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מִשְּׁמֵיהּ דְּרַבִּי עֲקִיבָא בַּר יוֹסֵף כְּווֹתֵיהּ. אָמַר רַב אָשֵׁי: וּמַאי קוּשְׁיָא? דִּלְמָא לְהָא מִילְּתָא בַּר מַזָּלֵיהּ הוּא!
au nom de le tanna bien connu Rabbi Akiva bar Yosef conformément à sa déclaration. Il est certain qu’on ne peut pas soutenir que le premier Sage ressemble par sa nature à l’illustre Rabbi Akiva, il a donc dû parvenir à sa déclaration par prophétie. Rav Ashi a dit : Et quelle est la difficulté à expliquer cela ? Peut-être sont-ils nés sous la même constellation, et à cet égard le premier Sage a la même compréhension que Rabbi Akiva.
אֶלָּא אָמַר רַב אָשֵׁי: תִּדַּע, דְּאָמַר גַּבְרָא רַבָּה מִילְּתָא, וּמִתְאַמְרָא הֲלָכָה לְמֹשֶׁה מִסִּינַי כְּווֹתֵיהּ. וְדִלְמָא כְּסוֹמֵא בַּאֲרוּבָּה! וְלָאו טַעַם יְהֵיב?!
Au contraire, Rav Ashi a dit : Sache qu’il en est ainsi, car un grand homme énonce une déclaration et cette même déclaration est ensuite citée comme une halakha transmise à Moïse au Sinaï conformément à sa déclaration. Le Sage énonce une déclaration qui correspond à des paroles prononcées au Ciel, ce qui, sans prophétie, dépasse la capacité humaine. La Guemara dit : Mais peut-être est-il parvenu à cette idée par hasard, sans l’aide de la prophétie, comme un aveugle qui trouve son chemin par une lucarne. Un aveugle ne peut pas trouver délibérément une lucarne ; par conséquent, le fait de la trouver se produit par hasard. La Guemara répond : Mais est-ce que le Sage ne donne pas une raison à sa déclaration ? Le fait qu’il démontre une compréhension de la question indique qu’il n’est pas parvenu à son idée par hasard, mais plutôt par prophétie.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, נִיטְּלָה נְבוּאָה מִן הַנְּבִיאִים וְנִיתְּנָה לַשּׁוֹטִים וְלַתִּינוֹקוֹת. לַשּׁוֹטִים – מַאי הִיא? כִּי הָא דְּמָר בַּר רַב אָשֵׁי – דַּהֲוָה קָאֵי בְּרִסְתְּקָא דְמָחוֹזָא, שַׁמְעֵיהּ לְהָהוּא שׁוֹטֶה דְּקָאָמַר: רֵישׁ מְתִיבְתָּא דְּמָלֵיךְ בְּמָתָא ״מַחְסֵיָא״ – ״טַבְיוֹמֵי״ חָתֵים. אֲמַר: מַאן חָתֵים ״טַבְיוֹמֵי״ בְּרַבָּנַן – אֲנָא; שְׁמַע מִינַּהּ לְדִידִי קָיְימָא לִי שַׁעְתָּא. קָם אֲתָא. אַדַּאֲתָא אִימְּנוֹ רַבָּנַן לְאוֹתֹבֵיהּ לְרַב אַחָא מִדִּפְתִּי בְּרֵישָׁא.
Rabbi Yoḥanan a dit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, la prophétie a été retirée aux prophètes et donnée aux imbéciles et aux enfants. La Guemara explique : De quelle manière la prophétie a-t-elle été donnée aux imbéciles ? C’était ainsi dans cet incident concernant Mar bar Rav Ashi, qui se tenait dans la rue [beristeka] de Meḥoza lorsqu’il entendit un certain imbécile dire : Le chef de la yeshiva qui sera nommé à Mata Meḥasya signe son nom Tavyumei. Mar bar Rav Ashi se dit à lui-même : Lequel des Sages signe son nom Tavyumei ? Personne d’autre que moi. Conclus de la déclaration de l’imbécile que mon heure est arrivée, et je réussirai en cette affaire. Il se leva et alla à Mata Meḥasya. Au moment où il arriva, les Sages avaient déjà décidé de nommer Rav Aḥa de Difti à la tête de la yeshiva.
כֵּיוָן דְּשָׁמְעִי דַּאֲתָא, שַׁדּוּר זוּגָא דְּרַבָּנַן לְגַבֵּיהּ לְאִימְּלוֹכֵי בֵּיהּ. עַכְּבֵיהּ. הֲדַר שַׁדּוּר זוּגָא דְּרַבָּנַן אַחֲרִינָא, עַכְּבֵיהּ גַּבֵּיהּ. עַד דִּמְלוֹ בֵּי עַשְׂרָה. כֵּיוָן דִּמְלוֹ בֵּי עַשְׂרָה, פְּתַח הוּא וּתְנָא וּדְרַשׁ. לְפִי שֶׁאֵין פּוֹתְחִין בְּכַלָּה פָּחוֹת מֵעֲשָׂרָה.
Dès que les Sages apprirent que Mar bar Rav Ashi était arrivé, ils décidèrent de ne pas procéder à leur nomination sans l’approbation d’une personnalité importante comme lui. Ils lui envoyèrent une paire de Sages pour le consulter, et il les retint. Ils envoyèrent de nouveau une paire de Sages auprès de lui, et il les retint également. Cela continua jusqu’à ce qu’ils complètent un quorum de dix Sages. Une fois qu’ils furent dix hommes, Mar bar Rav Ashi ouvrit son cours, enseigna et exposa. Il ne parla pas plus tôt car on ne doit pas ouvrir un cours pendant le kalla, les rassemblements pour l’étude de la Torah durant les mois d’Eloul et d’Adar, lorsqu’il y a moins de dix hommes présents. Il fut ensuite nommé à la tête de la yeshiva.
קָרֵי רַב אַחָא אַנַּפְשֵׁיהּ: כׇּל הַמְּרִיעִין לוֹ – לֹא בִּמְהֵרָה מְטִיבִין לוֹ, וְכׇל הַמְּטִיבִין לוֹ – לֹא בִּמְהֵרָה מְרִיעִין לוֹ.
Comprenant qu’il avait été écarté du poste, Rav Aḥa de Difti s’appliqua à lui-même l’aphorisme rabbinique : Quiconque est mal traité ne sera pas bientôt bien traité ; et quiconque est bien traité ne sera pas bientôt mal traité. Rav Aḥa comprit qu’il avait perdu la chance d’être nommé, tandis que Mar bar Rav Ashi eut la bonne fortune d’être nommé et resterait à son poste.
תִּנוֹקֹת – מַאי הִיא? כִּי הָא דְּבַת רַב חִסְדָּא – הֲוָה יָתְבָה בְּכַנְפֵיהּ דַּאֲבוּהָ, הֲווֹ יָתְבִי קַמֵּיהּ רָבָא וְרָמֵי בַּר חָמָא. אֲמַר לַהּ: מַאן מִינַּיְיהוּ בָּעֵית? אֲמַרָה לֵיהּ: תַּרְוַיְיהוּ. אָמַר רָבָא: וַאֲנָא בָּתְרָא.
Et de quelle manière la prophétie fut-elle donnée aux enfants ? Ce fut ainsi dans l’épisode concernant la fille de Rav Ḥisda, qui, lorsqu’elle était enfant, était assise sur les genoux de son père pendant qu’il était assis et étudiait. Rava et Rami bar Ḥama étaient assis devant lui. Rav Ḥisda dit en plaisantant à sa fille : Lequel d’entre eux voudrais-tu comme mari ? Elle dit : Je veux les deux. Rava dit : Et moi je serai le dernier. Et c’est bien ce qui arriva ; d’abord elle épousa Rami bar Ḥama, et lorsqu’il mourut, elle épousa Rava.
אָמַר רַבִּי אַבְדִּימִי דְּמִן חֵיפָה: קוֹדֶם שֶׁיֹּאכַל אָדָם וְיִשְׁתֶּה, יֵשׁ לוֹ שְׁתֵּי לְבָבוֹת; לְאַחַר שֶׁאוֹכֵל וְשׁוֹתֶה – אֵין לוֹ אֶלָּא לֵב אֶחָד. שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִישׁ נָבוּב יִלָּבֵב״ – וּכְתִיב: ״נְבוּב לֻחֹת״, וּמְתַרְגְּמִינַן: חֲלִיל לוּחִין.
Ayant déjà cité une déclaration de Rabbi Avdimi de Haïfa, la Guemara cite une autre déclaration en son nom : Rabbi Avdimi de Haïfa dit : Avant qu’une personne mange et boive, elle a deux cœurs, c’est-à-dire que son cœur est troublé parce qu’elle est distraite par la faim. Mais après qu’elle a mangé et bu, elle n’a plus qu’un seul cœur, comme il est dit : « Un homme creux [nevuv] a deux cœurs » (Job 11:12). Comment est-il indiqué que « nevuv » signifie affamé ? Comme il est écrit au sujet de l’autel : « Nevuv luḥot » (Exode 27:8), que nous traduisons en araméen par : Creux avec des planches, ce qui signifie qu’une personne creuse, c’est-à-dire quelqu’un qui n’a pas encore mangé, a deux cœurs.
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: הָרָגִיל בְּיַיִן, אֲפִילּוּ לִבּוֹ אָטוּם כִּבְתוּלָה – יַיִן מְפַקְּחוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְתִירוֹשׁ יְנוֹבֵב בְּתֻלוֹת״.
La Guemara continue de discuter du sens de nevuv, Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, dit : En ce qui concerne celui qui est habitué au vin, bien que son cœur, c’est-à-dire son esprit, soit fermé comme une vierge, le vin l’ouvre, comme il est dit : « Et le vin nouveau ouvre [yenovev] les vierges » (Zacharie 9:17). Le mot yenovev est employé ici au sens de dégager un espace : même si le cœur et l’esprit d’une personne sont fermés, le vin les ouvrira à la compréhension.
אָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: פְּשִׁיטָא, חֵלֶק בְּכוֹר וְחֵלֶק פָּשׁוּט – יָהֲבִינַן לֵיהּ אַחַד מִצְרָא. יָבָם – מַאי?
§ La Guemara reprend sa discussion sur le partage des biens. Rav Houna, fils de Rav Yehoshua, dit : Il est évident que si une personne hérite d’une part du patrimoine de son père parce qu’elle est le premier-né, et qu’elle hérite aussi d’une part de ce patrimoine en tant que fils ordinaire, comme le reste de ses frères, on lui donne ses deux parts le long d’une même limite, de sorte qu’elles soient adjacentes l’une à l’autre et forment une seule propriété. La Guemara demande : Quelle est la halakha concernant un yavam, un homme dont le frère est mort sans enfants, qui est tenu par la loi de la Torah d’épouser la veuve de son frère défunt ou de lui accorder la ḥalitza ? S’il épouse la veuve de son frère, la halakha prescrit qu’il reçoive la part de son frère dans le patrimoine de leur père en plus de la sienne. Reçoit-il lui aussi les deux parts le long d’une même limite ?
אָמַר אַבָּיֵי: הִיא – הִיא; מַאי טַעְמָא? ״בְּכוֹר״ קַרְיֵיהּ רַחֲמָנָא. רָבָא אָמַר, אָמַר קְרָא: ״וְהָיָה הַבְּכוֹר״ – הֲוָיָיתוֹ כִּבְכוֹר, וְאֵין חֲלוּקָּתוֹ כִּבְכוֹר.
Abaye a dit : Ce cas est égal à cet autre cas. Quelle en est la raison ? Le Miséricordieux appelle le yavam « premier-né » (voir Yevamot 24a) et, par conséquent, il est traité comme un premier-né à tous égards. Il reçoit les deux parts de l’héritage de son père comme une seule parcelle de terre. Mais Rava a dit : Le verset déclare : « Et il sera, le premier-né » (Deutéronome 25:6). En ce qui concerne son statut, c’est-à-dire son héritage lui-même, il est comme un premier-né ; mais quant à la répartition de l’héritage, il n’est pas comme un premier-né, et les frères ne sont pas tenus de lui donner deux parts adjacentes.
הָהוּא דִּזְבַן אַרְעָא אַמִּצְרָא דְּבֵי נְשֵׁיהּ. כִּי קָא פָּלְגוּ, אֲמַר לְהוּ: פְּלִיגוּ לִי אַמִּצְרַאי. אָמַר רַבָּה: כְּגוֹן זֶה – כּוֹפִין עַל מִדַּת סְדוֹם.
Il est rapporté qu’une certaine personne a acheté un terrain le long de la limite de la propriété de son père. Après quelque temps, le père mourut. Lorsqu’ils vinrent partager la succession, cette personne dit à ses frères : Donnez-moi ma part de la succession le long de ma limite. Rabba a dit : Dans un cas comme celui-ci, le tribunal contraint les gens à s’abstenir d’une conduite caractéristique de Sodome. Le tribunal force une personne à renoncer à ses droits légaux afin de l’empêcher d’agir d’une manière caractéristique de la ville perverse de Sodome. Puisqu’il n’importe pas aux frères quelle part ils reçoivent, car les parcelles de terre doivent être de valeur égale, alors qu’il importe à ce frère que la zone qu’il reçoive soit adjacente à la terre qu’il a déjà achetée, le tribunal contraint les autres à donner à ce frère sa part le long de sa limite.
מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: אָמְרִי לֵיהּ אֲחֵי, מְעַלִּינַן לֵיהּ עִלּוּיָא כִּי נִכְסֵי דְּבֵי בַּר מָרִיּוֹן! וְהִלְכְתָא כְּרַב יוֹסֵף.
Rav Yosef s’oppose à cela, disant qu’il ne s’agit pas d’un cas impliquant une conduite caractéristique de Sodome, puisque les frères peuvent expliquer leur refus d’accorder la demande. Les frères peuvent lui dire : Nous estimons ce champ que tu veux pour toi comme particulièrement précieux, à l’image de la propriété de la maison de bar Maryon. Les frères peuvent prétendre que la part qu’il veut est plus désirable que les autres, et pour cette raison ils ne veulent pas la lui donner. La Guemara conclut : Et la halakha est conforme à l’opinion de Rav Yosef, et les frères peuvent refuser la demande.
תְּרֵי אַרְעָתָא אַתְּרֵי נִגְרֵי – אָמַר רַבָּה: כְּגוֹן זֶה – כּוֹפִין עַל מִדַּת סְדוֹם. מַתְקֵיף לַהּ רַב יוֹסֵף: זִמְנִין דְּהַאי מִדְּוִיל וְהַאי לָא מִדְּוִיל! וְהִלְכְתָא כְּרַב יוֹסֵף.
Si un père laisse à ses deux fils deux parcelles de terre côte à côte près de deux canaux d’eau [nigrei], et que l’un des frères demande le champ qui est adjacent à un champ qu’il possède déjà, Rabba dit : Dans un cas comme celui-ci, le tribunal contraint les gens à s’abstenir d’une conduite caractéristique de Sodome et permet à ce frère de recevoir le champ attenant au sien. Rav Yosef objecte à cela, disant que si l’autre frère proteste et veut cette parcelle de terre, ce n’est pas un cas de conduite caractéristique de Sodome, car il peut avoir une raison valable de s’y opposer : Parfois ce canal d’eau continue de couler correctement, tandis que ce second ne continue pas de couler correctement ; par conséquent, le second frère veut recevoir une terre adjacente à un canal d’eau des deux côtés. La Guemara conclut : Et la halakha est conforme à l’opinion de Rav Yosef.
תַּרְתֵּי אַחַד נִגְרָא – אָמַר רַב יוֹסֵף: כְּגוֹן זֶה – כּוֹפִין עַל מִדַּת סְדוֹם. מַתְקֵיף לַהּ אַבָּיֵי, מָצֵי אָמַר: בָּעֵינָא דְּאַפֵּישׁ אֲרִיסֵי! וְהִלְכְתָא כְּרַב יוֹסֵף; אַפּוֹשֵׁי לָאו מִילְּתָא הִיא.
Si un père laisse à ses deux fils deux parcelles de terre à côté d’un canal et que l’un des frères possède déjà un champ à côté de l’une de ces parcelles de terre, Rav Yosef a dit : Dans un cas comme celui-ci, le tribunal contraint les gens à s’abstenir d’une conduite caractéristique de Sodome et permet à ce frère de recevoir le champ attenant au sien. Abaye objecte à cela, disant qu’il ne s’agit pas d’un cas de conduite caractéristique de Sodome, parce que l’autre frère peut lui dire : Je veux que le nombre de métayers augmente. Si mon champ est au milieu et que tu as des champs des deux côtés, tu auras besoin de plus de métayers pour les travailler, et mon champ bénéficiera d’une plus grande sécurité. Et la halakha est conforme à l’opinion de Rav Yosef, parce que l’augmentation du nombre de métayers est considérée comme rien, et ce n’est donc pas une raison valable pour s’y opposer.

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