מוֹעֲדֵי ה׳ נֶאֶמְרוּ, שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית לֹא נֶאֶמְרָה. בֶּן עַזַּאי אוֹמֵר: מוֹעֲדֵי ה׳ נֶאֶמְרוּ, הֲפָרַת נְדָרִים לֹא נֶאֶמְרָה.
Les fêtes du Seigneur ont été énoncées, mais Shabbat, qui commémore la Création, n’a pas été énoncé. Ben Azzai dit : Les fêtes du Seigneur ont été énoncées, mais la dissolution des vœux n’a pas été énoncée. Ceci conclut la baraita.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר נָתָן גְּמִיר לַהּ לְהָא מַתְנִיתָא, וְלָא יָדַע לֵיהּ לְפָרוֹשַׁהּ. אֲזַל בָּתְרֵיהּ דְּרַב שֵׁשֶׁת לִנְהַרְדְּעָא, וְלָא אַשְׁכְּחֵיהּ. אֲזַל בָּתְרֵיהּ לְמָחוֹזָא, אַשְׁכְּחֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ: מַאי ״מוֹעֲדֵי ה׳ נֶאֶמְרוּ, שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית לֹא נֶאֶמְרָה״?
La Guemara raconte : Rabbi Yosei bar Natan a étudié cette baraita et ne savait pas comment l’expliquer. Il a suivi Rav Sheshet jusqu’à Neharde’a afin de l’interroger à ce sujet, mais ne l’y a pas trouvé. Il l’a suivi jusqu’à Meḥoza et l’a trouvé, puis il lui a dit : Que signifie la déclaration de Rabbi Yosei HaGelili : Les Fêtes du Seigneur ont été énoncées, mais le Shabbat, qui commémore la Création, n’a pas été énoncé ? Que veut-il dire, puisque le Shabbat de la Création est explicitement mentionné dans cette section de la Torah (Lévitique 23:3) ?
אֲמַר לֵיהּ: מוֹעֲדֵי ה׳ צְרִיכִין קִידּוּשׁ בֵּית דִּין, שַׁבַּת בְּרֵאשִׁית אֵינָהּ צְרִיכָה קִידּוּשׁ בֵּית דִּין. סָלְקָא דַּעְתָּךְ אָמֵינָא: הוֹאִיל וּכְתִיבִי גַּבֵּי מוֹעֲדוֹת, תִּיבְּעֵי קִידּוּשׁ בֵּית דִּין כְּמוֹעֲדוֹת; קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Sheshet lui dit : Les Fêtes du Seigneur requièrent une sanctification par le tribunal. Cela signifie que le début du mois, qui dépend de l'apparition de la Nouvelle Lune, laquelle détermine les Fêtes, ne peut être fixé que par un tribunal composé d'experts. Chabbat, qui commémore la Création, ne requiert pas de sanctification par le tribunal. Le Chabbat est sanctifié chaque semaine indépendamment de toute action du tribunal. Il pourrait vous venir à l'esprit de dire : Puisque le Chabbat est écrit à côté des Fêtes, il devrait requérir une sanctification par le tribunal, comme les Fêtes. Rabbi Yossei HaGelili nous enseigne que le Chabbat ne requiert pas cela.
מַאי ״מוֹעֲדֵי ה׳ נֶאֶמְרוּ, הֲפָרַת נְדָרִים לֹא נֶאֶמְרָה״? מוֹעֲדֵי ה׳ צְרִיכִין מוּמְחִין, הֲפָרַת נְדָרִים אֵינָהּ צְרִיכָה מוּמְחִין.
Rabbi Yosei bar Natan demanda : Que signifie la déclaration de ben Azzai : Les Fêtes du Seigneur ont été énoncées, mais la dissolution des vœux n’a pas été énoncée ? Après tout, la Torah écrit explicitement au sujet de la dissolution des vœux. Rav Sheshet lui répondit : Les Fêtes du Seigneur nécessitent des experts pour déterminer quand les mois commencent et quand les Fêtes seront observées, mais la dissolution des vœux ne nécessite pas d’experts.
וְהָא ״רָאשֵׁי הַמַּטּוֹת״ כְּתִיב! אָמַר רַב חִסְדָּא אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: בְּיָחִיד מוּמְחֶה.
La Guemara remet en question cette explication. Mais il est écrit : « Les chefs des tribus » (Nombres 30:2), dans la section traitant des halakhot des vœux. Comment, dès lors, peut-on dire que les vœux peuvent être dissous par des profanes ? Rav Ḥisda dit que Rabbi Yoḥanan dit : Cette expression enseigne que les vœux peuvent être dissous par une seule autorité experte. En tout état de cause, la Guemara a établi que Beit Shammai peut déduire que la dissolution des vœux peut être effectuée par des profanes de la manière énoncée par ben Azzai, comme l’a expliqué Rav Sheshet.
תְּנַן הָתָם, אָמַר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל: לֹא הָיוּ יָמִים טוֹבִים לְיִשְׂרָאֵל כַּחֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאָב וּכְיוֹם הַכִּפּוּרִים, שֶׁבָּהֶן בְּנוֹת יְרוּשָׁלַיִם יוֹצְאוֹת בִּכְלֵי לָבָן שְׁאוּלִין, שֶׁלֹּא לְבַיֵּישׁ אֶת מִי שֶׁאֵין לוֹ. בִּשְׁלָמָא יוֹם הַכִּפּוּרִים – יוֹם סְלִיחָה וּמְחִילָה, יוֹם שֶׁנִּתְּנוּ בּוֹ לוּחוֹת אַחֲרוֹנוֹת. אֶלָּא חֲמִשָּׁה עָשָׂר בְּאָב – מַאי הִיא?
§ La Guemara examine une michna qui traite de la question des mariages intertribaux. Nous avons appris dans une michna là-bas (Ta’anit 26b) : Rabban Shimon ben Gamliel a dit : Il n’y eut pas de jours plus joyeux pour le peuple juif que le quinze av et Yom Kippour, car en ces jours les filles de Jérusalem sortaient vêtues de blanc, vêtements que chaque femme empruntait à une autre. Pourquoi empruntaient-elles des vêtements ? Elles faisaient cela afin de ne pas embarrasser celle qui n’avait pas ses propres vêtements blancs. La Guemara analyse la michna : Il est admis que Yom Kippour est un jour de joie, car c’est un jour de pardon et de rémission, et de plus, c’est le jour où les dernières Tables de l’Alliance furent données. Mais quelle est la joie particulière du quinze av ?
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: יוֹם שֶׁהוּתְּרוּ שְׁבָטִים לָבֹא זֶה בָּזֶה. מַאי דְּרוּשׁ? ״זֶה הַדָּבָר״ – דָּבָר זֶה לֹא יְהֵא נוֹהֵג אֶלָּא בְּדוֹר זֶה.
Rav Yehuda dit que Shmuel dit : Ce fut le jour où les membres de différentes tribus furent autorisés à se marier avec des membres de la tribu les uns des autres. De tels mariages étaient restreints à la première génération à entrer en Eretz Yisrael, comme expliqué ci-dessus (120a). Quel verset interprétèrent les sages de cette époque à l’appui de leur conclusion selon laquelle cette halakha n’était plus en vigueur ? Le verset déclare : "Voici la chose" (Nombres 36:6), c’est-à-dire : cette règle ne sera pratiquée que dans cette génération, au cours de laquelle Eretz Yisrael est partagée entre les tribus.
רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: יוֹם שֶׁהוּתַּר שֵׁבֶט בִּנְיָמִן לָבֹא בַּקָּהָל, דִּכְתִיב: ״וְאִישׁ יִשְׂרָאֵל נִשְׁבַּע בַּמִּצְפָּה לֵאמֹר: אִישׁ מִמֶּנּוּ לֹא יִתֵּן בִּתּוֹ לְבִנְיָמִן לְאִשָּׁה״. מַאי דְּרוּשׁ? ״מִמֶּנּוּ״ – וְלֹא מִבָּנֵינוּ.
Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yoḥanan a proposé une autre explication : le quinze Av était le jour où la tribu de Benjamin fut autorisée à entrer dans la congrégation des autres tribus d’Israël par le mariage, après que les autres tribus eurent trouvé un moyen d’annuler le vœu qui leur interdisait d’épouser un membre de la tribu de Benjamin à la suite de l’épisode de la concubine à Guivʿa (Juges, chapitres 19–20). Comme il est écrit : « Et les hommes d’Israël avaient prêté serment à Mitspa, en disant : Aucun de nous ne donnera sa fille à Benjamin pour femme » (Juges 21:1). La Guemara demande : Quel verset ont interprété les sages de cette époque qui leur a permis d’annuler ce vœu ? Le verset dit : « Aucun de nous », et non : Aucun de nos enfants ; par conséquent, le serment ne s’appliquait qu’à la génération qui l’avait prêté.
רַב דִּימִי בַּר יוֹסֵף אָמַר רַב נַחְמָן: יוֹם שֶׁכָּלוּ בּוֹ מֵתֵי מִדְבָּר; דְּאָמַר מָר: עַד שֶׁלֹּא כָּלוּ מֵתֵי מִדְבָּר,
Rav Dimi bar Yosef dit que Rav Naḥman dit : Le quinzième jour de Av fut le jour où ceux qui étaient destinés à périr dans le désert cessèrent de mourir, car toute la génération qui était sortie d’Égypte mourut à cause du péché des explorateurs (Nombres 14:29–30). Comme le Maître le dit : Tant que ceux qui étaient destinés à périr dans le désert n’avaient pas cessé de mourir,