מִידֵּי כּוּלֵּיהּ קָאָמְרִינַן?! פַּלְגָא קָאָמְרִינַן!
La Guemara demande : Disons-nous que, sur la base de l’inférence a fortiori, on devrait devoir payer le coût intégral du dommage causé dans le domaine public par le Fait de Manger et le Piétinement ? Ce serait faux, car le verset indiquant l’obligation de payer le coût intégral du dommage limite l’application au dommage causé dans « le champ d’autrui ». Nous disons seulement qu’il devrait être tenu de payer la moitié du coût du dommage là-bas, tout comme en ce qui concerne l’Encornement.
אָמַר קְרָא: ״וְחָצוּ אֶת כַּסְפּוֹ״ – כַּסְפּוֹ שֶׁל זֶה, וְלֹא כַּסְפּוֹ שֶׁל אַחֵר.
La Guemara rejette également cela : Cela aussi est incorrect, car le verset déclare au sujet du paiement de la moitié des dommages : « Et ils partageront sa valeur monétaire » (Exode 21:35). L’emploi de l’expression « sa valeur monétaire », et non « la valeur monétaire », souligne qu’il s’agit précisément du prix de ce bœuf qui a causé un dommage classé comme coup de corne dont l’argent sera partagé, c’est-à-dire que le propriétaire du bœuf sera tenu de payer la moitié du coût du dommage, mais non le prix d’un autre, c’est-à-dire pas dans d’autres cas de dommage causés par le bœuf d’une personne.
וְלֹא תְּהֵא שֵׁן וָרֶגֶל חַיֶּיבֶת בִּרְשׁוּת הַנִּיזָּק אֶלָּא חֲצִי נֶזֶק – מִקַּל וָחוֹמֶר מִקֶּרֶן; וּמָה קֶרֶן, שֶׁבִּרְשׁוּת הָרַבִּים חַיֶּיבֶת – בִּרְשׁוּת הַנִּיזָּק אֵינָהּ מְשַׁלֶּמֶת אֶלָּא חֲצִי נֶזֶק; שֵׁן וָרֶגֶל, שֶׁבִּרְשׁוּת הָרַבִּים פְּטוּרָה – אֵינוֹ דִּין שֶׁבִּרְשׁוּת הַנִּיזָּק מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק?
La Guemara propose une déduction à partir d’une inférence différente : Et que l’on soit tenu responsable de ne payer que la moitié du coût du dommage causé par Manger et Piétiner, même si l’incident a eu lieu sur la propriété de la partie lésée. Cela peut être déduit au moyen d’une inférence a fortiori tirée de l’Encornement, comme suit : Et si pour un dommage classé comme Encornement, qui est régi par une halakha plus stricte, puisqu’on est tenu responsable d’un dommage classé comme Encornement même s’il se produit dans le domaine public, et que pourtant on ne paie que la moitié du coût du dommage causé sur la propriété de la partie lésée, alors en ce qui concerne un dommage classé comme Manger et Piétiner, qui sont régis par des halakhot plus indulgentes, puisqu’on est totalement exempté de responsabilité pour un dommage causé dans le domaine public, n’est-il pas juste que l’on doive payer seulement la moitié du coût du dommage causé sur la propriété de la partie lésée ?
אָמַר קְרָא: ״יְשַׁלֵּם״ – תַּשְׁלוּמִין מְעַלְּיָא.
La Guemara répond : Le verset déclare au sujet de Manger et Piétiner : « Le meilleur de son champ et le meilleur de sa vigne il paiera” (Exode 22:4). L’intention du verset est de souligner que le propriétaire du bœuf paie un paiement approprié, c’est-à-dire complet, à titre de compensation, et non la moitié du coût du dommage.
וְלֹא תְּהֵא קֶרֶן בִּרְשׁוּת הָרַבִּים חַיָּיב – מִקַּל וָחוֹמֶר; וּמָה שֵׁן וָרֶגֶל, שֶׁבִּרְשׁוּת הַנִּיזָּק נֶזֶק שָׁלֵם – בִּרְשׁוּת הָרַבִּים פְּטוּרָה; קֶרֶן, שֶׁבִּרְשׁוּת הַנִּיזָּק חֲצִי נֶזֶק – אֵינוֹ דִּין שֶׁבִּרְשׁוּת הָרַבִּים פְּטוּרָה?
La Guemara suggère une déduction à partir d’une inférence différente : Et que l’on ne soit pas tenu responsable du tout en ce qui concerne les dommages classés comme Coup de corne dans le domaine public. Cela peut être déduit au moyen d’une inférence a fortiori, comme suit : Et si pour les dommages classés comme Manger et Piétiner, pour lesquels on est tenu de payer la totalité du coût du dommage pour des incidents survenus sur la propriété de la partie lésée, on est complètement exempté pour les dommages causés dans le domaine public, alors, en ce qui concerne les dommages classés comme Coup de corne, qui sont régis par une halakha plus clémente, puisqu’on n’est tenu responsable que de la moitié du coût du dommage causé sur la propriété de la partie lésée, n’est-il pas juste que l’on soit exempté dans le domaine public ?
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, אָמַר קְרָא: ״יֶחֱצוּן״ – אֵין חֲצִי נֶזֶק חָלוּק לֹא בִּרְשׁוּת הָרַבִּים וְלֹא בִּרְשׁוּת הַיָּחִיד.
Rabbi Yoḥanan a dit : Le verset déclare au sujet d’un bœuf inoffensif : « Et la carcasse, ils la partageront aussi » (Exode 21:35), pour indiquer qu’il n’y a pas de différence quant au paiement de la moitié du coût du dommage, que le dommage survienne dans le domaine public ou sur une propriété privée.
וִיהֵא אָדָם חַיָּיב בְּכוֹפֶר – מִקַּל וָחוֹמֶר; וּמָה שׁוֹר, שֶׁאֵינוֹ חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים – חַיָּיב בְּכוֹפֶר; אָדָם, שֶׁחַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים – אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּהֵא חַיָּיב בְּכוֹפֶר?
La Guemara propose une déduction à partir d’une inférence différente : Et qu’une personne qui tue une autre par inadvertance soit tenue de payer une rançon. Cela peut être déduit au moyen d’une inférence a fortiori, comme suit : Et si le propriétaire d’un bœuf, qui n’est pas tenu de payer les quatre types d’indemnisation, à savoir la douleur, les frais médicaux, la perte de subsistance et l’humiliation, si son bœuf blesse une personne, est néanmoins tenu de payer une rançon s’il a tué quelqu’un, alors en ce qui concerne une personne, qui est tenue de payer les quatre types d’indemnisation si elle blesse une autre, n’est-il pas juste qu’elle soit tenue de payer une rançon si elle venait à la tuer ?
אָמַר קְרָא: ״כְּכֹל אֲשֶׁר יוּשַׁת עָלָיו״; ״עָלָיו״ – וְלֹא עַל אָדָם.
La Guemara répond : Le verset déclare au sujet d’un bœuf qui tue une personne : « Il donnera pour la rédemption de sa vie tout ce qui lui sera imposé » (Exode 21:30). « Sur lui » : Cela signifie sur le propriétaire d’un bœuf qui tue une personne, mais non sur une personne qui en tue une autre.
וִיהֵא שׁוֹר חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים – מִקַּל וְחוֹמֶר; וּמָה אָדָם, שֶׁאֵינוֹ חַיָּיב בְּכוֹפֶר – חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים; שׁוֹר, שֶׁחַיָּיב בְּכוֹפֶר – אֵינוֹ דִּין שֶׁיְּהֵא חַיָּיב בְּאַרְבָּעָה דְּבָרִים?
La Guemara suggère la dérivation inverse : Que le propriétaire d'un bœuf qui a blessé une personne soit tenu de payer les quatre types d’indemnisation. Cela peut être déduit au moyen d’une inférence a fortiori, comme suit : Et si une personne, qui n’est pas tenue de payer une rançon si elle tue quelqu’un, est néanmoins tenue de payer quatre types d’indemnisation si elle blesse autrui, alors en ce qui concerne le propriétaire d'un bœuf, qui est tenu de payer une rançon, n’est-il pas juste qu’il soit lui aussi tenu de payer les quatre types d’indemnisation ?
אָמַר קְרָא: ״אִישׁ בַּעֲמִיתוֹ״ – וְלֹא שׁוֹר בַּעֲמִיתוֹ.
La Guemara répond : Le verset déclare à ce sujet : « Et si un homme mutile un autre » (Lévitique 24:19), d’où l’on peut déduire que cette halakha s’applique lorsqu’un homme cause un dommage à une autre personne, mais non lorsqu’un bœuf cause un dommage à une autre personne.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: רֶגֶל שֶׁדָּרְסָה עַל גַּבֵּי תִּינוֹק בַּחֲצַר הַנִּיזָּק, מַהוּ שֶׁתְּשַׁלֵּם כּוֹפֶר? מִי אָמְרִינַן: מִידֵּי דְּהָוֵה אַקֶּרֶן – קֶרֶן, כֵּיוָן דַּעֲבַד תְּרֵי וּתְלָתָא זִמְנֵי – אוֹרְחֵיהּ הוּא, וּמְשַׁלֵּם כּוֹפֶר; הָכָא נָמֵי לָא שְׁנָא;
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : En ce qui concerne le Piétinement, dans le cas d’un animal qui piétine un enfant dans la cour de la partie lésée et tue l’enfant, quelle est la halakha concernant l’obligation du propriétaire de l’animal de payer une rançon ? La Guemara explique les différents aspects de la question : Disons-nous que cette halakha est identique à celle qui concerne l’Encornement ? En conséquence, de même qu’en ce qui concerne l’Encornement, une fois qu’un animal a encorné deux ou trois fois, cela devient défini comme sa manière habituelle et il est donc considéré comme averti, et le propriétaire doit payer une rançon dans le cas où il tue une personne par un acte classé comme Encornement, ici aussi ce n’est pas différent, car en ce qui concerne la catégorie du Piétinement, le propriétaire est considéré comme averti dès le départ et doit donc payer une rançon.
אוֹ דִלְמָא, קֶרֶן כַּוּוֹנָתוֹ לְהַזִּיק, הַאי אֵין כַּוּוֹנָתוֹ לְהַזִּיק?
Ou peut-être, devrions-nous dire que la halakha concernant le Coup de corne est plus stricte, puisque le coup de corne exige l’intention de l’animal de causer un dommage, et c’est pourquoi le propriétaire doit payer une rançon en cas de décès ; mais dans un cas de Piétinement, où il n’y a pas d’intention de causer un dommage, le propriétaire serait exempté du paiement d’une rançon ?
תָּא שְׁמַע: הִכְנִיס שׁוֹרוֹ לַחֲצַר בַּעַל הַבַּיִת שֶׁלֹּא בִּרְשׁוּת, וּנְגָחוֹ לְבַעַל הַבַּיִת וָמֵת; הַשּׁוֹר – בִּסְקִילָה, וּבְעָלָיו – בֵּין תָּם בֵּין מוּעָד, מְשַׁלֵּם כּוֹפֶר שָׁלֵם; דִּבְרֵי רַבִּי טַרְפוֹן.
La Guemara suggère : Viens et écoute une solution à ce dilemme tirée d’une baraita : Si quelqu’un a amené son bœuf dans la cour d’un propriétaire sans sa permission, et qu’il a encorné le propriétaire et que celui-ci est mort, le bœuf est mis à mort par lapidation et le propriétaire du bœuf est tenu de payer la somme totale de la rançon, que l’animal ait été inoffensif ou averti. Telle est la déclaration de Rabbi Tarfon.
כּוֹפֶר שָׁלֵם בְּתָם, לְרַבִּי טַרְפוֹן – מְנָא לֵיהּ? לָאו מִשּׁוּם דְּסָבַר לֵיהּ כְּרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי, דְּאָמַר: תָּם מְשַׁלֵּם חֲצִי כוֹפֶר בִּרְשׁוּת הָרַבִּים – וּמַיְיתֵי לַהּ מִקַּל וָחוֹמֶר מֵרֶגֶל? אַלְמָא אִיכָּא כּוֹפֶר בְּרֶגֶל!
La Guemara poursuit son explication : D’où Rabbi Tarfon déduit-il que, concernant un bœuf inoffensif, le propriétaire doit aussi payer le montant intégral de la rançon ? N’est-ce pas parce qu’il soutient conformément à l’opinion de Rabbi Yossei HaGelili, qui dit que le propriétaire d’un bœuf inoffensif qui a tué une personne paie la moitié de la rançon si l’incident a eu lieu dans le domaine public ? Et il a dérivé cette décision au moyen d’une inférence a fortiori à partir des halakhot du Piétinement : Et si, dans un cas de Piétinement, pour lequel on est totalement exempté de responsabilité lorsqu’il se produit dans le domaine public, on doit néanmoins payer la rançon intégrale si l’incident a eu lieu sur la propriété de la partie lésée, en ce qui concerne l’Encornement, pour lequel on doit payer la moitié de la rançon lorsqu’il se produit dans le domaine public, n’est-il pas juste que l’on soit tenu de payer la rançon intégrale pour un incident qui a eu lieu sur la propriété de la partie lésée ? De toute évidence, il est clair qu’il y a un paiement de rançon dans le cas du Piétinement.
אָמַר רַב שִׁימִי מִנְּהַרְדְּעָא: תַּנָּא – מִנְּזָקִין דְּרֶגֶל מַיְיתֵי לַהּ.
Rav Shimi de Neharde’a a dit : Il est possible d’expliquer que le tanna a dérivé son inférence a fortiori du dommage causé par Piétinement : Et si, dans un cas de Piétinement, pour lequel on est totalement exempt de responsabilité lorsque cela se produit dans le domaine public, on paie le coût total du dommage causé sur la propriété de la partie lésée, en ce qui concerne l’Encornement, pour lequel on doit payer la moitié de la rançon si le bœuf tue une personne dans le domaine public, n’est-il pas juste qu’on serait certainement tenu de payer la rançon complète si la personne a été tuée sur sa propre propriété ? Selon ce raisonnement, rien n’indique qu’on paie une rançon dans le cas d’un enfant qui a été tué par Piétinement.
וְלִפְרוֹךְ: מָה לִנְזָקִין דְּרֶגֶל – שֶׁכֵּן יֶשְׁנָן בְּאֵשׁ! מִטָּמוּן.
La Guemara demande : Mais si telle est la base de l’opinion de Rabbi Tarfon, que la Guemara la réfute de cette manière : Que peut-on apprendre au sujet de la rançon à partir du dommage causé par le Piétinement ? Ces mêmes halakhot s’appliquent au Feu ; néanmoins, il n’y a aucune obligation de payer une rançon lorsqu’une personne est tuée par le Feu, comme cela a été explicitement énoncé dans une baraita ci-dessus (10a). Par conséquent, la tentative de déduire une inférence a fortiori au sujet de la rançon à partir du Piétinement est manifestement erronée. La Guemara répond : L’inférence a fortiori peut être fondée sur le dommage causé à des objets dissimulés par le Piétinement sur la propriété de la partie lésée. On serait exempté pour un dommage de ce type s’il était causé par le Feu.
מָה לְטָמוּן – שֶׁכֵּן יֶשְׁנוֹ בְּבוֹר! מִכֵּלִים.
La Guemara répond à cette difficulté par une autre : Qu’y a-t-il de remarquable dans le dommage causé à des objets dissimulés par le Piétinement ? Cela est remarquable en ce que ces mêmes halakhots’appliquent à la catégorie de Fosse, mais néanmoins aucune rançon n’est payée si une personne est tuée par une fosse. Par conséquent, tenter de déduire une inférence a fortiori au sujet de la rançon à partir de cette halakha est manifestement erroné. La Guemara répond : L’inférence a fortiori peut être fondée sur le dommage causé à des ustensiles par le Piétinement sur la propriété de la partie lésée. On serait exonéré d’un dommage de cette nature s’il était causé par une fosse.
מָה לְכֵלִים – שֶׁיֶּשְׁנָן בְּאֵשׁ! מִכֵּלִים טְמוּנִים. מָה לְכֵלִים טְמוּנִים – שֶׁיֶּשְׁנָן בְּאָדָם!
La Guemara rejette également cela : Qu’est-ce qui est notable dans le dommage causé à des récipients par le Piétinement ? Cela est notable en ce que ces mêmes halakhots’appliquent à la catégorie du Feu. La Guemara répond : L’inférence a fortiori peut être fondée sur le dommage causé à des récipients dissimulés par le Piétinement. Dans ce cas, on serait responsable pour le Piétinement mais exempt de responsabilité à la fois pour le Feu et pour la Fosse, et cela peut donc servir de base au paiement de la rançon, au moyen de l’inférence a fortiori énoncée par Rav Shimi de Neharde’a. La Guemara rejette également cela : Qu’est-ce qui est notable dans le dommage causé à des récipients dissimulés par le Piétinement ? Cela est notable en ce que ces mêmes halakhots’appliquent à la catégorie de l’Homme, car une personne est responsable du dommage causé à ces objets, mais ne paie pas de rançon si elle tue involontairement une autre personne.
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ מִכּוֹפֶר דְּרֶגֶל מַיְיתֵי לַהּ? אַלְמָא אִיכָּא כּוֹפֶר בְּרֶגֶל! שְׁמַע מִינַּהּ.
Au contraire, n’est-il pas correct d’en conclure que, puisque les halakhot du paiement de la rançon concernant l’Encornement ne peuvent pas être déduites des halakhot des dommages concernant le Piétinement, le tanna a dérivé son inférence a fortiori sur la base des halakhot de rançon dans un cas de Piétinement, et qu’on peut donc conclure que manifestement il y a rançon dans un cas de Piétinement ? La Guemara l’affirme : Concluez-en qu’il en est ainsi. Par conséquent, dans le cas d’un enfant piétiné à mort par Piétinement alors qu’il se trouvait sur la propriété de ses parents, le propriétaire de l’animal doit payer une rançon.
אֲמַר לֵיהּ רַב אַחָא מִדִּפְתִּי לְרָבִינָא: הָכִי נָמֵי מִסְתַּבְּרָא – דְּאִיכָּא כּוֹפֶר בְּרֶגֶל; דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ לֵיכָּא כּוֹפֶר בְּרֶגֶל – וְתַנָּא מִנְּזָקִין דְּרֶגֶל מַיְיתֵי לַהּ, לִפְרוֹךְ: מָה לִנְזָקִין דְּרֶגֶל – שֶׁכֵּן יֶשְׁנָן בְּרֶגֶל!
Rav Aḥa de Difti dit à Ravina : Ainsi aussi, il est raisonnable de dire qu’il y a une obligation de payer une rançon dans un cas de Piétinement, car, s’il te venait à l’esprit de dire qu’il n’y a pas d’obligation de payer une rançon dans un cas de Piétinement, et que le tanna a dérivé son inférence a fortiori du dommage causé par Piétinement, que la Guemara la réfute ainsi : Qu’est-ce qui est notable dans le dommage causé par Piétinement ? Il est notable en ce que ces mêmes halakhot s’appliquent au Piétinement, alors qu’il n’y a pas d’obligation de payer une rançon dans un cas de Piétinement. En d’autres termes, il serait possible de déduire l’obligation de payer une rançon complète lorsqu’une personne a été tuée par l’Encornement d’un bœuf inoffensif sur la propriété de la victime seulement s’il existe aussi une obligation de payer une rançon lorsque la personne a été tuée par Piétinement.
אֶלָּא לָאו שְׁמַע מִינַּהּ מִכּוֹפֶר דְּרֶגֶל מַיְיתֵי לַהּ? אַלְמָא אִיכָּא כּוֹפֶר בְּרֶגֶל! שְׁמַע מִינַּהּ.
Au contraire, n’est-il pas correct d’en conclure qu’une inférence a fortiori doit être fondée sur l’obligation de payer une rançon dans un cas de Piétinement, et qu’on peut donc conclure que manifestement, il y a une obligation de payer une rançon dans un cas de Piétinement ? La Guemara affirme : Concluez-en qu’il en est ainsi.
מַתְנִי׳ אָדָם מוּעָד לְעוֹלָם – בֵּין שׁוֹגֵג בֵּין מֵזִיד, בֵּין עֵר בֵּין יָשֵׁן. סִימֵּא אֶת עֵין חֲבֵירוֹ וְשִׁיבֵּר אֶת הַכֵּלִים – מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם.
MICHNA : Le statut juridique d’une personne est toujours celui de quelqu’un qui a été averti au préalable. Par conséquent, que le dommage ait été involontaire ou intentionnel, que la personne ait été éveillée lorsqu’elle a causé le dommage ou endormie, qu’elle ait crevé l’œil d’autrui ou brisé des récipients, elle doit payer l’intégralité du coût du dommage.
גְּמָ׳ קָתָנֵי ״סִימֵּא אֶת עֵין חֲבֵירוֹ״ דּוּמְיָא דְּ״שִׁיבֵּר אֶת הַכֵּלִים״; מָה הָתָם – נֶזֶק אִין, אַרְבָּעָה דְּבָרִים לָא; אַף סִימֵּא אֶת עֵין חֲבֵירוֹ – נֶזֶק אִין, אַרְבָּעָה דְּבָרִים לָא.
GUEMARA : La Guemara déduit : La michna enseigne : Il a aveuglé l’œil d’un autre, et cela est vraisemblablement semblable à l’autre exemple : Il a cassé des ustensiles. De là, on peut déduire que de même que là-bas, dans le cas des ustensiles cassés, oui, il doit payer pour le dommage qu’il a causé, mais il ne paie pas les quatre types d’indemnisation, de même, dans un cas où il aveugle un autre, oui, il doit payer pour le dommage qu’il a causé, mais il ne paie pas les quatre types d’indemnisation, puisqu’il a causé la blessure en dormant ou involontairement.