דְּאָמַר: שׂוֹכֵר כְּשׁוֹמֵר חִנָּם דָּמֵי, לִיתְנֵי: חוּץ מִשּׁוֹמֵר חִנָּם וְהַשּׂוֹכֵר!
qui dit qu'un locataire est considéré comme un dépositaire non rémunéré en ce qui concerne sa responsabilité pour l'objet loué, que cela enseigne que les dépositaires sont tenus d'indemniser le propriétaire, à l'exception d'un dépositaire non rémunéré et d'un locataire.
וְאִי כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: שׂוֹכֵר כְּנוֹשֵׂא שָׂכָר דָּמֵי – נִיתְנֵי: ״חוּץ מִשּׁוֹמֵר חִנָּם, וְכוּלָּן בְּמוּעָדִין פְּטוּרִין לְעִנְיַן כּוֹפֶר״!
Et si cela est conforme à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit qu’un locataire est considéré comme un gardien rémunéré, qu’il enseigne : À l’exception d’un gardien non rémunéré, comme cela est effectivement dit ; mais il devrait aussi dire que dans un cas où les bœufs sont avertis, ils sont tous exempts en ce qui concerne la rançon, car Rabbi Yehouda dit dans la michna suivante qu’un bœuf averti ne requiert qu’un niveau réduit de surveillance. Par conséquent, cette baraita ne semble conforme à l’opinion d’aucun des tannaïm.
אָמַר רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא: הָא מַנִּי – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הִיא, דְּאָמַר: אֵין לוֹ שְׁמִירָה אֶלָּא סַכִּין; וּלְעִנְיַן שׂוֹכֵר סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: שׂוֹכֵר כְּנוֹשֵׂא שָׂכָר דָּמֵי.
Rav Huna bar Ḥinnana a dit : Selon l’opinion de qui est cette baraita ? C’est conformément à l’opinion de Rabbi Eliezer, qui dit qu’un bœuf n’a aucune protection suffisante autre que de l’abattre avec un couteau ; c’est-à-dire qu’il n’existe aucun degré de protection qui exonère le propriétaire du bœuf, ou dans le contexte de la baraita, le dépositaire, de responsabilité si le bœuf cause un dommage ou tue. Et en ce qui concerne un locataire, la baraita suit l’opinion de Rabbi Yehuda, qui dit qu’un locataire est considéré comme un dépositaire rémunéré.
אַבָּיֵי אָמַר: לְעוֹלָם כְּרַבִּי מֵאִיר – וְכִדְמַחְלִיף רַבָּה בַּר אֲבוּהּ, וְתָנֵי: שׂוֹכֵר כֵּיצַד מְשַׁלֵּם? רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר: כְּשׁוֹמֵר שָׂכָר, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: כְּשׁוֹמֵר חִנָּם.
Abaye a dit : En réalité, la baraita est conforme à l’opinion de Rabbi Meir ; et c’est selon la manière dont Rabba bar Avuh a inversé les deux opinions et a enseigné : Comment un locataire paie-t-il ? En d’autres termes, quel est son degré de responsabilité ? Rabbi Meir dit : Comme un gardien rémunéré. Rabbi Yehuda dit : Comme un gardien non rémunéré.
אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מָסַר שׁוֹרוֹ לְשׁוֹמֵר חִנָּם, הִזִּיק – חַיָּיב, הוּזַּק – פָּטוּר.
§ Rabbi Elazar dit : Si le propriétaire a confié son bœuf à un gardien non rémunéré, si le bœuf a causé un dommage, le gardien est tenu de payer les dommages ; mais si le bœuf a été blessé, il est exempt.
אָמְרִי: הֵיכִי דָמֵי? אִי דְּקַבֵּיל עֲלֵיהּ שְׁמִירַת נְזָקָיו – אֲפִילּוּ הוּזַּק נָמֵי לִיחַיֵּיב! וְאִי דְּלָא קַבֵּיל עֲלֵיהּ שְׁמִירַת נְזָקָיו – אֲפִילּוּ הִזִּיק נָמֵי לִיפְּטַר!
Les Sages dirent : Quelles sont les circonstances ? Si Rabbi Elazar faisait référence à un dépositaire qui a accepté sur lui-même la responsabilité de le garder contre le fait de causer des dommages, même si le bœuf a été blessé, il devrait être responsable. Et si cela faisait référence à un dépositaire qui n’a pas accepté la responsabilité de le garder contre le fait de causer des dommages, même s’il cause des dommages, il devrait être exempté de paiement.
אָמַר רָבָא: לְעוֹלָם שֶׁקִּיבֵּל עָלָיו שְׁמִירַת נְזָקָיו, וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן שֶׁהִכִּיר בּוֹ שֶׁהוּא נַגְחָן. וּסְתָמָא דְּמִילְּתָא, דְּלָא אָזֵיל אִיהוּ וּמַזִּיק אַחֲרִינֵי – קַבֵּיל עֲלֵיהּ, דְּאָתֵי אַחֲרִינֵי וּמַזְּקִי לֵיהּ לְדִידֵיהּ – לָא אַסֵּיק אַדַּעְתֵּיהּ.
Rava dit : En réalité, Rabbi Elazar faisait référence à un cas où il avait accepté sur lui-même la responsabilité de le garder afin qu’il ne cause pas de dommage ; mais ici, nous traitons d’un cas où le dépositaire avait reconnu que le bœuf était un bœuf encorneur, et dans ce cas la manière normale dont les choses se passent est que le dépositaire a accepté sur lui la responsabilité de le garder afin qu’il n’aille pas blesser d’autres, puisqu’il savait qu’il était dangereux. Mais il ne lui venait vraisemblablement pas à l’esprit que d’autres bœufs viendraient le blesser. Par conséquent, il n’a pas accepté la responsabilité de le protéger contre un tel cas.
מַתְנִי׳ קְשָׁרוֹ בְּעָלָיו בְּמוֹסֵרָה וְנָעַל בְּפָנָיו כָּרָאוּי, וְיָצָא וְהִזִּיק – אֶחָד תָּם וְאֶחָד מוּעָד חַיָּיב, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
MICHNA : Si le propriétaire du bœuf l’a attaché avec des rênes à une clôture ou a verrouillé la porte devant lui de manière appropriée, mais néanmoins le bœuf est sorti et a causé des dommages, que le bœuf soit inoffensif ou averti, le propriétaire est responsable, car cela n’est pas considéré comme une précaution suffisante pour prévenir les dommages ; telle est la déclaration de Rabbi Meïr.
רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: תָּם חַיָּיב, וּמוּעָד פָּטוּר; שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְלֹא יִשְׁמְרֶנּוּ בְּעָלָיו״ – וְשָׁמוּר הוּא זֶה.
Rabbi Yehuda dit que si le bœuf est inoffensif, le propriétaire est responsable même s’il l’a gardé correctement, car la Torah ne limite pas la garde requise pour un bœuf inoffensif. Mais si le bœuf est averti, le propriétaire est exempté de payer une indemnisation pour les dommages, comme il est dit dans le verset décrivant les dommages causés par un bœuf averti : « Et son propriétaire ne l’a pas gardé » (Exode 21:36), et ce bœuf qui était attaché avec des rênes ou derrière une porte verrouillée était gardé.
רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: אֵין לוֹ שְׁמִירָה אֶלָּא סַכִּין.
Rabbi Eliezer dit : Un bœuf n’a pas de protection suffisante du tout autrement qu’en l’abattant avec un couteau ; il n’existe aucun degré de protection qui exonère le propriétaire du bœuf de sa responsabilité.
גְּמָ׳ מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? קָסָבַר: סְתָם שְׁווֹרִים – לָאו בְּחֶזְקַת שִׁימּוּר קָיְימִי; וְאָמַר רַחֲמָנָא תָּם נִיחַיַּיב – דְּנִיבְעֵי לֵיהּ שְׁמִירָה פְּחוּתָה, הֲדַר אָמַר רַחֲמָנָא ״וְלֹא יִשְׁמְרֶנּוּ״ גַּבֵּי מוּעָד – דְּנִבְעֵי לֵיהּ שְׁמִירָה מְעוּלָּה; וְיָלֵיף נְגִיחָה לְתָם – נְגִיחָה לְמוּעָד.
GUEMARA :Quelle est la raison de l’opinion de Rabbi Meïr ? Il soutient que les bœufs ordinaires ne sont pas présumés être sous surveillance, car leurs propriétaires ne les surveillent pas habituellement ; et le Miséricordieux a déclaré dans la Torah que l’on sera responsable même d’un dommage causé par un bœuf inoffensif, puisqu’il requiert au moins un niveau réduit de surveillance, par exemple avec des rênes. Le Miséricordieux a ensuite déclaré au sujet d’un bœuf averti : « Et son propriétaire ne l’a pas gardé », pour indiquer qu’il ne suffit pas de lui fournir seulement un niveau réduit de surveillance, car il requiert une surveillance supérieure. Et Rabbi Meïr déduit cette exigence concernant un bœuf inoffensif d’une analogie verbale entre le terme encorner employé au sujet d’un bœuf inoffensif et le terme encorner employé au sujet d’un bœuf averti. Dans les deux cas, une surveillance supérieure est requise ; sinon, le propriétaire est responsable.
רַבִּי יְהוּדָה סָבַר: סְתָם שְׁווֹרִים – בְּחֶזְקַת שִׁימּוּר קָיְימִי; אָמַר רַחֲמָנָא תָּם נְשַׁלֵּם, דְּנִיבְעֵי לֵיהּ שְׁמִירָה מְעוּלָּה; הֲדַר אָמַר רַחֲמָנָא ״וְלֹא יִשְׁמְרֶנּוּ״ גַּבֵּי מוּעָד – דְּנַעֲבֵיד לֵיהּ שְׁמִירָה מְעוּלָּה. הָוֵי רִיבּוּי אַחַר רִיבּוּי, וְאֵין רִיבּוּי אַחַר רִיבּוּי אֶלָּא לְמַעֵט – מִיעֵט הַכָּתוּב לִשְׁמִירָה מְעוּלָּה.
En revanche, Rabbi Yehouda soutient que les bœufs ordinaires sont présumés être sous un certain niveau réduit de surveillance. Puisque le Miséricordieux a déclaré néanmoins que même pour un dommage causé par un bœuf inoffensif, le propriétaire paiera, on peut en déduire qu’il nécessite une surveillance supérieure. Le Miséricordieux déclare ensuite au sujet d’un bœuf averti : « Et le propriétaire ne l’a pas gardé », soulignant de nouveau qu’il faut lui fournir une surveillance supérieure. Cela constitue une amplification après une autre amplification, et le principe est qu’une amplification après une amplification n’est énoncée que afin de restreindre sa portée. En conséquence, le verset exclut l’exigence de surveillance supérieure à l’égard d’un bœuf averti, et par conséquent une surveillance réduite suffit pour exonérer le propriétaire de toute responsabilité.
וְכִי תֵּימָא: נְגִיחָה לְתָם נְגִיחָה לְמוּעָד – הָא מִיעֵט רַחֲמָנָא ״וְלֹא יִשְׁמְרֶנּוּ״ – לָזֶה, וְלֹא לְאַחֵר.
Et si tu disais que, par le biais de l’analogie verbale entre le terme encorner énoncé à l’égard d’un bœuf inoffensif et le terme encorner énoncé à l’égard d’un bœuf averti, la Torah compare leurs halakhot, néanmoins, le Miséricordieux a restreint cette halakha en soulignant : « Et le propriétaire ne l’a pas gardé », se référant spécifiquement à lui, à savoir à un bœuf averti, et non à l’autre, c’est-à-dire au bœuf inoffensif.
וְהָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְלָאו! אִם כֵּן, נִכְתּוֹב רַחֲמָנָא ״וְלֹא יִשְׁמוֹר״, מַאי ״וְלֹא יִשְׁמְרֶנּוּ״? לָזֶה וְלֹא לְאַחֵר.
La Guemara demande : Mais cette expression n’est-elle pas nécessaire pour l’énoncé négatif [lav] selon lequel, si le propriétaire ne fournit pas une garde supérieure, il est responsable ? La Guemara répond : Si tel est le cas, que le Miséricordieux écrive : Et le propriétaire n’a pas gardé. Quel est le but de l’insistance supplémentaire : « Et le propriétaire ne l’a pas gardé » ? C’est pour indiquer que la restriction de cette halakha concerne spécifiquement lui, un bœuf averti, et non l’autre, c’est-à-dire un bœuf inoffensif.
תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: אֶחָד תָּם וְאֶחָד מוּעָד שֶׁשְּׁמָרוֹ שְׁמִירָה פְּחוּתָה – פָּטוּר.
Il est enseigné dans une baraita qu’il existe un quatrième avis. Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Dans les cas d’un bœuf inoffensif comme d’un bœuf averti où son propriétaire a fourni une garde réduite, il est exempt de responsabilité.
מַאי טַעְמָא? סָבַר לַהּ כְּרַבִּי יְהוּדָה, דְּאָמַר: מוּעָד – בִּשְׁמִירָה פְּחוּתָה סַגִּי לֵיהּ, וְיָלֵיף נְגִיחָה לְתָם וּנְגִיחָה לְמוּעָד.
La Guemara demande : Quelle est la raison de son opinion ? Il soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yehouda, qui dit qu’une surveillance réduite suffit pour un bœuf averti, et il déduit de l’analogie verbale entre le terme encorner énoncé à l’égard d’un bœuf inoffensif et le terme encorner énoncé à l’égard d’un bœuf averti que, de même qu’une surveillance réduite suffit pour un bœuf averti, elle suffit également pour un bœuf inoffensif.
אָמַר רַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה: לָא פָּטַר רַבִּי יְהוּדָה אֶלָּא צַד הַעֲדָאָה שֶׁבּוֹ, אֲבָל צַד תַּמּוּת בִּמְקוֹמָהּ עוֹמֶדֶת.
Rav Adda bar Ahava a dit : Rabbi Yehuda n’a considéré comme exempt que l’élément averti du bœuf . La décision de Rabbi Yehuda selon laquelle une garde réduite suffit pour exempter le propriétaire d’un bœuf averti ne concerne que la moitié supplémentaire du dommage qui est payée pour un bœuf averti, au-delà de la moitié du dommage que l’on est tenu de payer pour un bœuf inoffensif. Mais la responsabilité pour son élément d’inoffensivité demeure en vigueur. Par conséquent, si le propriétaire n’a pas fourni une garde supérieure pour le bœuf averti, il reste tenu de payer la moitié du coût du dommage, comme il le paierait s’il était inoffensif.
אָמַר רַב: מוּעָד לְקֶרֶן יָמִין – אֵינוֹ מוּעָד לְקֶרֶן שְׂמֹאל.
Rav dit : Si un bœuf est averti en ce qui concerne le fait d'encorner avec sa corne droite, il n'est pas pour autant averti en ce qui concerne le fait d'encorner avec sa corne gauche.
אָמְרִי: אַלִּיבָּא דְּמַאן? אִי אַלִּיבָּא דְרַבִּי מֵאִיר, הָאָמַר: אֶחָד תָּם וְאֶחָד מוּעָד, שְׁמִירָה מְעוּלָּה בָּעֵי! אִי אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יְהוּדָה, מַאי אִרְיָא קֶרֶן שְׂמֹאל? אֲפִילּוּ בְּיָמִין נָמֵי – אִית בֵּיהּ צַד תַּמּוּת, וְאִית בֵּיהּ צַד מוּעָדֻת!
Les Sages dirent : Selon l’opinion de qui la déclaration de Rav a-t-elle été faite ? Si elle est conforme à l’opinion de Rabbi Meir, Rabbi Meir ne dit-il pas que tant un bœuf inoffensif qu’un bœuf averti nécessitent une garde supérieure ? Si elle est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, pourquoi a-t-il dit que le bœuf a encore un élément d’inoffensivité spécifiquement en ce qui concerne la corne gauche ? Même en ce qui concerne la corne droite elle-même, il a les deux éléments ; il a un élément d’inoffensivité et il a aussi un élément d’averti.
אָמְרִי: לְעוֹלָם כְּרַבִּי יְהוּדָה, וְלָא סְבִירָא לֵיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה; וְהָכִי קָאָמַר: כִּי הַאי גַוְונָא הוּא דְּמַשְׁכַּחַתְּ בֵּיהּ צַד תַּמּוּת וּמוּעָדֻת,
Les Sages dirent : En réalité, la déclaration de Rav est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda, et il ne soutient pas l’opinion de Rav Adda bar Ahava selon laquelle l’élément d’innocuité du bœuf demeure. Et c’est ce qu’il dit : Tu trouves un élément à la fois d’innocuité et d’état averti chez le même bœuf précisément dans un cas comme celui-ci, où un bœuf est averti à l’égard d’une corne mais pas à l’égard de l’autre.