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אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר בַּר מַחְווֹנִיתָא – אָמַר תַּנָּא קַמָּא: גִּינוּנְיָיתָא; וּמַהְדַּר לֵיהּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: בַּר מַחְווֹנִיתָא?! מִי סָבְרַתְּ מַאי ״שְׁלָחִין״ – גִּינוּנְיָיתָא?! לָא; מַאי ״שְׁלָחִין״ – בָּגֵי, דִּכְתִיב: ״וְשֹׁלֵחַ מַיִם עַל פְּנֵי חוּצוֹת״; אֲבָל בַּר מַחְווֹנִיתָא – לָא מִזְדַּבַּן. וַאֲתָא רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל לְמֵימַר, דַּאֲפִילּוּ בַּר מַחְווֹנִיתָא נָמֵי מִזְדַּבַּן.
Mais selon celui qui dit que santar signifie le registre foncier, est-il raisonnable que le premier tanna de la michna ait dit que les jardins à l’intérieur de la ville sont inclus dans la vente de la ville, et que Rabban Shimon ben Gamliel lui ait répondu que le registre foncier est inclus ? Quel est le lien entre les deux ? La Guemara répond : Penses-tu que ce que l’on entend par shelaḥin est des jardins ? Ce n’est pas le cas. Au contraire, que signifie shelaḥin ? Cela fait référence aux champs qui entourent la ville, comme il est écrit : « Celui qui donne la pluie sur la terre et envoie [sholeaḥ] des eaux sur les champs » (Job 5:10). Selon le premier tanna, ce sont précisément les champs qui sont vendus avec la ville, mais le registre foncier n’est pas vendu. Et Rabban Shimon ben Gamliel vient dire que même le registre foncier est aussi vendu.
תָּא שְׁמַע, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: סַנְטֵר אֵינוֹ מָכוּר, אַנְקוּלְמוּס מָכוּר. מַאי, לָאו מִדְּאַנְקוּלְמוּס גַּבְרָא, סַנְטֵר נָמֵי גַּבְרָא? מִידֵּי אִירְיָא?! הָא כִּדְאִיתָא וְהָא כִּדְאִיתָא.
La Guemara suggère : Viens et entends une preuve de la baraita suivante : Rabbi Yehouda dit : Le santar n’est pas vendu avec la ville, mais le scribe de la ville [ankolemus] est vendu avec elle. N’est-il pas clair du fait que le scribe de la ville est un homme que le santar est lui aussi un homme ? La Guemara rejette cette preuve : Les cas sont-ils comparables ? Ce cas est tel qu’il est, et cet autre cas est tel qu’il est, et santar signifie des champs, et non le registraire foncier.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ הָכִי? וְהָא קָתָנֵי סֵיפָא: אֲבָל לֹא שְׁיָירֶיהָ וְלֹא בְּנוֹתֶיהָ, וְלֹא חוֹרָשִׁין הַמּוּקְצִין לָהּ, וְלֹא בֵּיבָרִין שֶׁל חַיָּה וְשֶׁל עוֹפוֹת וְשֶׁל דָּגִים. וְאָמְרִינַן: מַאי ״שְׁיָירֶיהָ״? בִּיזְלֵי. מַאי בִּיזְלֵי? אָמַר רַבִּי אַבָּא: פִּיסְקֵי בָּגֵי. פִּיסְקֵי בָּגֵי הוּא דְּלָא מִזְדַּבְּנִי, הָא בָּגֵי עַצְמָן – מִזְדַּבְּנִי!
La Guemara demande : Comment peux-tu dire que, selon Rabbi Yehouda, les champs entourant la ville ne sont pas vendus avec elle ? Mais n’est-il pas enseigné dans la clause finale de cette baraita : Mais lorsqu’on vend une ville, on n’a pas vendu ses dépendances, ni ses filles, c’est-à-dire les villages ruraux voisins, ni les bois qui sont réservés et désignés pour la ville, ni les enclos [beivarin] pour les animaux, pour les oiseaux et pour les poissons. Et nous avons dit en explication : Que signifie ses dépendances ? Bizlei. La Guemara demande : Que signifie bizlei ? Rabbi Abba a dit : Les bandes des champs qui sont séparées des champs principaux par une étendue qui ne peut pas être cultivée. De là, on peut déduire que ce sont les bandes des champs qui ne sont pas vendues avec la ville, mais les champs eux-mêmes sont vendus avec elle.
אֵיפוֹךְ – רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: סַנְטֵר – מָכוּר, אַנְקוּלְמוֹס – אֵינוֹ מָכוּר.
La Guemara suggère : Inversez l’énoncé figurant dans la baraita afin que Rabbi Yehouda dise que le santar, désormais compris comme des champs, est vendu avec la ville, mais le scribe de la ville n’est pas vendu avec elle.
וּמִי מָצֵית אָמְרַתְּ רַבִּי יְהוּדָה – כְּרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סְבִירָא לֵיהּ? וְהָא רַבִּי יְהוּדָה כְּרַבָּנַן סְבִירָא לֵיהּ! דְּקָתָנֵי סֵיפָא: אֲבָל לֹא שְׁיָירֶיהָ וְלֹא בְּנוֹתֶיהָ. וְאִילּוּ רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל, הָאָמַר: מָכַר אֶת הָעִיר – מָכַר בְּנוֹתֶיהָ! דְּתַנְיָא: הַמּוֹכֵר אֶת הָעִיר – לָא מָכַר אֶת בְּנוֹתֶיהָ. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: הַמּוֹכֵר אֶת הָעִיר – מָכַר בְּנוֹתֶיהָ!
La Guemara demande : Comment pouvez-vous dire que Rabbi Yehouda soutient conformément à l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel, au point que vous apportez une preuve à partir des paroles de Rabbi Yehouda concernant l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel ? Mais, Rabbi Yehouda ne soutient-il pas conformément à l’opinion des Sages ? Comme cela est enseigné dans la clause finale de cette même baraita : Mais lorsqu’on vend une ville, on ne vend pas ses dépendances, et on ne vend pas ses filles, c’est-à-dire les villages ruraux voisins. Tandis que, concernant Rabban Shimon ben Gamliel, ne dit-il pas que celui qui a vendu une ville a vendu ses filles avec elle, c’est-à-dire les villages ruraux voisins, comme cela est enseigné dans une baraita : Celui qui vend une ville n’a pas vendu ses filles ; Rabban Shimon ben Gamliel est en désaccord et dit : Celui qui vend une ville a vendu ses filles.
רַבִּי יְהוּדָה סָבַר לֵיהּ כְּווֹתֵיהּ בַּחֲדָא, וּפְלִיג עֲלֵיהּ בַּחֲדָא.
La Guemara répond : Cela ne prouve pas que Rabbi Yehouda soit en désaccord avec Rabban Shimon ben Gamliel, car on peut suggérer que Rabbi Yehouda est d’accord avec l’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel à l’égard d’une question, à savoir que les champs qui entourent la ville sont inclus dans la vente, et qu’il est en désaccord avec lui à l’égard d’une autre question, car selon Rabbi Yehouda, les villages voisins ne sont pas vendus avec la ville.
וְלֹא בֵּיבָרִין שֶׁל חַיָּה וְשֶׁל עוֹפוֹת וְשֶׁל דָּגִים. וּרְמִינְהִי: הָיוּ לָהּ בָּנוֹת – אֵין נִמְכָּרוֹת עִמָּהּ. הָיָה לָהּ חֵלֶק אֶחָד בַּיָּם וְחֵלֶק אֶחָד בַּיַּבָּשָׁה; בֵּיבָרִים שֶׁל חַיָּה וְשֶׁל עוֹפוֹת וְשֶׁל דָּגִים – הֲרֵי אֵלּוּ נִמְכָּרִים עִמָּהּ!
§ La baraita enseigne : Lorsqu’on vend une ville, on n’a pas vendu, entre autres choses, les enclos pour les animaux, pour les oiseaux et pour les poissons. Et la Guemara soulève une contradiction à partir d’une autre baraita : Si la ville a des filles, c’est-à-dire des villages voisins, elles ne sont pas vendues avec elle. Si elle a une partie sur la mer et une partie sur la terre ferme, ou si elle a des enclos pour les animaux, pour les oiseaux ou pour les poissons, ceux-ci sont tous vendus avec la ville.
לָא קַשְׁיָא; הָא דִּנְגִיחַ קַאיְהִי לְגָו, וְהָא דִּנְגִיחַ קַאיְהִי לְבַר. וְהָא קָא תָנֵי: וְלֹא אֶת חוֹרָשִׁין הַמּוּקְצִין לָהּ! אֵימָא: הַמּוּקְצִין הֵימֶנָּה.
La Guemara répond que ce n’est pas difficile, car on peut établir une distinction entre différents cas : Ici, une baraita traite des enclos pour animaux dont les ouvertures sont tournées vers l’intérieur, c’est-à-dire vers la ville, et ils sont donc considérés comme faisant partie de la ville, tandis que là-bas, l’autre baraita traite des enclos pour animaux dont les ouvertures sont tournées vers l’extérieur, c’est-à-dire à l’opposé de la ville, et ils ne sont donc pas inclus dans sa vente. La Guemara soulève une difficulté : Mais la baraitan’enseigne-t-elle pas : Et il n’a pas vendu les bois réservés à la ville, ce qui indique qu’ils sont tournés vers la ville, et pourtant ils ne sont pas vendus avec la ville ? La Guemara répond : Dis que la baraita doit être amendée de sorte qu’elle dise plutôt : Et il n’a pas vendu les bois qui sont séparés de la ville, c’est-à-dire qui se trouvent à distance et ne sont pas tournés vers la ville.
מַתְנִי׳ הַמּוֹכֵר אֶת הַשָּׂדֶה – מָכַר אֶת הָאֲבָנִים שֶׁהֵם לְצׇרְכָּהּ, וְאֶת הַקָּנִים שֶׁבַּכֶּרֶם שֶׁהֵם לְצׇרְכּוֹ, וְאֶת הַתְּבוּאָה שֶׁהִיא מְחוּבֶּרֶת לַקַּרְקַע, וְאֶת חִיצַת הַקָּנִים שֶׁהִיא פְּחוּתָה מִבֵּית רוֹבַע, וְאֶת הַשּׁוֹמֵירָה שֶׁאֵינָהּ עֲשׂוּיָה בְּטִיט, וְאֶת הֶחָרוּב שֶׁאֵינוֹ מוּרְכָּב, וְאֶת בְּתוּלַת הַשִּׁקְמָה.
MICHNA : Celui qui vend un champ sans préciser ce qui est inclus dans la vente a vendu les pierres du champ qui servent à son usage, ainsi que les roseaux de la vigne qui servent à son usage, et la récolte qui est encore attachée au sol, ainsi que la touffe de roseaux qui occupe moins que la surface requise pour semer un quart de kav de semence [beit rova], ainsi que le poste de garde qui n’est pas enduit d’argile, et le jeune caroubier qui n’a pas encore été greffé, ainsi que le sycomore non émondé qui est encore jeune.
אֲבָל לֹא מָכַר לֹא אֶת הָאֲבָנִים שֶׁאֵינָן לְצׇרְכָּהּ, וְלֹא אֶת הַקָּנִים שֶׁבַּכֶּרֶם שֶׁאֵינָן לְצׇרְכּוֹ, וְלֹא אֶת הַתְּבוּאָה שֶׁהִיא תְּלוּשָׁה מִן הַקַּרְקַע. בִּזְמַן שֶׁאָמַר לוֹ: ״הִיא וְכׇל מַה שֶּׁבְּתוֹכָהּ״ – הֲרֵי כּוּלָּן מְכוּרִין. בֵּין כָּךְ וּבֵין כָּךְ – לֹא מָכַר לֹא אֶת חִיצַת הַקָּנִים שֶׁהִיא בֵּית רוֹבַע, וְלֹא אֶת הַשּׁוֹמֵירָה שֶׁהִיא עֲשׂוּיָה בְּטִיט, וְלֹא אֶת הֶחָרוּב הַמּוּרְכָּב, וְלֹא אֶת סַדַּן הַשִּׁקְמָה.
Mais il n’a pas vendu avec le champ les pierres qui ne sont pas destinées à l’usage du champ, ni les roseaux dans la vigne qui ne sont pas destinés à son usage, ni la production qui est déjà détachée du sol. Lorsque le vendeur dit à l’acheteur : Je te vends celui-ci et tout ce qui s’y trouve, tous ces éléments sont vendus avec le champ. Aussi bien dans ce cas, où il effectue la vente sans précision, que dans cet autre cas, où il ajoute la formule selon laquelle il vend tout ce qui se trouve dans le champ, il n’a pas vendu le bouquet de roseaux qui occupe un beit rova ou plus, car ils sont considérés comme un champ distinct, ni il n’a vendu le poste de garde enduit d’argile, ni le caroubier greffé, ni le tronc de sycomore. Toutes ces entités sont importantes en elles-mêmes et ont un statut indépendant de celui des champs, et elles ne sont donc pas incluses dans la vente du champ.

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