אָמַר רַב פָּפָּא: דִּיגָרוֹמֵי.
Rav Pappa dit : C’est une balance à fléau pour les forgerons, qui pèsent de lourdes pièces de métal.
אָמַר רַבִּי מָנִי בַּר פַּטִּישׁ: כְּדֶרֶךְ שֶׁאָמְרוּ לְעִנְיַן אִיסּוּרָן, כָּךְ אָמְרוּ לְעִנְיַן טוּמְאָתָן.
Rabbi Mani Bar Pattish dit : De même que les Sages ont dit au sujet de l’interdiction des balances qu’on ne peut pas utiliser une balance qui ne répond pas aux critères énumérés dans la baraita, de même ils ont dit que cela s’applique en ce qui concerne leur impureté rituelle. En d’autres termes, si les cordes et la perche ne sont pas attachées correctement, elles ne sont pas susceptibles de contracter l’impureté rituelle en tant que partie de la balance.
מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: חוּט מֹאזְנַיִם שֶׁל חֶנְוָנִי וְשֶׁל בַּעֲלֵי בָתִּים – טֶפַח! קָנֶה וּמִתְנָא שֶׁלָּהּ אִיצְטְרִיכָא לֵיהּ, דְּלָא תְּנַן.
La Guemara demande : Qu’est-ce que cette déclaration nous enseigne ? Nous avons appris dans une michna (Kelim 29:5) : En ce qui concerne la corde à laquelle les balances sont suspendues, si la balance appartient à un commerçant ou à des propriétaires, elle doit avoir un empan de longueur pour être susceptible d’impureté rituelle. Pourquoi, dès lors, la déclaration de Rabbi Mani Bar Pattish est-elle nécessaire ? La Guemara répond : Bien que la michna du traité Kelim traite de la corde à laquelle les balances sont suspendues, il était néanmoins nécessaire que Rabbi Mani Bar Pattish mentionne la halakha concernant le levier et le cordon de la balance, dont nous n’avons pas appris dans cette michna.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹשִׂין מִשְׁקָלוֹת – לֹא שֶׁל בַּעַץ, וְלֹא שֶׁל אֲבָר, וְלֹא שֶׁל גִּיסְטְרוֹן, וְלֹא שֶׁל שְׁאָר מִינֵי מַתָּכוֹת. אֲבָל עוֹשֶׂה הוּא שֶׁל צוּנְמָא וְשֶׁל זְכוּכִית.
§ Les Sages ont enseigné : On ne peut pas fabriquer des poids en étain [ba’atz], ni en plomb, ni en alliage métallique [gisteron], ni en aucun autre type de métal, car tous ceux-ci se détériorent avec le temps, et l’acheteur finira par payer pour plus de marchandise qu’il n’en reçoit. Mais on peut fabriquer des poids en roche dure et en verre.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹשִׂין הַמֶּחָק שֶׁל דְּלַעַת – מִפְּנֵי שֶׁהוּא קַל, וְלֹא שֶׁל מַתֶּכֶת – מִפְּנֵי שֶׁהוּא מַכְבִּיד. אֲבָל עוֹשֵׂהוּ שֶׁל זַיִת וְשֶׁל אֱגוֹז, שֶׁל שִׁקְמָה וְשֶׁל אֶשְׁבְּרוֹעַ.
Les Sages ont en outre enseigné : On ne peut pas fabriquer le niveleur, utilisé pour enlever l’excédent de l’ouverture d’un récipient, à partir d’une gourde, car c’est un matériau léger et il ne nivelle pas efficacement, causant ainsi une perte pour le vendeur. Et on ne peut pas le faire en métal, parce qu’il alourdit et enlève trop de marchandise, ce qui entraîne une perte pour l’acheteur. Mais on peut le fabriquer en bois d’olivier, ou de noyer, ou de sycomore, ou de buis, qui sont d’un poids moyen.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵין עוֹשִׂין אֶת הַמֶּחָק צִדּוֹ אֶחָד עָב וְצִדּוֹ אֶחָד קָצָר. לֹא יִמְחוֹק בְּבַת אַחַת, שֶׁהַמּוֹחֵק בְּבַת אַחַת – רַע לַמּוֹכֵר וְיָפֶה לַלּוֹקֵחַ; וְלֹא יִמְחוֹק מְעַט מְעַט – שֶׁרַע לַלּוֹקֵחַ וְיָפֶה לַמּוֹכֵר.
Les Sages ont enseigné : On ne peut pas préparer le niveleur de telle manière que l’un de ses côtés soit épais et l’autre côté mince, car dans un tel cas les deux côtés n’égaliseront pas de manière égale. En outre, on ne peut pas égaliser tout d’un coup, par un seul mouvement rapide, car celui qui égalise tout d’un coup agit d’une manière qui est mauvaise pour le vendeur et bonne pour l’acheteur, parce qu’il enlève moins de l’excédent que celui qui égalise de la manière habituelle. Et inversement on ne peut pas égaliser petit à petit, c’est-à-dire avec plusieurs mouvements lents, car cela est mauvais pour l’acheteur et bon pour le vendeur.
עַל כּוּלָּן אָמַר רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: אוֹי לִי אִם אוֹמַר, אוֹי לִי אִם לֹא אוֹמַר; אִם אוֹמַר – שֶׁמָּא יִלְמְדוּ הָרַמָּאִין, וְאִם לֹא אוֹמַר – שֶׁמָּא יֹאמְרוּ הָרַמָּאִין: אֵין תַּלְמִידֵי חֲכָמִים בְּקִיאִין בְּמַעֲשֵׂה יָדֵינוּ. אִיבַּעְיָא לְהוּ: אַמְרַהּ, אוֹ לָא אַמְרַהּ? אֲמַר רַב שְׁמוּאֵל בַּר רַב יִצְחָק: אַמְרַהּ – וּמֵהַאי קְרָא אַמְרַהּ: ״כִּי יְשָׁרִים דַּרְכֵי ה׳, וְצַדִּקִים יֵלְכוּ בָם, וּפֹשְׁעִים יִכָּשְׁלוּ בָם״.
Rabban Yoḥanan ben Zakkaï dit au sujet de toutes ces halakhot : Malheur à moi si je les dis, et malheur à moi si je ne les dis pas. Si je les dis, peut-être que des escrocs apprendront de nouvelles méthodes de tromperie dont ils n’avaient pas connaissance auparavant. Et si je ne les dis pas, peut-être que des escrocs diront : les sages de la Torah ne connaissent pas bien notre métier. Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Rabban Yoḥanan ben Zakkaï a-t-il décidé de dire ces halakhot en public ou ne les a-t-il pas dites ? Rav Shmuel bar Rav Yitzḥak dit : Il les a dites, et il les a dites sur la base de ce verset : « Car les voies du Seigneur sont droites, les justes y marcheront, mais les transgresseurs y trébucheront » (Osée 14:10).
תָּנוּ רַבָּנַן: ״לֹא תַעֲשׂוּ עָוֶל בַּמִּשְׁפָּט; בַּמִּדָּה, בַּמִּשְׁקָל וּבַמְּשׂוּרָה״; ״בַּמִּדָּה״ – זוֹ מְדִידַת קַרְקַע, שֶׁלֹּא יִמְדּוֹד לְאֶחָד בִּימוֹת הַחַמָּה וּלְאֶחָד בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. ״בַּמִּשְׁקָל״ – שֶׁלֹּא יַטְמִין מִשְׁקְלוֹתָיו בְּמֶלַח. ״בַּמְּשׂוּרָה״ – שֶׁלֹּא יַרְתִּיחַ.
§ La Guemara poursuit sa discussion des poids et des mesures. Les Sages ont enseigné : « Vous ne commettrez pas d’injustice dans le jugement, dans la mesure [bammidda], dans le poids, ou dans la mesure [uvamesura] » (Lévitique 19:35). La baraita définit ces termes : « Dans la mesure [bammidda], » cela fait référence au mesurage des terres, enseignant que, afin de mesurer la terre de manière juste, on ne peut pas mesurer pour une personne en été, lorsque la corde de mesurage est devenue sèche et courte, et pour une autre personne pendant la saison des pluies, lorsque la corde de mesurage est mouillée et relâchée, et s’étire donc davantage. « Dans le poids » signifie qu’on ne peut pas couvrir ses poids de sel, car le sel érode les poids, causant une perte pour l’acheteur. « Ou dans la mesure [bamesura] » signifie qu’on ne peut pas faire mousser le liquide qu’on mesure en le versant rapidement, car cela entraîne une perte pour l’acheteur, qui reçoit moins de liquide que la quantité pour laquelle il a payé.
וְקַל וָחוֹמֶר – וּמָה מְשׂוּרָה, שֶׁהִיא אֶחָד מִשְּׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה בַּלּוֹג – הִקְפִּידָה עָלָיו תּוֹרָה; קַל וָחוֹמֶר לְהִין, וַחֲצִי הִין, וּשְׁלִישִׁית הַהִין, וּרְבִיעִית הַהִין; וְלוֹג, וַחֲצִי לוֹג, וּרְבִיעִית, וַחֲצִי תּוֹמֶן, וְעוּכְלָא.
La Guemara note : Et on peut déduire au moyen d’une inférence a fortiori que si, dans le cas d’une mesura, qui est une mesure équivalant à seulement un trente-sixième d’un log, la Torah a insisté pour que l’on mesure honnêtement, alors, a fortiori, il faut être vigilant dans le cas d’un hin, et d’un demi-hin, et d’un tiers de hin, et d’un quart de hin, qui représentent douze log, et d’un log, et d’un demi-log, et d’un quart de log, et d’un demi-tomen, c’est-à-dire un seizième de kav, et même une ukla, une unité plus petite, comme défini ci-dessous.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: אָסוּר לָאָדָם שֶׁיַּשְׁהֶה מִדָּה חֲסֵרָה אוֹ יְתֵרָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וַאֲפִילּוּ הִיא עָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם. אָמַר רַב פָּפָּא: לָא אֲמַרַן אֶלָּא בְּאַתְרָא דְּלָא חֲתִימִי, אֲבָל בְּאַתְרָא דַּחֲתִימִי – אִי לָא חָזֵי חֲתִימָה לָא שָׁקֵיל. וּבְאַתְרָא דְּלָא חֲתִימִי נָמֵי לָא אֲמַרַן – אֶלָּא דְּלָא מְהַנְדְּסִי, אֲבָל מְהַנְדְּסִי – לֵית לַן בַּהּ.
Rav Yehuda dit que Rav dit : Il est interdit à une personne de garder dans sa maison une mesure qui est trop petite ou trop grande par rapport à son volume ou poids supposé, et cela vaut même s’il ne mesure pas avec elle mais l’utilise simplement comme un pot de chambre pour l’urine. Rav Pappa a dit : Nous avons dit que cette interdiction s’applique seulement à l’égard d’un endroit où les mesures ne sont pas estampillées du sceau du gouvernement, qui confirme que la mesure est exacte. Mais dans un endroit où les mesures sont estampillées, si l’acheteur ne voit pas le sceau, il ne prendrait pas la marchandise. Puisqu’elles ne pourraient pas être utilisées de manière malhonnête, il est permis d’utiliser ces mesures à d’autres fins. Et dans un endroit où les mesures ne sont pas estampillées non plus, nous avons dit qu’il est interdit de garder ces mesures chez soi seulement dans un endroit où on ne les inspecte pas pour voir si elles sont aptes à l’usage. Mais si on les inspecte, nous n’avons pas de problème avec cela.
וְלָא הִיא; זִימְנִין דְּמִיקְּרֵי בֵּין הַשְּׁמָשׁוֹת, וּמִיקְּרֵי וְשָׁקֵיל. תַּנְיָא נָמֵי הָכִי: לֹא יַשְׁהֶה אָדָם מִדָּה חֲסֵרָה אוֹ יְתֵרָה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, וַאֲפִילּוּ הִיא עָבִיט שֶׁל מֵימֵי רַגְלַיִם. אֲבָל עוֹשֶׂה הוּא סְאָה, תַּרְקַב, וַחֲצִי תַּרְקַב, וְקַב, וַחֲצִי קַב, וְרוֹבַע, וְתוֹמֶן, וַחֲצִי תּוֹמֶן,
La Guemara commente : Et ce n’est pas le cas ; il n’est jamais permis de garder chez soi des mesures incorrectes, car il arrive parfois que l’on mesure au crépuscule, lorsque les gens sont pressés, et par conséquent il arrive que l’acheteur prenne la marchandise bien qu’elle ait été mesurée avec une mesure incorrecte. Cela aussi est enseigné dans une baraita : Une personne ne peut pas garder chez elle une mesure qui soit trop petite ou trop grande, même si elle est utilisée comme pot de chambre pour l’urine. Mais il peut préparer des mesures conformément au format établi : des mesures de une se’a ; un tarkav, qui correspond à trois kav ou à une demi-se’a ; et un demi-tarkav, qui correspond à un kav et demi ; et un kav ; et un demi-kav ; et un quart de kav ; et un tomen, qui correspond à un huitième de kav ; et un demi-tomen ;