בַּיִת סָתוּם – יֵשׁ לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת; פָּרַץ אֶת פַּצִּימָיו – אֵין לוֹ אַרְבַּע אַמּוֹת.
Une maison qui a une entrée scellée a encore les quatre coudées attenantes à cette entrée, car l’entrée peut être rouverte. Si quelqu’un a brisé ses montants de porte et a scellé l’entrée, l’entrée est complètement annulée, et elle n’a pas les quatre coudées attenantes.
קֶבֶר שֶׁפִּתְחוֹ סָתוּם – אֵינוֹ מְטַמֵּא כׇּל סְבִיבָיו; פָּרַץ אֶת פַּצִּימָיו, וּסְתָמוֹ – מְטַמֵּא כׇּל סְבִיבָיו. בַּיִת סָתוּם – אֵינוֹ מְטַמֵּא כׇּל סְבִיבָיו; פָּרַץ אֶת פַּצִּימָיו – מְטַמֵּא כׇּל סְבִיבָיו.
Il existe une distinction similaire également en ce qui concerne les halakhot de l’impureté rituelle. Il y a une halakha selon laquelle une maison dans laquelle se trouve un cadavre transmet l’impureté rituelle uniquement par ses ouvertures. La baraita poursuit : Une tombe dont l’entrée est scellée ne rend pas rituellement impur tout ce qui l’entoure ; l’impureté rituelle ne s’étend qu’à la zone située en face de l’entrée. Mais si quelqu’un a brisé ses montants de porte et l’a scellée, cela n’est plus considéré comme une entrée, et la tombe rend rituellement impur tout ce qui l’entoure, car une impureté qui n’a pas d’issue jaillit de tous les côtés. De même, une maison dans laquelle se trouve un cadavre et dont l’entrée est scellée ne rend pas rituellement impur tout ce qui l’entoure. Mais si quelqu’un a brisé ses montants de porte, cela n’est plus considéré comme une entrée, et le cadavre rend rituellement impur tout ce qui l’entoure.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מְבוֹאוֹת הַמְפוּלָּשׁוֹת לְעִיר אַחֶרֶת, וּבִקְּשׁוּ בְּנֵי הָעִיר לְסוֹתְמָן – בְּנֵי אוֹתָהּ הָעִיר מְעַכְּבִין עֲלֵיהֶן. לָא מִיבְּעֵי כִּי לֵיכָּא דַּרְכָּא אַחֲרִינָא – דִּמְעַכְּבִי, אֶלָּא אֲפִילּוּ כִּי אִיכָּא דַּרְכָּא אַחֲרִינָא, נָמֵי מְעַכְּבִי –
Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan dit : En ce qui concerne des ruelles ouvertes sur une autre ville, et par lesquelles on passerait normalement pour atteindre cette autre ville, si les habitants de la ville où se trouvent les ruelles souhaitaient les bloquer, les habitants de la ville vers laquelle les ruelles s’ouvrent peuvent les en empêcher, car ils ont le droit d’atteindre leur ville par ces voies. La Guemara explique : Il n’est pas nécessaire de dire qu’ils peuvent empêcher qu’on bloque les ruelles lorsqu’il n’existe pas d’autre route pour atteindre leur ville, mais ils peuvent empêcher qu’on bloque les ruelles même lorsqu’il existe une autre route.
מִשּׁוּם דְּרַב יְהוּדָה אָמַר רַב, דְּאָמַר: מֶצֶר שֶׁהֶחֱזִיקוּ בּוֹ רַבִּים, אָסוּר לְקַלְקְלוֹ – כִּדְרַב גִּידֵּל, דְּאָמַר רַב גִּידֵּל: רַבִּים שֶׁבֵּרְרוּ דֶּרֶךְ לְעַצְמָן – מַה שֶּׁבֵּרְרוּ, בֵּרְרוּ.
Cela est dû au raisonnement selon lequel Rav Yehuda dit que Rav dit. Car Rav dit : Il est interdit de détériorer un chemin que le public a établi comme voie publique, c’est-à-dire qu’aucune mesure ne peut être prise pour empêcher les gens de l’emprunter. Cela est conforme à la déclaration de Rav Giddel, car Rav Giddel dit : Si le public a choisi un itinéraire pour lui-même et qu’il y circule, ce qu’il a choisi est considéré comme choisi, et cela ne peut pas lui être retiré.
אָמַר רַב עָנָן אָמַר שְׁמוּאֵל: מְבוֹאוֹת הַמְפוּלָּשִׁין לִרְשׁוּת הָרַבִּים, וּבִקְּשׁוּ בְּנֵי מְבוֹאוֹת לְהַעֲמִיד לָהֶן דְּלָתוֹת – בְּנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים מְעַכְּבִין עֲלֵיהֶן.
Rav Anan dit que Shmuel dit : En ce qui concerne des ruelles qui débouchent sur une voie publique, si les habitants des ruelles voulaient installer des portes à l’entrée de leurs ruelles, les gens qui utilisent la voie publique peuvent les en empêcher.
סְבוּר מִינַּהּ – הָנֵי מִילֵּי בְּאַרְבַּע אַמּוֹת, כִּדְרַבִּי זֵירָא אָמַר רַב נַחְמָן – דְּאָמַר רַבִּי זֵירָא אָמַר רַב נַחְמָן: אַרְבַּע אַמּוֹת הַסְּמוּכוֹת לִרְשׁוּת הָרַבִּים, כִּרְשׁוּת הָרַבִּים דָּמְיָין; וְלָא הִיא, הָתָם – לְעִנְיַן טוּמְאָה, אֲבָל הָכָא – זִימְנִין דְּדָחֲקִי בְּנֵי רְשׁוּת הָרַבִּים, וְעָיְילִי טוּבָא.
Certains Sages ont compris de cela que cette déclaration s’applique spécifiquement à la zone dans les quatre coudées de la voie publique, conformément à la déclaration selon laquelle Rabbi Zeira dit que Rav Naḥman dit, comme Rabbi Zeira dit que Rav Naḥman dit : Les quatre coudées dans une ruelle adjacentes à la voie publique sont considérées comme la voie publique elle-même. Par conséquent, cette zone a la halakha d’une voie publique. Mais ce n’est pas le cas. Là-bas, la décision de Rav Naḥman a été énoncée au sujet de la question de l’impureté rituelle, à propos de laquelle seules les quatre premières coudées de la ruelle sont considérées comme la voie publique. Mais ici, en ce qui concerne des portes installées à l’entrée de la ruelle, il arrive parfois que la voie publique soit encombrée de monde et qu’ils pénètrent loin dans la ruelle, même au-delà de quatre coudées.
וְלֹא אֶת הַשָּׂדֶה – עַד שֶׁיְּהֵא בָּהּ תִּשְׁעָה קַבִּין לָזֶה, וְתִשְׁעָה קַבִּין לָזֶה כּוּ׳. וְלָא פְּלִיגִי; מָר כִּי אַתְרֵיהּ, וּמָר כִּי אַתְרֵיהּ.
§ La michna enseigne : Et le tribunal ne partage un champ détenu conjointement que s’il y a de l’espace en lui pour semer neuf kav de semence pour celui-ci et neuf kav de semence pour celui-là. Rabbi Yehouda dit : Le tribunal ne partage un champ que s’il y a en lui de l’espace pour semer neuf demi-kav de semence pour celui-ci et neuf demi-kav de semence pour celui-là. La Guemara commente : Et ils ne sont pas en désaccord au sujet de la halakha fondamentale, car ce Sage a statué conformément à la coutume de sa localité, et cet autre Sage a statué conformément à la coutume de sa localité. Dans la localité de Rabbi Yehouda, même une plus petite parcelle de terre était considérée comme un champ viable.
בְּבָבֶל מַאי? אָמַר רַב יוֹסֵף: בֵּי רָדוּ יוֹמָא.
La Guemara demande : La michna a été enseignée en Eretz Yisrael ; quelle pratique faut-il suivre en Babylonie ? Rav Yosef a dit : En Babylonie, une parcelle de terre dont la taille correspond à la superficie d’une journée de labour est considérée comme un champ ; si chacune des parties reçoit moins que cela, le champ ne doit pas être divisé.
מַאי ״בֵּי רָדוּ יוֹמָא״? אִי יוֹמָא זַרְעָא – תְּרֵי יוֹמָא כְּרָבָא לָא הָוֵי; אִי יוֹמָא כְּרָבָא – יוֹמָא דְּזַרְעָא לָא הָוֵי!
La Guemara demande : Que signifie une parcelle de terre dont la taille correspond à la superficie d’une journée de labour ? Si cela signifie une journée de labour pendant la saison des semailles, c’est-à-dire en hiver, lorsqu’il est facile de labourer, puisque la terre a déjà été retournée à la fin de l’été, le champ ne nécessitera pas deux journées complètes de labour pendant la saison du labour, c’est-à-dire à la fin de l’été, lorsqu’il est plus difficile de labourer, puisque la terre est dure et sèche. Dans ce cas, il devra payer à son laboureur d’été deux journées de salaire pour moins de deux journées de travail. Et si cela signifie une journée de labour pendant la saison du labour, le champ ne nécessitera pas une journée complète de labour pendant la saison des semailles. Dans ce cas, il devra payer à son laboureur d’hiver une journée complète de salaire pour moins d’une journée complète de travail.
אִי בָּעֵית אֵימָא יוֹמָא דִּכְרָבָא – דְּכָרֵיב וְתָנֵי; וְאִי בָּעֵית אֵימָא יוֹמָא דְּזַרְעָא – בְּהָדוֹרֵי.
La Guemara répond : Si tu veux, dis qu’il s’agit d’une journée de labour pendant la saison du labour, et le champ nécessitera encore une journée entière de labour pendant la saison des semailles, car il laboure une fois avant de semer les graines et ensuite répète le labour après que les graines ont été semées. Et si tu veux, dis plutôt qu’il s’agit d’une journée de labour pendant la saison des semailles, et le champ nécessitera en fait deux journées entières de labour pendant la saison du labour s’il s’agit d’un sol rocailleux, sur lequel labourer prend plus de temps.
דַּוְולָא – אָמַר רַב נַחְמָן: בֵּי דָּאלוּ יוֹמָא. פַּרְדֵּסָא – אָמַר אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל: בַּת שְׁלֹשֶׁת קַבִּין.
Dans le cadre de cette discussion, la Guemara précise les conditions dans lesquelles une citerne, dont les copropriétaires puisent leur eau, est divisée. Rav Naḥman a dit : Elle ne doit être divisée que si chaque partie reçoit le volume d'eau nécessaire pour une journée d’irrigation. Quant à un verger, le père de Shmuel dit : Il ne doit être divisé que si chaque partie reçoit une superficie assez grande pour planter trois kav, soit un tiers de la mesure requise pour un champ.
תַּנְיָא נָמֵי הָכִי, הָאוֹמֵר לַחֲבֵירוֹ: ״מְנָת בַּכֶּרֶם אֲנִי מוֹכֵר לְךָ״ – סוֹמְכוֹס אוֹמֵר: לֹא יִפְחוֹת מִשְּׁלֹשָׁה קַבִּין. אָמַר רַבִּי יוֹסֵי: אֵין אֵלּוּ אֶלָּא דִּבְרֵי נְבִיאוּת. בְּבָבֶל מַאי? אָמַר רָבָא בַּר קִסְנָא: תְּלָת אַצְיָאתָה בְּנֵי תְּרֵיסַר גּוּפְנֵי – כִּי הֵיכִי דְּרָפֵיק גַּבְרָא בְּיוֹמָא.
Cet avis est également enseigné dans une baraita : En ce qui concerne quelqu’un qui dit à un autre : Je te vends une partie d’un vignoble, sans préciser quelle quantité du vignoble, Sumakhos dit : Il ne peut pas lui donner moins qu’une superficie assez grande pour planter trois kav. Rabbi Yossei a dit : Ce ne sont rien d’autre que des paroles de prophétie, c’est-à-dire que je ne vois pas la logique derrière cette affirmation, et c’est comme si elle reposait sur une prophétie et un décret céleste, puisque le vendeur n’a mentionné aucune superficie, mais a parlé dans les termes les plus généraux : Une partie d’un vignoble. La Guemara demande : Quelle est la mesure à cet égard en Babylonie ? Rava bar Kisna a dit : Trois rangées [atzyata] de douze vignes, ce qui constitue la superficie qu’une personne peut biner en une seule journée.
אָמַר רַבִּי אַבְדִּימִי דְּמִן חֵיפָה: מִיּוֹם שֶׁחָרַב בֵּית הַמִּקְדָּשׁ, נִיטְּלָה נְבוּאָה מִן הַנְּבִיאִים וְנִיתְּנָה לַחֲכָמִים. אַטּוּ חָכָם לָאו נָבִיא הוּא? הָכִי קָאָמַר: אַף עַל פִּי שֶׁנִּיטְּלָה מִן הַנְּבִיאִים, מִן הַחֲכָמִים לֹא נִיטְּלָה.
§ En lien avec la déclaration de Rabbi Yosei selon laquelle les paroles de Sumakhos ne sont rien d’autre que des paroles de prophétie, la Guemara rapporte que Rabbi Avdimi de Haïfa dit : Depuis le jour où le Temple a été détruit, la prophétie a été retirée aux prophètes et donnée aux Sages. La Guemara exprime son étonnement : Cela veut-il dire qu’un Sage n’est pas apte à être un prophète ? Rabbi Avdimi semble dire qu’il s’agit de deux catégories distinctes de personnes. La Guemara explique : Voici ce que Rabbi Avdimi dit : Bien que la prophétie ait été retirée aux prophètes, elle n’a pas été retirée aux Sages.
אָמַר אַמֵּימָר: וְחָכָם עָדִיף מִנָּבִיא, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וְנָבִא לְבַב חׇכְמָה״ – מִי נִתְלֶה בְּמִי? הֱוֵי אוֹמֵר: קָטָן נִתְלֶה בַּגָּדוֹל.
Ameimar a dit : Et un Sage est plus grand qu’un prophète, comme il est dit : « Et un prophète a un cœur de sagesse » (Psaumes 90:12), c’est-à-dire qu’il est sage. Lorsque des comparaisons sont établies, qui est comparé à qui ? Tu dois dire que le plus petit est comparé au plus grand. Ici aussi, la prophétie est comparée à la sagesse, indiquant ainsi que la sagesse est plus grande que la prophétie.
אָמַר אַבָּיֵי: תִּדַּע, דְּאָמַר גַּבְרָא רַבָּה מִילְּתָא, וּמִתְאַמְרָא מִשְּׁמֵיהּ דְּגַבְרָא רַבָּה אַחֲרִינָא כְּווֹתֵיהּ. אֲמַר רָבָא: וּמַאי קוּשְׁיָא? וְדִילְמָא תַּרְוַיְיהוּ בְּנֵי חַד מַזָּלָא נִינְהוּ! אֶלָּא אָמַר רָבָא: תִּדַּע, דְּאָמַר גַּבְרָא רַבָּה מִילְּתָא, וּמִתְאַמְרָא
Abaye a dit : Sache que c’est bien ainsi, que les Sages jouissent encore du don prophétique, car un grand homme énonce une déclaration au sujet d’un point de halakhaet la même déclaration est ensuite citée au nom d’un autre grand homme conformément à sa déclaration, ce qui indique que les Sages font leurs déclarations par voie de prophétie. Rava n’était pas d’accord et a dit : Et quelle est la difficulté à expliquer cela ? Peut-être sont-ils nés sous la même constellation, et puisqu’ils se ressemblent dans leurs traits, ils parviennent aux mêmes conclusions. Au contraire, Rava a dit : Sache que c’est bien ainsi, car un grand homme énonce une déclaration et la même déclaration est ensuite citée