil, jusqu’à ce que Moïse vienne et demande miséricorde en faveur de Juda. Moïse dit devant Dieu : Maître de l’Univers, qui a servi d’impulsion pour que Ruben confesse sa faute, grâce à quoi il mérita une bénédiction et ne fut pas exclu du compte des douze fils de Jacob (voir Genèse 35:22) ? Ce fut Juda, car Ruben le vit confesser sa faute, et fit donc de même.
מִיָּד: ״שְׁמַע ה׳ קוֹל יְהוּדָה״ – עָל אֵיבְרֵיהּ לְשָׁפָא. לָא הֲווֹ קָא מַסְּקִי [לֵיהּ] לִמְתִיבְתָּא דִּרְקִיעָא, ״וְאֶל עַמּוֹ תְּבִיאֶנּוּ״. לָא הֲוָה יָדַע מַאי קָאָמְרִי רַבָּנַן, וּלְמִשְׁקַל וּמִיטְרַח בַּהֲדֵי רַבָּנַן, ״יָדָיו רָב לוֹ״. לָא הֲוָה סָלֵיק לֵיהּ שְׁמַעְתְּתָא אַלִּיבָּא דְהִלְכְתָא, ״וְעֵזֶר מִצָּרָיו תִּהְיֶה״.
Immédiatement après que Moïse eut prié, le verset déclare : « Écoute, Seigneur, la voix de Juda » (Deutéronome 33:7). Ses os alors entrèrent dans leurs emboîtures [leshafa], et son squelette se reconstitua. Les anges ne l’élevèrent toujours pas dans la maison d’étude céleste. Moïse pria alors : « Et ramène-le vers son peuple » (Deutéronome 33:7), c’est-à-dire amène-le auprès de ceux qui se trouvent dans la maison d’étude céleste. Cette prière fut acceptée, mais il ne savait toujours pas ce que disaient les sages, et il était incapable de débattre des questions de Torah avec les sages. Moïse pria alors : « Que ses mains combattent pour lui » (Deutéronome 33:7), ce qui signifie qu’il devait avoir la capacité de discuter avec eux dans l’étude. Mais malgré cela il ne pouvait pas tirer de conclusions de sa discussion conformément à la halakha. Moïse pria alors : « Et sois une aide contre ses adversaires » (Deutéronome 33:7).
אֲמַר לֵיהּ רָבָא לְרַבָּה בַּר מָרִי, מְנָא הָא מִילְּתָא דְּאָמְרִי אִינָשֵׁי: בָּתַר עַנְיָא אָזְלָא עַנְיוּתָא? אֲמַר לֵיהּ, דִּתְנַן: עֲשִׁירִים מְבִיאִין בִּכּוּרִים בִּקְלָתוֹת שֶׁל זָהָב וְשֶׁל כֶּסֶף, וַעֲנִיִּים בְּסַלֵּי נְצָרִים שֶׁל עֲרָבָה קְלוּפָה. הַסַּלִּים וְהַבִּכּוּרִים נְתוּנִים לַכֹּהֲנִים. אֲמַר לֵיהּ: אַתְּ אָמְרַתְּ מֵהָתָם, וַאֲנָא אָמֵינָא מֵהָכָא:
Rava dit à Rabba bar Mari : D’où cette idée est-elle tirée, selon laquelle les gens disent : La pauvreté suit le pauvre ? Rabba bar Mari lui dit : Comme nous l’avons appris dans une michna (Bikkurim 3:8) : Les riches apportaient les prémices dans des paniers d’or et d’argent, et les pauvres apportaient les prémices dans des paniers d’osier faits de saule pelé, et ils donnaient les paniers et les prémices aux prêtres. Les riches récupéraient leurs paniers, tandis que les pauvres non. Rava lui dit : Toi, tu as apporté la preuve de là-bas, d’une michna, et moi, je dis la preuve d’ici, d’un verset dans la Torah :

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