לִמְדוּרָה, וּקְדֵרוֹת מַקִּיפוֹת אוֹתָהּ.
à un feu de camp, où le feu est au centre et les marmites l’entourent. De même, la table d’un ignorant est disposée avec la nourriture au centre et entourée d’assiettes.
מִטָּה שֶׁל תַּלְמִידֵי חֲכָמִים – כֵּיצַד? כֹּל שֶׁאֵין תַּחְתֶּיהָ אֶלָּא סַנְדָּלִין בִּימוֹת הַחַמָּה, וּמִנְעָלִין בִּימוֹת הַגְּשָׁמִים. וְשֶׁל עַם הָאָרֶץ – דּוֹמָה לְאוֹצָר בָּלוּס.
Rabbi Yoḥanan demanda : Comment faut-il garder le lit des érudits de la Torah ? Il répondit : Cela est acceptable tant qu’il n’y a rien d’autre que des sandales en dessous pendant l’été, et des chaussures en dessous pendant la saison des pluies, c’est-à-dire l’hiver. Et le lit d’un ignorant est semblable à un entrepôt [balus] encombré, car il garde une grande variété d’objets en dessous.
רַבִּי בְּנָאָה הֲוָה קָא מְצַיֵּין מְעָרָתָא. כִּי מְטָא לִמְעָרְתָּא דְאַבְרָהָם, אַשְׁכְּחֵיהּ לֶאֱלִיעֶזֶר עֶבֶד אַבְרָהָם דְּקָאֵי קַמֵּי בָּבָא. אֲמַר לֵיהּ: מַאי קָא עָבֵיד אַבְרָהָם? אֲמַר לֵיהּ: גָּאנֵי בְּכַנְפַהּ דְּשָׂרָה, וְקָא מְעַיְּינָא לֵיהּ בְּרֵישֵׁיהּ.
§ Après avoir mentionné Rabbi Bena’a, la Guemara rapporte un incident dans lequel il fut impliqué. Rabbi Bena’a marquait des grottes funéraires afin d’aider à prévenir la contraction de l’impureté rituelle. Lorsqu’il arriva à la grotte d’Abraham, c’est-à-dire la grotte de Makhpéla, il rencontra Éliézer, le serviteur d’Abraham, qui se tenait devant l’entrée. Rabbi Bena’a lui dit : Que fait Abraham en ce moment ? Éliézer lui dit : Il est allongé dans les bras de Sarah, et elle examine sa tête.
אֲמַר לֵיהּ, זִיל אֵימָא לֵיהּ: בְּנָאָה קָאֵי אַבָּבָא. אֲמַר לֵיהּ: לֵיעוּל – מִידָּע יְדִיעַ דְּיֵצֶר בְּהַאי עָלְמָא לֵיכָּא. עָיֵיל, עַיֵּין וּנְפַק.
Rabbi Bena’a lui dit : Va lui dire que Bena’a se tient à l’entrée, afin qu’il prenne une position appropriée pour recevoir un visiteur. Éliézer lui dit : Qu’il, c’est-à-dire Rabbi Bena’a, entre, car il est connu qu’il n’y a pas de mauvais penchant dans ce monde supérieur, il n’est donc pas inconvenant que Rabbi Bena’a voie Abraham et Sarah dans cette position. Il entra, examina la grotte afin de la mesurer, puis sortit.
כִּי מְטָא לִמְעָרְתָּא דְּאָדָם הָרִאשׁוֹן, יָצְתָה בַּת קוֹל וְאָמְרָה: ״נִסְתַּכַּלְתָּ בִּדְמוּת דְּיוֹקְנִי, בִּדְיוֹקְנִי עַצְמָהּ אַל תִּסְתַּכֵּל״. ״הָא בָּעֵינָא לְצַיּוֹנֵי מְעָרְתָּא!״ ״כְּמִדַּת הַחִיצוֹנָה כָּךְ מִדַּת הַפְּנִימִית. וּלְמַאן דְּאָמַר שְׁנֵי בָתִּים זוֹ לְמַעְלָה מִזּוֹ – כְּמִדַּת עֶלְיוֹנָה כָּךְ מִדַּת הַתַּחְתּוֹנָה״.
Lorsqu’il arriva à la grotte d’Adam, le premier homme, qui est enterré dans la même zone, une Voix divine se fit entendre et dit : Tu as contemplé la ressemblance de Mon image, c’est-à-dire Abraham, qui ressemble à l’image d’Adam, le premier homme. Ne contemple pas Mon image elle-même, c’est-à-dire Adam, le premier homme, au sujet duquel le verset déclare qu’il fut formé à l’image de Dieu (voir Genèse 1:27). Rabbi Bena’a dit : Mais j’ai besoin de marquer la grotte. La voix lui dit : De même que les mesures des dimensions de la grotte extérieure où Abraham est enterré, de même sont les mesures des dimensions de la grotte intérieure, où Adam est enterré. La Guemara note : Et selon celui qui dit que la grotte de Makhpéla se compose de deux chambres, l’une au-dessus de l’autre, et non de deux chambres adjacentes, la voix dit : De même que les mesures des dimensions de la grotte supérieure où Abraham est enterré, de même sont les mesures des dimensions de la grotte inférieure. Il n’est donc pas nécessaire de la mesurer.
אָמַר רַבִּי בְּנָאָה: נִסְתַּכַּלְתִּי בִּשְׁנֵי עֲקֵיבָיו, וְדוֹמִים לִשְׁנֵי גַּלְגַּלֵּי חַמָּה. הַכֹּל בִּפְנֵי שָׂרָה – כְּקוֹף בִּפְנֵי אָדָם. שָׂרָה בִּפְנֵי חַוָּה – כְּקוֹף בִּפְנֵי אָדָם. חַוָּה בִּפְנֵי אָדָם – כְּקוֹף בִּפְנֵי אָדָם. אָדָם בִּפְנֵי שְׁכִינָה – כְּקוֹף בִּפְנֵי אָדָם.
Rabbi Bena’a dit : J’ai contemplé ses deux talons, ceux d’Adam, et ils brillaient avec une telle intensité qu’ils étaient semblables à deux soleils. Dans le même esprit, la Guemara affirme que tous les êtres humains comparés à Sarah sont comme un singe comparé à un humain, car Sarah était d’une beauté exceptionnelle ; Sarah comparée à Ève est comme un singe comparé à un humain ; Ève comparée à Adam est comme un singe comparé à un humain ; et Adam comparé à la Présence divine est comme un singe comparé à un humain.
שׁוּפְרֵיהּ דְּרַב כָּהֲנָא מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּרַב, שׁוּפְרֵיהּ דְּרַב מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ, שׁוּפְרֵיהּ דְּרַבִּי אֲבָהוּ מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּיַעֲקֹב אָבִינוּ, שׁוּפְרֵיהּ דְּיַעֲקֹב אָבִינוּ מֵעֵין שׁוּפְרֵיהּ דְּאָדָם הָרִאשׁוֹן.
Il a également été dit que la beauté de Rav Kahana est un reflet de la beauté de Rav. La beauté de Rav est un reflet de la beauté de Rabbi Abbahu. La beauté de Rabbi Abbahu est un reflet de la beauté de Jacob, notre patriarche. La beauté de Jacob, notre patriarche, est un reflet de la beauté d’Adam, le premier homme.
הָהוּא אַמְגּוּשָׁא דַּהֲוָה חָטֵיט שָׁכְבֵי. כִּי מְטָא אַמְּעָרְתָּא דְּרַב טוֹבִי בַּר מַתְנָה, תַּפְשֵׂיהּ בְּדִיקְנֵיהּ. אֲתָא אַבָּיֵי, אֲמַר לֵיהּ: בְּמָטוּתָא מִינָּךְ, שִׁבְקֵיהּ. לְשָׁנָה אַחֲרִיתִי הֲדַר אֲתָא, תַּפְשֵׂיהּ בְּדִיקְנֵיהּ. אֲתָא אַבָּיֵי, לָא שִׁבְקֵיהּ עַד דְּאַיְיתִי מַסְפְּרָא וְגַזְּיֵהּ לְדִיקְנֵיהּ.
Au sujet des grottes funéraires, la Guemara rapporte qu’il y avait un certain mage [amgusha] qui fouillait dans les tombes des morts. Lorsqu’il arriva à la grotte funéraire de Rav Tovi bar Mattana, Rav Tovi l’attrapa par la barbe et ne le relâcha pas. Abaye vint et dit à Rav Tovi : Je t’en prie, relâche-le. Le mage revint une autre année, et Rav Tovi l’attrapa par la barbe. Abaye vint et demanda qu’il le relâche, mais Rav Tovi ne le relâcha pas, jusqu’à ce qu’Abaye apporte des ciseaux et lui coupe la barbe.
הָהוּא דַּאֲמַר לְהוּ: חָבִיתָא דְעַפְרָא לְחַד בְּרַאי, חָבִיתָא דְגַרְמֵי לְחַד בְּרַאי, חָבִיתָא דְאוּדְרָא לְחַד בְּרַאי. לָא הֲווֹ יָדְעִי מַאי קָאָמַר לְהוּ. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי בְּנָאָה, אֲמַר לְהוּ: ״אִית לְכוּ אַרְעָא?״ אֲמַרוּ לֵיהּ: ״אִין״. ״אִית לְכוּ חֵיוָתָא?״ ״אִין״. ״אִית לְכוּ בִּסְתַּרְקֵי?״ ״אִין״. ״אִי הָכִי, הָכִי קָאָמַר לְכוּ״.
§ La Guemara rapporte d’autres incidents concernant Rabbi Bena’a : Il y avait un certain individu qui dit à sa famille avant de mourir : Un tonneau de terre à l’un de mes fils, un tonneau d’os à l’un de mes fils, et un tonneau de pelotes de laine à l’un de mes fils. Ils ne savaient pas ce qu’il voulait leur dire. Ils vinrent devant Rabbi Bena’a pour demander conseil. Rabbi Bena’a leur dit : Avez-vous des terres que votre père a laissées en héritage ? Ils lui dirent : Oui. Il demanda : Avez-vous du bétail que votre père a laissé en héritage ? Ils dirent : Oui. Il demanda : Avez-vous des couvertures [bistarkei] que votre père a laissées en héritage ? Ils dirent : Oui. Il leur dit : Si c’est le cas, voici ce qu’il vous a dit, c’est-à-dire qu’il voulait dire qu’il léguait des terres à un fils, du bétail au deuxième et des couvertures au troisième.
הָהוּא גַּבְרָא דְּשַׁמְעַהּ לִדְבֵיתְהוּ דְּקָא אָמְרָה לְבַרְתַּהּ: ״אַמַּאי לָא צְנִּיעַתְּ בְּאִיסּוּרָא? הָךְ אִיתְּתָא, עֲשָׂרָה בְּנֵי אִית לַהּ, וְלֵית לִי מֵאֲבוּךְ אֶלָּא חַד״. כִּי שָׁכֵיב, אֲמַר לְהוּ: ״כׇּל נִכְסַי לְחַד בְּרָא״.
Il y avait un certain homme qui entendit sa femme dire à sa fille : Pourquoi n’agis-tu pas clandestinement lorsque tu as des rapports sexuels interdits ? Cette femme a, c’est-à-dire moi, dix fils, et je n’en ai qu’un seul de ton père, et personne ne le sait. Toi aussi, tu dois donc faire attention afin que personne ne découvre ton comportement illicite. Ayant entendu qu’un seul fils était le sien, lorsque cet homme était en train de mourir, il dit à sa famille : Tous mes biens sont laissés à un seul fils.
לָא יָדְעִי לְהֵי מִינַּיְיהוּ. אֲתוֹ לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי בְּנָאָה, אֲמַר לְהוּ: זִילוּ חֲבוּטוּ קִבְרָא דַּאֲבוּכוֹן, עַד דְּקָאֵי וּמְגַלֵּי לְכוּ לְהֵי מִינַּיְיכוּ שְׁבַקא. אֲזַלוּ כּוּלְּהוּ, הָהוּא דִּבְרֵיהּ הֲוָה לָא אֲזַל. אֲמַר לְהוּ: כּוּלְּהוּ נִכְסֵי דְּהַאי. אֲזַלוּ אֲכַלוּ קוּרָצָא בֵּי מַלְכָּא, אָמְרִי: אִיכָּא גַּבְרָא חַד בִּיהוּדָאֵי, דְּקָא מַפֵּיק מָמוֹנָא מֵאִנָשֵׁי בְּלָא סָהֲדִי וּבְלָא מִידֵּי. אַתְיוּהוּ חַבְשׁוּהוּ.
Ils ne savaient pas auquel d’entre eux il avait l’intention de laisser ses biens. Ils se présentèrent devant Rabbi Bena’a pour demander conseil, et il dit aux fils : Allez frapper la tombe de votre père, jusqu’à ce qu’il se lève et vous révèle auquel d’entre vous il a laissé ses biens. Ils y allèrent tous, mais celui qui était son fils n’y alla pas. Rabbi Bena’a leur dit : Tous les biens appartiennent à ce fils qui n’y est pas allé. Les autres frères se mirent en colère. Ils allèrent calomnier [akhlu kuretza] Rabbi Bena’a à la maison du roi. Ils dirent : Il y a un homme parmi les Juifs qui prend l’argent des gens sans témoins et sans aucune preuve. Les gardes du roi amenèrent Rabbi Bena’a et l’emprisonnèrent.
אֲזַלָא דְּבֵיתְהוּ, אֲמַרָה לְהוּ: עַבְדָּא חַד הֲוָה לִי, פְּסַקוּ לְרֵישֵׁיהּ וּפְשַׁטוּ לְמַשְׁכֵּיהּ וַאֲכַלוּ בִּישְׂרֵיהּ, וְקָא מָלוּ בֵּיהּ מַיָּא וּמַשְׁקוּ בֵּיהּ לְחַבְרַיָּיא, וְלָא קָא יָהֲבִי לִי דְּמֵי וְלָא אַגְרֵיהּ.
La femme de Rabbi Bena’a alla et dit aux gardes : J’avais un serviteur. Ils lui ont coupé la tête, l’ont écorché et ont mangé sa chair, et ils le remplissent d’eau et font boire leurs amis avec lui, et ils ne m’ont pas payé sa valeur et ne l’ont même pas loué.
לָא יָדְעִי מַאי קָא אָמְרָה לְהוּ. אָמְרִי: נַיְתוֹ לְחַכִּימָא דִיהוּדָאֵי, וְלֵימָא. קַרְיוּהוּ לְרַבִּי בְּנָאָה, אֲמַר לְהוּ: זַרְנוּקָא אָמְרָה לְכוּ. אָמְרִי: הוֹאִיל וְחַכִּים כּוּלֵּי הַאי, לִיתֵּיב אַבָּבָא וְנֵידוּן דִּינָא.
Ils ne savaient pas ce qu’elle leur disait. Ils dirent : Amenez l’homme sage des Juifs, et qu’il dise ce qu’elle voulait dire. Ils appelèrent Rabbi Bena’a, et il leur dit : Elle vous a parlé d’une outre à eau [zarnuka]. En d’autres termes, elle faisait référence à une chèvre qu’elle possédait, qui fut abattue, dont la viande fut mangée, et dont la peau fut transformée en une outre à eau que l’on pouvait remplir d’eau potable. Ils dirent : Puisqu’il est si sage, qu’il s’assoie à la porte où les juges se rassemblent et rende le jugement.
חֲזָא דַּהֲוָה כְּתִיב בַּאֲבוּלָּא: ״כֹּל דַּיָּין דְּמִתְקְרֵי לְדִין – לָא שְׁמֵיהּ דַּיָּין״. אֲמַר לְהוּ: אֶלָּא מֵעַתָּה, אֲתָא אִינִישׁ מֵעָלְמָא
Rabbi Bena’a vit qu’il était écrit sur la porte [be’abbula] : Tout juge qui est convoqué en jugement n’est pas considéré comme un juge, car les juges doivent être au-dessus de tout reproche. Il leur dit : Si tel est le cas, alors, si une personne vient d’ailleurs