אֵינָן צְרִיכִין פְּרוֹזְבּוּל.
ne nécessitent pas de document empêchant l’Année sabbatique d’annuler une dette impayée [prosbol] en transférant le droit de recouvrement au tribunal. La raison pour laquelle les orphelins ne nécessitent pas ce document est que le tribunal est légalement considéré comme leur administrateur, et leurs dettes sont donc transférées au tribunal automatiquement, même sans prosbol.
וְכֵן תָּנֵי רָמֵי בַּר חָמָא: הַיְּתוֹמִים אֵינָן צְרִיכִין פְּרוֹזְבּוּל – רַבָּן גַּמְלִיאֵל וּבֵית דִּינוֹ אֲבִיהֶן שֶׁל יְתוֹמִין הָיוּ.
De même, Rami bar Ḥama a enseigné : Les orphelins n’ont pas besoin d’un prosbol, car Rabban Gamliel et son tribunal étaient assimilés aux pères des orphelins, car ils veillaient à recouvrer toutes les dettes dues aux orphelins. Par la suite, les tribunaux de chaque génération ont ce statut.
חָנָן בִּישָׁא תְּקַע לֵיהּ לְהָהוּא גַּבְרָא. אֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַב הוּנָא, אֲמַר לֵיהּ: זִיל הַב לֵיהּ פַּלְגָא דְזוּזָא. הֲוָה לֵיהּ זוּזָא מָכָא, בָּעֵי לְמִיתְּבֵהּ לֵיהּ מִינֵּיהּ פַּלְגָא דְּזוּזָא, לָא הֲוָה מִשְׁתְּקִיל לֵיהּ. תְּקַע לֵיהּ אַחֲרִינָא, וְיַהֲבֵיהּ נִהֲלֵיהּ.
La Guemara raconte : Ḥanan le méchant gifla un certain homme. Celui-ci se présenta ensuite devant Rav Houna pour jugement. Rav Houna lui dit : Va lui donner un demi-dinar, qui est l’amende imposée pour un tel acte. Ḥanan le méchant avait un dinar rogné, et voulait lui en donner un demi-dinar, mais il n’y avait personne qui veuille le prendre de lui pour lui donner en échange de plus petites pièces. Alors Ḥanan le méchant lui donna une autre gifle, se rendant ainsi passible d’une amende supplémentaire d’un demi-dinar, et lui donna le dinar rogné comme paiement.
מַתְנִי׳ שׁוֹר שֶׁהוּא מוּעָד לְמִינוֹ, וְאֵינוֹ מוּעָד לְשֶׁאֵינוֹ מִינוֹ; מוּעָד לְאָדָם וְאֵינוֹ מוּעָד לִבְהֵמָה; מוּעָד לִקְטַנִּים וְאֵינוֹ מוּעָד לִגְדוֹלִים; אֶת שֶׁהוּא מוּעָד לוֹ – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְאֶת שֶׁאֵינוֹ מוּעָד לוֹ – מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
MICHNA : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce, puisqu’il a déjà encorné d’autres bœufs à trois reprises, mais n’est pas averti à l’égard d’autres espèces ; ou un bœuf qui est averti à l’égard des personnes, mais n’est pas averti à l’égard des animaux ; ou un bœuf qui est averti à l’égard des petits spécimens d’une espèce, mais n’est pas averti à l’égard des grands spécimens de cette espèce ; dans tous ces cas, si le bœuf encorne le type d’animal ou de personne à l’égard duquel il est averti, son propriétaire paie l’intégralité du dommage, et s’il encorne un animal ou une personne à l’égard duquel il n’est pas averti, il paie la moitié du coût du dommage.
אָמְרוּ לִפְנֵי רַבִּי יְהוּדָה: הֲרֵי זֶה מוּעָד לַשַּׁבָּתוֹת וְאֵינוֹ מוּעָד לַחוֹל? אָמַר לָהֶם: לַשַּׁבָּתוֹת – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, לִימוֹת הַחוֹל – מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
Les Sages dirent devant Rabbi Yehuda : Quelle serait la halakha si ce bœuf était averti à l’égard des Shabbatot mais ne l’était pas à l’égard des jours de semaine ? Il leur dit : Pour le dommage qu’il cause pendant Shabbatot, son propriétaire paie la totalité du coût du dommage, et pour le dommage qu’il cause pendant les jours de semaine, il paie la moitié du coût du dommage.
אֵימָתַי הוּא תָּם? מִשֶּׁיַּחְזוֹר בּוֹ שְׁלֹשָׁה יְמֵי שַׁבָּתוֹת.
Quand est-il de nouveau considéré comme inoffensif après avoir été averti au sujet du Shabbat ? Il retrouve son statut d’inoffensif lorsque son comportement revient à la normale, c’est-à-dire lorsqu’il s’abstient d’encorner pendant trois Shabbats, c’est-à-dire le Shabbat durant trois semaines consécutives.
גְּמָ׳ אִיתְּמַר, רַב זְבִיד אָמַר: ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ תְּנַן. רַב פָּפָּא אָמַר: ״אֵינוֹ מוּעָד״ תְּנַן.
GUEMARA :Il a été déclaré que Rav Zevid a dit : La version de la michna que nous avons apprise énonce : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce mais n’est pas averti à l’égard des autres espèces, c’est-à-dire un bœuf qui est considéré comme inoffensif à l’égard des autres espèces, s’il encorne une autre espèce, son propriétaire ne paie que la moitié du coût du dommage. Rav Pappa a dit : La version de la michna que nous avons apprise énonce : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces. En conséquence, la michna enseigne que le fait qu’il soit averti à l’égard du fait d’encorner une espèce ne le rend pas averti à l’égard du fait d’encorner d’autres espèces, jusqu’à preuve du contraire.
רַב זְבִיד אָמַר ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ תְּנַן – הָא סְתָמָא הָוֵי מוּעָד. רַב פָּפָּא אָמַר ״אֵינוֹ מוּעָד״ תְּנַן – דִּסְתָמָא לָא הָוֵי מוּעָד.
La Guemara explique : Rav Zevid a dit que la version de la michna que nous avons apprise énonce : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce mais n’est pas averti à l’égard des autres espèces, cela indique qu’il s’agit spécifiquement d’un bœuf dont il a été prouvé qu’il est inoffensif à l’égard des autres espèces. Cela implique que, dans un cas ordinaire, où il n’existe pas une telle preuve, le bœuf est considéré comme averti à l’égard de toutes les espèces. Rav Pappa, en revanche, a dit que la version de la michna que nous avons apprise énonce : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces, ce qui signifie que, dans un cas ordinaire, le bœuf n’est pas considéré comme averti à l’égard des autres espèces.
רַב זְבִיד דָּיֵיק מִסֵּיפָא, רַב פָּפָּא דָּיֵיק מֵרֵישָׁא.
Rav Zevid a déduit son opinion de la clause finale de la michna, tandis que Rav Pappa a déduit son opinion de la clause initiale.
רַב זְבִיד דָּיֵיק מִסֵּיפָא – דְּקָתָנֵי: מוּעָד לִקְטַנִּים וְאֵינוֹ מוּעָד לִגְדוֹלִים. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – הָא סְתָמֵיהּ הָוֵי מוּעָד; הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דַּאֲפִילּוּ מִקְּטַנִּים לִגְדוֹלִים נָמֵי, מִסְּתָמָא הָוֵי מוּעָד.
Rav Zevid a déduit son opinion de la clause finale, comme elle l’enseigne : Un bœuf qui est averti à l’égard de spécimens petits d’une espèce, mais n’est pas averti à l’égard de spécimens grands de cette espèce. Soit, si vous dites que la michna enseigne dans la première clause : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce mais n’est pas averti à l’égard d’autres espèces, indiquant que dans un cas ordinaire le bœuf est considéré comme averti à l’égard de tous les animaux, cette clause de la michna nous enseigne que même du fait d’être averti à l’égard de spécimens petits d’une espèce, dans un cas ordinaire le bœuf est ainsi considéré comme averti à l’égard de spécimens grands de cette espèce, ce qui est une affirmation plus étendue, car un bœuf est moins susceptible d’encorner de grands animaux.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״אֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – סְתָמָא לָא הָוֵי מוּעָד,
Mais si tu dis que la michna enseigne : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces, c’est-à-dire que dans un cas ordinaire, lorsqu’il n’y a aucune preuve du contraire, le bœuf n’est pas considéré comme averti à l’égard des autres espèces, il y a une difficulté avec la clause finale de la michna.
הַשְׁתָּא יֵשׁ לוֹמַר מִקְּטַנִּים לִקְטַנִּים דְּעָלְמָא, סְתָמָא לָא הָוֵי מוּעָד; מִקְּטַנִּים לִגְדוֹלִים צְרִיכָא לְמֵימַר דְּלָא הָוֵי מוּעָד?
La Guemara explique : Maintenant qu’on peut dire que du fait d’avoir été averti au sujet de bœufs petits, dans un cas ordinaire, le bœuf n’est pas pour autant considéré comme averti au sujet des petits animaux en général, faut-il dire que du fait d’avoir été averti au sujet de spécimens petits d’une espèce, il n’est pas pour autant considéré comme averti au sujet des grands spécimens de cette espèce ? Il faut donc que la michna se lise ainsi : Mais il n’est pas averti, indiquant que ce n’est que lorsque le bœuf est prouvé inoffensif à l’égard d’autres espèces, puis qu’il encorne une autre espèce, que son propriétaire n’est tenu de payer que la moitié du coût du dommage. Sinon, il doit payer le coût total du dommage.
וְרַב פָּפָּא אָמַר לָךְ: אִצְטְרִיךְ, סָלְקָא דַּעְתָּיךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּפְרַץ בֵּיהּ בְּהָהוּא מִינָא – פְּרַץ בֵּיהּ, לָא שְׁנָא גְּדוֹלִים דִּידֵיהּ וְלָא שְׁנָא קְטַנִּים דִּידֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן דְּלָא הָוֵי מוּעָד.
Et Rav Pappa aurait pu te dire en réponse que, même si la michna dit : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces, la clause finale est nécessaire, car autrement il pourrait te venir à l’esprit de dire que, puisqu’il a transgressé la norme en attaquant un de cette espèce, il est considéré comme ayant transgressé entièrement la norme à l’égard de cette espèce, et il n’y a pas de différence concernant les membres grands de l’espèce et il n’y a pas de différence concernant les membres petits d’elle, car le bœuf est désormais susceptible d’encorner n’importe lequel d’entre eux. Par conséquent, cette clause de la michna nous enseigne qu’il n’est pas considéré comme averti à l’égard des grands animaux de cette espèce.
רַב פָּפָּא דָּיֵיק מֵרֵישָׁא, דְּקָתָנֵי: מוּעָד לְאָדָם אֵינוֹ מוּעָד לִבְהֵמָה. אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״אֵינוֹ מוּעָד״ תְּנַן – סְתָמָא לָא הָוֵי מוּעָד; הָא קָא מַשְׁמַע לַן – דַּאֲפִילּוּ מֵאָדָם לִבְהֵמָה נָמֵי, סְתָמָא לָא הָוֵי מוּעָד.
Comme il a été dit précédemment, Rav Pappa a déduit son opinion de la clause précédente de la michna. Comme la michna enseigne : Un bœuf qui est averti à l’égard des personnes n’est pas averti à l’égard des animaux. Certes, si vous dites que nous avons appris que la michna déclare : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces, ce qui indiquerait que dans un cas ordinaire, lorsqu’il n’y a pas de preuve du contraire, il n’est pas considéré comme averti à l’égard des autres espèces, alors la michna, dans la clause suivante, nous enseigne ceci, que même du fait d’être averti à l’égard des personnes, dans un cas ordinaire, le bœuf n’est pas considéré comme averti à l’égard des animaux. Le bœuf est considéré comme inoffensif à l’égard des animaux, bien qu’il soit plus courant pour un bœuf d’encorner un animal qu’une personne.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – הָא סְתָמָא הָוֵי מוּעָד; הַשְׁתָּא יֵשׁ לוֹמַר: מִבְּהֵמָה לִבְהֵמָה סְתָמָא הָוֵי מוּעָד, מֵאָדָם לִבְהֵמָה צְרִיכָא לְמֵימַר דְּהָוֵי מוּעָד?!
Mais si tu dis que la michna enseigne dans la première clause : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce mais n’est pas averti à l’égard d’autres espèces, indiquant que, dans un cas ordinaire, il est considéré comme averti à l’égard d’autres espèces, alors il y a une difficulté avec la clause suivante de la michna. Maintenant qu’on peut dire que même du fait d’être averti à l’égard d’une espèce d’animal, dans un cas ordinaire, il est ainsi considéré comme averti à l’égard d’autres espèces d’animaux, faut-il dire que du fait d’être averti à l’égard des personnes, il est aussi considéré comme averti à l’égard des animaux ?
וְרַב זְבִיד אָמַר לָךְ: רֵישָׁא אַחֲזָרָה קָאֵי – כְּגוֹן דַּהֲוָה מוּעָד לְאָדָם וּמוּעָד לִבְהֵמָה, וַהֲדַר בֵּיהּ מִבְּהֵמָה – דְּקָאֵי גַּבֵּי בְהֵמָה תְּלָתָא זִימְנֵי וְלָא נָגַח. מַהוּ דְּתֵימָא, כֵּיוָן דְּלָא הֲדַר בֵּיהּ מֵאָדָם – חֲזָרָה דִבְהֵמָה לָאו חֲזָרָה הִיא; קָא מַשְׁמַע לַן, דַּחֲזָרָה דִבְהֵמָה מִיהָא חֲזָרָה הִיא.
Et Rav Zevid aurait pu te dire en réponse : La clause précédente dans la michna concerne le bœuf revenant à son statut inoffensif, c’est-à-dire un cas où le bœuf a été averti à l’égard de l’homme et averti à l’égard des animaux, puis est revenu à son statut inoffensif à l’égard des animaux, alors qu’il se tenait à proche proximité d’un animal à trois reprises sans encorner. De peur que tu ne dises que, puisqu’il n’est pas revenu de manière démonstrative à son comportement inoffensif envers les personnes, puisqu’il ne s’est pas abstenu d’encorner des personnes, son retour à l’égard des animaux n’est pas considéré comme un retour, la michna nous enseigne que son retour à l’égard des animaux est néanmoins considéré comme un retour, et il n’a plus le statut d’un bœuf averti à l’égard du fait d’encorner des animaux.
מֵיתִיבִי, סוֹמְכוֹס אוֹמֵר: מוּעָד לָאָדָם מוּעָד לִבְהֵמָה, מִקַּל וְחוֹמֶר – וּמָה לְאָדָם מוּעָד, לִבְהֵמָה לֹא כׇּל שֶׁכֵּן? מִכְּלָל דְּתַנָּא קַמָּא ״אֵינוֹ מוּעָד״ קָאָמַר!
La Guemara soulève une objection à l’opinion de Rav Zevid à partir d’une baraita : Sumakhos dit : Un bœuf qui est averti à l’égard des personnes est considéré comme averti à l’égard des animaux, en vertu d’une inférence a fortiori : S’il est averti à l’égard des personnes, n’est-il pas clair, à plus forte raison, qu’il est averti à l’égard des animaux ? La Guemara développe : Par inférence, le premier tanna, c’est-à-dire le tanna de la michna, dit que le bœuf n’est pas considéré comme averti à l’égard des animaux, conformément à l’opinion de Rav Pappa.
אָמַר לְךָ רַב זְבִיד: סוֹמְכוֹס – אַחֲזָרָה קָאֵי, וְהָכִי קָאָמַר לֵיהּ לְתַנָּא קַמָּא: דְּקָאָמְרַתְּ חֲזָרָה דִבְהֵמָה חֲזָרָה הִיא – חֲזָרָה דִבְהֵמָה לָאו חֲזָרָה הִיא, מִקַּל וָחוֹמֶר מֵאָדָם: וּמָה מֵאָדָם לָא קָא (מ)הָדַר בֵּיהּ, מִבְּהֵמָה לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?
La Guemara répond : Rav Zevid aurait pu te dire que la déclaration de Sumakhos peut être interprétée comme se rapportant au bœuf revenant à son statut inoffensif, et c’est ce qu’il dit au premier tanna : Contrairement à ce que tu dis, selon quoi le retour du bœuf à l’égard des animaux est considéré comme un retour bien qu’il n’ait pas encore modifié son comportement envers les personnes, je soutiens que son retour à l’égard des animaux n’est pas considéré comme un retour, en raison d’une inférence a fortiori tirée de la halakha d’un animal averti à l’égard des personnes : Si le bœuf n’est pas revenu à son comportement inoffensif envers les personnes, n’est-il pas clair à plus forte raison qu’il n’est pas véritablement revenu à son comportement inoffensif envers les animaux ?
אָמַר רַב אָשֵׁי: תָּא שְׁמַע, אָמְרוּ לִפְנֵי רַבִּי יְהוּדָה: הֲרֵי זֶה מוּעָד לְשַׁבָּתוֹת וְאֵינוֹ מוּעָד לִימוֹת הַחוֹל? אָמַר לָהֶן: לְשַׁבָּתוֹת – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, לִימוֹת הַחוֹל – מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
Rav Ashi a dit : Viens et entends une preuve de l’opinion de Rav Zevid tirée de la michna : Les Sages dirent devant Rabbi Yehuda : Quelle serait la halakha si ce bœuf est averti à l’égard des Shabbatot mais ne l’est pas à l’égard des jours de semaine ? Il leur dit : Pour le dommage qu’il cause pendant les Shabbatot, son propriétaire paie l’intégralité du dommage, et pour le dommage qu’il cause pendant les jours de semaine, il paie la moitié du coût du dommage.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – שַׁיּוֹלֵי הוּא דְּקָא מְשַׁיְּילִי [לֵיהּ], וְהוּא נָמֵי קָמַהְדַּר לְהוּ. אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״אֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – אַגְמוֹרֵי הוּא דְּקָא מַגְמְרִי לֵיהּ?! וְתוּ, אִיהוּ מַאי קָא מַהְדַּר לְהוּ?
Soit, si tu dis que la michna enseigne : Mais il n’a pas été averti en ce qui concerne les jours de semaine, ils lui demandaient la halakha dans ce cas, et de même, il leur répondait par une décision. Mais si tu dis qu’elle enseigne : Ce bœuf, qui est averti en ce qui concerne les Shabbatot, n’est pas averti en ce qui concerne les jours de semaine, la michna serait comprise comme disant qu’un bœuf averti en ce qui concerne le Shabbat n’est pas considéré comme averti en ce qui concerne les jours de semaine. Est-il possible que les Sages lui aient enseigné cette halakha ? Et de plus, à quoi leur répondait-il ? Ils avaient déjà eux-mêmes déclaré que le bœuf n’est pas considéré comme averti en ce qui concerne les jours de semaine.
אָמַר רַב יַנַּאי: מֵרֵישָׁא נָמֵי דַּיְקָא, דְּקָתָנֵי: אֶת שֶׁמּוּעָד לוֹ – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְאֶת שֶׁאֵינוֹ מוּעָד לוֹ – [מְשַׁלֵּם] חֲצִי נֶזֶק.
Rav Yannai a dit : L’opinion de Rav Zevid peut également être déduite de la clause précédente de la michna, comme elle l’enseigne : Si le bœuf encorne un animal ou une personne à l’égard desquels il est averti, son propriétaire paie l’intégralité du coût du dommage, et s’il encorne un animal ou une personne à l’égard desquels il n’est pas averti, il paie la moitié du coût du dommage.
אִי אָמְרַתְּ בִּשְׁלָמָא ״וְאֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי – פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ לַהּ.
Soit, si tu dis que la michna enseigne dans la première clause : En ce qui concerne un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce mais n’est pas averti à l’égard des autres espèces, cette clause explique la halakha dans ce cas, c’est-à-dire que, si le bœuf n’est averti qu’à l’égard de son espèce, son propriétaire est tenu de payer l’intégralité du dommage seulement s’il encorne un autre bœuf.
אֶלָּא אִי אָמְרַתְּ ״אֵינוֹ מוּעָד״ קָתָנֵי, פַּסְקַהּ; מַאי תּוּ ״אֶת שֶׁמּוּעָד לוֹ – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְאֶת שֶׁאֵינוֹ מוּעָד לוֹ – מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק״? עַד הַשְׁתָּא – לָא אַשְׁמְעִינַן דְּהָתָם מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק, וּמוּעָד מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם?
Mais si tu dis que la michna enseigne : Un bœuf qui est averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas averti à l’égard des autres espèces, et la halakha a déjà été déterminée au début de la michna, à savoir que le bœuf n’est pas considéré comme averti à l’égard des autres espèces, alors quel besoin y a-t-il pour la michna de continuer en disant : Si le bœuf encorne un animal ou une personne à l’égard desquels il est averti, son propriétaire paie l’intégralité du dommage, et s’il encorne un animal ou une personne à l’égard desquels il n’est pas averti, il paie la moitié du coût du dommage ? La michna ne nous a-t-elle pas déjà enseigné jusqu’à présent que pour un bœuf inoffensif son propriétaire paie la moitié du coût du dommage et pour un bœuf averti il paie l’intégralité du coût du dommage ?
וְאִי תִּימְצֵי לוֹמַר נָמֵי אִיתָא לִדְרַב פָּפָּא; נָגַח שׁוֹר חֲמוֹר וְגָמָל – נַעֲשָׂה מוּעָד לַכֹּל.
La Guemara commente : Et même si tu dis que l’opinion de Rav Pappa, selon laquelle un bœuf averti à l’égard de sa propre espèce n’est pas considéré comme averti à l’égard d’autres espèces, est acceptée, néanmoins, si un bœuf a encorné un bœuf, un âne et un chameau, il est ainsi rendu averti à l’égard de tous eux. Le bœuf est rendu averti à l’égard des trois espèces, malgré le fait qu’il n’ait pas encorné chaque espèce individuellement trois fois.
תָּנוּ רַבָּנַן: רָאָה שׁוֹר – נָגַח, שׁוֹר – לֹא נָגַח, שׁוֹר – נָגַח, שׁוֹר – לֹא נָגַח, שׁוֹר – נָגַח, שׁוֹר – לֹא נָגַח; נַעֲשָׂה מוּעָד לְסֵירוּגִין לִשְׁווֹרִים.
§ Les Sages ont enseigné : Si un bœuf a vu un bœuf et l’a encorné, puis a vu un autre bœuf mais ne l’a pas encorné, a de nouveau vu un bœuf et l’a encorné, puis a vu un bœuf mais ne l’a pas encorné, et une troisième fois a vu un bœuf et l’a encorné et a vu un bœuf et ne l’a pas encorné, dans ce cas il est considéré comme averti à l’égard de bœufs alternés. Le bœuf est considéré comme averti à l’égard du fait d’encorner un bœuf sur deux qu’il voit, et il est considéré comme inoffensif à l’égard des bœufs intermédiaires. S’il encorne ensuite deux bœufs de suite, le propriétaire du bœuf n’est responsable que de la moitié du coût du dommage pour le second bœuf.
תָּנוּ רַבָּנַן: רָאָה שׁוֹר – נָגַח, חֲמוֹר – לֹא נָגַח, סוּס – נָגַח, גָּמָל – לֹא נָגַח, פֶּרֶד – נָגַח, עָרוֹד – לֹא נָגַח; נַעֲשָׂה מוּעָד לְסֵירוּגִין לַכֹּל.
Les Sages ont enseigné : Si un bœuf a vu un bœuf et l’a encorné, puis a vu un âne mais ne l’a pas encorné, et a vu un cheval et l’a encorné, puis a vu un chameau et ne l’a pas encorné, et a vu un mulet et l’a encorné, puis a vu un âne sauvage [arod] et ne l’a pas encorné, dans ce cas, il est considéré comme averti à l’égard d’animaux alternés de toutes les espèces.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: נָגַח
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : si un bœuf a encorné