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לֹא הָיָה דִּיבּוּר עִם מֹשֶׁה – שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיְהִי כַּאֲשֶׁר תַּמּוּ כׇּל אַנְשֵׁי הַמִּלְחָמָה לָמוּת מִקֶּרֶב הָעָם״, וּסְמִיךְ לֵיהּ: ״וַיְדַבֵּר ה׳ אֵלַי לֵאמֹר״ – אֵלַי הָיָה הַדִּיבּוּר.
Dieu ne parla pas à Moïse, comme il est dit : « Et il arriva, lorsque tous les hommes de guerre eurent disparu et furent morts du milieu du peuple » (Deutéronome 2:16), et juxtaposé à ce verset il est écrit : « Que le Seigneur me parla, disant » (Deutéronome 2:17). Moïse indique : Ce n’est qu’après la mort du dernier de cette génération que la parole de Dieu fut adressée à moi. Lorsque le peuple juif comprit que le décret avait été levé, ce jour fut établi comme un jour permanent de réjouissance.
עוּלָּא אָמַר: יוֹם שֶׁבִּיטֵּל בּוֹ הוֹשֵׁעַ בֶּן אֵלָה פַּרְדְּסָאוֹת שֶׁהוֹשִׁיב יָרׇבְעָם עַל הַדְּרָכִים, שֶׁלֹּא יַעֲלוּ יִשְׂרָאֵל לָרֶגֶל.
La Guemara continue de citer des explications sur la signification du quinze Av. Oulla dit : Le quinze Av fut le jour où le roi Hoshea, fils d’Éla, retira les gardes [pardesaot] que Jéroboam, fils de Nevat, avait placés sur les routes afin qu’Israël ne monte pas à Jérusalem pour la fête de pèlerinage. Ce faisant, le roi Hoshea rétablit l’accès à Jérusalem pour les pèlerins.
רַב מַתְנָה אָמַר: יוֹם שֶׁנִּתְּנוּ הֲרוּגֵי בֵיתָר לִקְבוּרָה. דְּאָמַר רַב מַתְנָה: אוֹתוֹ הַיּוֹם שֶׁנִּתְּנוּ הֲרוּגֵי בֵיתָר לִקְבוּרָה – תִּקְנוּ בְּיַבְנֶה ״הַטּוֹב וְהַמֵּטִיב״; ״הַטּוֹב״ – שֶׁלֹּא הִסְרִיחוּ, ״וְהַמֵּטִיב״ – שֶׁנִּתְּנוּ לִקְבוּרָה.
Rav Mattana dit : Le quinzième jour de Av fut le jour où les victimes tuées de Beitar reçurent une sépulture, plusieurs années après avoir été tuées et après que l’empereur romain Hadrien eut décrété qu’elles ne devaient pas être enterrées (voir Guittin 57a). Comme le dit Rav Mattana : Le jour où les morts de Beitar reçurent une sépulture, les Sages à Yavne instituèrent la bénédiction : Béni soit Celui qui est bon et qui fait le bien. L’expression : qui est bon, sert à remercier du fait que les corps ne se sont pas décomposés malgré le long délai ; et l’expression : et qui fait le bien, sert à remercier du fait que les morts furent finalement mis en sépulture.
רַבָּה וְרַב יוֹסֵף דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: יוֹם שֶׁפּוֹסְקִין בּוֹ מִלִּכְרוֹת עֵצִים לַמַּעֲרָכָה. תַּנְיָא, רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַגָּדוֹל אוֹמֵר: כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאָב – תָּשַׁשׁ כֹּחָהּ שֶׁל חַמָּה, וְלֹא הָיוּ כּוֹרְתִין עֵצִים לַמַּעֲרָכָה. אָמַר רַב מְנַשֶּׁה: וְקָרוּ לֵיהּ ״יוֹם תְּבַר מַגָּל״.
Rabba et Rav Yosef disent tous deux : Le quinzième jour de Av est le jour où l’on cesse de couper du bois pour l’arrangement du bois sur l’autel. Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Eliezer le Grand dit : Une fois le quinzième jour de Av arrivé, la force du soleil faiblissait, et à partir de cette date ils ne coupaient plus de bois pour l’arrangement, car le bois coupé dès lors ne sécherait pas correctement et serait impropre à l’usage dans le Temple. Rav Menashe dit : Et le peuple appelait le quinzième jour de Av : le jour où l’on brise la faucille [maggal], car ils n’avaient pas besoin des outils de coupe avant l’année suivante.
מִכָּאן וְאֵילָךְ, דְּמוֹסִיף – יוֹסִיף, שֶׁאֵינוֹ מוֹסִיף – יְסִיף. מַאי ״יְסִיף״? תָּנֵי רַב יוֹסֵף: תִּקְבְּרֵיהּ אִמֵּיהּ.
La Guemara ajoute : À partir de ce moment et désormais, lorsque les nuits s’allongent, celui qui ajoute [demosif ] à son étude nocturne de la Torah ajoutera [yosif ] à sa vie, et celui qui n’ajoute pas, cette personne est yesif. La Guemara demande : Que signifie le terme yesif ? Rav Yosef enseigne : Cela signifie que sa mère l’enterrera, car il mourra du vivant de sa mère.
תָּנוּ רַבָּנַן: שִׁבְעָה קִפְּלוּ אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ – מְתוּשֶׁלַח רָאָה אָדָם, שֵׁם רָאָה מְתוּשֶׁלַח, יַעֲקֹב רָאָה אֶת שֵׁם, עַמְרָם רָאָה אֶת יַעֲקֹב, אֲחִיָּה הַשִּׁילוֹנִי רָאָה אֶת עַמְרָם, אֵלִיָּהוּ רָאָה אֶת אֲחִיָּה הַשִּׁילוֹנִי – וַעֲדַיִין קַיָּים.
§ Après avoir discuté de la génération de ceux qui sont morts dans le désert, la Guemara mentionne une tradition relative à cette génération. Les Sages ont enseigné : Sept personnes ont couvert au cours de leur vie le monde entier dans sa totalité, c’est-à-dire que leurs vies ont couvert toute l’histoire humaine. Methuselah a vu Adam de son vivant ; Shem a vu Methuselah ; Jacob a vu Shem ; Amram a vu Jacob ; Ahijah le Shilonite a vu Amram ; Élie a vu Ahijah le Shilonite ; et Élie est toujours vivant.
וַאֲחִיָּה הַשִּׁילוֹנִי רָאָה אֶת עַמְרָם? וְהָא כְּתִיב: ״וְלֹא נוֹתַר מֵהֶם אִישׁ, כִּי אִם כָּלֵב בֶּן יְפֻנֶּה וִיהוֹשֻׁעַ בִּן נוּן״!
La Guemara demande : Et est-il vrai que Ahiya le Shilonite a vu Amram ? Pourtant, il est écrit : “Et il ne resta parmi eux aucun homme, sauf Caleb, fils de Yephounné, et Josué, fils de Noun” (Nombres 26:65). Puisqu’Amram est mort bien avant que le peuple juif ne quitte l’Égypte, pour avoir vécu à l’époque d’Amram, Ahiya aurait dû être adulte au moment de l’Exode. Comment, dès lors, aurait-il pu survivre à la génération de ceux qui moururent dans le désert ?
אָמַר רַב הַמְנוּנָא: לֹא נִגְזְרָה גְּזֵרָה עַל שִׁבְטוֹ שֶׁל לֵוִי, דִּכְתִיב: ״בַּמִּדְבָּר הַזֶּה יִפְּלוּ פִגְרֵיכֶם וְכׇל פְּקֻדֵיכֶם לְכׇל מִסְפַּרְכֶם מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמָעְלָה״ – מִי שֶׁפְּקוּדָיו מִבֶּן עֶשְׂרִים; יָצָא שִׁבְטוֹ שֶׁל לֵוִי, שֶׁפְּקוּדָיו מִבֶּן שְׁלֹשִׁים.
Rav Hamnuna dit : Le décret de mort prononcé contre la génération des espions n’a pas été décrété sur la tribu de Lévi, comme il est écrit : « Vos cadavres tomberont dans ce désert, vous tous qui avez été recensés, selon votre nombre total, depuis l’âge de vingt ans et au-dessus » (Nombres 14:29). Le verset est interprété ainsi : le décret s’applique à celui dont le décompte dans le recensement commence à l’âge de vingt ans et au-dessus, à l’exclusion de la tribu de Lévi, dont le décompte commence à l’âge de trente ans et au-dessus. Ahiya était lévite, et il n’était donc pas soumis au décret.
וּמִשְּׁאָר שְׁבָטִים לָא עֲיֻיל? וְהָתַנְיָא: יָאִיר בֶּן מְנַשֶּׁה וּמָכִיר בֶּן מְנַשֶּׁה נוֹלְדוּ בִּימֵי יַעֲקֹב, וְלֹא מֵתוּ עַד שֶׁנִּכְנְסוּ יִשְׂרָאֵל לָאָרֶץ – שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיַּכּוּ מֵהֶם אַנְשֵׁי הָעַי כִּשְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה אִישׁ״, וְתַנְיָא: שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה מַמָּשׁ, דִּבְרֵי רַבִּי יְהוּדָה.
La Guemara demande : Et est-il vrai que personne des autres tribus n’est entré en Eretz Yisrael ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Yaïr, fils de Manassé, et Makhir, fils de Manassé, sont nés aux jours de Jacob, et ils ne moururent pas jusqu’à ce que le peuple juif entre en Eretz Yisrael, comme il est dit : « Et les hommes d’Aï tuèrent d’entre eux environ trente-six hommes » (Josué 7:5). Et, au sujet de ce verset, il est enseigné : littéralement trente-six personnes furent tuées ; c’est l’avis de Rabbi Yehuda.
אָמַר לוֹ רַבִּי נְחֶמְיָה: וְכִי נֶאֱמַר ״שְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה״? וַהֲלֹא לֹא נֶאֱמַר אֶלָּא ״כִּשְׁלֹשִׁים וְשִׁשָּׁה״! אֶלָּא זֶה יָאִיר בֶּן מְנַשֶּׁה, שֶׁשָּׁקוּל כְּרוּבָּהּ שֶׁל סַנְהֶדְרִין!
Rabbi Neḥemya lui dit : Mais est-il écrit que trente-six furent tués ? N’est-il pas écrit seulement : « environ trente-six » furent tués ? Au contraire, cette expression inhabituelle fait référence à Yaïr, fils de Manassé, qui était l’équivalent de la majorité du Sanhédrin, dont le nombre maximal de juges est de soixante et onze, dont trente-six constituent une légère majorité. Il est donc évident que Yaïr, fils de Manassé, a lui aussi survécu à la période dans le désert.
אֶלָּא אָמַר רַב אַחָא בַּר יַעֲקֹב: לֹא נִגְזְרָה גְּזֵירָה לֹא עַל פָּחוּת מִבֶּן עֶשְׂרִים, וְלֹא עַל יָתֵר מִבֶּן שִׁשִּׁים. לֹא עַל פָּחוּת מִבֶּן עֶשְׂרִים – דִּכְתִיב: ״מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וּמַעְלָה״. וְלֹא עַל יָתֵר מִבֶּן שִׁשִּׁים – גָּמַר ״וּמַעְלָה״–״וּמַעְלָה״ מֵעֲרָכִין; מָה לְהַלָּן – יָתֵר מִבֶּן שִׁשִּׁים כְּפָחוּת מִבֶּן עֶשְׂרִים, אַף כָּאן – יָתֵר מִבֶּן שִׁשִּׁים כְּפָחוּת מִבֶּן עֶשְׂרִים.
Au contraire, Rav Aḥa bar Ya’akov a dit : Le décret de mort n’a été décrété ni sur ceux qui avaient moins de vingt ans ni sur ceux qui avaient plus de soixante ans au moment du péché des explorateurs. La Guemara explique : Pas sur ceux qui avaient moins de vingt ans, comme il est écrit : « À partir de vingt ans et au-dessus » (Nombres 14:29). Et pas sur ceux qui avaient plus de soixante ans, car il déduit qu’il existe une analogie verbale entre « et au-dessus » dans le verset cité et « et au-dessus » tiré des halakhot des estimations, dans l’expression : « À partir de soixante ans et au-dessus » (Lévitique 27:7). De même que là-bas, concernant les estimations, plus de soixante ans est comparable à moins de vingt ans, puisqu’il existe une catégorie distincte pour ceux qui ont entre vingt et soixante ans, de même ici, plus de soixante ans est comparable à moins de vingt ans en ce sens que les plus âgés n’étaient pas soumis à la sentence. Yaïr, fils de Manassé, qui était déjà plus âgé, n’est pas mort dans le désert.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל – לִשְׁבָטִים אִיפְּלוּג, אוֹ דִּלְמָא לְקַרְקַף גַּבְרֵי אִיפְּלוּג?
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : la Terre d’Israël a-t-elle été divisée selon les tribus, c’est-à-dire que chacune des douze tribus a reçu une part égale, et que les membres de chaque tribu ont réparti ces parts tribales selon leur nombre ; ou peut-être la Terre d’Israël a-t-elle été divisée selon le nombre de têtes, c’est-à-dire qu’une certaine superficie de terre a été donnée à chaque individu, et que la taille des lots tribaux dépendait de la population de la tribu ?

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