אֲבָל שֵׁית – אֵין לְךָ מֶחָאָה גְּדוֹלָה מִזּוֹ.
Mais s’il a tiré profit de la terre pendant seulement six ans, de sorte que la vente au demandeur a eu lieu avant que ne soient accomplies les années nécessaires pour établir la présomption de propriété, tu ne peux avoir de protestation plus grande que celle-ci, à savoir que le vendeur présumé a alors vendu la terre à un autre. Ce faisant, il a indiqué qu’il ne reconnaît pas le possesseur comme le propriétaire légitime, et le possesseur aurait dû prendre soin de conserver son acte de vente pendant encore plus de trois ans.
זֶה אוֹמֵר: ״שֶׁל אֲבוֹתַי״, וְזֶה אוֹמֵר: ״שֶׁל אֲבוֹתַי״; הַאי אַיְיתִי סָהֲדֵי דַּאֲבָהָתֵיהּ הִיא, וְהַאי אַיְיתִי סָהֲדֵי דְּאַכְלַהּ שְׁנֵי חֲזָקָה –
Il y eut un incident où deux personnes contestèrent la propriété d’un terrain. Celui-ci dit : Le terrain appartenait à mes ancêtres et je l’ai hérité d’eux, et celui-là dit : Le terrain appartenait à mes ancêtres et je l’ai hérité d’eux. Celui-ci apporte des témoins que le terrain appartenait à ses ancêtres, et celui-là apporte des témoins que il possède actuellement le terrain et qu’il l’a travaillé et en a tiré profit pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété.
אָמַר רַבָּה: מָה לוֹ לְשַׁקֵּר? אִי בָּעֵי אֲמַר לֵיהּ: מִינָּךְ זְבֵנְתַּהּ וַאֲכַלְתִּיהָ שְׁנֵי חֲזָקָה. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: ״מָה לִי לְשַׁקֵּר״ בִּמְקוֹם עֵדִים – לָא אָמְרִינַן.
Rabba dit : Le jugement est en faveur du possesseur, en raison du principe juridique selon lequel, si le jugement aurait été rendu en sa faveur s’il avait avancé une certaine prétention, et qu’il a au contraire avancé une prétention différente menant à la même décision, il est crédible, car pourquoi mentirait-il et avancerait-il cette prétention ? Si le possesseur voulait mentir, il aurait pu dire au demandeur : J’ai acheté la terre de toi et j’ai travaillé et tiré profit d’elle pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété, auquel cas la terre lui aurait été attribuée. Abaye dit à Rabba : Nous ne disons pas le principe de : Pourquoi mentirais-je, dans un cas où il y a des témoins qui contredisent sa prétention actuelle, car ils témoignent que la terre appartenait aux ancêtres du demandeur. Par conséquent, la terre ne doit pas lui être attribuée.
הֲדַר אֲמַר לֵיהּ: אִין, דַּאֲבָהָתָךְ הִיא – וּזְבֵנְתַּהּ מִינָּךְ; וְהַאי דַּאֲמַרִי לָךְ דַּאֲבָהָתִי, דִּסְמִיךְ לִי עֲלַהּ כְּדַאֲבָהָתִי.
Le possesseur dit alors au demandeur : Oui, il est vrai que cela avait appartenu à vos ancêtres, mais je vous l’ai acheté, et en déclarant ce que je vous ai dit : Cela avait appartenu à mes ancêtres, je voulais simplement dire que je m’appuie sur ma propriété de cela comme si cela avait appartenu à mes ancêtres, puisque je l’ai acheté puis en ai tiré profit pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété.
טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן, אוֹ אֵין טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן? עוּלָּא אָמַר: טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן. נְהַרְדָּעֵי אָמְרִי: אֵינוֹ טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן.
La Guemara demande : Peut-il présenter une revendication puis revenir et présenter une version modifiée de sa revendication, ou ne peut-il pas présenter une revendication puis revenir et présenter une version modifiée de sa revendication ? Oulla a dit : Il peut présenter une revendication puis revenir et présenter une version modifiée de sa revendication. Les Sages de Neharde’a disent : Il ne peut pas présenter une revendication puis revenir et présenter une version modifiée de sa revendication.
וּמוֹדֵי עוּלָּא הֵיכָא דַּאֲמַר לֵיהּ: שֶׁל אֲבוֹתַי וְלֹא שֶׁל אֲבוֹתֶיךָ – דְּאֵינוֹ טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן. וְהֵיכָא דַּהֲוָה קָאֵי בֵּי דִינָא וְלָא טְעַן, וַאֲתָא מֵאַבָּרַאי וּטְעַן – אֵינוֹ חוֹזֵר וְטוֹעֵן. מַאי טַעְמָא? טַעְנְתֵיהּ אַגְמְרֵיהּ.
La Guemara clarifie leurs opinions respectives : Et Ulla concède que dans un cas où il avait d’abord dit : La terre appartenait à mes ancêtres et n’appartenait pas à tes ancêtres, il ne peut pas formuler une prétention puis revenir formuler une version modifiée de sa prétention, car Ulla permet au plaideur seulement de réinterpréter sa prétention initiale, et non de la remplacer par une prétention contradictoire. Et Ulla concède également que dans un cas où il se tenait au tribunal et n’a pas formulé une prétention particulière, et qu’ensuite il est entré de l’extérieur et est revenu au tribunal et a formulé cette prétention, il ne peut pas revenir et formuler cette prétention. Quelle en est la raison ? C’est parce qu’il est évident que ces prétentions de sa part lui ont été enseignées par quelqu’un après qu’il a quitté le tribunal.
וּמוֹדוּ נְהַרְדָּעֵי הֵיכָא דַּאֲמַר לֵיהּ: שֶׁל אֲבוֹתַי שֶׁלְּקָחוּהָ מֵאֲבוֹתֶיךָ – דְּחוֹזֵר וְטוֹעֵן. וְהֵיכָא דְּאִישְׁתַּעִי מִילֵּי אַבָּרַאי וְלָא טְעַן, וַאֲתָא לְבֵי דִינָא וּטְעַן – דְּחוֹזֵר וְטוֹעֵן. מַאי טַעְמָא? עֲבִיד אִינִישׁ דְּלָא מְגַלֵּי טַעְנְתֵיהּ אֶלָּא לְבֵי דִינָא.
Et les Sages de Neharde’a reconnaissent que dans un cas où le plaideur qui a modifié sa prétention a dit à l’autre plaideur que, lorsqu’il avait initialement affirmé : La terre appartenait à mes ancêtres, il voulait en réalité dire : Elle appartenait à mes ancêtres, qui l’ont achetée à tes ancêtres, il peut formuler une prétention et revenir formuler une version modifiée de sa prétention, car cela ne sert qu’à clarifier, et non à nier, sa prétention initiale. Et les Sages de Neharde’a reconnaissent aussi que dans un cas où il a discuté de l’affaire en dehors du tribunal et n’a pas formulé de prétention particulière, et qu’ensuite il est venu au tribunal et a formulé cette prétention, il peut revenir formuler cette prétention. Quelle en est la raison ? Parce qu’une personne est portée à ne révéler ses prétentions qu’au tribunal.
אָמַר אַמֵּימָר: אֲנָא נְהַרְדָּעָא אֲנָא, וּסְבִירָא לִי דְּטוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן. וְהִלְכְתָא: טוֹעֵן וְחוֹזֵר וְטוֹעֵן.
Ameimar a dit : Je suis de Neharde’a, mais je soutiens néanmoins que un plaideur peut présenter une demande, puis revenir et présenter une version modifiée de sa demande. La Guemara conclut : Et la halakha est qu’un plaideur peut présenter une demande, puis revenir et présenter une version modifiée de sa demande.
זֶה אוֹמֵר: שֶׁל אֲבוֹתַי, וְזֶה אוֹמֵר: שֶׁל אֲבוֹתַי; הַאי אַיְיתִי סָהֲדֵי דַּאֲבָהָתֵיהּ וְאַכְלַהּ שְׁנֵי חֲזָקָה, וְהַאי אַיְיתִי סָהֲדֵי דְּאַכְלַהּ שְׁנֵי חֲזָקָה.
Dans un cas où deux personnes contestent la propriété d’un terrain, celle-ci dit : Le terrain appartenait à mes ancêtres et je l’ai hérité d’eux, et celle-là dit : Le terrain appartenait à mes ancêtres et je l’ai hérité d’eux. La première apporte des témoins que le terrain appartenait à ses ancêtres, et qu’elle a travaillé la terre et en a tiré profit pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété. Et la seconde apporte des témoins seulement que elle a travaillé la terre et en a tiré profit pendant les années nécessaires pour établir la présomption de propriété.
אָמַר רַב נַחְמָן: אוֹקִי אֲכִילָה לְבַהֲדֵי אֲכִילָה, וְאוֹקִי אַרְעָא בְּחֶזְקַת אֲבָהָתָא. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: הָא עֵדוּת מוּכְחֶשֶׁת הִיא! אֲמַר לֵיהּ: נְהִי דְּאִיתַּכְחַשׁ בַּאֲכִילְתָה,
Rav Naḥman a dit : Établis le témoignage concernant le profit tiré par le premier plaideur aux côtés du témoignage concernant le profit tiré par le second, et les deux témoignages s’annulent l’un l’autre, laissant le témoignage concernant la propriété par les ancêtres du premier plaideur. Et donc, maintiens la terre dans la possession présumée du plaideur qui a amené des témoins qu’elle appartenait à ses ancêtres. Rava objecta et lui dit : Ce témoignage ne peut pas être retenu, car il est contredit par l’autre témoignage. Rav Naḥman répondit et lui dit : Bien que ce soit ainsi que le témoignage a été contredit en ce qui concerne le profit tiré de la terre,