שׁוֹר וְשׁוֹר פְּסוּלֵי הַמּוּקְדָּשִׁין שֶׁנָּגְחוּ – מַאי נִיהוּ? שׁוֹר בְּכוֹר, דְּלָא פָּרֵיק לֵיהּ; אַבָּיֵי אָמַר: מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק, רָבִינָא אָמַר: מְשַׁלֵּם רְבִיעַ נֶזֶק.
Il y a un différend concernant le cas d’un bœuf inoffensif ordinaire et d’un bœuf consacré disqualifié qui ont encorné ensemble un autre bœuf. Quel est ce cas d’un bœuf qui a été consacré puis disqualifié ? C’est un bœuf premier-né qui a été frappé d’un défaut et a donc été disqualifié comme offrande. Néanmoins, sa consécration initiale demeure, et par conséquent il ne peut pas être racheté. En conséquence, le prêtre qui le possède n’est pas tenu de payer des dommages, puisqu’il n’est pas classé comme : le bœuf d’autrui, car son statut n’est pas celui d’un bœuf profane appartenant à une personne. Dans ce contexte, quelle est la responsabilité du propriétaire du bœuf profane qui a encorné avec lui ? Abaye dit : Il paie la moitié du coût du dommage, tandis que Ravina dit : Il paie un quart du coût du dommage.
הָא וְהָא בְּתָם; הָא כְּרַבָּנַן, וְהָא כְּרַבִּי נָתָן.
La Guemara explique le différend : Celui-ci, Abaye, et celui-là, Ravina, se réfèrent à un cas où le bœuf ordinaire était inoffensif. Cet avis énoncé par Ravina est conforme à l’opinion des Sages selon laquelle chaque partie n’est responsable que de la moitié du dommage. Puisque le bœuf non consacré était inoffensif, son propriétaire paie la moitié du coût du dommage dont il est responsable, c’est-à-dire un quart du total. Et cet autre avis énoncé par Abaye est conforme à l’opinion de Rabbi Natan selon laquelle chaque partie est à son tour responsable de tout le dommage. Par conséquent, puisque le bœuf non consacré est inoffensif, son propriétaire paie la moitié du montant total.
אִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא כְּרַבָּנַן; הָא בְּתָם, הָא בְּמוּעָד.
Si tu le souhaites, dis plutôt qu’il n’y a pas de divergence, et que celui-ci, Abaye, et celui-là, Ravina, énoncent leurs avis conformément à l’opinion des Sages. Celui-ci, Ravina, se réfère au cas où le bœuf non consacré est inoffensif, et ainsi son propriétaire paie la moitié d’une moitié, et celui-là, Abaye, se réfère au cas où le bœuf non consacré est averti, de sorte que son propriétaire paie toute sa part, c’est-à-dire la moitié du dommage total.
אִיכָּא דְּאָמְרִי – אַבָּיֵי אָמַר: חֲצִי נֶזֶק, רָבִינָא אָמַר: כּוּלֵּיהּ נֶזֶק. הָא וְהָא בְּמוּעָד; הָא כְּרַבָּנַן, וְהָא כְּרַבִּי נָתָן.
Il y a ceux qui disent qu’il y avait une autre version de cette dispute : Abaye dit qu’il paie la moitié du coût du dommage, et Ravina dit : Il paie la totalité du coût du dommage. La Guemara explique leur raisonnement : Celui-ci comme celui-là se réfèrent au cas où le bœuf avait été averti. Celui-ci, Abaye, soutient conformément à l’opinion des Sages, selon laquelle chacun est responsable de la moitié du dommage, et il paie donc sa part, soit la moitié du coût total du dommage. Et celui-là, Ravina, soutient conformément à l’opinion de Rabbi Natan, selon laquelle chacun est pleinement responsable du dommage, et lorsque l’un des auteurs du dommage est exempt de paiement, comme dans ce cas, la totalité est perçue de l’autre.
אִיבָּעֵית אֵימָא: הָא וְהָא כְּרַבִּי נָתָן; הָא בְּמוּעָד, וְהָא בְּתָם.
Si tu le souhaites, dis plutôt qu’il n’y a pas de divergence, et que celui-ci aussi bien que celui-là soutiennent conformément à l’opinion de Rabbi Natan. Celui-ci, Ravina, se réfère à un cas où le bœuf était averti et le propriétaire paie la totalité du dommage, et celui-là, Abaye, se réfère à un bœuf inoffensif, pour lequel seule la moitié du dommage est payée.
אָמַר רָבָא: שׁוֹר וְאָדָם שֶׁדָּחֲפוּ לְבוֹר, לְעִנְיַן נְזָקִין – כּוּלָּן חַיָּיבִין. לְעִנְיַן אַרְבָּעָה דְּבָרִים וּדְמֵי וְלָדוֹת – אָדָם חַיָּיב, וְשׁוֹר וּבוֹר פָּטוּר.
§ Rava dit : En ce qui concerne un bœuf et une personne qui poussent une personne ou un animal dans une fosse, alors, concernant le dommage qu’ils ont causé, ils, c’est-à-dire l’homme qui a poussé la personne ou l’animal, le propriétaire du bœuf et le propriétaire de la fosse, sont tous responsables de payer l’indemnité pour le dommage. Concernant les quatre types supplémentaires d’indemnité, à savoir la perte de subsistance, la douleur, les frais médicaux et l’humiliation, ainsi que la compensation pour des fœtus perdus, la personne qui a poussé est responsable, tandis que le propriétaire du bœuf et le propriétaire de la fosse sont exemptés, puisque la Torah ne leur a imposé aucune obligation de payer ces paiements.
לְעִנְיַן כּוֹפֶר וּשְׁלֹשִׁים שֶׁל עֶבֶד – שׁוֹר חַיָּיב, אָדָם וּבוֹר פְּטוּרִים. לְעִנְיַן כֵּלִים וְשׁוֹר פְּסוּלֵי הַמּוּקְדָּשִׁין – אָדָם וְשׁוֹר חַיָּיבִין, וּבוֹר פָּטוּר.
En ce qui concerne le paiement d’une rançon s’il s’agissait d’une personne qui a été poussée et tuée, et aussi concernant les trente sicles payés pour un esclave cananéen qui a été tué, le propriétaire du bœuf est responsable, et l’homme qui a poussé et le propriétaire de la fosse sont exempts. En ce qui concerne les récipients et un bœuf consacré disqualifié qui est tombé dans la fosse, l’homme qui a poussé et le propriétaire du bœuf sont responsables, et le propriétaire de la fosse est exempt.
מַאי טַעְמָא? אָמַר קְרָא: ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – בְּמִי שֶׁהַמֵּת שֶׁלּוֹ, יָצָא זֶה שֶׁאֵין הַמֵּת שֶׁלּוֹ.
Rava explique : Quelle est la raison pour laquelle le propriétaire de la fosse est exempt de responsabilité pour le dommage causé à un bœuf consacré disqualifié ? Car le verset déclare au sujet d’une fosse : « Et la carcasse sera à lui » (Exode 21:34), enseignant que l’obligation de payer les dommages n’est imposée qu’à celui à qui la carcasse appartient ensuite , excluant ainsi ce cas d’un bœuf consacré disqualifié, où la carcasse ne lui appartient pas. Dans ce cas, il est interdit de vendre la carcasse. Le propriétaire de la fosse ne peut en tirer aucun bénéfice, et elle n’appartient plus à personne ; les conditions écrites dans le verset ne sont donc pas remplies.
לְמֵימְרָא דִּפְשִׁיטָא לֵיהּ לְרָבָא? וְהָא מִיבַּעְיָא בָּעֵי לֵיהּ לְרָבָא – דְּבָעֵי רָבָא: שׁוֹר פְּסוּלֵי הַמּוּקְדָּשִׁין שֶׁנָּפַל לַבּוֹר, מַהוּ? הַאי ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – בְּמִי שֶׁהַמֵּת שֶׁלּו, יָצָא זֶה שֶׁאֵין הַמֵּת שֶׁלּוֹ; אוֹ דִילְמָא, ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ – לִבְעָלִים מִטַּפְּלִין בַּנְּבֵילָה הוּא דַּאֲתָא?
La Guemara demande : Faut-il dire que cette question était évidente pour Rava ? N’est-ce pas un dilemme qui avait déjà été soulevé par Rava, puisque Rava a demandé : Quelle est la halakha concernant un bœuf consacré disqualifié qui est tombé dans une fosse ? Est-ce que ce verset : « Et la carcasse sera pour lui », se réfère à celui à qui la carcasse appartient, c’est-à-dire le propriétaire de la fosse, à l’exclusion de ce cas où la carcasse ne lui appartient pas, et donc le propriétaire est exempt de payer pour elle ? Ou peut-être le verset « Et la carcasse sera pour lui » vient-il enseigner que le propriétaire de l’animal s’occupe de, c’est-à-dire conserve la propriété de, la carcasse, et l’auteur du dommage lui paie la différence ?
בָּתַר דְּבַעְיַהּ, הֲדַר פַּשְׁטַהּ.
La Guemara répond : Au départ, Rava avait des doutes sur la question, mais après avoir soulevé le dilemme, il l’a ensuite résolu et a conclu que le verset n’impose la responsabilité du coût du dommage qu’à une personne à qui appartient la carcasse, à l’exclusion du cas d’un bœuf consacré disqualifié.
אֶלָּא בְּעָלִים מִטַּפְּלִין בִּנְבֵילָה – מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מִן ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ דְּשׁוֹר. מַאי חָזֵית דִּ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ דְּשׁוֹר – מַפְּקַתְּ לֵיהּ לִבְעָלִים מִטַּפְּלִין בִּנְבֵילָה, ״וְהַמֵּת יִהְיֶה לוֹ״ דְּבוֹר – מַפְּקַתְּ לֵיהּ לְמִי שֶׁהַמֵּת שֶׁלּוֹ? אֵיפוֹךְ אֲנָא!
La Guemara demande : Plutôt, d’où déduit-il la halakha selon laquelle le propriétaire s’occupe de la carcasse de l’animal ? La Guemara répond : Il la déduit du verset : « Et la carcasse sera pour lui » (Exode 21:36), énoncé au sujet du Bœuf. La Guemara demande encore : Qu’as-tu vu pour déterminer que du verset « Et la carcasse sera pour lui », énoncé au sujet du Bœuf, tu déduis de lui la halakha selon laquelle le propriétaire du bœuf mort s’occupe de la carcasse, et du verset « Et la carcasse lui appartient », énoncé au sujet de la Fosse, tu en déduis la halakha selon laquelle seul celui à qui appartient la carcasse paie les dommages ? Pourquoi ne puis-je pas inverser les déductions de chaque verset et dire l’inverse ?
מִסְתַּבְּרָא פְּטוּר גַּבֵּי בוֹר – הוֹאִיל וּפָטַר בּוֹ אֶת הַכֵּלִים. אַדְּרַבָּה, פְּטוּר גַּבֵּי שׁוֹר – שֶׁכֵּן פָּטַר בּוֹ חֲצִי נֶזֶק! כּוּלֵּיהּ נֶזֶק מִיהַת לָא אַשְׁכְּחַן.
La Guemara répond : Il est raisonnable que l’exemption s’applique au verset énoncé au sujet de la Fosse, puisque la Torah exempte également quelqu’un de payer pour un dommage classé comme Fosse causé à des ustensiles qui y tombent et se brisent. La Guemara conteste cette réponse : Au contraire, on pourrait soutenir que l’exemption s’applique au verset énoncé au sujet du Bœuf, puisque la Torah a aussi exempté le propriétaire de la moitié du coût du dommage dans le cas d’un bœuf inoffensif. La Guemara répond : En tout état de cause, nous ne trouvons pas que le propriétaire du bœuf soit exempté d’indemnisation pour la totalité du coût du dommage. En revanche, au sujet de la Fosse, il existe certains objets pour lesquels une personne n’est pas responsable du tout. Il est donc logique de conclure que la Torah est plus clémente dans les cas de Fosse que dans ceux du Bœuf.
נָפַל לְתוֹכוֹ שׁוֹר וְכֵלָיו, וְנִשְׁתַּבְּרוּ כּוּ׳. מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי יְהוּדָה – דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה מְחַיֵּיב עַל נִזְקֵי כֵלִים בְּבוֹר.
§ La michna enseigne : Si un bœuf et ses accoutrements, c’est-à-dire les ustensiles qu’il portait, sont tombés dans la fosse et les ustensiles se sont brisés, ou si un âne et ses accoutrements y sont tombés et que les accoutrements se sont déchirés, le propriétaire de la fosse est responsable du dommage causé à l’animal par la fosse, mais il est exempt de responsabilité pour le dommage causé aux ustensiles, par décret de la Torah. La Guemara note : La michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, comme cela est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehouda oblige une personne à payer pour le dommage causé aux ustensiles dans les cas de Fosse.
מַאי טַעְמָא דְּרַבָּנַן? דְּאָמַר קְרָא: ״וְנָפַל שָׁמָּה שּׁוֹר אוֹ חֲמוֹר״; ״שׁוֹר״ – וְלֹא אָדָם, ״חֲמוֹר״ – וְלֹא כֵּלִים. וְרַבִּי יְהוּדָה – ״אוֹ״, לְרַבּוֹת אֶת הַכֵּלִים. וְרַבָּנַן –
La Guemara explique : Quel est le raisonnement des Sages ? Puisque le verset déclare : « Et un bœuf ou un âne y tombe » (Exode 21:33), on en déduit qu’il s’agit précisément d’un bœuf, mais non d’une personne, pour la mort de laquelle le propriétaire de la fosse est responsable. De plus, on est responsable pour un âne, mais non pour des ustensiles. En revanche, Rabbi Yehouda interprète le mot « ou » dans l’expression « un bœuf ou un âne » comme incluant les ustensiles. La Guemara demande : Et comment les Sages expliquent-ils le mot « ou » ?