וְהַטַּבָּח לוֹקֵחַ וְשׁוֹחֵט, לוֹקֵחַ וְשׁוֹהֶה – וּבִלְבַד שֶׁלֹּא יְשַׁהֶה הָעֲגוּנָה שֶׁבָּהֶן שְׁלֹשִׁים יוֹם.
La baraita continue : Et un boucher peut acheter de petits animaux domestiques et les abattre, puis de nouveau acheter de petits animaux domestiques et les garder pendant un certain temps, à condition de ne pas garder le dernier d’entre eux qu’il a acheté au-delà de trente jours.
שָׁאֲלוּ תַּלְמִידָיו אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל: מַהוּ לְגַדֵּל? אָמַר לָהֶן: מוּתָּר. וְהָתְנַן: אֵין מְגַדְּלִין!
Ses élèves demandèrent à Rabban Gamliel : Quelle est la halakhaconcernant le fait d’élever de petits animaux domestiques en Eretz Yisrael ? Rabban Gamliel leur dit : C’est permis. La Guemara interrompt sa citation de la baraita pour poser une question : Comment Rabban Gamliel pouvait-il dire cela ? Mais n’avons-nous pas appris dans la michna : On ne peut pas élever de petits animaux domestiques en Eretz Yisrael ?
אֶלָּא הָכִי קָא בָּעוּ מִינֵּיהּ: מַהוּ לְשַׁהוֹת? אָמַר לָהֶן: מוּתָּר, וּבִלְבַד שֶׁלֹּא תֵּצֵא וְתִרְעֶה בָּעֵדֶר; אֶלָּא קוֹשְׁרָהּ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה.
Au contraire, le texte de la baraita doit être corrigé, et ils lui ont en réalité soumis ce dilemme : Quelle est la halakha concernant le fait de les garder pendant un certain temps ? La Guemara reprend la citation de la baraita : Rabban Gamliel leur dit : Cela est permis, à condition que l’animal ne sorte pas paître parmi le troupeau. Au contraire, il faut l’attacher aux pieds du lit dans sa maison.
תָּנוּ רַבָּנַן: מַעֲשֶׂה בְּחָסִיד אֶחָד שֶׁהָיָה גּוֹנֵחַ מִלִּבּוֹ, וְשָׁאֲלוּ לָרוֹפְאִים, וְאָמְרוּ: אֵין לוֹ תַּקָּנָה עַד שֶׁיִּנַק חָלָב רוֹתֵחַ מִשַּׁחֲרִית לְשַׁחֲרִית. וְהֵבִיאוּ לוֹ עֵז וְקָשְׁרוּ לוֹ בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה, וְהָיָה יוֹנֵק מִמֶּנָּה מִשַּׁחֲרִית לְשַׁחֲרִית.
Les Sages ont enseigné dans une baraita : Il y eut un incident concernant un certain homme pieux qui gémissait, c’est-à-dire souffrait, à cause d’une douleur dans son cœur. Ceux qui s’occupaient de cet homme demandèrent aux médecins ce qu’il fallait faire pour lui, et ils dirent : Il n’y a pas d’autre remède pour lui sinon qu’il doit téter du lait chaud chaque matin. Ils lui apportèrent une chèvre et l’attachèrent au pied du lit pour lui, et il tétait du lait d’elle chaque matin.
לְיָמִים נִכְנְסוּ חֲבֵירָיו לְבַקְּרוֹ, כֵּיוָן שֶׁרָאוּ אוֹתָהּ הָעֵז קְשׁוּרָה בְּכַרְעֵי הַמִּטָּה – חָזְרוּ לַאֲחוֹרֵיהֶם, וְאָמְרוּ: לִסְטִים מְזוּיָּין בְּבֵיתוֹ שֶׁל זֶה, וְאָנוּ נִכְנָסִין אֶצְלוֹ?!
Quelques jours plus tard, ses amis vinrent lui rendre visite. Lorsqu’ils virent la chèvre attachée aux pieds du lit, ils rebroussèrent chemin en disant : Il y a un bandit armé dans la maison de cet homme, et nous allons entrer pour lui rendre visite ? Ils désignaient la chèvre de cette manière parce que les petits animaux ont l’habitude de paître dans la végétation d’autrui, volant ainsi leurs récoltes.
יָשְׁבוּ וּבָדְקוּ, וְלֹא מָצְאוּ בּוֹ אֶלָּא אוֹתוֹ עָוֹן שֶׁל אוֹתָהּ הָעֵז. וְאַף הוּא בִּשְׁעַת מִיתָתוֹ אָמַר: יוֹדֵעַ אֲנִי שֶׁאֵין בִּי עָוֹן אֶלָּא עֲוֹן אוֹתָהּ הָעֵז, שֶׁעָבַרְתִּי עַל דִּבְרֵי חֲבֵרַי.
Ses amis s’assirent et examinèrent la conduite de cet homme pieux, et ils ne purent trouver aucun péché attribuable à lui, sauf ce péché de garder cette chèvre dans sa maison. Cet homme lui-même dit aussi au moment de sa mort : Je sais avec certitude que je n’ai aucun péché attribuable à moi, sauf le péché de garder cette chèvre dans ma maison, car j’ai transgressé la parole de mes collègues, les Sages.
אָמַר רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: מִבַּעֲלֵי בָתִּים שֶׁבַּגָּלִיל הָעֶלְיוֹן הָיוּ בֵּית אַבָּא; וּמִפְּנֵי מָה חָרְבוּ? שֶׁהָיוּ מַרְעִין בָּחוֹרָשִׁין, וְדָנִין דִּינֵי מָמוֹנוֹת בְּיָחִיד. וְאַף עַל פִּי שֶׁהָיוּ לָהֶם חוֹרָשִׁים סָמוּךְ לְבָתֵּיהֶם, שָׂדֶה קְטַנָּה הָיְתָה וּמַעֲבִירִין דֶּרֶךְ עָלֶיהָ.
Rabbi Yishmaël a dit : Les membres de la famille de mon père comptaient parmi les riches propriétaires fonciers de la haute Galilée. Et pour quelle raison furent-ils détruits ? Cela était dû au fait qu’ils faisaient paître des troupeaux dans les forêts, et aussi parce qu’ils jugeaient des affaires de droit pécuniaire au moyen d’un seul juge. Et bien qu’il y eût des forêts près de leurs maisons, et qu’il n’aurait donc dû y avoir aucun problème à y mener leurs animaux pour paître, il y avait un petit champ privé, et ils faisaient passer les animaux par un chemin qui le traversait.
תָּנוּ רַבָּנַן: רוֹעֶה שֶׁעָשָׂה תְּשׁוּבָה – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִמְכּוֹר מִיָּד, אֶלָּא מוֹכֵר עַל יָד עַל יָד. וְכֵן גֵּר שֶׁנָּפְלוּ לוֹ כְּלָבִים וַחֲזִירִים בִּירוּשָּׁתוֹ – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִמְכּוֹר מִיָּד, אֶלָּא מוֹכֵר עַל יָד עַל יָד.
§ Les Sages ont enseigné dans une baraita : S’il y a un berger de petit bétail qui s’est repenti, le tribunal ne l’oblige pas à vendre tous ses animaux immédiatement. Au contraire, il peut les vendre progressivement. De même, dans le cas d’un converti qui est entré en possession de chiens et de porcs (voir 83a) comme partie de son héritage, le tribunal ne l’oblige pas à vendre tous immédiatement. Au contraire, il peut les vendre progressivement.
וְכֵן מִי שֶׁנָּדַר לִיקַּח בַּיִת וְלִיקַּח אִשָּׁה בְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ לִיקַּח מִיָּד, עַד שֶׁיִּמְצָא אֶת הַהוֹגֶנֶת לוֹ.
De même, en ce qui concerne celui qui a fait le vœu d’acheter une maison ou d’épouser une femme en Eretz Yisrael, le tribunal ne l’oblige pas à acquérir la première maison ni à épouser la première femme qu’il voit immédiatement à son arrivée en Eretz Yisrael. Au contraire, il peut attendre jusqu’à ce qu’il trouve la maison ou l’épouse qui lui convient.
וּמַעֲשֶׂה בְּאִשָּׁה אַחַת שֶׁהָיָה בְּנָהּ מֵיצֵר לָהּ, וְקָפְצָה וְנִשְׁבְּעָה: ״כׇּל מִי שֶׁיָּבֹא, אֵינִי מַחְזִירָתוֹ״, וְקָפְצוּ עָלֶיהָ בְּנֵי אָדָם שֶׁאֵינָן מְהוּגָּנִין. וּכְשֶׁבָּא הַדָּבָר אֵצֶל חֲכָמִים, אָמְרוּ: לֹא נִתְכַּוְּונָה זוֹ אֶלָּא לְהָגוּן לָהּ.
Et il y eut un cas concernant une certaine femme célibataire qui avait un fils qui l’affligeait, et elle se leva et fit un serment impulsivement : Tout homme qui viendra m’épouser et disciplinera mon fils, je ne le repousserai pas. Et des hommes indignes se précipitèrent sur l’occasion de l’épouser. Et lorsque l’affaire fut portée devant les Sages, ils dirent : Elle n’a pas besoin d’épouser l’un de ces hommes, car l’intention de cette femme dans son serment était certainement d’épouser seulement un homme qui lui convient.
כְּשֵׁם שֶׁאָמְרוּ אֵין מְגַדְּלִין בְּהֵמָה דַּקָּה, כָּךְ אָמְרוּ אֵין מְגַדְּלִין חַיָּה דַּקָּה. רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: מְגַדְּלִין כְּלָבִים כּוּפְרִין, וַחֲתוּלִים, וְקוֹפִין, וְחוּלְדּוֹת סְנָאִים – מִפְּנֵי שֶׁעֲשׂוּיִים לְנַקֵּר אֶת הַבַּיִת.
La baraita continue : De même que les Sages ont dit qu’on ne peut pas élever de petits animaux domestiques, c’est-à-dire des moutons et des chèvres, de même ils ont dit qu’on ne peut pas élever de petits animaux non domestiqués. Rabbi Yishmaël dit : On peut élever des chiens de village, des chats, des singes et des genettes, parce qu’ils servent à nettoyer la maison des souris et autres vermines.
מַאי חוּלְדּוֹת סְנָאִים? אָמַר רַב יְהוּדָה: שִׁרְצָא חַרְצָא. וְאִיכָּא דְּאָמְרִי: חַרְזָא – דְּקַטִּינֵי שָׁקַיהּ, וְרָעֲיָא בֵּינֵי וַורְדִּינֵי. וּמַאי שִׁרְצָא? דְּמִתַּתִּאי שָׁקַיהּ.
La Guemara demande : Que sont ces genettes ? Rav Yehouda a dit : Elles sont connues en araméen sous le nom de shartza ḥartza. Et il y en a qui disent qu’en araméen cet animal est appelé ḥarza. Cette créature a des cuisses courtes et elle broute parmi les buissons épineux. Et quelle est la raison pour laquelle on les appelle shartza, un terme qui désigne généralement des créatures rampantes qui se traînent [shoretz] plutôt que de marcher ? C’est parce que ses cuisses sont si courtes qu’elle semble se traîner au lieu de marcher sur des pattes.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: עָשִׂינוּ עַצְמֵנוּ בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לִבְהֵמָה דַּקָּה. אֲמַר לֵיהּ רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לְרַב הוּנָא: דִּידָךְ מַאי?
§ Rav Yehouda dit que Rav dit : Nous, en Babylonie, nous nous sommes rendus semblables aux habitants d’Eretz Yisrael en ce qui concerne l’interdiction des Sages de faire paître ou d’élever du petit bétail. Rav Adda bar Ahava dit à Rav Houna : Et qu’en est-il de tes brebis et chèvres ? Comment peux-tu élever ces animaux en Babylonie ?
אֲמַר לֵיהּ: דִּידַן קָא מְינַטְּרָא לְהוּ חוּבָּה. אֲמַר לֵיהּ: חוּבָּה תִּקְבְּרִינְהוּ לִבְנַהּ. כּוּלְּהוּ שְׁנֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה לָא אִקַּיַּים זַרְעָא לְרַב הוּנָא מֵחוּבָּה. אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: עָשִׂינוּ עַצְמֵנוּ בְּבָבֶל כְּאֶרֶץ יִשְׂרָאֵל לִבְהֵמָה דַּקָּה, מִכִּי אֲתָא רַב לְבָבֶל.
Rav Houna lui dit : Ḥova, mon épouse, surveille les animaux afin qu’ils ne paissent pas sur des terres appartenant à d’autres. Rav Adda bar Ahava maudit Rav Houna et lui dit : Que Ḥova enterre son fils ! Pendant toutes les années de Rav Adda bar Ahava, aucun enfant de Rav Houna et de Ḥova ne survécut, à cause de cette malédiction. Il y a ceux qui disent une version différente de la déclaration ci-dessus : Rav Houna dit que Rav dit : Nous, en Babylonie, nous nous sommes rendus semblables à ceux d’Eretz Yisrael en ce qui concerne l’élevage de petits animaux domestiques, depuis le moment où Rav est venu en Babylonie.
רַב וּשְׁמוּאֵל וְרַב אַסִּי אִיקְּלַעוּ לְבֵי שְׁבוּעַ הַבֵּן, וְאָמְרִי לַהּ לְבֵי יְשׁוּעַ הַבֵּן. רַב לָא עָיֵיל קַמֵּיהּ דִּשְׁמוּאֵל,
§ Rav, Shmuel et Rav Asi se trouvèrent un jour présents dans une maison où l’on tenait une célébration marquant l’écoulement d’une semaine depuis la naissance d’un nouveau-né, un fils, c’est-à-dire une circoncision. Et certains disent que c’était une maison où l’on tenait une célébration marquant le rachat du premier-né, un fils. Rav n’entrait pas avant Shmuel, pour les raisons que la Guemara expliquera;