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גְּמָ׳ מַאי ״אֲבָנִים שֶׁהֵן לְצׇרְכָּהּ״? הָכָא תַּרְגִּימוּ: אַבְנֵי דְאַכְפָּא. עוּלָּא אָמַר: אֲבָנִים הַסְּדוּרוֹת לְגָדֵר. וְהָא תָּנֵי רַבִּי חִיָּיא: אֲבָנִים צְבוּרוֹת לְגָדֵר! תְּנִי: ״סְדוּרוֹת״.
GUEMARA : La michna enseigne que celui qui vend un champ a vendu les pierres du champ qui sont destinées à son usage. La Guemara précise : Que signifie des pierres destinées à son usage ? Ici, en Babylonie, ils l’ont interprété ainsi : des pierres placées sur les gerbes dans le champ pour les protéger d’être dispersées par le vent. Oulla dit : La michna fait référence à des pierres disposées pour la construction future d’une clôture pour le champ. La Guemara demande : Mais Rabbi Ḥiyya n’a-t-il pas enseigné dans une baraita qu’il s’agit de pierres entassées pour la construction future d’une clôture, et pas nécessairement disposées ? La Guemara répond : Enseigne que Rabbi Ḥiyya a dit : Ce sont des pierres disposées pour la construction future d’une clôture.
הָכָא תַּרְגִּימוּ אַבְנֵי דְאַכְפָּא; לְרַבִּי מֵאִיר – דִּמְתַקְּנָן, אַף עַל גַּב דְּלָא מַחֲתָן; לְרַבָּנַן – הוּא דְּמַחֲתָן.
La Guemara développe les deux explications : Il a été déclaré que ici, en Babylonie, ils ont interprété la michna comme se référant à des pierres qui sont placées sur les gerbes. Selon Rabbi Meir, cela doit être compris comme se référant à des pierres qui sont prêtes à être utilisées pour protéger les gerbes, bien qu'elles ne soient pas encore placées sur elles. Cela est conforme à l'opinion de Rabbi Meir selon laquelle, chaque fois qu'un lieu est vendu, tous les accessoires nécessaires à son utilisation appropriée sont inclus dans la vente (voir 78b). Selon les Sages, la michna se réfère spécifiquement à des pierres qui sont déjà placées sur les gerbes.
וּלְעוּלָּא, דְּאָמַר: אֲבָנִים הַסְּדוּרוֹת לְגָדֵר; לְרַבִּי מֵאִיר – דִּמְתַקְּנָן, אַף עַל גַּב דְּלָא סְדִרָן; לְרַבָּנַן – הוּא דִּסְדִרָן.
Et selon Oulla, qui dit que la michna parle de pierres préparées pour la construction future d'une clôture pour le champ, selon Rabbi Meïr, des pierres prêtes à être utilisées pour construire une clôture sont également incluses dans la vente, bien qu'elles ne soient pas encore disposées à cette fin. Selon les Sages, la michna parle spécifiquement de pierres qui sont déjà disposées pour construire une clôture.
וְאֶת הַקָּנִים שֶׁבַּכֶּרֶם שֶׁהֵן לְצׇרְכּוֹ. קָנִים מַאי עֲבִידְתַּיְיהוּ? אָמְרִי דְּבֵי רַבִּי יַנַּאי: קָנִים הַמְחוּלָּקִין שֶׁמַּעֲמִידִים תַּחַת הַגְּפָנִים; לְרַבִּי מֵאִיר – דִּמְשַׁפְּיָין, אַף עַל גַּב דְּלָא מוֹקְמָן; לְרַבָּנַן – הוּא דְּמוֹקְמָן.
La Guemara poursuit son explication de la michna, qui enseigne que celui qui vend un champ a aussi vendu les roseaux dans la vigne qui servent à son usage. La Guemara demande : En ce qui concerne les roseaux, quel est leur rôle dans la vigne ? Les Sages de l’école de Rabbi Yannai ont dit : Ce sont des roseaux fendus au sommet et placés sous les vignes afin que les sarments des vignes puissent reposer sur eux. Selon Rabbi Meir, il s’agit de roseaux qui ont été lissés et préparés à cette fin, bien qu’ils ne soient pas encore placés à leur endroit. Selon les Sages, la michna se réfère spécifiquement à des roseaux qui sont déjà placés à leur endroit.
וְאֶת הַתְּבוּאָה הַמְחוּבֶּרֶת לַקַּרְקַע וְכוּ׳. וְאַף עַל גַּב דִּמְטַאי לְמִיחְצַד. וְאֶת חִיצַת הַקָּנִים שֶׁפְּחוּתָה מִבֵּית רוֹבַע. וְאַף עַל גַּב דְּאַלִּימִי.
La Guemara continue d’expliquer la michna, qui inclut parmi les éléments vendus avec un champ la récolte qui est encore attachée au sol. La Guemara commente : Même si le moment est déjà venu pour que la récolte soit coupée, elle est incluse dans la vente puisqu’elle est encore attachée au sol. La michna inclut également parmi les choses vendues avec un champ la touffe de roseaux qui occupe moins d’un beit rova. La Guemara note : Même si ces roseaux sont épais, ils sont toujours considérés comme faisant partie du champ.
וְאֶת הַשּׁוֹמֵירָה שֶׁאֵינָהּ עֲשׂוּיָה בְּטִיט. אַף עַל גַּב דְּלָא קְבִיעָא בְּאַרְעָא. וְאֶת הֶחָרוּב שֶׁאֵינוֹ מוּרְכָּב, וְאֶת בְּתוּלַת הַשִּׁקְמָה. אַף עַל גַּב דְּאַלִּימִי.
La michna enseigne que celui qui vend un champ vend avec lui la guérite de garde qui n’est pas enduite d’argile. La Guemara commente : Même si elle n’est pas fixée au sol et peut encore être déplacée, puisqu’elle n’est pas enduite, elle n’est pas assez importante pour être considérée comme une entité indépendante, et elle est considérée comme faisant partie du champ. La michna inclut également ce qui suit parmi les éléments vendus avec un champ : et le caroubier qui n’a pas été greffé, et le sycomore non émondé. La Guemara note : Même s’ils sont grands et épais, puisqu’ils n’ont pas encore atteint le stade du greffage, dans le cas du caroubier, ou de l’émondage, dans le cas du sycomore, ils sont considérés comme faisant partie du champ.
אֲבָל לֹא מָכַר אֶת הָאֲבָנִים שֶׁאֵינָן לְצׇרְכָּהּ. לְרַבִּי מֵאִיר – דְּלָא מְתַקְּנָן, לְרַבָּנַן – דְּלָא מַחֲתָן.
La Guemara poursuit en expliquant la seconde moitié de la michna, qui enseigne : Mais il n’a pas vendu avec le champ les pierres qui ne sont pas désignées pour l’usage dans le champ. En partant de l’hypothèse que la michna parle de pierres placées sur les gerbes pour éviter qu’elles ne se dispersent, selon Rabbi Meïr, la michna fait référence à des pierres qui ne sont pas prêtes à être utilisées à cette fin, tandis que selon les Sages, même si les pierres sont prêtes à être utilisées pour protéger les gerbes, elles ne sont pas incluses dans la vente si elles ne sont pas encore placées sur elles.
וּלְעוּלָּא, דְּאָמַר: אֲבָנִים הַסְּדוּרוֹת לְגָדֵר; לְרַבִּי מֵאִיר – דְּלָא מְתַקְּנָן, לְרַבָּנַן – דְּלָא סְדִרָן.
Et selon Ulla, qui dit que la michna fait référence à des pierres disposées pour la future construction d'une clôture pour le champ, selon Rabbi Meir, cette clause traite d'un cas les pierres n'étaient pas prêtes à être utilisées à cette fin, tandis que selon les Sages, elle traite d'un cas les pierres n'étaient pas encore disposées pour construire une clôture, bien qu'elles aient été prêtes à être utilisées à cette fin.
וְלֹא אֶת הַקָּנִים שֶׁבַּכֶּרֶם שֶׁאֵינָן לְצׇרְכּוֹ. לְרַבִּי מֵאִיר – דְּלָא מְשַׁפְּיָין, לְרַבָּנַן – דְּלָא מוֹקְמָן. וְלֹא אֶת הַתְּבוּאָה הַתְּלוּשָׁה מִן הַקַּרְקַע. וְאַף עַל גַּב דִּצְרִיכָא לְאַרְעָא.
La michna enseigne que celui qui vend un champ n’a pas vendu les roseaux dans la vigne qui ne sont pas désignés pour son usage. La Guemara explique : Selon Rabbi Meir, il s’agit d’un cas les roseaux ne sont pas lissés, tandis que selon les Sages, il s’agit de roseaux qui ne sont pas encore placés à leur place, même s’ils sont lissés. La michna enseigne en outre : Celui qui vend un champ n’a également pas vendu la récolte détachée du sol. La Guemara commente : La récolte n’est pas incluse dans la vente bien qu’elle ait encore besoin du sol, c’est-à-dire qu’elle doit être laissée dans le champ afin de sécher complètement.
וְלֹא אֶת חִיצַת הַקָּנִים שֶׁהִיא בֵּית רוֹבַע. וְאַף עַל גַּב דְּקַטִּינֵי. אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: לֹא חִיצַת הַקָּנִים בִּלְבַד; אֶלָּא אֲפִילּוּ עֲרוּגָה קְטַנָּה שֶׁל בְּשָׂמִים, וְיֵשׁ לָהּ שֵׁם בִּפְנֵי עַצְמָהּ – אֵינָהּ נִמְכֶּרֶת עִמָּהּ. אָמַר רַב פָּפָּא: וְהוּא דְּקָרוּ לָהּ: ״וַורְדָּא דִפְלָנְיָא״.
La michna enseigne que celui qui vend un champ n’a pas vendu le bouquet de roseaux qui occupe un beit rova. La Guemara commente : Et cela est ainsi même s’ils sont fins, puisque, dès lors qu’ils occupent la superficie d’un beit rova, ils sont considérés comme une entité distincte et ne font pas partie du champ. Concernant cette décision, Rabbi Ḥiyya bar Abba dit que Rabbi Yoḥanan dit : Ce n’est pas seulement un bouquet de roseaux qui est considéré comme une entité distincte et n’est donc pas inclus dans la vente ; au contraire, même un petit parterre d’épices qui n’occupe pas la superficie d’un beit rova mais qui a un nom distinct n’est pas vendu avec le champ. Rav Pappa dit : Ce que cela signifie, c’est que les gens l’appellent les roses [vardda] d’un tel, lui attribuant ainsi un nom propre.
וְלֹא הַשּׁוֹמֵירָה הָעֲשׂוּיָה בְּטִיט. וְאַף עַל גַּב דִּמְחַבְּרָא בְּאַרְעָא. וְלֹא אֶת חָרוּב הַמּוּרְכָּב, וְלֹא סַדַּן הַשִּׁקְמָה. וְאַף עַל גַּב דְּקַטִּינֵי.
La michna enseigne que la vente n'inclut pas le poste de garde enduit d'argile. La Guemara commente : Et telle est la halakha même s'il est attaché au sol, car il est toujours considéré comme une entité distincte et non comme une partie du champ. La michna enseigne : Il n'a également pas vendu le caroubier qui a été greffé, et il n'a pas vendu le tronc du sycomore. La Guemara note : Même s'ils sont petits, ils sont considérés comme une entité à part entière.
בָּעֵי רַבִּי אֶלְעָזָר: מַלְבְּנוֹת שֶׁל פְּתָחִים, מַהוּ? הֵיכָא דִּמְחַבְּרִי בְּטִינָא – לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, דְּהָא מְחַבַּר; כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ – דִּנְקִיטִי בְּסִיכֵּי; מַאי? תֵּיקוּ.
À propos de la discussion sur un poste de garde attaché au sol, la Guemara cite une discussion sur la vente d’une maison : Rabbi Elazar a soulevé le dilemme : En ce qui concerne les cadres de porte en bois, quelle est la halakha ? Sont-ils vendus avec la maison, ou non ? La Guemara explique la question : Ne soulève pas le dilemme dans un cas les cadres sont attachés à la maison avec de l’argile, car ils sont certainement attachés à la maison et vendus avec elle. Le cas où l’on peut soulever ce dilemme, c’est lorsqu’ils sont reliés seulement par de petites chevilles en bois. Quelle est la décision dans ce cas ? Aucune résolution n’a été trouvée pour cette question, et ainsi le dilemme restera [teiku] non résolu.
בָּעֵי רַבִּי זֵירָא: מַלְבְּנוֹת שֶׁל חַלּוֹנוֹת, מַהוּ? מִי אָמְרִינַן: לְנוֹי בְּעָלְמָא הוּא דַּעֲבִידִי; אוֹ דִלְמָא, כֵּיוָן דִּמְחַבְּרִי – מְחַבְּרִי? תֵּיקוּ.
Rabbi Zeira soulève un dilemme similaire au sujet de ce qui est inclus dans la vente d’une maison : En ce qui concerne les cadres de fenêtre, quelle est la halakha ? Sont-ils vendus avec la maison, ou non ? Disons-nous qu’ils servent simplement d’ornement, et ne sont pas inclus dans la vente, de sorte que le vendeur peut les retirer de la maison et les garder pour lui ? Ou peut-être, puisqu’ils sont attachés à la fenêtre, ils sont attachés. Le dilemme restera sans résolution.
בָּעֵי רַבִּי יִרְמְיָה: מַלְבְּנוֹת שֶׁל כַּרְעֵי הַמִּטָּה, מַהוּ? כֹּל הֵיכָא דְּמִטַּלְטְלֵי בַּהֲדַהּ – לָא תִּיבְּעֵי לָךְ, דְּהָא מִטַּלְטְלִי; כִּי תִּיבְּעֵי לָךְ – הֵיכָא דְּלָא מִטַּלְטְלִי; מַאי? תֵּיקוּ.
Et de même, le rabbin Yirmeya a soulevé un dilemme : En ce qui concerne des supports pour les pieds d’un lit que l’on place sous les pieds afin d’éviter qu’ils ne soient endommagés par l’humidité, quelle est la halakha ? La Guemara explique la question : Ne soulève pas le dilemme là où les supports se déplacent avec le lit, car ils se déplacent avec lui et ne sont donc pas considérés comme faisant partie de la maison. Là où tu peux soulever ce dilemme, c’est là où ils ne se déplacent pas avec le lit. Quelle est la décision dans ce cas ? Aucune résolution n’a non plus été trouvée pour cette question, et par conséquent le dilemme restera sans résolution.
וְלֹא אֶת חָרוּב הַמּוּרְכָּב, וְלֹא סַדַּן הַשִּׁקְמָה וְכוּ׳.
La michna enseigne : Celui qui vend un champ n’a pas vendu le caroubier greffé, et n’a pas vendu le tronc du sycomore.

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