שׁוֹר, שׁוֹר וָשׁוֹר, חֲמוֹר וְגָמָל, מַהוּ?
un bœuf, un autre bœuf, et un troisième bœuf, puis un âne et un chameau, à l’égard de quoi est-il considéré comme averti ?
הַאי שׁוֹר בָּתְרָא – בָּתַר שְׁווֹרִים שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאַכַּתִּי לִשְׁווֹרִים הוּא דְּאִיַּיעַד – לְמִידֵּי אַחֲרִינָא לָא אִיַּיעַד; אוֹ דִילְמָא, הַאי שׁוֹר בָּתְרָא – בָּתַר חֲמוֹר וְגָמָל שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאִיַּיעַד לֵיהּ לְכוּלְּהוּ מִינֵי?
La Guemara présente les possibilités : En ce qui concerne ce dernier bœuf qui a encorné avec l’âne et le chameau, le plaçons-nous avec les bœufs précédemment encornés, et, par conséquent, le bœuf agressif demeurait considéré comme averti seulement à l’égard des bœufs, tandis que à l’égard des autres espèces il n’était pas considéré comme averti ? Ou peut-être plaçons-nous ce dernier bœuf avec l’âne et le chameau, et il était considéré comme averti à l’égard de toutes les espèces qu’il a encornées.
חֲמוֹר וְגָמָל, שׁוֹר, שׁוֹר וָשׁוֹר, מַהוּ? הַאי שׁוֹר קַמָּא – בָּתַר חֲמוֹר וְגָמָל שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאִיַּיעַד לֵיהּ לְכוּלְּהוּ מִינֵי; אוֹ דִילְמָא בָּתַר שְׁווֹרִים שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאַכַּתִּי לִשְׁווֹרִים הוּא דְּאִיַּיעַד – לְמִינָא אַחֲרִינָא לָא אִיַּיעַד?
La Guemara ajoute un dilemme similaire : Si un bœuf a encorné un âne et un chameau, puis un bœuf, un bœuf et un autre bœuf, quelle est la halakha ? La Guemara présente les possibilités : En ce qui concerne ce premier bœuf qu’il a encorné, le plaçons-nous avec le chameau et l’âne, et le bœuf belliqueux a-t-il été ainsi considéré comme averti à l’égard de toutes les espèces ? Ou peut-être le plaçons-nous avec les deux bœufs qu’il a encornés ensuite, et, en conséquence, il n’a été considéré comme averti qu’à l’égard des bœufs, tandis qu’il n’a pas été considéré comme averti à l’égard des autres espèces.
שַׁבָּת, שַׁבָּת וְשַׁבָּת, אֶחָד בְּשַׁבָּת וְשֵׁנִי בְּשַׁבָּת, מַהוּ? הָא שַׁבָּת בָּתְרָיְיתָא – בָּתַר שַׁבָּת הוּא דְּשָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאַכַּתִּי לְשַׁבָּת הוּא דְּאִיַּיעַד – לִימוֹת הַחוֹל לָא אִיַּיעַד; אוֹ דִילְמָא בָּתַר אֶחָד בְּשַׁבָּת וְשֵׁנִי בְּשַׁבָּת שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאִיַּיעַד לֵיהּ לְכוּלֵּי יוֹמָא?
De même, s’il a encorné le Shabbat, le Shabbat, et le Shabbat, c’est-à-dire pendant trois Shabbatot consécutifs, puis le dimanche et le lundi, quelle est la halakha ? En ce qui concerne ce dernier Shabbat, le comptons-nous avec le Shabbat précédent, et le bœuf demeure-t-il considéré comme averti seulement à l’égard du Shabbat, tandis que pour les jours de semaine il n’est pas considéré comme averti ? Ou peut-être le comptons-nous avec les encornements de dimanche et lundi, et a-t-il ainsi été considéré comme averti à l’égard de tous les jours de la semaine.
חֲמִישִׁי בְּשַׁבָּת וְעֶרֶב שַׁבָּת וְשַׁבָּת, שַׁבָּת וְשַׁבָּת, מַהוּ? הָא שַׁבָּת קַמַּיְיתָא – בָּתַר חֲמִישִׁי בְּשַׁבָּת וְעֶרֶב שַׁבָּת שָׁדֵינַן לֵיהּ, וְאִיַּיעַד לְכוּלְּהוּ יוֹמֵי; אוֹ דִילְמָא הָא שַׁבָּת קַמַּיְיתָא – בָּתַר שַׁבָּתוֹת הוּא דְּשָׁדֵינַן לֵיהּ, וּלְשֶׁבָּתוֹת הוּא דְּאִיַּיעַד?
Si un bœuf a encorné le jeudi, le vendredi et le Chabbat, puis le Chabbat suivant et le Chabbat d’après, quelle est la halakha ? En ce qui concerne ce premier Chabbat, le plaçons-nous avec le jeudi et le vendredi et, tenons-nous ainsi que le bœuf a été rendu averti à l’égard de tous les jours de la semaine ? Ou peut-être plaçons-nous ce premier Chabbat avec les autres Chabbatot, et le bœuf est-il rendu averti seulement à l’égard des Chabbatot ?
תֵּיקוּ.
Ces dilemmes resteront sans résolution.
נָגַח שׁוֹר יוֹם חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּחוֹדֶשׁ זֶה, וְיוֹם שִׁשָּׁה עָשָׂר בְּחוֹדֶשׁ זֶה, וְיוֹם שִׁבְעָה עָשָׂר בְּחוֹדֶשׁ זֶה – פְּלוּגְתָּא דְּרַב וּשְׁמוּאֵל,
§ Si un bœuf a encorné le quinzième jour de ce mois, et a ensuite encorné le seizième jour du mois suivant puis, ensuite, le dix-septième jour du mois suivant celui-là, la halakha fait l’objet d’un différend entre Rav et Shmuel au sujet d’une discussion parallèle concernant une femme dont le cycle menstruel commence un jour différent chaque mois.
דְּאִתְּמַר: רָאֲתָה יוֹם חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּחֹדֶשׁ זֶה, וְיוֹם שִׁשָּׁה עָשָׂר בְּחֹדֶשׁ זֶה, וְיוֹם שִׁבְעָה עָשָׂר בְּחֹדֶשׁ זֶה – רַב אָמַר: קָבְעָה לָהּ וֶסֶת, וּשְׁמוּאֵל אָמַר: עַד שֶׁתְּשַׁלֵּשׁ בְּדִילּוּג.
Comme il a été déclaré : Si une femme a vu du sang menstruel le quinzième jour de ce mois, et le seizième jour du mois suivant , et le dix-septième jour du mois suivant , Rav dit : Elle a ainsi établi son cycle menstruel [veset], c’est-à-dire un mois et un jour. Et Shmuel dit : Son cycle menstruel n’est pas établi tant qu’elle ne saute pas un jour trois fois. Selon Shmuel, le cycle est établi dans ce cas non par la date en soi, mais plutôt par le schéma d’un jour supplémentaire chaque mois. Ce n’est que lorsque cela se produit pendant trois mois consécutifs, c’est-à-dire lorsqu’elle a ses règles au quatrième mois, que ce schéma est établi.
אָמַר רָבָא: שָׁמַע קוֹל שׁוֹפָר וְנָגַח, קוֹל שׁוֹפָר וְנָגַח, קוֹל שׁוֹפָר וְנָגַח – נַעֲשָׂה מוּעָד לְשׁוֹפָרוֹת.
§ Rava a dit : Si un bœuf a entendu le son d’un shofar et a encorné, puis a de nouveau entendu le son d’un shofar et a encorné, et une troisième fois a entendu le son d’un shofar et a encorné, il est considéré comme averti à l’égard du son des shofarot.
פְּשִׁיטָא! מַהוּ דְּתֵימָא: הָךְ שׁוֹפָר קַמָּא – סְיוּטָא בְּעָלְמָא הוּא דְּנַקְטֵיהּ; קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara demande : Cela n’est-il pas évident ? La Guemara répond : De peur que tu ne dises que ce premier shofar n’a fait que surprendre [siyyuta] le bœuf, l’amenant à encorner, et que, par conséquent, cela ne devrait pas compter pour rendre le bœuf averti, Rava nous enseigne que, puisque le bœuf a encorné à plusieurs reprises en entendant le son d’un shofar, ce son est considéré comme une impulsion constante à son action d’encorner.
מַתְנִי׳ שׁוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ, וְשֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שֶׁל הֶדְיוֹט – פָּטוּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוֹר רֵעֵהוּ״ – וְלֹא שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ.
MICHNA : En ce qui concerne un bœuf appartenant à un Juif qui a encorné un bœuf consacré et, inversement, un bœuf consacré qui a encorné un bœuf non consacré, c’est-à-dire un bœuf appartenant à un Juif, le propriétaire du bœuf est exempté de payer une indemnisation, comme il est dit : « Et si le bœuf d’un homme blesse le bœuf d’un autre” (Exode 21:35). Il est déduit de l’expression « le bœuf d’un autre » qu’on n’est responsable que s’il s’agit d’un bœuf non consacré, mais non s’il s’agit d’un bœuf consacré, qui appartient au trésor du Temple, que ce dernier soit le bœuf qui a encorné ou le bœuf qui a été encorné.
שׁוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שֶׁל גּוֹי – פָּטוּר. וְשֶׁל גּוֹי שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שֶׁל יִשְׂרָאֵל – בֵּין תָּם בֵּין מוּעָד, מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם.
En ce qui concerne un bœuf appartenant à un Juif qui a encorné le bœuf d’un gentil, le propriétaire du bœuf agressif est exempté de responsabilité. Mais, en ce qui concerne un bœuf appartenant à un gentil qui a encorné le bœuf d’un Juif, que le bœuf encorneur ait été inoffensif ou averti, le propriétaire du bœuf paie l’intégralité du dommage.
גּמ׳ מַתְנִיתִין דְּלָא כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא, דְּתַנְיָא: שׁוֹר שֶׁל הֶדְיוֹט שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ, וְשֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל הֶדְיוֹט – פָּטוּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״שׁוֹר רֵעֵהוּ״ – וְלֹא שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ. רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן מְנַסְיָא אוֹמֵר: שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל הֶדְיוֹט – פָּטוּר; וְשֶׁל הֶדְיוֹט שֶׁנָּגַח שׁוֹר שֶׁל הֶקְדֵּשׁ – בֵּין תָּם בֵּין מוּעָד, מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם.
GUEMARA :La michna n’est pas conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Menasya, comme cela est enseigné dans une baraita : En ce qui concerne un bœuf non consacré qui a encorné un bœuf consacré, ou un bœuf consacré qui a encorné un bœuf non consacré, le propriétaire du bœuf est exempt de responsabilité, comme il est dit : « Le bœuf d’autrui », indiquant : Mais non un bœuf consacré. Rabbi Shimon ben Menasya dit : En ce qui concerne un bœuf consacré qui a encorné un bœuf non consacré, le trésor du Temple est exempt de responsabilité ; mais en ce qui concerne un bœuf non consacré qui a encorné un bœuf consacré, qu’il soit inoffensif ou averti, le propriétaire paie l’intégralité du dommage.
אָמְרִי: מַאי קָא סָבַר רַבִּי שִׁמְעוֹן? אִי ״רֵעֵהוּ״ דַּוְקָא – אֲפִילּוּ שֶׁל הֶדְיוֹט שֶׁנָּגַח שֶׁל הֶקְדֵּשׁ לִיפְּטַר! וְאִי ״רֵעֵהוּ״ לָאו דַּוְקָא – אֲפִילּוּ דְּהֶקְדֵּשׁ נָמֵי, כִּי נָגַח דְּהֶדְיוֹט לִיחַיַּיב!
Les Sages dirent : Quelle est l’opinion de Rabbi Shimon ben Menasya ? Pourquoi distingue-t-il entre un bœuf consacré qui a encorné un bœuf non consacré et un bœuf non consacré qui a encorné un bœuf consacré ? Si l’expression « d’un autre » est comprise de manière précise, alors même en ce qui concerne un bœuf non consacré qui a encorné un bœuf consacré, le propriétaire du bœuf agressif devrait être exempté de responsabilité, car la victime n’est pas le bœuf d’un autre, mais appartient au trésor du Temple. Et si l’expression « d’un autre » n’est pas comprise de manière précise, mais inclut plutôt tous les bœufs, alors un bœuf consacré qui a encorné un bœuf non consacré devrait également rendre le trésor du Temple responsable.
וְכִי תֵּימָא: לְעוֹלָם קָסָבַר ״רֵעֵהוּ״ דַּוְקָא, וּמִיהוּ דְּהֶדְיוֹט כִּי נָגַח דְּהֶקְדֵּשׁ הַיְינוּ טַעְמָא דְּמִיחַיַּיב – מִשּׁוּם דְּקָא מַיְיתֵי לֵיהּ מִקַּל וָחוֹמֶר דְּהֶדְיוֹט: וּמָה הֶדְיוֹט שֶׁנָּגַח שֶׁל הֶדְיוֹט – חַיָּיב, כִּי נָגַח דְּהֶקְדֵּשׁ – לֹא כׇּל שֶׁכֵּן דְּמִיחַיַּיב?
Et si tu disais que en réalité Rabbi Shimon ben Menasya soutient que « d’un autre » doit être compris de manière précise et que, par conséquent, si un bœuf consacré encorne un bœuf non consacré, le trésor du Temple est exempt de responsabilité ; mais néanmoins, lorsqu’un bœuf non consacré encorne un bœuf consacré, voici la raison pour laquelle son propriétaire est responsable : Parce que Rabbi Shimon ben Menasya l’infère a fortiori du cas d’un bœuf non consacré, comme suit : Si dans le cas d’un bœuf non consacré qui encorne un autre bœuf non consacré, le propriétaire du bœuf agressif est responsable, n’est-il pas clair à plus forte raison que lorsqu’il encorne un bœuf consacré, le propriétaire du bœuf est responsable ?
דַּיּוֹ לַבָּא מִן הַדִּין – לִהְיוֹת כַּנִּדּוֹן! מָה לְהַלָּן – תָּם חֲצִי נֶזֶק, הָכָא נָמֵי חֲצִי נֶזֶק!
Si tel est le raisonnement de Rabbi Shimon ben Menasya, alors sa décision selon laquelle le propriétaire du bœuf paie au trésor du Temple le coût total du dommage, que son bœuf ait été inoffensif ou averti, est problématique, car il suffit que la conclusion qui résulte d’une inférence a fortiori soit comme sa source. En d’autres termes, une halakha dérivée au moyen d’une inférence a fortiori ne peut pas être plus rigoureuse que la halakha de la source dont elle est dérivée. Par conséquent, de même que là-bas, dans un cas où le bœuf profane inoffensif d’un particulier encorne un autre bœuf profane, le propriétaire ne paie que la moitié du coût du dommage, ici aussi, si un bœuf profane inoffensif encorne un bœuf consacré, son propriétaire ne devrait être tenu de payer que la moitié du coût du dommage.
אֶלָּא אָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: הַכֹּל הָיוּ בִּכְלַל נֶזֶק שָׁלֵם; כְּשֶׁפָּרַט לְךָ הַכָּתוּב: ״רֵעֵהוּ״ גַּבֵּי תָם – רֵעֵהוּ הוּא דְּתָם מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק; מִכְּלָל דְּהֶקְדֵּשׁ – בֵּין תָּם בֵּין מוּעָד מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם;
Au contraire, Reish Lakish a dit que le raisonnement de Rabbi Shimon ben Menasya est le suivant : En principe, tous les cas de dommage étaient inclus parmi ceux dans lesquels le propriétaire paie le coût intégral du dommage. La halakha selon laquelle, dans le cas d’un bœuf inoffensif, le propriétaire ne paie que la moitié du coût du dommage est une exception à la règle, et lorsque le verset a précisé le terme « d’un autre » à propos d’un bœuf inoffensif, il voulait dire que c’est précisément lorsque le bœuf inoffensif de quelqu’un encorne le bœuf d’un autre que le propriétaire paie seulement la moitié du coût du dommage. Et par déduction, s’il encorne un bœuf consacré, que le bœuf agressif soit inoffensif ou averti, son propriétaire paie l’intégralité du coût du dommage.