הָנִיחָא לְרַב כָּהֲנָא – דְּמַתְנֵי לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל, שַׁפִּיר; אֶלָּא לְרַב טָבְיוֹמֵי – דְּמַתְנֵי לַהּ מִשְּׁמֵיהּ דְּרַב, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר?
Cela s’arrange bien, c’est-à-dire que cette préoccupation ne s’applique pas, selon Rav Kahana, qui enseigne au nom de Shmuel qu’un document dont le contenu et les signatures de ses témoins sont tous deux écrits sur un grattage est valide ; selon lui, tout va bien. C’est Rav qui dit qu’un espace rempli d’encre entre les signatures des témoins et la ratification du tribunal est acceptable, et c’est Shmuel qui dit qu’un document écrit et signé sur un grattage est acceptable. Mais selon Rav Tavyumei, qui enseigne cette dernière déclaration au nom de Rav, que peut-on dire ? Selon lui, Rav a dit les deux déclarations, et prises ensemble elles posent une difficulté : l’espace rempli d’encre entre les signatures des témoins et la ratification peut facilement être effacé, et un nouveau document avec des signatures peut être écrit sur le grattage.
קָסָבַר: כׇּל כִּי הַאי גַוְונָא, אֵין מְקַיְּימִין אוֹתוֹ מִן הָאַשַּׁרְתָּא שֶׁבּוֹ, אֶלָּא מִן הָעֵדִים שֶׁבּוֹ.
La Guemara répond : Rav soutient que, dans tous les cas comme celui-ci, où un document et les signatures de ses témoins sont écrits sur un grattage et où il y a une ratification du tribunal sur une partie non grattée du papier, le tribunal ultérieur ratifie le document non sur la base de la ratification du tribunal précédent qui s’y trouve, mais seulement sur la base des signatures des témoins qui s’y trouvent. Par conséquent, la falsification d’un document de cette manière est impossible, puisque la ratification antérieure du tribunal est écartée, et les témoins attesteront ce qu’ils ont signé.
וְרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא בֵּין הָעֵדִים לַכְּתָב, אֲבָל בֵּין עֵדִים לָאַשַּׁרְתָּא – אֲפִילּוּ שִׁיטָה אַחַת פָּסוּל.
La Guemara cite un autre avis : Et Rabbi Yoḥanan dit : Ils ont enseigné dans la baraita qu’un espace d’une ligne n’invalide le document que dans le cas où cet espace se trouve entre les signatures des témoins et le texte du document. Mais si l’espace se trouve entre les signatures des témoins et la ratification du document par un tribunal, alors un espace de même une ligne rend le document invalide.
מַאי שְׁנָא בֵּין עֵדִים לָאַשַּׁרְתָּא – דִּלְמָא גָּיֵיז לְעִילַּאי, וְכָתֵב הוּא וְעֵדָיו בְּשִׁיטָה אַחַת, וְקָסָבַר: שְׁטָר הַבָּא הוּא וְעֵדָיו בְּשִׁיטָה אַחַת – כָּשֵׁר;
La Guemara demande : Quelle différence y a-t-il dans le cas où il y a un espace d’une ligne entre les signatures des témoins et la ratification du tribunal, pour que tu dises que ce n’est pas valide ? La Guemara répond : On craint que peut-être le détenteur du document efface tout le texte du document en haut de la feuille et qu’il écrive ensuite un nouveau document bref, avec son texte et les signatures de ses témoins sur une seule ligne. La ratification du tribunal semblera authentifier le nouveau document falsifié. Et Rabbi Yoḥanan soutient qu’un document qui se présente devant le tribunal avec son texte et les signatures de ses témoins apparaissant sur une seule ligne est valide.
אִי הָכִי, בֵּין עֵדִים לַכְּתָב נָמֵי – דִּלְמָא גָּיֵיז לֵיהּ לְעִילַּאי, וְכָתֵב מַאי דְּבָעֵי, וַחֲתִימִי סָהֲדֵי! קָא סָבַר: שְׁטָר הַבָּא הוּא בְּשִׁיטָה אַחַת, וְעֵדָיו בְּשִׁיטָה אַחֶרֶת – פָּסוּל.
La Guemara suggère : Si tel est le cas, le même problème existe aussi lorsqu’il y a un espace d’une ligne entre les signatures des témoins et le texte : Il faudrait craindre que peut-être il efface tout le texte du document en haut de la feuille et qu’il écrive ensuite ce qu’il veut dans un bref document d’une seule ligne. Et les signatures des témoins sur la ligne suivante, qui s’y trouvent déjà depuis l’ancien document, seront toujours signées là, donnant l’apparence d’attester la véracité du nouveau document d’une seule ligne. La Guemara répond : Rabbi Yoḥanan soutient qu’un document qui se présente devant le tribunal avec son texte sur une ligne et les signatures de ses témoins figurant sur une autre ligne, c’est-à-dire sur la ligne suivante, n’est pas valide.
וְלֵיחוּשׁ דִּלְמָא כָּתֵב הוּא וְעֵדָיו בְּשִׁיטָה אַחַת, וְאָמַר: אֲנָא לְרַבּוֹת בְּעֵדִים הוּא דַּעֲבַדִי!
La Guemara suggère : Et qu’il y ait une crainte que peut-être le détenteur du document efface tout le document, ne laissant que la ligne vide et les signatures qui la suivent, puis il écrira un document bref dans lequel son texte et les signatures de ses témoins sont sur une seule ligne, suivis des signatures originales restées du document initial, et il dira : J’ai fait cela afin d’augmenter le nombre de témoins, pour mieux faire connaître l’affaire écrite dans le document. Le document peut donc encore être falsifié.
קָסָבַר: כֹּל כִּי הַאי גַוְונָא – אֵין מְקַיְּימִין אוֹתוֹ מִן הָעֵדִים שֶׁלְּמַטָּה, אֶלָּא מִן הָעֵדִים שֶׁלְּמַעְלָה.
La Guemara répond : Rabbi Yoḥanan soutient que, dans tous les cas comme celui-ci, où un document et les signatures de ses témoins sont écrits sur une seule ligne, suivis d’autres signatures sur les lignes suivantes, le tribunal ratifie le document non sur la base des signatures des témoins qui sont en bas, mais sur la base des signatures des témoins qui sont en haut, sur la même ligne que le texte. Par conséquent, falsifier un document de cette manière est impossible. Les fausses signatures des témoins seront découvertes lorsque ces témoins attesteront ce qu’ils ont signé.
גּוּפָא – אָמַר רַב: שְׁטָר הַבָּא הוּא וְעֵדָיו עַל הַמְּחָק – כָּשֵׁר.
§ Après avoir cité la déclaration de Rav, la Guemara discute la question elle-même. Rav dit : Un document qui parvient devant le tribunal, dans lequel son contenu et les signatures de ses témoins sont tous deux écrits sur un grattage, est valide.