וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: עַרְעָר – תְּרֵי; וְהָאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דִּבְרֵי הַכֹּל אֵין עַרְעָר פָּחוֹת מִשְּׁנַיִם!
et Rabban Shimon ben Gamliel soutient qu’une contestation valable requiert deux témoins, on pourrait alors demander : Mais Rabbi Yoḥanan ne dit-il pas : Tout le monde est d’accord qu’il n’y a pas de contestation valable avec moins de deux témoins ?
אֶלָּא עַרְעָר תְּרֵי; וְהָכָא בְּמַאי עָסְקִינַן – כְּגוֹן דְּמַחְזְקִינַן לֵיהּ בַּאֲבוּהּ דְּהַאי – דְּכֹהֵן הוּא; וּנְפַק עֲלֵיהּ קָלָא דְּבֶן גְּרוּשָׁה וּבֶן חֲלוּצָה הוּא, וְאַחֲתִינֵּיהּ; וַאֲתָא עֵד אֶחָד וְאָמַר דְּכֹהֵן הוּא, וְאַסְּקִינֵּיהּ;
Au contraire, la contestation a été établie par deux témoins. Et de quoi s’agit-il ici ? Il s’agit d’un cas où nous présumons, au sujet du père de cet homme, qu’il est prêtre, et une rumeur a circulé au sujet du fils selon laquelle il est le fils d’un prêtre et d’une femme divorcée, ou le fils d’un prêtre et d’une ḥaloutsa, et nous l’avons rétrogradé de son statut présumé de prêtrise sur la base de cette rumeur, et un témoin est venu et a dit que l’homme en question est un prêtre de lignée irréprochable, et nous l’avons rétabli dans la prêtrise, car un seul témoin suffit pour annuler une rumeur.
וַאֲתוֹ בֵּי תְרֵי וְאָמְרִי דְּבֶן גְּרוּשָׁה וַחֲלוּצָה הוּא, וְאַחֲתִינֵּיהּ; וַאֲתָא עֵד אֶחָד וְאָמַר דְּכֹהֵן הוּא. וּדְכוּלֵּי עָלְמָא – מִצְטָרְפִין עֵדוּת,
La Guemara poursuit le cas : Et alors deux témoins sont venus et ont dit qu’il est le fils d’une femme divorcée ou le fils d’une ḥaloutsa, et nous l’avons rétrogradé de la prêtrise sur la base de leur témoignage. Puis un témoin est venu et a dit qu’il est un prêtre de lignée sans défaut, de sorte qu’il y a deux témoins attestant que sa lignée est sans défaut, et deux attestant qu’elle est entachée. Et tous conviennent que le témoignage des deux témoins isolés se combine pour constituer un témoignage selon lequel il est un prêtre de lignée sans défaut, et son statut présumé de prêtrise doit être rétabli.
וְהָכָא בְּמֵיחַשׁ לְזִילוּתָא דְבֵי דִינָא קָא מִיפַּלְגִי – רַבִּי אֶלְעָזָר סָבַר: כֵּיוָן דְאַחֲתִינֵּיהּ – לָא מַסְּקִינַן לֵיהּ, חָיְישִׁינַן לְזִילוּתָא דְבֵי דִינָא. וְרַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל סָבַר: אֲנַן אַחֲתִינֵּיהּ, וַאֲנַן מַסְּקִינַן לֵיהּ; וּלְזִילוּתָא דְבֵי דִּינָא לָא חָיְישִׁינַן.
La Guemara explique la divergence : Et ici il s’agit de la crainte d’un mépris envers le tribunal sur laquelle ils sont en désaccord. Rabbi Elazar soutient : Une fois que nous l’avons rétrogradé de son statut présumé de prêtrise sur la base du témoignage de deux témoins, nous ne l’élevons pas ensuite, car nous craignons un mépris envers le tribunal, puisqu’un revirement dans la décision du tribunal donne l’impression que le tribunal agit de manière indécise. Et Rabban Shimon ben Gamliel soutient : Nous l’avons rétrogradé de son statut présumé de prêtrise et nous l’élevons ensuite, et nous ne craignons pas un mépris envers le tribunal. La préoccupation principale est que l’affaire soit tranchée sur la base des témoignages pertinents.
מַתְקֵיף לַהּ רַב אָשֵׁי: אִי הָכִי, מַאי אִירְיָא חַד? אֲפִילּוּ בִּתְרֵי נָמֵי! אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: דְּכוּלֵּי עָלְמָא לָא חָיְישִׁינַן לְזִילוּתָא דְבֵי דִינָא; וְהָכָא – בִּלְצָרֵף עֵדוּת קָא מִיפַּלְגִי. וּבִפְלוּגְתָּא דְהָנֵי תַנָּאֵי –
Rav Ashi objecte à l’analyse selon laquelle ils sont en désaccord au sujet de la crainte du mépris envers le tribunal : Si tel est le cas, pourquoi précisément est-il nécessaire d’établir le différend dans un cas où d’abord un témoin a témoigné quant à sa lignée sans défaut, puis un autre a témoigné plus tard ? La même chose serait vraie même dans un cas où deux témoins ont témoigné ensemble qu’il est inapte à la prêtrise et le tribunal l’a rétrogradé, et deux témoins ont témoigné ensemble qu’il est apte à la prêtrise et le tribunal l’a élevé. Les tanna’im seraient aussi en désaccord, puisque la même crainte s’applique. Au contraire, Rav Ashi a dit : Tous conviennent que nous ne craignons pas le mépris envers le tribunal. Et ici, il s’agit de savoir si le tribunal est capable de combiner le témoignage de deux témoins isolés qu’ils sont en désaccord, et c’est au sujet de la question qui fait l’objet du différend suivant entre ces tanna’im.
דְּתַנְיָא: לְעוֹלָם אֵין עֵדוּתָן מִצְטָרֶפֶת, עַד שֶׁיִּרְאוּ שְׁנֵיהֶן כְּאֶחָד. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קָרְחָה אוֹמֵר: אֲפִילּוּ בְּזֶה אַחַר זֶה. אֵין עֵדוּתָן מִתְקַיֶּימֶת בְּבֵית דִּין, עַד שֶׁיָּעִידוּ שְׁנֵיהֶם כְּאֶחָד. רַבִּי נָתָן אוֹמֵר: שׁוֹמְעִין דְּבָרָיו שֶׁל זֶה הַיּוֹם, וּלִכְשֶׁיָּבֹא חֲבֵירוֹ לְמָחָר – שׁוֹמְעִין דְּבָרָיו.
Comme il est enseigné dans une baraita (Tosefta, Sanhedrin 5:5) : Le témoignage de témoins individuels ne se combine jamais à moins que ce ne soit de telle sorte que les deux voient l’incident se produire ensemble comme un seul. Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Leur témoignage se combine même dans un cas où ils ont été témoins de l’événement l’un après l’autre, mais leur témoignage n’est établi au tribunal que si c’est de telle sorte que les deux témoignent ensemble comme un seul. Rabbi Natan dit : Ils ne sont pas tenus de témoigner ensemble. Leur témoignage est combiné même si le tribunal entend la déclaration de ce témoin aujourd’hui et lorsque l’autre témoin arrive demain, le tribunal entend sa déclaration. Rabbi Elazar et Rabban Shimon ben Gamliel sont en désaccord dans la dispute entre Rabbi Natan et les Sages quant à savoir si les témoignages séparés peuvent être combinés.
הָהוּא דַּאֲמַר לְחַבְרֵיהּ: מַאי בָּעֵית בְּהַאי אַרְעָא? אֲמַר לֵיהּ: מִינָּךְ זְבֵינְתַּהּ, וְהָא שְׁטָרָא.
§ La Guemara rapporte un incident dans lequel deux personnes contestaient la propriété d’un terrain. Il y avait une certaine personne qui dit à une autre : Que veux-tu faire de cette terre qui est à moi ? Le possesseur lui dit : Je te l’ai achetée, et ceci est l’acte de vente.