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אַהְדַּר לֵיהּ כְּלִילָא דְּיָילֵי, נַקְּרִינְהוּ לְעֵינֵיהּ. יוֹמָא חַד אֲתָא וִיתִיב קַמֵּיהּ, אֲמַר: חֲזִי מַר, הַאי עַבְדָּא בִּישָׁא מַאי קָא עָבֵיד! אֲמַר לֵיהּ: מַאי אֶעֱבֵיד לֵיהּ? אֲמַר לֵיהּ: נִלְטְיֵיהּ מָר! אֲמַר לֵיהּ: כְּתִיב ״גַּם בְּמַדָּעֲךָ, מֶלֶךְ אַל תְּקַלֵּל״. אֲמַר לֵיהּ: הַאי לָאו מֶלֶךְ הוּא! אֲמַר לֵיהּ: וְלִיהְוֵי עָשִׁיר בְּעָלְמָא, וּכְתִיב: ״וּבְחַדְרֵי מִשְׁכָּבְךָ אַל תְּקַלֵּל עָשִׁיר״; וְלֹא יְהֵא אֶלָּא נָשִׂיא, וּכְתִיב: ״וְנָשִׂיא בְעַמְּךָ לֹא תָאֹר״.
Hérode plaça une guirlande faite de peau de porc-épic sur la tête de Bava ben Bouta, ce qui lui creva les yeux. Un jour Hérode vint s’asseoir devant lui sans s’identifier afin de l’éprouver. Lui, Hérode, dit : Vois, Maître, ce que fait ce mauvais esclave Hérode . Bava ben Bouta lui dit : Que dois-je lui faire ? Hérode lui dit : Le Maître devrait le maudire. Bava ben Bouta lui dit : Mais il est écrit : « Ne maudis pas le roi, même dans tes pensées » (Ecclésiaste 10:20). Hérode lui dit : Il n’est pas roi, puisqu’il règne illégalement. Bava ben Bouta lui dit : Et même s’il n’était qu’un homme riche, je ne le maudirais pas, car il est écrit : « Et ne maudis pas un riche dans ta chambre à coucher » (Ecclésiaste 10:20). Et même s’il n’était qu’un dirigeant, je ne le maudirais pas, car il est écrit : « Tu ne maudiras pas un dirigeant parmi ton peuple » (Exode 22:27).
אֲמַר לֵיהּ: בְּעוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה עַמְּךָ, וְהַאי לָאו עוֹשֶׂה מַעֲשֵׂה עַמְּךָ! אֲמַר לֵיהּ: מִסְתְּפֵינָא מִינֵּיהּ. אֲמַר לֵיהּ: לֵיכָּא אִינִישׁ דְּאָזֵיל דְּלֵימָא לֵיהּ, דַּאֲנָא וְאַתְּ יָתֵיבְנָא. אֲמַר לֵיהּ, כְּתִיב: ״כִּי עוֹף הַשָּׁמַיִם יוֹלִיךְ אֶת הַקּוֹל וּבַעַל כְּנָפַיִם יַגֵּיד דָּבָר״.
Hérode lui dit : Cette halakha énoncée au sujet de « d’un dirigeant parmi ton peuple », c’est-à-dire au sujet d’un Juif digne qui agit comme un membre de ton peuple, c’est-à-dire conformément à la loi de la Torah, et celui-ci n’accomplit pas les actes de ton peuple. Bava ben Bouta lui dit : Néanmoins, j’ai peur de lui. Hérode lui dit : Il n’y a personne qui ira le lui dire, puisque toi et moi sommes assis ici seuls. Bava ben Bouta lui dit : Néanmoins, il est écrit : « Car un oiseau du ciel portera le son, et ce qui a des ailes rapportera l’affaire » (Ecclésiaste 10:20).
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא הוּא, אִי הֲוַאי יָדַעְנָא דִּזְהִרִי רַבָּנַן כּוּלֵּי הַאי, לָא הֲוָה קָטֵילְנָא לְהוּ; הַשְׁתָּא מַאי תַּקַּנְתֵּיהּ דְּהָהוּא גַּבְרָא? אֲמַר לֵיהּ: הוּא כִּבָּה אוֹרוֹ שֶׁל עוֹלָם, דִּכְתִיב: ״כִּי נֵר מִצְוָה וְתוֹרָה אוֹר״, יֵלֵךְ וְיַעֲסוֹק בְּאוֹרוֹ שֶׁל עוֹלָם, דִּכְתִיב: ״וְנָהֲרוּ אֵלָיו כָּל הַגּוֹיִם״. אִיכָּא דְּאָמְרִי, הָכִי אֲמַר לֵיהּ: הוּא סִימֵּא עֵינוֹ שֶׁל עוֹלָם, דִּכְתִיב: ״וְהָיָה אִם מֵעֵינֵי הָעֵדָה״, יֵלֵךְ וְיִתְעַסֵּק בְּעֵינוֹ שֶׁל עוֹלָם, דִּכְתִיב: ״הִנְנִי מְחַלֵּל אֶת מִקְדָּשִׁי, גְּאוֹן עֻזְּכֶם מַחְמַד עֵינֵיכֶם״.
Hérode lui dit : C’est moi. Si j’avais su que les Sages étaient si prudents, je ne les aurais pas tués. Maintenant, quel est le remède pour cet homme, c’est-à-dire que puis-je faire pour me repentir de mes actes fautifs ? Bava ben Bouta lui dit : Celui qui a éteint la lumière du monde en tuant les Sages de la Torah, comme il est écrit : « Car la mitzva est une lampe, et la Torah est lumière » (Proverbes 6:23), devrait aller s’occuper de la lumière du monde, le Temple, comme il est écrit au sujet du Temple : « Et toutes les nations afflueront [venaharu] vers lui » (Isaïe 2:2), le mot venaharu faisant allusion à la lumière [nehora]. Il y en a qui disent que c’est ce qu’il lui dit : Celui qui a aveuglé l’œil du monde, comme il est écrit au sujet des Sages : « Et si cela a été commis par erreur par les yeux de l’assemblée » (Nombres 15:24), devrait aller s’occuper de l’œil du monde, le Temple, comme il est écrit : « Je profanerai Mon sanctuaire, l’orgueil de votre force, les délices de vos yeux » (Ézéchiel 24:21).
אֲמַר לֵיהּ: מִסְתְּפֵינָא מִמַּלְכוּתָא. אֲמַר לֵיהּ: שַׁדַּר שְׁלִיחָא; וְלֵיזִיל שַׁתָּא, וְלִיעַכַּב שַׁתָּא, וְלֶהְדַּר שַׁתָּא; אַדְּהָכִי וְהָכִי סָתְרַיתְּ [לֵיהּ] וּבָנְיַית [לֵיהּ]. עֲבַד הָכִי. שְׁלַחוּ לֵיהּ: אִם לֹא סָתַרְתָּה – אַל תִּסְתּוֹר; וְאִם סָתַרְתָּה – אַל תִּבְנֵי; וְאִם סָתַרְתָּה וּבָנִיתָ – עַבְדֵי בִּישָׁא, בָּתַר דְּעָבְדִין מִתְמַלְכִין. אִם זַיְינָךְ עֲלָךְ, סִפְרָךְ כָּאן – לָא רֵכָא וְלָא בַּר רֵכָא, הוֹרְדוֹס [עַבְדָּא] קָלָנְיָא מִתְעֲבִיד.
Hérode lui dit : Je crains le gouvernement romain , qu’ils ne me permettent pas d’apporter des changements au Temple. Bava ben Bouta lui dit : Envoie un messager qui voyagera là-bas pendant un an, et restera là-bas une autre année, et prendra encore une année pour revenir. En attendant, tu peux démolir le Temple et le reconstruire. Il le fit. Finalement, ils envoyèrent un message à Hérode depuis Rome : Si tu ne l’as pas encore démoli, ne le démolis pas ; et si tu l’as déjà démoli, ne le reconstruis pas ; et si tu l’as démoli et l’as déjà reconstruit, tu seras compté parmi ceux qui agissent méchamment, cherchant conseil seulement après avoir déjà agi. Même si tu es armé et commandes une force militaire, ton livre, c’est-à-dire ton registre généalogique, est ici. Tu n’es ni un roi [reikha] ni le fils d’un roi, mais plutôt Hérode l’esclave qui s’est fait homme libre [kelonya].
מַאי ״רֵכָא״? מַלְכוּתָא – דִּכְתִיב: ״אָנֹכִי הַיּוֹם רַךְ וּמָשׁוּחַ מֶלֶךְ״. וְאִי בָּעֵית אֵימָא, מֵהָכָא: ״וַיִּקְרְאוּ לְפָנָיו אַבְרֵךְ״.
La Guemara explique : Quel est le sens du mot reikha ? Il désigne la royauté, comme il est écrit : « Je suis aujourd’hui tendre [rakh] et oint roi » (II Samuel 3:39). Et si vous voulez, dites que le sens du mot s’apprend d’ici, du terme décrivant Joseph après qu’il eut été nommé vice-roi du roi : « Et ils crièrent devant lui : Avrekh » (Genèse 41:43).
אָמְרִי: מִי שֶׁלֹּא רָאָה בִּנְיַן הוֹרְדוֹס, לֹא רָאָה בִּנְיָן נָאֶה [מִיָּמָיו]. בְּמַאי בַּנְיֵיהּ? אָמַר רַבָּה: בְּאַבְנֵי שִׁישָׁא וּמַרְמְרָא. אִיכָּא דְּאָמְרִי: בְּאַבְנֵי כּוּחְלָא, שִׁישָׁא וּמַרְמְרָא. אַפֵּיק שָׂפָה וְעַיֵּיל שָׂפָה, כִּי הֵיכִי דִּנְקַבֵּיל סִידָא. סְבַר לְמִשְׁעֲיֵיהּ בְּדַהֲבָא, אֲמַרוּ לֵיהּ רַבָּנַן: שִׁבְקֵיהּ, דְּהָכִי שַׁפִּיר טְפֵי, דְּמִיחְזֵי כִּי אִידְווֹתָא דְיַמָּא.
Les Sages disent : Celui qui n’a pas vu le bâtiment d’Hérode n’a jamais vu un beau bâtiment de sa vie. La Guemara demande : Avec quoi l’a-t-il construit ? Rabba a dit : Avec des pierres de marbre blanc et vert [umarmara]. Il y en a qui disent qu’il l’a construit avec des pierres de marbre bleu, blanc et vert. Des rangées alternées de pierres faisaient saillie un peu et rentraient un peu, afin qu’elles puissent mieux recevoir et retenir le plâtre. Il envisagea de le recouvrir d’or, mais les Sages lui dirent : Laisse-le, et ne le recouvre pas, car il est plus beau ainsi, car il ressemble aux vagues de la mer.
וּבָבָא בַּר בּוּטָא הֵיכִי עֲבַד הָכִי? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב, וְאִיתֵּימָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: מִפְּנֵי מָה נֶעֱנַשׁ דָּנִיֵּאל? מִפְּנֵי שֶׁהִשִּׂיא עֵצָה לִנְבוּכַדְנֶצַּר, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָהֵן מַלְכָּא, מִלְכִּי יִשְׁפַּר עֲלָךְ, וַחֲטָאָיךְ בְּצִדְקָה פְרֻק, וַעֲוָיָתָךְ בְּמִחַן עֲנָיִן, הֵן תֶּהֱוֵי אַרְכָא לִשְׁלֵוְתָךְ וְגוֹ׳״, וּכְתִיב: ״כֹּלָּא מְּטָא עַל נְבוּכַדְנֶצַּר מַלְכָּא״, וּכְתִיב: ״וְלִקְצָת יַרְחִין תְּרֵי עֲשַׂר וְגוֹ׳״!
La Guemara demande : Et comment Bava ben Bouta a-t-il pu faire cela, c’est-à-dire donner un conseil à Hérode le méchant ? Mais Rav Yehouda ne dit-il pas que Rav dit, et certains disent que c’était Rabbi Yehoshoua ben Levi qui dit : Pour quelle raison Daniel a-t-il été puni ? Parce qu’il a donné un conseil à Nabuchodonosor, car après lui avoir communiqué une prophétie sévère, il est dit : « C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te soit agréable ; rachète tes péchés par la charité et tes iniquités par la bonté envers les pauvres, afin qu’il y ait une prolongation de ta prospérité » (Daniel 4:24). Et il est écrit : « Tout cela arriva au roi Nabuchodonosor » (Daniel 4:25). Et il est écrit : « Et au bout de douze mois » (Daniel 4:26). Ce n’est qu’après un an que la prophétie s’accomplit, et non auparavant, apparemment parce que Nabuchodonosor avait écouté le conseil de Daniel.
אִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי עַבְדָּא, דְּאִיחַיַּיב בְּמִצְוֹת. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: שָׁאנֵי בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, דְּאִי לָא מַלְכוּת – לָא מִתְבְּנֵי.
La Guemara répond : Si tu veux, dis qu’un esclave comme Hérode est différent, puisqu’il est tenu d’accomplir les mitzvot, et par conséquent Bava ben Bouta devait l’aider à se repentir. Et si tu veux, dis que le Temple est différent, car sans l’aide du gouvernement il n’aurait pas été construit.
וְדָנִיֵּאל – מְנָלַן דְּאִיעֲנַשׁ? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דִּכְתִיב: ״וַתִּקְרָא אֶסְתֵּר לַהֲתָךְ״, וְאָמַר רַב: הֲתָךְ – זֶה דָּנִיאֵל; הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר: ״שֶׁחֲתָכוּהוּ מִגְּדוּלָּתוֹ״, אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: ״שֶׁכׇּל דִּבְרֵי מַלְכוּת נֶחְתָּכִין עַל פִּיו״, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? דְּשַׁדְיוּהוּ לְגוּבָּא דְאַרְיָיווֹתָא.
La Guemara demande : Et d’où déduisons-nous que Daniel fut puni ? Si l’on dit que nous le savons parce qu’il est écrit : « Alors Esther appela Hathac, l’un des eunuques du roi, qu’il avait désigné pour être à son service » (Esther 4:5), et Rav a dit : Hathac, c’est Daniel. Cela convient bien selon celui qui dit que Daniel fut appelé Hathac parce qu’on l’a abaissé [ḥatakh] de sa grandeur et qu’on l’a transformé en simple serviteur. Mais selon celui qui dit qu’il fut appelé Hathac parce que toutes les affaires du gouvernement étaient tranchées [ḥatakh] selon sa parole, que peut-on dire ? Quelle punition a-t-il reçue ? La Guemara répond : Sa punition fut qu’on le jeta dans la fosse aux lions.
הַכֹּל כְּמִנְהַג הַמְּדִינָה. ״הַכֹּל״ – לְאֵתוֹיֵי מַאי? לְאֵתוֹיֵי אַתְרָא דִּנְהִיגִי בְּהוּצָא וְדַפְנָא.
§ La michna enseigne : Dans un endroit où il est d’usage de construire un mur en pierre non taillée, ou en pierre taillée, ou en petites briques, ou en grandes briques, ils doivent construire la séparation avec ce matériau. Tout dépend de la coutume locale. La Guemara demande : Que vient tout ajouter ? La Guemara répond : Cela vient ajouter un endroit où il est d’usage de construire une séparation avec des branches de palmier et de laurier. Dans un tel endroit, la séparation est construite avec ces matériaux.
לְפִיכָךְ, אִם נָפַל הַכּוֹתֶל – הַמָּקוֹם וְהָאֲבָנִים שֶׁל שְׁנֵיהֶם. פְּשִׁיטָא! לָא צְרִיכָא, דִּנְפַל לִרְשׁוּתָא דְּחַד מִינַּיְיהוּ, אִי נָמֵי דְּפַנִּינְהוּ חַד לִרְשׁוּתָא דִידֵיהּ; מַהוּ דְּתֵימָא: נִיהְוֵי אִידַּךְ ״הַמּוֹצִיא מֵחֲבֵירוֹ עָלָיו הָרְאָיָה״, קָא מַשְׁמַע לַן.
La michna enseigne : Par conséquent, si le mur plus tard s’effondre, on présume que l’espace où se trouvait le mur et les pierres appartiennent aux deux, à partager également. La Guemara s’interroge sur la nécessité de cette décision : N’est-il pas évident que c’est le cas, puisque les deux voisins ont participé à la construction du mur ? La Guemara répond : Non, il est nécessaire d’enseigner cette halakha pour un cas le mur entier est tombé dans le domaine de l’un d’eux. Alternativement, cela est nécessaire dans un cas où l’un d’eux a déjà déplacé toutes les pierres dans son propre domaine. De peur que tu ne dises que l’autre devrait être régi par le principe selon lequel la charge de la preuve incombe au demandeur, c’est-à-dire que l’autre partie devrait prouver qu’elle avait été partenaire dans la construction du mur, la michna nous enseigne qu’ils sont présumés avoir été partenaires dans la construction du mur, et aucun des deux ne nécessite de preuve supplémentaire.
וְכֵן בְּגִינָּה, מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִגְדּוֹר – מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ. הָא גוּפָא קַשְׁיָא – אָמְרַתְּ: וְכֵן בְּגִינָּה, מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִגְדּוֹר – מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ; הָא סְתָמָא – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ;
§ La michna continue : Et de même en ce qui concerne un jardin, dans un endroit où il est d’usage de construire une séparation au milieu d’un jardin appartenant conjointement à deux personnes, et que l’une d’elles souhaite construire une telle séparation, le tribunal oblige son voisin à se joindre à la construction de la séparation. La Guemara commente : Cette question elle-même est difficile. D’une part, tu as dit : Et de même en ce qui concerne un jardin, dans un endroit où il est d’usage de construire une séparation au milieu d’un jardin appartenant conjointement à deux personnes, et que l’une d’elles souhaite construire une telle séparation, le tribunal oblige son voisin à se joindre à la construction de la séparation. On peut en déduire que d’ordinaire, là où il n’y a pas d’usage, le tribunal ne l’oblige pas à construire une séparation.
אֵימָא סֵיפָא: אֲבָל בִּקְעָה, מְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ שֶׁלֹּא לִגְדּוֹר – אֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ; הָא סְתָמָא – מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ. הַשְׁתָּא סְתָם גִּינָּה – אָמְרַתְּ לָא, סְתָם בִּקְעָה מִיבַּעְיָא?!
Mais dis la clause finale de la michna : Mais en ce qui concerne une étendue de champs, dans un endroit où il est d’usage de ne pas construire de séparation entre les champs de deux personnes, et qu’une personne souhaite construire une séparation entre son champ et celui de son voisin, le tribunal n’oblige pas son voisin à construire une telle séparation. On peut en déduire que normalement, là où il n’y a pas de coutume, le tribunal l’oblige à construire une séparation. La Guemara explique la difficulté : Maintenant que tu as dit par déduction que dans un jardin ordinaire le tribunal ne l’oblige pas à construire une séparation, est-il nécessaire de dire que le tribunal ne l’oblige pas à construire une séparation dans un champ ordinaire ? Il est clair que dans un champ, il y a moins besoin d’une séparation, car il y a moins de dommage causé par l’exposition au regard des autres.
אָמַר אַבָּיֵי, הָכִי קָאָמַר: וְכֵן סְתָם גִּינָּה, וּבִמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִגְדּוֹר בְּבִקְעָה – מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: אִם כֵּן, מַאי ״אֲבָל״? אֶלָּא אָמַר רָבָא, הָכִי קָתָנֵי: וְכֵן סְתָם גִּינָּה – כִּמְקוֹם שֶׁנָּהֲגוּ לִגְדּוֹר דָּמֵי, וּמְחַיְּיבִין אוֹתוֹ. אֲבָל סְתָם בִּקְעָה – כִּמְקוֹם שֶׁלֹּא נָהֲגוּ דָּמֵי, וְאֵין מְחַיְּיבִין אוֹתוֹ.
Abaye a dit que c’est ce que le tannadit : Et de même en ce qui concerne un jardin ordinaire, et aussi dans un endroit où il est d’usage de construire une séparation dans une étendue de champs, le tribunal l’oblige à construire une séparation. Rava lui dit : Si c’est le cas, quel est alors le sens du mot : Mais, mentionné ensuite au sujet d’une étendue de champs, qui semble indiquer que la question des champs n’avait pas encore été abordée ? Au contraire, Rava a dit que c’est ce que le tannaenseigne : Et de même, un jardin ordinaire est traité comme un endroit où il est d’usage de construire une séparation, et par conséquent le tribunal l’oblige à construire une séparation. Mais une étendue ordinaire de champs est traitée comme un endroit où il est d’usage de ne pas construire une séparation, et par conséquent le tribunal ne l’oblige pas à en construire une.
אֶלָּא אִם רָצָה, כּוֹנֵס לְתוֹךְ שֶׁלּוֹ וּבוֹנֶה, וְעוֹשֶׂה חֲזִית. מַאי ״חֲזִית״? אָמַר רַב הוּנָא: אַכְפְּיֵהּ לֵיהּ לְקַרְנָא לְבַר. וְנַעֲבֵיד מִלְּגָיו! עָבֵיד חַבְרֵיהּ נָמֵי מִלְּבַר, וְאָמַר: דִּידִי וְדִידֵיהּ הוּא. אִי הָכִי, הַשְׁתָּא נָמֵי – גָּיֵיז לֵיהּ חַבְרֵיהּ, וַאֲמַר: דִּידִי וְדִידֵיהּ הוּא! גִּיזּוּזָא מִידָּע יְדִיעַ.
§ La michna enseigne : Au contraire, si une personne souhaite ériger une cloison, elle doit se retirer à l’intérieur de son propre champ et construire la cloison là. Et elle fait une marque de limite sur le côté extérieur de la barrière faisant face à la propriété de son voisin, indiquant qu’elle a construit toute la structure avec ses propres matériaux et sur sa propre terre. La Guemara demande : Qu’est-ce qu’une marque de limite ? Rav Houna a dit : Il replie le bord du mur vers l’extérieur. La Guemara suggère : Qu’il la fasse à l’intérieur. La Guemara explique : Dans ce cas, son voisin pourrait aussi faire une marque à l’extérieur, c’est-à-dire du côté faisant face à sa propre propriété, et dire : Le mur est à la fois à moi et à lui. La Guemara répond : Si c’est le cas, c’est-à-dire s’il y a une crainte d’une telle tromperie, maintenant aussi, lorsque la personne qui construit le mur fait une marque de limite sur le côté extérieur du mur, son voisin pourrait la couper et dire : Le mur est à la fois à moi et à lui. La Guemara répond : Une telle coupe est visible et la tromperie ne fonctionnera pas.
אִיכָּא דְּאָמְרִי, אָמַר רַב הוּנָא: מִיכְפָּא לְקַרְנָא מִלְּגָיו. וְנֶעְבַּד מִלְּבַר! גָּיֵיז לֵיהּ חַבְרֵיהּ, וְאָמַר: דִּידִי וְדִידֵיהּ הוּא. אִי הָכִי, הַשְׁתָּא נָמֵי לָיֵיף לֵיהּ חַבְרֵיהּ, וְאָמַר: דִּידִי וְדִידֵיהּ הוּא! לִיפּוּפָא מִידָּע יְדִיעַ. וְהָא ״מִבַּחוּץ״ קָתָנֵי! קַשְׁיָא.
Il y a ceux qui disent qu’en réponse à la question : quelle est la signification d’une marque de limite, Rav Huna a dit : Il replie le bord du mur vers l’intérieur. La Guemara suggère : Qu’il la fasse à l’extérieur. La Guemara explique : dans ce cas, son voisin pourrait la couper et dire : le mur est à la fois à moi et à lui. La Guemara demande : Si c’est le cas, c’est-à-dire s’il y a une crainte d’une telle tromperie, maintenant aussi, lorsque la personne qui construit le mur fait une marque de limite vers l’intérieur, son voisin pourrait ajouter une marque de limite de son côté et dire : le mur est à la fois à moi et à lui. La Guemara répond : Un ajout est perceptible et la tromperie ne fonctionnera pas. La Guemara demande : Mais la michna n’enseigne-t-elle pas qu’il fait la marque de limite à l’extérieur et non à l’intérieur ? La Guemara commente : c’est une difficulté.
רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר:
Le rabbin Yoḥanan a dit :

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