שׁוֹר בְּאָדָם – שֶׁעָשָׂה בּוֹ קְטַנִּים כִּגְדוֹלִים, אֵינוֹ דִּין שֶׁחַיָּיב עַל הַקְּטַנִּים כִּגְדוֹלִים?
alors, dans le cas où un bœuf tue une personne, où la Torah assimile les petits bœufs aux grands à l’égard de cet acte, puisqu’un jeune veau qui tue une personne est mis à mort tout comme un bœuf adulte qui tue une personne, n’est-il pas logique que la Torah le rende passible pour avoir tué des mineurs, c’est-à-dire un garçon ou une fille, tout comme pour avoir tué des adultes ? Pourquoi est-il nécessaire que le verset enseigne cette halakha ?
לֹא, אִם אָמַרְתָּ אָדָם בְּאָדָם – שֶׁכֵּן חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים, תֹּאמַר בְּשׁוֹר – שֶׁאֵינוֹ חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אוֹ בֵן יִגָּח אוֹ בַת יִגָּח״ – לְחַיֵּיב עַל הַקְּטַנִּים כִּגְדוֹלִים.
La Guemara rejette cette affirmation : Non, cela ne peut pas être déduit par la seule logique. Si tu dis qu'une personne qui tue une personne est responsable même lorsque la victime est mineure, cela peut être dû à la gravité supplémentaire dans le cas d'un agresseur humain, car il est tenu de payer quatre types d'indemnisation pour avoir causé une blessure : la douleur, l'humiliation, les frais médicaux et la perte de moyens de subsistance, en plus du paiement du dommage lui-même. Diras-tu aussi que telle est la halakhaen ce qui concerne un bœuf, dont le propriétaire n'est pas tenu de payer ces quatre types d'indemnisation ? Il est clair que cette halakha ne peut pas être déduite simplement par comparaison logique entre les deux cas. Par conséquent, le verset déclare : « Qu'il ait encorné un fils ou qu'il ait encorné une fille », pour le rendre responsable des mineurs aussi bien que des adultes.
וְאֵין לִי אֶלָּא בְּמוּעָדִין, בְּתָם מִנַּיִן?
Et j’ai déduit cette halakha uniquement à l’égard de bœufs avertis ; d’où puis-je déduire que, dans le cas d’un bœuf inoffensif, il est mis à mort s’il tue un garçon ou une fille ?
דִּין הוּא – הוֹאִיל וְחִיֵּיב בְּאִישׁ וְאִשָּׁה, וְחִיֵּיב בְּבֵן וּבַת; מָה כְּשֶׁחִיֵּיב בְּאִישׁ וְאִשָּׁה – לֹא חִלַּקְתָּ בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד; אַף כְּשֶׁחִיֵּיב בְּבֵן וּבַת – לֹא תַּחְלוֹק בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד.
La baraita demande : Cela ne pourrait-il pas être déduit par inférence logique ? Puisque la Torah rend un bœuf passible d’être mis à mort pour avoir tué un homme ou une femme, et de même le rend passible d’être mis à mort pour avoir tué un garçon ou une fille ; alors, de même que, lorsqu’elle le rend passible d’être mis à mort pour avoir tué un homme ou une femme, tu ne fais pas de distinction entre un bœuf inoffensif et un bœuf averti, puisque tous deux sont lapidés, de même, lorsqu’elle rend un bœuf passible d’être mis à mort pour avoir tué un garçon ou une fille, ne fais pas de distinction entre un bœuf inoffensif et un bœuf averti.
וְעוֹד, קַל וָחוֹמֶר – מָה אִישׁ וְאִשָּׁה, שֶׁכֵּן הוֹרַע כֹּחָם בִּנְזָקִין – לֹא חִלַּקְתָּ בּוֹ בֵּין תָּם לְמוּעָד; בֵּן וּבַת, שֶׁיִּפָּה כֹּחָם בִּנְזָקִין – אֵינוֹ דִּין שֶׁלֹּא תַּחְלוֹק בָּהֶן בֵּין תָּם לְמוּעָד?
Et de plus, on peut déduire a fortiori : Si, en ce qui concerne un homme ou une femme, dont la capacité est diminuée en matière de dommages parce que les adultes qui causent un dommage sont tenus de payer, mais que néanmoins vous ne faites pas de distinction entre un bœuf inoffensif et un bœuf averti qui les tue ; alors, en ce qui concerne un garçon ou une fille, dont la capacité est renforcée en matière de dommages parce qu’ils ne sont pas tenus de payer pour le dommage qu’ils causent, n’est-il pas logique que vous ne fassiez pas de distinction entre un bœuf inoffensif et un bœuf averti qui les tue ?
אָמַרְתָּ: וְכִי דָּנִין קַל מֵחָמוּר לְהַחְמִיר עָלָיו? אִם הֶחְמִיר בְּמוּעָד הֶחָמוּר, תַּחְמִיר בְּתָם הַקַּל?
La baraita répond que vous pourriez dire en réponse : Mais déduit-on la halakha d’une question plus clémente à partir d’une question plus sévère afin de se montrer plus sévère à son égard ? Si la Torah est sévère à l’égard du cas d’un bœuf averti, qui est une question plus sévère, le rendant passible d’être mis à mort pour avoir tué un mineur, cela signifie-t-il que vous devriez être sévère à l’égard d’un bœuf inoffensif, qui est une question relativement plus clémente ?
וְעוֹד: אִם אָמַרְתָּ בְּאִישׁ וְאִשָּׁה – שֶׁכֵּן חַיָּיבִין בְּמִצְוֹת, תֹּאמַר בְּבֵן וּבַת – שֶׁפְּטוּרִין מִן הַמִּצְוֹת?
Et de plus, il y a une autre raison de rejeter l’opinion précédente : Si tu dis qu’un bœuf inoffensif doit être mis à mort pour avoir tué un homme ou une femme, puisqu’ils sont tenus d’observer les mitzvot, ce qui leur confère de l’importance, cela signifie-t-il que tu dois dire la même chose concernant un garçon ou une fille, qui sont exemptés des mitzvot ?
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״אוֹ בֵן יִגָּח אוֹ בַת יִגָּח״ – נְגִיחָה בְּתָם נְגִיחָה בְּמוּעָד, נְגִיחָה לְמִיתָה נְגִיחָה לִנְזָקִין.
Puisque cette halakha n’aurait pas pu être déduite par la seule logique, le verset déclare : « Qu’il ait encorné un fils ou qu’il ait encorné une fille, » répétant deux fois l’expression « ait encorné », pour enseigner qu’il s’agit à la fois de l’encornement d’un bœuf inoffensif et de l’encornement d’un bœuf averti, ainsi que de l’encornement causant la mort et de l’encornement causant une blessure. Dans tous ces cas, le propriétaire du bœuf est responsable même si le bœuf encorne un mineur.
מַתְנִי׳ שׁוֹר שֶׁהָיָה מִתְחַכֵּךְ בַּכּוֹתֶל – וְנָפַל עַל הָאָדָם; נִתְכַּוֵּין לַהֲרוֹג אֶת הַבְּהֵמָה – וְהָרַג אֶת הָאָדָם; לְגוֹי – וְהָרַג בֶּן יִשְׂרָאֵל; לִנְפָלִים – וְהָרַג בֶּן קַיָּימָא; פָּטוּר.
MICHNA : Si un bœuf se frottait contre un mur, et qu’en conséquence le mur tomba sur une personne et la tua ; ou si le bœuf avait l’intention de tuer un autre animal mais tua une personne ; ou s’il avait l’intention de tuer un gentil mais tua un Juif ; ou avait l’intention de tuer un bébé non viable mais tua une personne viable ; dans tous ces cas, le bœuf est exempté d’être mis à mort.
גְּמָ׳ אָמַר שְׁמוּאֵל: פָּטוּר מִמִּיתָה, וְחַיָּיב בְּכוֹפֶר. וְרַב אָמַר: פָּטוּר מִזֶּה וּמִזֶּה.
GUEMARA :Shmuel dit : Le bœuf est exempté de la mise à mort, puisqu’il n’avait pas l’intention de tuer, mais son propriétaire est tenu de payer une rançon. Et Rav dit : Ils sont exemptés de cette responsabilité et de cette autre responsabilité.
וְאַמַּאי? הָא תָּם הוּא! כִּדְאָמַר רַב: בְּמוּעָד לִיפּוֹל עַל בְּנֵי אָדָם בְּבוֹרוֹת, הָכָא נָמֵי – בְּמוּעָד לְהִתְחַכֵּךְ עַל בְּנֵי אָדָם בִּכְתָלִים.
La Guemara pose une question sur l’opinion de Shmuel : Et pourquoi est-il tenu de payer une rançon ? Le bœuf n’est-il pas inoffensif à l’égard de cet acte ? La Guemara répond : Comme Rav le dit dans un autre contexte, il s’agit d’un bœuf qui avait été averti au sujet du fait de tomber sur des personnes dans des fosses. Ici aussi, il s’agit d’un bœuf qui avait été averti au sujet du fait de se frotter contre des murs, les faisant tomber sur des personnes.
אִי הָכִי, בַּר קְטָלָא הוּא! בִּשְׁלָמָא הָתָם – דַּחֲזָא יְרוֹקָא וּנְפַל, אֶלָּא הָכָא – מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
La Guemara demande : Si c’est le cas, s’il a été averti au sujet de ce comportement, il avait clairement l’intention de tuer la personne et est donc passible de la peine de mort, contrairement à la décision de la michna. La Guemara explique : Soit là-bas, dans le cas où le bœuf avait été averti au sujet du fait de tomber sur des personnes dans des fosses, il se peut qu’il ait vu un légume au bord de la fosse et soit ensuite tombé dedans, sans aucune intention de tuer. Mais ici, où il s’est frotté contre un mur, le faisant tomber sur une personne, et qu’il avait été averti au sujet de ce comportement, que peut-on dire pour sa défense ?
הָכָא נָמֵי – בְּמִתְחַכֵּךְ בַּכּוֹתֶל לַהֲנָאָתוֹ. וּמְנָא יָדְעִינַן? דְּבָתַר דִּנְפַל קָא מִתְחַכַּךְ בֵּיהּ.
La Guemara répond : Ici aussi, il s’agit d’un cas où il s’est frotté contre le mur pour son plaisir et non pour tuer. La Guemara demande : Et d’où savons-nous qu’il n’avait pas l’intention de tuer ? La Guemara répond : Parce que, même après que le mur est tombé, il continuait encore à s’y frotter, ce qui prouve que telle était son intention.