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שִׁיֵּיר קַרְקַע כׇּל שֶׁהוּא – מַתְּנָתוֹ קַיֶּימֶת. וְכַמָּה ״כׇּל שֶׁהוּא״? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: קַרְקַע כְּדֵי פַרְנָסָתוֹ. וְרַב יִרְמְיָה בַּר אַבָּא אָמַר: מְטַלְטְלִין כְּדֵי פַרְנָסָתוֹ.
§ La michna enseigne (146b) : Si une personne sur son lit de mort s’est réservé une quelconque quantité de terre, son don reste valable même si elle guérit par la suite. La Guemara demande : Et quelle quantité entend-on par l’expression : Une quelconque quantité ? Rav Yehouda dit que Rav dit : Cela signifie une terre qui soit suffisante pour assurer sa subsistance. Puisqu’il s’est réservé cette terre, on peut supposer qu’il souhaitait de toute façon transférer le reste de ses biens. Et Rav Yirmeya bar Abba dit : Même s’il s’est réservé des biens meubles suffisants pour assurer sa subsistance, son don est valable.
אָמַר רַבִּי זֵירָא: כַּמָּה מְכַוְּונָן שְׁמַעְתָּתָא דְסָבֵי; קַרְקַע טַעְמָא מַאי – דְּאִי קָאֵי סָמֵיךְ עֲלֵיהּ; מִטַּלְטְלִי נָמֵי – אִי קָאֵי סָמֵיךְ עִילָּוַיְהוּ.
Rabbi Zeira a dit : Comme elles sont méticuleuses, les déclarations halakhiques des anciens Rav Yehouda et Rav Yirmeya. En ce qui concerne la terre, quelle est la raison pour laquelle il devait avoir réservé assez pour sa subsistance ? La raison est que s’il guérit, il s’appuiera sur cette terre pour sa subsistance. En ce qui concerne les biens meubles aussi, s’il guérit, il s’appuiera sur eux pour sa subsistance.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: וּמַאי כַּוּוֹנְתָּא? מַאן דְּאָמַר מְטַלְטְלִין – ״קַרְקַע״ תְּנַן! מַאן דְּאָמַר: כְּדֵי פַרְנָסָתוֹ – ״כׇּל שֶׁהוּא״ תְּנַן!
Rav Yosef objecte à la déclaration de Rabbi Zeira : Qu’y a-t-il de méticuleux dans ces déclarations ? La déclaration de celui qui dit que le don est valable même s’il s’est réservé des biens meubles est difficile, car nous apprenons dans la michna qu’il doit se laisser à lui-même de la terre. La déclaration de celui qui dit qu’il doit se laisser une somme suffisante pour assurer sa subsistance est difficile, car nous apprenons dans la michna que son don est valable s’il s’est réservé n’importe quelle quantité.
אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: וְכׇל הֵיכָא דְּתָנֵי ״קַרְקַע״ – קַרְקַע דַּוְקָא? וְהָא תְּנַן: הַכּוֹתֵב כׇּל נְכָסָיו לְעַבְדּוֹ – יָצָא בֶּן חוֹרִין. שִׁיֵּיר קַרְקַע כָּל שֶׁהוּא, לֹא יָצָא בֶּן חוֹרִין. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְעוֹלָם הוּא בֶּן חוֹרִין, עַד שֶׁיֹּאמַר: ״כׇּל נְכָסַי נְתוּנִין לִפְלוֹנִי עַבְדִּי, חוּץ מֵאֶחָד מֵרִבּוֹא שֶׁבָּהֶן״.
Abaye dit à Rav Yosef : Et partout où le terme terre est enseigné, cela signifie-t-il spécifiquement la terre ? Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Pe’a 3:8) : En ce qui concerne quelqu’un qui écrit, c’est-à-dire qui donne par un document, tous ses biens à son esclave cananéen, l’esclave a été affranchi, mais s’il s’est réservé pour lui-même une quelconque quantité de terre, alors il n’a pas été affranchi, car peut-être s’est-il aussi réservé l’esclave. Rabbi Shimon dit : Il devient toujours un homme libre quelle que soit la formulation du document, même si le propriétaire s’est réservé de la terre, à moins qu’il ne soit écrit dans le document : Tous mes biens sont donnés à untel, mon esclave, sauf un dix-millième de ceux-ci, car dans ce cas il est possible que le maître ait voulu inclure l’esclave dans la part qu’il ne donne pas. Par conséquent, l’esclave n’est pas affranchi.

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