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רָאוּי לִיטּוֹל, וְאֵין לוֹ. וְהָתַנְיָא: הֲרֵי זֶה מִשְׁתַּלֵּם לַקָּטָן מִן הַמּוּעָד, וְלַגָּדוֹל מִן הַתָּם! דִּתְפַס.
La Guemara répond : la michna n’indique pas que la partie lésée reçoit une indemnisation. Elle indique plutôt qu’il conviendrait qu’elle reçoive une indemnisation, mais en pratique elle n’en reçoit aucune. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita qu’elle reçoit paiement pour son petit bœuf du bœuf averti de la partie responsable, et pour son grand bœuf du bœuf inoffensif de la partie responsable ? Il est donc évident qu’elle reçoit bien paiement. La Guemara répond : cette baraita aussi traite d’un cas la partie lésée a saisi le bœuf du défendeur, auquel cas le tribunal lui permet de le garder en sa possession. Le tribunal ne peut pas contraindre le défendeur à la payer ab initio.
הָיוּ שְׁנֵיהֶם שֶׁל אִישׁ אֶחָד – שְׁנֵיהֶם חַיָּיבִים. אֲמַר לֵיהּ רָבָא מִפַּרְזִיקָא לְרַב אָשֵׁי: שְׁמַע מִינַּהּ, שְׁוָורִים תַּמִּים שֶׁהִזִּיקוּ – רָצָה מִזֶּה גּוֹבֶה, רָצָה מִזֶּה גּוֹבֶה.
§ La michna enseigne : dans un cas où un bœuf a été blessé par l’un de deux bœufs qui le poursuivaient, si les deux bœufs appartenaient à une seule personne, les deux sont responsables. Rava de Parzika dit à Rav Achi : Faut-il apprendre du fait que les deux sont responsables que, dans un cas de bœufs dociles ayant causé un dommage, si la partie lésée le souhaite, elle peut recouvrer les dommages sur le produit de la vente de ce bœuf, et si elle le souhaite, elle peut recouvrer sur la vente de cet autre bœuf ?
הָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – בְּמוּעָדִין.
Rav Ashi a rejeté cette déduction : De quoi parlons-nous ici ? Nous parlons de bœufs avertis, auquel cas la partie lésée ne recouvre pas les dommages exclusivement du bœuf agressif, mais de n’importe quel bien de son propriétaire. Par conséquent, elle peut se faire indemniser par l’un ou l’autre des bœufs.
אִי בְּמוּעָדִין, אֵימָא סֵיפָא: הָיָה אֶחָד גָּדוֹל וְאֶחָד קָטָן, הַנִּיזָּק אוֹמֵר: ״גָּדוֹל הִזִּיק״, וְהַמַּזִּיק אוֹמֵר: ״לֹא כִי, אֶלָּא קָטָן הִזִּיק״ – הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה. אִי בְּמוּעָדִין, מַאי נָפְקָא לֵיהּ מִינֵּיהּ? סוֹף סוֹף, דְּמֵי תּוֹרָא מְעַלְּיָא בָּעֵי לְשַׁלּוֹמֵי!
Rava de Parzika répondit : Si la michna fait référence à des bœufs avertis, dis la clause finale de la michna : Si l’un des bœufs belliqueux était grand et l’autre était petit, et la partie lésée dit que le grand bœuf a causé le dommage, mais la partie responsable du dommage dit : Non ; plutôt, le petit bœuf a causé le dommage, la charge de la preuve incombe au demandeur. Si cela fait référence à des bœufs avertis, quelle différence cela lui fait-il lequel a causé la blessure ? En fin de compte, la partie responsable est tenue de payer la valeur d’un bœuf entier dans tous les cas.
אֲמַר לֵיהּ: סֵיפָא בְּתַמִּין, וְרֵישָׁא בְּמוּעָדִין.
Rav Ashi lui dit : la dernière clause de la michna fait référence à des bœufs inoffensifs, et la première clause fait référence à des bœufs avertis.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא סָבָא לְרַב אָשֵׁי: אִי בְּמוּעָדִין, ״חַיָּיבִים״?! ״חַיָּיב גַּבְרָא״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! וְתוּ, מַאי ״שְׁנֵיהֶם״?
Rav Aḥa l’Ancien dit à Rav Ashi : Si cela fait référence à un cas de bœufs avertis, où l’indemnisation n’est pas perçue spécifiquement sur le bœuf agressif, pourquoi la michna déclare-t-elle : Ils sont responsables, au pluriel ? Elle aurait dû déclarer : L’homme est responsable. Et de plus, à quoi le mot tous deux dans l’énoncé : Tous deux sont responsables, fait-il référence ?
אֶלָּא לְעוֹלָם בְּתַמִּין; וְרַבִּי עֲקִיבָא הִיא, דְּאָמַר: שׁוּתָּפִין נִינְהוּ; וְטַעְמָא דְּאִיתַנְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ – דְּלָא מָצֵי מְדַחֵי לֵיהּ, אֲבָל לֵיתַנְהוּ לְתַרְוַיְיהוּ – מָצֵי אֲמַר לֵיהּ: זִיל אַיְיתִי רְאָיָה דְּהַאי תּוֹרָא אַזְּקָךְ, וַאֲשַׁלֵּם לָךְ.
Au contraire, la première clause de la michna fait en réalité référence à des bœufs inoffensifs, et c’est l’opinion de Rabbi Akiva, qui dit que la partie lésée et la partie responsable sont partenaires, car elles partagent la propriété du bœuf encorneur. Et par conséquent, la raison pour laquelle le propriétaire des bœufs encorneurs est responsable est que les deux sont disponibles, de sorte qu’il ne peut pas éconduire la partie lésée en prétendant que ce bœuf n’est pas celui qui a causé le dommage. Mais si les deux ne sont pas disponibles, par exemple si l’un est mort ou a été perdu, il peut dire à la partie lésée : Va apporter la preuve que c’était ce bœuf-ci qui t’a causé un dommage, et je te paierai une indemnisation.

הֲדַרַן עֲלָךְ הַמַּנִּיחַ
מַתְנִי׳ שׁוֹר שֶׁנָּגַח אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה שְׁוָורִים זֶה אַחַר זֶה – יְשַׁלֵּם לָאַחֲרוֹן שֶׁבָּהֶם, וְאִם יֵשׁ בּוֹ מוֹתָר – יַחֲזִיר לְשֶׁלְּפָנָיו, וְאִם יֵשׁ בּוֹ מוֹתָר – יַחֲזִיר לְשֶׁלִּפְנֵי פָנָיו, וְהָאַחֲרוֹן אַחֲרוֹן נִשְׂכָּר; דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר.
MICHNA : En ce qui concerne un bœuf docile qui a encorné quatre ou cinq autres bœufs l’un après l’autre, son propriétaire paiera au propriétaire du dernier d’entre eux la moitié des dommages sur le produit de la vente du bœuf agressif ; et s’il reste un surplus de valeur dans son bœuf après qu’il a payé ce propriétaire, il le rendra au propriétaire du bœuf précédent qui a été encorné ; et s’il y a encore un surplus de valeur dans son bœuf après qu’il a payé ce propriétaire, il le rendra à celui qui était avant le précédent. Le principe est que le propriétaire du plus récent des bœufs encornés successivement y gagne. Telle est la déclaration de Rabbi Meïr.
רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: שׁוֹר שָׁוֶה מָאתַיִם שֶׁנָּגַח לְשׁוֹר שָׁוֶה מָאתַיִם, וְאֵין הַנְּבֵלָה יָפָה כְּלוּם – זֶה נוֹטֵל מָנֶה, וְזֶה נוֹטֵל מָנֶה.
Rabbi Shimon dit que la répartition de l’indemnisation est la suivante : En ce qui concerne un bœuf docile valant deux cents dinars qui a encorné un bœuf valant deux cents dinars, le tuant, et la carcasse est sans valeur, la partie lésée prend cent dinars, c’est-à-dire la moitié du coût du dommage, sur le produit de la vente du bœuf agresseur, et le propriétaire du bœuf agresseur prend les cent dinars restants.
חָזַר וְנָגַח שׁוֹר אַחֵר שָׁוֶה מָאתַיִם – הָאַחֲרוֹן נוֹטֵל מָנֶה; וְשֶׁלְּפָנָיו – זֶה נוֹטֵל חֲמִשִּׁים זוּז, וְזֶה נוֹטֵל חֲמִשִּׁים זוּז.
Si le bœuf, après avoir encorné le premier bœuf mais avant que l’indemnisation n’ait été payée, a de nouveau encorné un autre bœuf valant deux cents dinars, et que la carcasse est sans valeur, le propriétaire du bœuf dernier qui a été encorné prend cent dinars, et en ce qui concerne le paiement pour l’encornement précédent, le propriétaire de ce bœuf qui a été encorné prend cinquante dinars, ce qui représente la moitié de la valeur restante du bœuf belliqueux après que cent dinars ont été payés à la dernière partie lésée, et le propriétaire de ce bœuf belliqueux prend les cinquante dinars restants.
חָזַר וְנָגַח שׁוֹר אַחֵר שָׁוֶה מָאתַיִם – הָאַחֲרוֹן נוֹטֵל מָנֶה, וְשֶׁלְּפָנָיו חֲמִשִּׁים זוּז, וּשְׁנַיִם הָרִאשׁוֹנִים – דִּינַר זָהָב.
Si le bœuf, après avoir encorné les deux premiers bœufs mais avant que l’indemnisation n’ait été payée, a de nouveau encorné un autre bœuf valant deux cents dinars, et que la carcasse est sans valeur, la dernière partie lésée reçoit cent dinars, la précédente reçoit cinquante dinars, et les deux premières, c’est-à-dire la première partie lésée et le propriétaire du bœuf agressif, se partagent le reste, recevant chacun un dinar d’or, qui vaut vingt-cinq dinars d’argent.
גְּמָ׳ מַתְנִיתִין מַנִּי? דְּלָא כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל, וּדְלָא כְּרַבִּי עֲקִיבָא!
GUEMARA :De qui est l’opinion exprimée dans la mishna ? Apparemment, la mishna n’est conforme ni à l’opinion de Rabbi Yishmaël, ni à celle de Rabbi Akiva (voir 33a).
אִי כְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל דְּאָמַר בַּעֲלֵי חוֹבוֹת נִינְהוּ, הַאי ״אַחֲרוֹן אַחֲרוֹן נִשְׂכָּר״?! ״רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן נִשְׂכָּר״ מִבְּעֵי לֵיהּ! אִי כְּרַבִּי עֲקִיבָא דְּאָמַר תּוֹרָא דְשׁוּתָּפֵי הוּא, הַאי ״יֵשׁ בּוֹ מוֹתָר –
La Guemara explique : Si la michna avait été conforme à l’opinion de Rabbi Yishmaël, qui dit que les propriétaires des bœufs encornés sont considérés comme des créanciers du propriétaire du bœuf agressif, alors, au lieu d’énoncer cettehalakha selon laquelle le propriétaire du plus récent des bœufs encornés successivement gagne, la michna aurait dû énoncer que le propriétaire du premier des bœufs encornés successivement gagne, puisque le créancier au profit duquel le bœuf est initialement grevé recouvre en premier. Et si la michna avait été conforme à l’opinion de Rabbi Akiva, qui dit que le bœuf agressif appartient à son propriétaire et à la partie lésée, qui sont considérés comme des partenaires dans la propriété du bœuf, alors, au lieu d’énoncer cette décision selon laquelle s’il y a un surplus de valeur restant dans le bœuf après qu’il a payé ce propriétaire

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