וְחַד אָמַר שִׁבְעָה. וְאָמְרִי לַהּ: שְׁלֹשִׁים.
Et l'autre dit : Ils ont étudié là pendant sept jours. Et certains disent qu'ils y ont étudié pendant trente jours.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״וְכָבוֹד עָשׂוּ לוֹ בְמוֹתוֹ״ – זֶה חִזְקִיָּה מֶלֶךְ יְהוּדָה, שֶׁיָּצְאוּ לְפָנָיו שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה אֶלֶף חֲלוּצֵי כָתֵף, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
Les Sages ont enseigné une baraita qui propose une autre interprétation du verset cité : « Et on lui [lo] rendit honneur dans sa mort » (II Chroniques 32:33). Cela fait référence à l’honneur accordé à Ézéchias, roi de Juda, en ce que lors de son enterrement 36 000 hommes, les épaules découvertes, sortirent devant lui. Ils retirèrent leurs vêtements de leurs épaules en signe de deuil. Le nombre 36 000 est suggéré par la valeur numérique du mot lo, qui est trente-six. C’est l’enseignement de Rabbi Yehuda.
אָמַר לוֹ רַבִּי נְחֶמְיָה: וַהֲלֹא לִפְנֵי אַחְאָב עָשׂוּ כֵּן!
Rabbi Neḥemya lui dit : Mais n’ont-ils pas aussi fait cela devant Achab ? Apparemment, s’ils ont fait cela pour le roi impie Achab, c’est un honneur rendu à tous les rois, et ce n’était pas une marque d’honneur unique pour le juste Ézéchias.
אֶלָּא שֶׁהִנִּיחוּ סֵפֶר תּוֹרָה עַל מִטָּתוֹ, וְאָמְרוּ: קִיֵּים זֶה מַה שֶּׁכָּתוּב בָּזֶה.
Au contraire, l’honneur rendu à Ézéchias fut qu’on plaça un rouleau de la Torah sur sa bière et qu’on dit : Celui-ci, c’est-à-dire Ézéchias, a accompli ce qui est écrit dans ceci, c’est-à-dire dans le rouleau de la Torah.
וְהָאִידָּנָא נָמֵי עָבְדִינַן הָכִי! אַפּוֹקֵי מַפְּקִינַן, אַנּוֹחֵי לָא מַנְּחִינַן. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: אַנּוֹחֵי נָמֵי מַנְּחִינַן, ״קִיֵּים״ לָא אָמְרִינַן.
La Guemara demande : Mais de nos jours aussi, nous faisons cela pour tout grand érudit de la Torah qui meurt, alors qu’y a-t-il d’unique dans ce qui a été fait pour honorer Ézéchias ? La Guemara répond : De nos jours, nous sortons un rouleau de la Torah dehors, mais nous ne le posons pas sur la bière du défunt. Et si vous voulez, dites plutôt que de nos jours nous posons aussi un rouleau de la Torah sur la bière du défunt ; mais nous ne disons pas : Celui-ci a accompli ce qui est écrit dans ceci.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה: הֲוָה אָזֵילְנָא בַּהֲדֵיהּ דְּרַבִּי יוֹחָנָן לְמִשְׁאַל שְׁמַעְתָּא, כִּי הֲוָה עָיֵיל לְבֵית הַכִּסֵּא וַהֲוָה בָּעֵינָא מִינֵּיהּ מִלְּתָא, לָא פָּשֵׁיט לַן עַד דְּמָשֵׁי יְדֵיהּ וּמַנַּח תְּפִילִּין וּמְבָרֵךְ, וַהֲדַר אֲמַר לַן: אֲפִילּוּ ״קִיֵּים״ אָמְרִינַן; ״לִימֵּד״ לָא אָמְרִינַן.
Rabba bar bar Ḥana a dit : Une fois, j’étais en train de marcher avec Rabbi Yoḥanan pour lui demander au sujet de cette déclaration. Chaque fois qu’il entrait dans des latrines, à sa sortie je lui demandais d’expliquer une question, et il ne nous répondait pas avant de s’être lavé les mains, d’avoir mis ses phylactères et d’avoir récité la bénédiction, et ce n’est qu’alors qu’il nous répondait. En ce qui concerne l’honneur accordé au roi Ézéchias, il a dit : De nos jours, nous disons même : Celui-ci a accompli ce qui est écrit ici, mais nous ne disons pas : Il a enseigné ce qui est écrit ici, ce qui constituait un honneur unique rendu lors de l’enterrement du juste roi Ézéchias.
וְהָאָמַר מָר: גָּדוֹל תַּלְמוּד תּוֹרָה, שֶׁהַתַּלְמוּד מֵבִיא לִידֵי מַעֲשֶׂה! לָא קַשְׁיָא; הָא לְמִיגְמַר, הָא לְאַגְמוֹרֵי.
La Guemara demande : Mais le Maître n’a-t-il pas dit : l’étude de la Torah est grande parce que l’étude de la Torah mène à l’accomplissement des mitsvot ? Cela indique que l’accomplissement des mitsvot est considéré comme ayant plus de valeur que l’étude de la Torah. Si tel est le cas, une fois qu’Ézéchias a été loué pour avoir accompli les mitsvot de la Torah, pourquoi mentionner qu’il l’a étudiée ? La Guemara explique : Cela n’est pas difficile : Cette déclaration du Maître concerne l’étude de la Torah pour sa propre connaissance, et cette louange particulière accordée au roi Ézéchias concernait l’enseignement de la Torah aux autres.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי, מַאי דִּכְתִיב: ״אַשְׁרֵיכֶם זֹרְעֵי עַל כׇּל מָיִם, מְשַׁלְּחֵי רֶגֶל הַשּׁוֹר וְהַחֲמוֹר״? כׇּל הָעוֹסֵק בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים, זוֹכֶה לְנַחֲלַת שְׁנֵי שְׁבָטִים.
§ Un verset cité au début de ce chapitre (2b) dans le cadre d’un exposé halakhique est maintenant expliqué de manière homilétique : Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : Que signifie ce qui est écrit : « Heureux êtes-vous qui semez près de toutes les eaux, qui laissez aller les pieds du bœuf et de l’âne » (Isaïe 32:20) ? Cela enseigne que quiconque s’adonne à l’étude de la Torah et à l’accomplissement d’actes de bonté mérite une récompense égale à la part de deux tribus, Joseph et Issachar.
שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵיכֶם זֹרְעֵי״ – וְאֵין ״זְרִיעָה״ אֶלָּא צְדָקָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זִרְעוּ לָכֶם לִצְדָקָה וְקִצְרוּ לְפִי חֶסֶד״; וְאֵין ״מַיִם״ אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי כׇּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם״.
La Guemara explique comment cela est dérivé du verset : Comme il est dit : « Heureux êtes-vous qui semez. » Et la référence au fait de semer renvoie uniquement aux actes de charité, comme il est dit : « Semez pour vous selon la charité, moissonnez selon la bonté » (Osée 10:12). Et la référence à l’eau renvoie uniquement à l’étude de la Torah, comme il est dit au sujet de l’étude de la Torah : « Holà, vous tous qui avez soif, allez vers l’eau » (Isaïe 55:1).
וְזוֹכֶה לְנַחֲלַת שְׁנֵי שְׁבָטִים – זוֹכֶה לְכִילָה כְּיוֹסֵף, דִּכְתִיב: ״בֵּן פֹּרָת יוֹסֵף, בָּנוֹת צָעֲדָה עֲלֵי שׁוּר״; וְזוֹכֶה לְנַחֲלַת יִשָּׂשכָר, דִּכְתִיב: ״יִשָּׂשכָר חֲמֹר גָּרֶם״.
Et le fait qu’il mérite une récompense équivalente à la part de deux tribus s’apprend de la manière suivante : La référence au bœuf dans le verset est une allusion à Joseph, qui est décrit comme un bœuf (Deutéronome 33:17), et la récompense de quelqu’un est qu’il mérite de recevoir un dais d’honneur, comme ce fut le cas pour Joseph, comme il est écrit : « Joseph est une vigne féconde, une vigne féconde près d’une source ; ses branches s’élèvent au-dessus du mur. » Les branches au-dessus du mur dans ce verset font allusion au dais. Et la référence à l’âne est une allusion au fait qu’il mérite de recevoir la part d’Issacar, qui est décrit comme un âne, comme il est dit : « Issacar est un âne aux os robustes » (Genèse 49:14).
אִית דְּאָמְרִי: אוֹיְבָיו נוֹפְלִים לְפָנָיו כְּיוֹסֵף – דִּכְתִיב: ״בָּהֶם עַמִּים יְנַגַּח יַחְדָּו אַפְסֵי אָרֶץ״; וְזוֹכֶה לְבִינָה כְּיִשָּׂשכָר – דִּכְתִיב: ״וּמִבְּנֵי יִשָּׂשכָר יוֹדְעֵי בִינָה לַעִתִּים, לָדַעַת מַה יַּעֲשֶׂה יִשְׂרָאֵל״.
Il y a certains qui disent que la comparaison doit être comprise d’une autre manière. Ses ennemis tomberont devant lui tout comme dans la bénédiction donnée par Moïse à la tribu de Joseph, comme il est écrit dans la bénédiction accordée par Moïse à la tribu de Joseph : « Ses cornes sont les cornes du buffle ; avec elles il encornera les nations jusqu’aux extrémités de la terre” (Deutéronome 33:17). Et il mérite l’intelligence d’Issacar, comme il est écrit : “Et des fils d’Issacar, des hommes qui avaient l’intelligence des temps, pour savoir ce qu’Israël devait faire” (I Chroniques 12:33).
הֲדַרַן עֲלָיךְ אַרְבָּעָה אָבוֹת
מַתְנִי׳ כֵּיצַד הָרֶגֶל מוּעֶדֶת? לִשְׁבֹּר בְּדֶרֶךְ הִלּוּכָהּ. הַבְּהֵמָה מוּעֶדֶת לְהַלֵּךְ כְּדַרְכָּהּ וּלְשַׁבֵּר.
MICHNA : La michna du chapitre précédent (15b) enseigne que le propriétaire d’un animal est toujours averti en ce qui concerne la catégorie du Piétinement. La michna précise : Pour quel dommage causé avec le sabot l’animal est-il considéré comme averti ? Il est considéré comme averti quant au piétinement d’objets et au fait de les briser au cours de sa marche. Un animal est considéré comme averti quant au fait de marcher selon sa manière habituelle et, ce faisant, de briser des objets à mesure qu’il avance.
הָיְתָה מְבַעֶטֶת, אוֹ שֶׁהָיוּ צְרוֹרוֹת מְנַתְּזִין מִתַּחַת רַגְלֶיהָ – וְשָׁבְרָה אֶת הַכֵּלִים, מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק. דָּרְסָה עַל הַכְּלִי וּשְׁבָרַתּוּ, וְנָפַל עַל כְּלִי וּשְׁבָרוֹ – עַל הָרִאשׁוֹן מְשַׁלֵּם נֶזֶק שָׁלֵם, וְעַל הָאַחֲרוֹן מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
En revanche, si l’animal donnait des coups de pied en marchant, ou s’il s’est avéré que des petits cailloux avaient été involontairement projetés de dessous ses pieds et que ces petits cailloux avaient brisé des récipients, des cas de ce genre n’entrent pas précisément dans la catégorie principale du Piétinement. Dans ces deux cas, le propriétaire de l’animal paie la moitié du coût du dommage. Si un animal a marché sur un récipient et l’a brisé et qu’ensuite un éclat de ce récipient est tombé sur un second récipient et l’a brisé, le propriétaire paie le coût intégral du dommage pour le premier récipient, car son acte est classé dans la catégorie principale du Piétinement, et il paie la moitié du coût du dommage pour le second récipient, car le dommage causé par l’éclat est assimilé à un dommage causé par des petits cailloux projetés involontairement par le pied d’un animal.
הַתַּרְנְגוֹלִין מוּעָדִין לְהַלֵּךְ כְּדַרְכָּן וּלְשַׁבֵּר. הָיָה דְּלִיל קָשׁוּר בְּרַגְלָיו, אוֹ שֶׁהָיָה מְהַדֵּס וּמְשַׁבֵּר אֶת הַכֵּלִים – מְשַׁלֵּם חֲצִי נֶזֶק.
Les poules sont considérées comme averties en ce qui concerne le fait de marcher de leur manière habituelle et de casser des objets, et par conséquent, le propriétaire d’une poule paie une restitution intégrale pour le dommage causé à tout objet cassé par sa poule. S’il y avait une ficelle [delil] attachée à la patte de la poule comme indication de propriété et qu’elle s’enroulait autour d’un récipient et le cassait, ou si la poule sautillait d’une manière atypique et cassait des récipients, son propriétaire paie la moitié du coût du dommage.