בַּאֲבָהָתָא מִי אִתַּכְחַשׁ?!
a-t-il été le témoignage contredit en ce qui concerne la propriété des ancêtres ?
לֵימָא רָבָא וְרַב נַחְמָן – בִּפְלוּגְתָּא דְּרַב הוּנָא וְרַב חִסְדָּא קָמִיפַּלְגִי?
La Guemara demande : Dirons-nous que Rava et Rav Naḥman sont en désaccord dans la controverse entre Rav Houna et Rav Ḥisda ?
דְּאִיתְּמַר: שְׁתֵּי כִּתֵּי עֵדִים הַמַּכְחִישׁוֹת זוֹ אֶת זוֹ – אָמַר רַב הוּנָא: זוֹ בָּאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּמְעִידָה, וְזוֹ בָּאָה בִּפְנֵי עַצְמָהּ וּמְעִידָה. וְרַב חִסְדָּא אָמַר: בַּהֲדֵי סָהֲדֵי שַׁקָּרֵי לְמָה לִי? לֵימָא רַב נַחְמָן – דְּאָמַר כְּרַב הוּנָא, וְרָבָא כְּרַב חִסְדָּא?
Comme cela a été énoncé au sujet de deux groupes de témoins qui se contredisent l’un l’autre, selon quoi Rav Huna dit : Celui-ci vient au tribunal de lui-même et témoigne, et celui-là vient au tribunal de lui-même et témoigne. Bien qu’il soit certain que l’un des groupes ait témoigné faussement, ce qui devrait servir à disqualifier l’un des groupes, chaque groupe est en mesure de témoigner dans une autre affaire. Et Rav Ḥisda dit : Pourquoi ai-je besoin de ces témoins menteurs ? En d’autres termes, ils sont tous disqualifiés pour témoigner dans une autre affaire jusqu’à ce qu’il soit clarifié lequel d’entre eux a témoigné faussement. La Guemara demande : Dirons-nous que Rav Naḥman est celui qui énonce sa décision conformément à l’opinion de Rav Huna, et que Rava énonce sa décision conformément à l’opinion de Rav Ḥisda ?
אַלִּיבָּא דְּרַב חִסְדָּא – כּוּלֵּי עָלְמָא לָא פְלִיגִי, כִּי פְּלִיגִי – אַלִּיבָּא דְרַב הוּנָא. רַב נַחְמָן – כְּרַב הוּנָא. וְרָבָא – עַד כָּאן לָא קָאָמַר רַב הוּנָא אֶלָּא לְעֵדוּת אַחֶרֶת, אֲבָל לְאוֹתָהּ עֵדוּת – לָא.
La Guemara explique : Selon l’opinion de Rav Ḥisda, qui soutient que les témoins sont disqualifiés, tout le monde s’accorde à dire que le témoignage concernant la propriété ancestrale n’est pas accepté, car les témoins ont été contredits au sujet de leur témoignage sur l’usage du terrain, et la décision de Rav Naḥman ne peut pas correspondre à son opinion. Lorsque Rav Naḥman et Rava sont en désaccord, c’est selon l’opinion de Rav Huna, qui ne disqualifie pas les témoins. La décision de Rav Naḥman est conforme à l’opinion de Rav Huna, et il accepte donc le témoignage concernant la propriété ancestrale, et Rava dirait : Rav Huna dit que les témoins sont acceptés seulement pour un autre témoignage, c’est-à-dire dans une affaire différente. Mais ils ne sont pas acceptés pour le même témoignage, comme dans cet incident, où les deux témoignages concernaient la propriété du même terrain.
הֲדַר אַיְיתִי סָהֲדֵי דַּאֲבָהָתֵיהּ הִיא. אָמַר רַב נַחְמָן: אֲנַן אַחֲתִינֵּיהּ, אֲנַן מַסְּקִינַן לֵיהּ; לְזִילוּתָא דְבֵי דִינָא לָא חָיְישִׁינַן.
La Guemara rapporte la suite du cas ci-dessus. Celui qui avait apporté des témoins seulement sur le fait qu’il avait tiré profit du terrain apporta ensuite des témoins établissant qu’il avait appartenu à ses ancêtres, équilibrant ainsi les preuves des deux plaideurs. Par conséquent, Rav Naḥman dit : Nous avons auparavant fait descendre sur le terrain celui qui avait initialement des preuves de propriété ancestrale pour en prendre possession, et nous le faisons maintenant remonter de celui-ci, en le retirant du terrain. Et nous ne sommes pas préoccupés par le possible mépris du tribunal qui pourrait résulter d’une apparence d’indécision.
מֵתִיב רָבָא, וְאִיתֵּימָא רַבִּי זְעֵירָא: שְׁנַיִם אוֹמְרִים מֵת, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים לָא מֵת; שְׁנַיִם אוֹמְרִים נִתְגָּרְשָׁה, וּשְׁנַיִם אוֹמְרִים לֹא נִתְגָּרְשָׁה – הֲרֵי זוֹ לֹא תִּנָּשֵׂא, וְאִם נִשֵּׂאת לֹא תֵּצֵא. רַבִּי מְנַחֵם בְּרַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: תֵּצֵא.
Rava, et certains disent qu’il s’agit de Rabbi Zeira, soulève une objection à partir d’une baraita. S’il y avait un homme marié dont le sort était inconnu, et que deux témoins disaient : Cet homme marié est mort, et deux témoins disaient : Il n’est pas mort ; ou si deux témoins disaient : Cette femme a été divorcée, et deux témoins disaient : Elle n’a pas été divorcée, cette femme ne peut pas se marier, car il n’y a pas de témoignage sans équivoque qu’elle n’est plus mariée, mais si elle se marie, le mariage est valide et elle n’a pas besoin de quitter son mari. Rabbi Menaḥem, fils de Rabbi Yosei, dit : Elle doit quitter son mari.
אָמַר רַבִּי מְנַחֵם בְּרַבִּי יוֹסֵי: אֵימָתַי אֲנִי אוֹמֵר תֵּצֵא – בִּזְמַן שֶׁבָּאוּ עֵדִים וְאַחַר כָּךְ נִשֵּׂאת; אֲבָל נִשֵּׂאת וְאַחַר כָּךְ בָּאוּ עֵדִים – הֲרֵי זוֹ לֹא תֵּצֵא.
Rabbi Menaḥem, fils de Rabbi Yosei, a dit : Quand est-ce que je dis qu’elle doit quitter son mari ? Elle doit le quitter dans un cas où des témoins sont venus témoigner qu’elle est encore mariée et qu’ensuite elle s’est mariée malgré leur témoignage. Mais si elle s’est mariée et que les témoins sont ensuite venus témoigner qu’elle est encore mariée, cette femme n’est pas tenue de quitter son mari en raison de l’incertitude créée par des témoins contradictoires. Le fait qu’elle ne soit pas tenue de quitter son mariage à la lumière du nouveau témoignage semble indiquer une réticence à annuler la décision du tribunal selon laquelle elle peut se marier, contrairement à la décision de Rav Naḥman.
אֲמַר לֵיהּ: אֲנָא סְבַרִי לְמֶעְבַּד עוֹבָדָא; הַשְׁתָּא דְּאוֹתֵיבְתַּן אַתְּ, וְאוֹתְבַן רַב הַמְנוּנָא בְּסוּרְיָא – לָא עָבֵידְנָא בַּהּ עוֹבָדָא.
Rav Naḥman lui dit : J’avais pensé agir et annuler la décision du tribunal, mais maintenant que tu as soulevé une objection contre moi, et que Rav Hamnuna a aussi soulevé une objection semblable contre moi en Syrie, je n’agirai pas dans cette affaire.
נְפַק עֲבַד עוֹבָדָא. מַאן דַּחֲזָא, סָבַר: טָעוּתָא הִיא בִּידֵיהּ; וְלָא הִיא, אֶלָּא מִשּׁוּם דְּתַלְיָא בְּאַשְׁלֵי רַבְרְבֵי –
La Guemara rapporte que Rav Naḥman est alors sorti et a accompli un acte, retirant la terre au plaideur en faveur duquel il avait auparavant statué. Celui qui vit ce qu’il fit pensa qu’il avait commis une erreur, mais ce n’est pas le cas. Au contraire, il accomplit un acte malgré les objections qui avaient été soulevées parce que l’affaire dépend de grandes autorités [ashlei ravrevei]. Puisque, comme la Guemara le démontrera, cette question fait l’objet d’un différend entre de grandes autorités, il s’est appuyé sur celles qui soutenaient son opinion.
דִּתְנַן, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: אֵין מַעֲלִין לַכְּהוּנָּה עַל פִּי עֵד אֶחָד. אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: אֵימָתַי – בִּמְקוֹם שֶׁיֵּשׁ עוֹרְרִין, אֲבָל בִּמְקוֹם שֶׁאֵין עוֹרְרִין – מַעֲלִין לַכְּהוּנָּה עַל פִּי עֵד אֶחָד. רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן הַסְּגָן: מַעֲלִין לַכְּהוּנָּה עַל פִּי עֵד אֶחָד.
Comme nous l'avons appris dans une michna (Ketubot 23b) : Rabbi Yehouda dit : On n'élève pas quelqu'un au statut présumé de sacerdoce sur la base du témoignage d'un seul témoin. Deux témoins sont requis à cette fin. Rabbi Elazar dit : Quand est-ce la halakha ? Dans un cas où il y a des contestataires de sa prétention qu'il est prêtre. Mais dans un cas où il n'y a pas de contestataires, on élève quelqu'un au statut présumé de sacerdoce sur la base du témoignage d'un seul témoin. Rabban Shimon Ben Gamliel dit au nom de Rabbi Shimon, fils du vice grand prêtre : On élève quelqu'un au statut présumé de sacerdoce sur la base du témoignage d'un seul témoin.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל הַיְינוּ רַבִּי אֶלְעָזָר! וְכִי תֵּימָא: עַרְעָר חַד אִיכָּא בֵּינַיְיהוּ – רַבִּי אֶלְעָזָר סָבַר: עַרְעָר חַד,
La Guemara demande : L’opinion de Rabban Shimon ben Gamliel est identique à l’opinion de Rabbi Elazar, car ils conviennent qu’une personne est élevée au statut présumé de prêtrise sur la base d’un seul témoin lorsqu’il n’y a pas de contestataires. Quelle est leur divergence ? Et si vous dites qu’il y a une différence pratique entre eux dans un cas où il y a une contestation soulevée par une personne, puisque Rabbi Elazar soutient : Une contestation soulevée par une personne suffit à ébranler le statut présumé de prêtrise de quelqu’un, et deux témoins sont requis pour surmonter cette contestation;