וְאִי אֲמַר לֵיה:ּ ״נִכְסֵי״ – אֲפִילּוּ בָּתֵּי וְעַבְדֵי.
Et s'il lui a dit : Je te vends ma propriété, cela signifie qu'il lui vend même ses maisons et ses esclaves cananéens.
מָצַר לוֹ מֶצֶר אֶחָד אָרוֹךְ וּמֶצֶר אֶחָד קָצָר – אָמַר רַב: לֹא קָנָה אֶלָּא כְּנֶגֶד הַקָּצָר.
§ La Guemara poursuit son examen du concept de délimitation large des frontières et considère le cas suivant : Si, dans l’acte de vente, le vendeur a délimité une ligne de frontière sur un côté du champ comme longue, et l’autre ligne de frontière sur le côté opposé du champ, il l’a délimitée comme courte, Rav a dit : L’acheteur n’acquiert que une largeur de terre correspondant à la frontière courte, car on suppose que la ligne de frontière courte délimite la taille réelle du champ qui lui a été vendu, tandis que la ligne de frontière longue n’avait pour but que d’indiquer le champ en question. Autrement dit, le vendeur a délimité les frontières de manière large, mais n’avait pas l’intention d’inclure dans la vente tout ce qui se trouvait à l’intérieur de ces frontières.
אֲמַרוּ לֵיהּ רַב כָּהֲנָא וְרַב אַסִּי לְרַב: וְיִקְנֶה כְּנֶגֶד רֹאשׁ תּוֹר! שְׁתֵיק רַב.
Rav Kahana et Rav Asi dirent à Rav : Mais qu’il aussi acquière la parcelle triangulaire [rosh tor] délimitée par la ligne diagonale reliant l’extrémité de la bordure courte et l’extrémité de la bordure longue. Rav garda le silence et ne répondit pas.
וּמוֹדֶה רַב, הֵיכָא דְּאִיכָּא מֶצֶר רְאוּבֵן וְשִׁמְעוֹן מֵחַד גִּיסָא, וּמֶצֶר לֵוִי וִיהוּדָה מֵחַד גִּיסָא; מִדַּהֲוָה לֵיהּ לְמִכְתַּב לֵיהּ דִּרְאוּבֵן כְּנֶגֶד לֵוִי וּדְשִׁמְעוֹן כְּנֶגֶד יְהוּדָה, וְלָא כְּתַב לֵיהּ; שְׁמַע מִינַּהּ כְּנֶגֶד רֹאשׁ תּוֹר הוּא דַּאֲמַר לֵיהּ.
Et Rav concède que là où il y a une ligne de démarcation définie par les champs de Reuven et de Shimon d’un côté du champ vendu, et une ligne de démarcation définie par les champs de Levi et de Yehuda de l’autre côté, et dans l’acte de vente le vendeur décrit le champ vendu comme bordé par les champs de Reuven et de Shimon d’un côté mais ne mentionne que le champ de Levi de l’autre côté, puisque s’il avait eu l’intention de ne vendre que la moitié du champ, il aurait dû écrire pour l’acheteur dans l’acte de vente que le champ est bordé par le champ de Reuven d’un côté, qui est en face de celui de Levi de l’autre côté, ou par le champ de Shimon d’un côté, qui est en face de celui de Yehuda de l’autre côté, mais il n’a pas écrit cela pour lui, on peut en conclure qu’il lui dit qu’il lui vend non seulement la zone située entre les champs de Reuven et de Levi, mais aussi la parcelle triangulaire délimitée par la ligne diagonale reliant l’extrémité du champ de Shimon à l’extrémité du champ de Levi.
מֶצֶר רְאוּבֵן מִזְרָח וּמַעֲרָב, וּמֶצֶר שִׁמְעוֹן צָפוֹן וְדָרוֹם – צְרִיךְ לְמִכְתַּב לֵיהּ: ״מֶצֶר רְאוּבֵן רוּחִין תְּרֵין, וּמֶצֶר שִׁמְעוֹן רוּחִין תְּרֵין״.
La Guemara poursuit : Si le champ vendu est délimité par les champs de Reuven à l’est et à l’ouest, et qu’il est délimité par les champs de Shimon au nord et au sud, il ne suffit pas de désigner le champ pour l’acheteur comme le champ situé entre les champs de Reuven et de Shimon, mais il est nécessaire d’écrire pour lui dans l’acte de vente que le champ est délimité par les champs de Reuven sur deux côtés, et qu’il est délimité par les champs de Shimon sur deux côtés. Sinon, tout ce que l’acheteur acquiert est une parcelle triangulaire délimitée par l’un des champs de Reuven et l’un des champs de Shimon, et la limite est la ligne diagonale reliant l’extrémité du champ de Reuven à l’extrémité du champ de Shimon.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: סִיֵּים לוֹ אֶת הַקְּרָנוֹת, מַהוּ? כְּמִין גַּאם, מַהוּ?
Un dilemme fut soulevé devant les Sages : Si le vendeur a défini pour l’acheteur seulement les coins du champ vendu, quelle est la halakha ? Cela signifie-t-il qu’il ne lui vend que les coins du champ, ou bien tout le champ délimité par ces coins ? Un second dilemme fut également soulevé : s’il a défini les limites du champ sous une forme ressemblant à la lettre grecque gamma [gam], ou à la lettre anglaise L, en indiquant les limites sur deux côtés adjacents qui se rejoignent à angle droit, quelle est la halakha ? Cela signifie-t-il qu’il lui vend tout le champ, ou seulement la parcelle triangulaire délimitée par ces frontières et la ligne diagonale allant de l’extrémité de l’une à l’extrémité de l’autre ?