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וַהֲלֹא אֵינוֹ דּוֹמֶה זְמַנּוֹ שֶׁל זֶה לִזְמַנּוֹ שֶׁל זֶה! פָּשׁוּט; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שָׁנָה, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם. מְקוּשָּׁר; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ.
Mais la date de celui-ci, un document lié, n’est pas la même que la date de celui-là, un document ordinaire. Dans un document ordinaire, lorsque le roi a régné pendant un an, une année lui est comptée, et lorsqu’il a régné pendant deux ans, deux années lui sont comptées. En revanche, dans un document lié, lorsque le roi a régné pendant un an, deux années lui sont comptées, et lorsqu’il a régné pendant deux ans, trois années lui sont comptées. Si un document lié est simplement ouvert et utilisé comme un document ordinaire, alors il apparaîtra qu’il est postdaté d’un an.
וְזִימְנִין דְּיָזֵיף מִינֵּיהּ זוּזֵי בִּמְקוּשָּׁר, וּמִיתְרְמֵי לֵיהּ זוּזֵי בֵּינֵי בֵּינֵי וּפָרַע לֵיהּ; וְאָמַר לֵיהּ: הַב לִי שְׁטָרַאי, וְאָמַר לֵיהּ: אִירְכַס לִי; וְכָתֵב לֵיהּ תְּבָרָא;
Rabbi Yehouda HaNassi poursuit : Et il y a des moments où cela peut être problématique, comme dans un cas le débiteur emprunte de l’argent à le créancier, et les détails du prêt sont écrits dans un document lié. Et le débiteur tombe par hasard sur un peu d’argent entre-temps, c’est-à-dire pendant la première année après la rédaction du document, et il rembourse le créancier, et lui dit : Rends-moi mon billet à ordre, puisque je viens de te rembourser. Et le créancier dit au débiteur : J’ai perdu le document et je ne peux pas te le rendre. Et au lieu de rendre le billet à ordre, le créancier écrit un reçu pour le débiteur, comme protection contre un second recouvrement.
וְכִי מָטֵי זִמְנֵיהּ, מְשַׁוֵּי לֵיהּ פָּשׁוּט, וְאָמַר לֵיהּ: הָנֵי הַשְׁתָּא דִּיזַפְתְּ מִינַּאי!
Rabbi Yehouda HaNassi poursuit : Et alors, lorsque arrive le moment du remboursement inscrit dans le billet à ordre, le créancier le transformera en un document ordinaire en défaisant ses coutures et en l’ouvrant, et il pourra alors dire au débiteur : C’est maintenant que tu as emprunté cet argent de moi, comme l’atteste ce billet à ordre, et le reçu que tu as en ta possession concerne une dette antérieure, puisque sa date précède la date figurant sur mon document.
קָא סָבַר: אֵין כּוֹתְבִין שׁוֹבָר.
La Guemara répond : Rabbi Ḥanina ben Gamliel soutient que, dans de tels cas, on n’écrit pas de reçu. Si un créancier perd son billet à ordre, le débiteur n’a pas du tout besoin de le payer, de crainte que la dette ne soit un jour recouvrée de nouveau lorsque le billet à ordre sera retrouvé. Il n’est pas tenu de payer la dette et d’accepter seulement un reçu, qu’il devra alors conserver en permanence pour se protéger contre un second recouvrement.
וּמִי בָּקִי רַבִּי בִּמְקוּשָּׁר? וְהָא הָהוּא מְקוּשָּׁר דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאָמַר רַבִּי: שְׁטָר מְאוּחָר זֶה! וְאָמַר לוֹ זוּנִין לְרַבִּי: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; מָלַךְ שָׁנָה – מוֹנִין לוֹ שְׁתַּיִם, שְׁתַּיִם – מוֹנִין לוֹ שָׁלֹשׁ!
La Guemara demande au sujet de la discussion précédente : Et Rabbi Yehouda HaNassi était-il expert en les halakhot des documents attachés ? Mais n’y avait-il pas un certain document attaché qui fut présenté devant Rabbi Yehouda HaNassi, et lorsque Rabbi Yehouda HaNassi vit la date, il dit : Ceci est un document antidaté. Et un Sage nommé Zunin dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Telle est la coutume de cette nation ; lorsque le roi a régné pendant un an, on lui en compte deux, et lorsqu’il a régné pendant deux ans, on lui en compte trois. Le document n’est donc pas antidaté. De cette anecdote, il ressort clairement que Rabbi Yehouda HaNassi lui-même ne connaissait pas cette pratique.
בָּתַר דְּשַׁמְעַהּ מִזּוּנִין, סַבְרַהּ.
La Guemara répond : Après que Rabbi Yehouda HaNassi l’eut entendu de Zunin, il accepta l’explication et soutint lui-même cette approche, et c’est ce qui le poussa à soulever son objection.
הָהוּא שְׁטָרָא דַּהֲוָה כְּתִב בֵּיהּ: ״בִּשְׁנַת פְּלוֹנִי אַרְכָן״. אָמַר רַבִּי חֲנִינָא: יִבְדֹּק אֵימָתַי עָמַד אַרְכָן בְּאַרְכָנוּתֵיהּ.
§ Il y avait un certain document sur lequel était écrit, comme date : En l’année d’un tel, Archonte [Arkhan], un titre pour un dirigeant, sans indiquer une année particulière de son règne. Rabbi Ḥanina dit : Qu’on examine quand cet Archonte s’éleva à sa position d’archonte, c’est-à-dire qu’on détermine l’année où il est arrivé au pouvoir, et la validité du document est établie à partir de cette année.
וְדִלְמָא דַּאֲרִיךְ מַלְכוּתֵיהּ! אָמַר רַב הוֹשַׁעְיָא: כָּךְ מִנְהָגָהּ שֶׁל אוּמָּה זוֹ; שָׁנָה רִאשׁוֹנָה – קוֹרִין לוֹ ״אַרְכָן״, שְׁנִיָּה – קוֹרִין לוֹ דִּיגוֹן.
La Guemara suggère : Mais peut-être que le rédacteur du document utilisait un terme araméen ou hébreu, et voulait dire que le règne de untel s’était déjà prolongé [arikh] pendant plusieurs années. Rav Hoshaya dit : Telle est la coutume de cette nation là où le document a été rédigé : La première année du règne du roi, on le désigne par le titre Archon ; la deuxième année, on le désigne par le titre Digon.
וְדִלְמָא עַבּוֹרֵי עַבְּרוּהוּ, וַהֲדַר אוֹקְמוּהוּ! אָמַר רַבִּי יִרְמְיָה: הָהוּא ״אַרְכָן דִּיגוֹן״ קָרְאוּ לֵיהּ.
La Guemara suggère : Mais peut-être que le peuple a destitué le dirigeant puis l’a rétabli, et le document a été rédigé durant la première année de son second règne. Rabbi Yirmeya a dit : Dans ce cas, ils le désigneraient par le titre Archonte Digon.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״הֲרֵינִי נָזִיר הֵינָא״ – סוֹמְכוֹס אָמַר: ״הֵינָא״ – אַחַת. ״דִּיגוֹן״ – שְׁתַּיִם. ״טְרִיגוֹן״ – שָׁלֹשׁ. ״טֶטְרִיגוֹן״ – אַרְבַּע. ״פֶּנְטִיגוֹן״ – חָמֵשׁ.
§ À propos de ces termes grecs, la Guemara cite deux baraitot qui les mentionnent. Les Sages ont enseigné (Tosefta, Nazir 1:2) que si quelqu’un a dit : Me voici nazir heina, ou a formulé une expression semblable avec d’autres termes grecs comparables, Sumakhos a dit que son statut dépend du terme qu’il a employé. S’il a employé le mot heina, il est nazir pour une période de naziréat, c’est-à-dire trente jours ; s’il a dit digon, il est nazir pour deux périodes de trente jours chacune ; s’il a dit terigon, il est nazir pour trois périodes ; tetrigon, pour quatre périodes ; pentigon, pour cinq périodes.
תָּנוּ רַבָּנַן: בַּיִת עָגוֹל; דִּיגוֹן; טְרִיגוֹן; פֶּנְטִיגוֹן – אֵינוֹ מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים. טֶטְרִיגוֹן – מִטַּמֵּא בִּנְגָעִים.
Les Sages ont enseigné dans une autre baraita (Tosefta, Nega’im 6:3) : Une maison ronde, ou une maison ayant la forme d’un digon, c’est-à-dire avec deux murs, l’un droit et l’autre courbe, ou une maison ayant la forme d’un terigon, c’est-à-dire un triangle, ou une maison ayant la forme d’un pentagone, ne devient pas susceptible à l’impureté rituelle des taches lépreuses. Si elle a la forme d’un tetrigon, c’est-à-dire un quadrilatère, elle devient susceptible à l’impureté rituelle des taches lépreuses.
מְנָא הָנֵי מִילֵּי? דְּתָנוּ רַבָּנַן, לְמַעְלָה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; לְמַטָּה אוֹמֵר: ״קִיר–קִירֹת״ – שְׁתַּיִם; הֲרֵי כָּאן אַרְבַּע.
La Guemara demande : D’où ces éléments sont-ils dérivés ? La Guemara répond : C’est comme les Sages l’ont enseigné dans une baraita : La Torah déclare plus haut : « Si la plaie est dans les murs de la maison » (Lévitique 14:37). Le verset n’a pas dit : Un mur, mais « murs », indiquant que la maison en question a au moins deux murs. Et là où il est dit plus bas : « Si la plaie s’est étendue dans les murs de la maison » (Lévitique 14:39), au lieu de dire : Un mur, le verset dit « murs », indiquant encore deux murs. Il y a au total quatre murs mentionnés ici, afin d’indiquer qu’une maison ne peut devenir impure à cause de taches lépreuses que si elle a quatre côtés.
הָהוּא מְקוּשָּׁר דַּאֲתָא לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי, וְאָמַר רַבִּי: אֵין זְמַן בָּזֶּה?! אֲמַר לֵיהּ רַבִּי שִׁמְעוֹן בַּר רַבִּי לְרַבִּי: שֶׁמָּא בֵּין קְשָׁרָיו מוּבְלָע? פַּלְיֵיהּ, וְחַזְיֵיהּ. הֲדַר חֲזָא בֵּיהּ רַבִּי בְּבִישׁוּת. אֲמַר לֵיהּ: לָאו אֲנָא כְּתַבְתֵּיהּ, רַבִּי יְהוּדָה חַיָּיטָא כַּתְבֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: כְּלָךְ מִלָּשׁוֹן הָרָע הַזֶּה.
§ La Guemara raconte : Il y avait un certain document attaché qui fut présenté devant Rabbi Yehouda HaNassi, et Rabbi Yehouda HaNassi, sans se rendre compte qu’il s’agissait d’un document plié, dit : Il n’y a pas de date sur ce document, il n’est donc pas valide. Rabbi Chimon, fils de Rabbi Yehouda HaNassi, dit à Rabbi Yehouda HaNassi : Peut-être que la date est cachée entre ses plis attachés. Rabbi Yehouda HaNassi l’ouvrit et vit que la date se trouvait effectivement entre les plis attachés. Ensuite, Rabbi Yehouda HaNassi regarda son fils avec désapprobation, car il estimait qu’on ne devait pas rédiger un document attaché. Son fils lui dit : Ce n’est pas moi qui l’ai écrit ; Rabbi Yehouda Ḥayyata l’a écrit. Rabbi Yehouda HaNassi dit à son fils : Détourne-toi de ce genre de parole malveillante.
זִימְנִין הֲוָה יָתֵיב קַמֵּיהּ, וְקָא פָסֵיק סִידְרָא בְּסֵפֶר תְּהִלִּים; אָמַר רַבִּי: כַּמָּה מְיוּשָּׁר כְּתָב זֶה! אֲמַר לֵיהּ: לָאו אֲנָא כְּתַבְתֵּיהּ, יְהוּדָה חַיָּיטָא כַּתְבֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: כְּלָךְ מִלָּשׁוֹן הָרָע הַזֶּה.
Une autre fois, Rabbi Shimon était assis devant son père et récitait une section du livre des Psaumes. Rabbi Yehuda HaNasi lui dit : Comme cette écriture est droite et soignée dans ce livre dont tu lis. Rabbi Shimon lui dit : Ce n’est pas moi qui l’ai écrit ; Yehuda Ḥayyata l’a écrit. Rabbi Yehuda HaNasi dit à son fils : Détourne-toi de proférer ce genre de parole malveillante.
בִּשְׁלָמָא הָתָם, אִיכָּא לָשׁוֹן הָרָע; אֶלָּא הָכָא, מַאי לָשׁוֹן הָרָע אִיכָּא? מִשּׁוּם דְּרַב דִּימִי – דְּתָנֵי רַב דִּימִי אֲחוּהּ דְּרַב סָפְרָא: לְעוֹלָם אַל יְסַפֵּר אָדָם בְּטוֹבָתוֹ שֶׁל חֲבֵירוֹ, שֶׁמִּתּוֹךְ טוֹבָתוֹ בָּא לִידֵי רָעָתוֹ.
La Guemara demande : Certes, là-bas, dans le premier épisode, il y a de la parole malveillante en jeu, puisque Rabbi Yehouda HaNassi était mécontent du rédacteur du document, mais ici, dans le second épisode, quelle parole malveillante y a-t-il ? Rabbi Yehouda HaNassi faisait l’éloge du rédacteur du livre des Psaumes, il ne le critiquait pas. La Guemara répond : C’est à cause de ce que Rav Dimi enseigne. Car Rav Dimi, le frère de Rav Safra, enseigne : Une personne ne devrait jamais parler des louanges d’une autre, car, à partir de la louange dite à son sujet, quelqu’un peut en venir à parler à son détriment.
אָמַר רַב עַמְרָם אָמַר רַב: שָׁלֹשׁ עֲבֵירוֹת אֵין אָדָם נִיצּוֹל מֵהֶן בְּכׇל יוֹם – הִרְהוּר עֲבֵירָה, וְעִיּוּן תְּפִלָּה, וְלָשׁוֹן הָרָע. לָשׁוֹן הָרָע סָלְקָא דַּעְתָּךְ?!
Rav Amram dit que Rav dit : Il y a trois péchés dont une personne n’est pas épargnée chaque jour. Ce sont : avoir des pensées pécheresses, et commettre des fautes concernant la concentration dans la prière, et proférer des paroles malveillantes. La Guemara demande : Peut-il vous venir à l’esprit qu’une personne ne puisse pas passer la journée sans proférer des paroles malveillantes ?

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