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אֶפְשָׁר בַּת מֵאָה וּשְׁלֹשִׁים שָׁנָה, וְקֹרֵא לָהּ: ״בַּת״?! דְּאָמַר רַבִּי חָמָא בַּר חֲנִינָא: זוֹ יוֹכֶבֶד; שֶׁהוֹרָתָהּ בַּדֶּרֶךְ, וְנוֹלְדָה בֵּין הַחוֹמוֹת – דִּכְתִיב: ״אֲשֶׁר יָלְדָה אֹתָהּ לְלֵוִי בְּמִצְרָיִם״ –
La Guemara demande : Est-il possible qu’il s’agisse de Yokhéved ? Yokhéved avait alors 130 ans et le verset l’appelait une fille, ce qui indique quelqu’un de très jeune. L’âge de Yokhéved est établi sur la base d’une tradition concernant le nombre de descendants de Jacob qui descendirent en Égypte, comme suit : Alors que le verset déclare que Léa avait trente-trois descendants (Torah 46:15), seulement trente-deux furent énumérés. Cela a été expliqué comme le dit Rabbi Ḥama bar Ḥanina : Cette « fille de Lévi » est Yokhéved, dont la conception eut lieu en chemin alors que la famille de Jacob descendait en Égypte, et elle naquit à l’intérieur des murailles, c’est-à-dire après être entrée en Égypte, comme il est écrit : « Et le nom de la femme d’Amram était Yokhéved, fille de Lévi, qui naquit à Lévi en Égypte » (Nombres 26:59).
לֵידָתָהּ בְּמִצְרַיִם, וְהוֹרָתָהּ שֶׁלֹּא בְּמִצְרַיִם. וְאַמַּאי קָרוּ לַהּ ״בַּת״? אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִידָא: מְלַמֵּד שֶׁנּוֹלְדוּ בָּהּ סִימָנֵי נַעֲרוּת, נִתְעַדֵּן הַבָּשָׂר, נִתְפַּשְּׁטוּ הַקְּמָטִין, וְחָזַר הַיּוֹפִי לִמְקוֹמוֹ.
On peut déduire du verset : Sa naissance eut lieu en Égypte, mais sa conception n’eut pas lieu en Égypte. Puisque le peuple juif fut en Égypte pendant 210 ans et que Moïse avait quatre-vingts ans au moment de l’Exode, Yokhéved devait avoir 130 ans lorsque Moïse naquit. La Guemara demande donc : Et pourquoi le verset l’appelle-t-il « fille » ? Rav Yehouda bar Zevida dit : Cela enseigne que ses signes de jeunesse revinrent miraculeusement à l’existence. La chair devint lisse, les rides furent aplanies, et la beauté juvénile revint à sa place.
״וַיִּקַּח״?! ״וַיַּחְזוֹר״ מִיבְּעֵי לֵיהּ! אָמַר רַב יְהוּדָה בַּר זְבִידָא: מְלַמֵּד שֶׁעָשָׂה לָהּ מַעֲשֵׂה לִקּוּחִין – הוֹשִׁיבָה בְּאַפִּרְיוֹן, וְאַהֲרֹן וּמִרְיָם מְשׁוֹרְרִים לְפָנֶיהָ, וּמַלְאֲכֵי שָׁרֵת אוֹמְרִים: ״אֵם הַבָּנִים שִׂמְחָה״.
Le verset concernant le mariage d’Amram avec Yokhéved déclare : « Un homme de la maison de Lévi alla, et prit pour femme une fille de Lévi » (Exode 2:1). La Guemara demande : puisque Yokhéved avait déjà été mariée à Amram depuis plusieurs années, car Myriam et Aaron étaient déjà nés, le verset aurait dû dire : Et il la reprit pour femme. Rav Yehouda bar Zevida dit : La formulation du verset enseigne que Amram accomplit pour elle un formel acte de mariage comme s’il l’épousait pour la première fois. Il la fit asseoir dans un palanquin nuptial [be’appiryon], et Aaron et Myriam chantaient devant elle, et les anges de service disaient : « Une mère joyeuse d’enfants » (Psaumes 113:9).
לְהַלָּן מְנָאָן הַכָּתוּב דֶּרֶךְ גְּדוּלָּתָן, וְכָאן דֶּרֶךְ חׇכְמָתָן; מְסַיְּיעָא לֵיהּ לְרַבִּי אַמֵּי, דְּאָמַר רַבִּי אַמֵּי: בִּישִׁיבָה – הַלֵּךְ אַחַר חׇכְמָה. בִּמְסִיבָּה – הַלֵּךְ אַחַר זִקְנָה. אָמַר רַב אָשֵׁי: וְהוּא דְּמַפְלַיג בְּחׇכְמָה, וְהוּא דְּמַפְלַיג בְּזִקְנָה.
§ La Guemara revient discuter des filles de Tselof’had : Plus loin, le verset les énumère selon leur âge, en disant : « Ma’hla, Tirtsa, et ‘Hogla, et Milka, et Noa, les filles de Tselof’had, se marièrent » (Nombres 36:11), et ici le verset les énumère dans un ordre différent, selon leur sagesse : « Et voici les noms de ses filles : Ma’hla, Noa, et ‘Hogla, et Milka, et Tirtsa » (Nombres 27:1). Cela appuie la décision de Rabbi Ami, car Rabbi Ami dit : Dans le contexte du fait de siéger en jugement ou d’étudier la Torah, on suit la sagesse des participants pour déterminer les places, afin que le plus sage reçoive le plus grand honneur, tandis que dans le contexte du fait de s’accouder pour un repas, on suit l’âge. Rav Achi dit : Et cela n’est vrai que lorsque quelqu’un est exceptionnel en sagesse, alors la sagesse l’emporte sur l’âge ; et cela n’est vrai que lorsque l’un des participants est exceptionnel par l’âge, c’est-à-dire particulièrement âgé, alors l’âge l’emporte sur la sagesse.
תָּנָא דְּבֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל: בְּנוֹת צְלָפְחָד שְׁקוּלוֹת הָיוּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַתִּהְיֶינָה״ – הֲוָיָה אַחַת לְכוּלָּן.
La Guemara cite une opinion alternative : L’école de Rabbi Yishmael a enseigné : Les filles de Tselofehad étaient égales en stature, comme il est dit : « Mahlah, Tirzah, Hoglah, Milcah et Noah, les filles de Tselofehad, furent [vatihyena] mariées. » Le mot « vatihyena » démontre : Il y avait une existence uniforme [havaya], c’est-à-dire un niveau spirituel, pour elles toutes.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: בְּנוֹת צְלָפְחָד הוּתְּרוּ לְהִנָּשֵׂא לְכׇל הַשְּׁבָטִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לַטּוֹב בְּעֵינֵיהֶם תִּהְיֶינָה לְנָשִׁים״; אֶלָּא מָה אֲנִי מְקַיֵּים ״אַךְ לְמִשְׁפַּחַת מַטֵּה אֲבִיהֶם תִּהְיֶינָה לְנָשִׁים״? עֵצָה טוֹבָה הִשִּׂיאָן הַכָּתוּב, שֶׁלֹּא יִנָּשְׂאוּ אֶלָּא לְהָגוּן לָהֶן.
§ Rav Yehuda dit que Shmuel dit : Les filles de Tselophehad furent autorisées à se marier avec des membres de n’importe laquelle des tribus, comme il est dit : « Qu’elles se marient avec celui qui leur semblera bon » (Nombres 36:6). Mais comment comprendre le sens de la suite de ce même verset : « Seulement dans la famille de la tribu de leur père elles se marieront » (Nombres 36:6), selon lequel elles n’étaient autorisées à se marier qu’avec des membres de leur propre tribu ? Le verset leur donnait un bon conseil : qu’elles ne se marient que avec ceux qui leur convenaient, qui étaient souvent des hommes de la famille.
מוֹתֵיב רַבָּה: ״אֱמוֹר אֲלֵיהֶם״ – לְאוֹתָן הָעוֹמְדִים עַל הַר סִינַי, ״לְדֹרֹתֵיכֶם״ – אֵלּוּ דּוֹרוֹת הַבָּאִים. אִם נֶאֱמַר אָבוֹת – לָמָּה נֶאֱמַר בָּנִים? וְאִם נֶאֱמַר בָּנִים – לָמָּה נֶאֱמַר אָבוֹת? מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּאָבוֹת מַה שֶּׁאֵין בַּבָּנִים, וְיֵשׁ בַּבָּנִים מַה שֶּׁאֵין בָּאָבוֹת –
Rabba a soulevé une objection à partir d’une baraita enseignée au sujet de l’interdiction de manger des aliments consacrés lorsqu’on se trouve dans un état d’impureté rituelle. Il fut ordonné à Moïse : « Dis-leur : Quiconque parmi tous vos descendants, à travers vos générations, s’approche des choses saintes que les enfants d’Israël consacrent au Seigneur, ayant sur lui son impureté, cette âme sera retranchée de devant Moi » (Lévitique 22:3). À quelles personnes l’expression « dis-leur » fait-elle référence ? Elle fait référence à ceux qui se tenaient au mont Sinaï. À quelles personnes l’expression « à travers vos générations » fait-elle référence ? Ce sont les générations à venir. Si la halakhaest énoncée aux pères, pourquoi est-elle énoncée aux fils ; et si la halakhaest énoncée aux fils, pourquoi est-elle énoncée aux pères ? C’est parce qu’il y a des mitzvot pour les pères qui ne sont pas pour les fils, et il y a des mitzvot pour les fils qui ne sont pas pour les pères.
בָּאָבוֹת הוּא אוֹמֵר: ״וְכׇל בַּת יֹרֶשֶׁת נַחֲלָה״; וְהַרְבֵּה מִצְוֹת נִצְטַוּוּ בָּנִים, שֶׁלֹּא נִצְטַוּוּ אָבוֹת. הָא מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּאָבוֹת שֶׁאֵין בַּבָּנִים, וְיֵשׁ בַּבָּנִים מַה שֶּׁאֵין בָּאָבוֹת – הוּצְרַךְ לוֹמַר אָבוֹת, הוּצְרַךְ לוֹמַר בָּנִים.
La baraita continue : Concernant les pères, le verset déclare : « Et toute fille qui possède un héritage parmi les tribus des enfants d’Israël sera femme de quelqu’un de la famille de la tribu de son père » (Nombres 36:8). Cette mitzva, selon laquelle la femme devait épouser un membre de sa propre tribu, ne s’appliquait qu’à la première génération qui reçut des parts tribales d’Eretz Yisrael. Et, en revanche, il y avait de nombreuses mitzvot, par exemple, toutes les mitzvot qui ne s’appliquaient qu’à partir du moment où Eretz Yisrael fut peuplée, que les fils furent commandés d’accomplir mais que les pères n’étaient pas commandés d’accomplir. Parce qu’il y a des mitzvot pour les pères qui ne sont pas pour les fils, et il y a des mitzvot pour les fils qui ne sont pas pour les pères, le verset devait énoncer, c’est-à-dire s’adresser aux pères, et il devait énoncer, c’est-à-dire s’adresser aux fils.
קָתָנֵי מִיהַת, בָּאָבוֹת הוּא אוֹמֵר: ״וְכׇל בַּת יֹרֶשֶׁת נַחֲלָה״! הוּא מוֹתֵיב לַהּ וְהוּא מְפָרֵק לַהּ – לְבַר מִבְּנוֹת צְלָפְחָד.
Rabba présente son objection : Quoi qu’il en soit, la baraita enseigne : En ce qui concerne les pères, le verset déclare : « Et toute fille qui possède un héritage parmi les tribus des enfants d’Israël sera femme de quelqu’un de la famille de la tribu de son père. » Cela indique qu’il s’agissait d’une mitsva pour toute cette génération, y compris les filles de Tselofehad, contrairement à l’affirmation de Shmuel. La Guemara explique : Lui, Rabba, a soulevé l’objection et l’a résolue : Cette mitsva s’appliquait à tous sauf aux filles de Tselofehad, auxquelles il fut explicitement permis d’épouser des membres de n’importe quelle tribu.
אָמַר מָר, בָּאָבוֹת הוּא אוֹמֵר: ״וְכׇל בַּת יוֹרֶשֶׁת נַחֲלָה״ – בָּאָבוֹת אִין, בַּבָנִים לָא. מַאי מַשְׁמַע? אָמַר רָבָא, אָמַר קְרָא: ״זֶה הַדָּבָר״ – דָּבָר זֶה לֹא יְהֵא נוֹהֵג אֶלָּא בְּדוֹר זֶה.
Le Maître dit dans la baraita citée ci-dessus : Concernant les pères, le verset déclare : « Et toute fille qui possède un héritage parmi les tribus des enfants d’Israël sera femme de l’un des membres de la famille de la tribu de son père. » Concernant les pères, oui, telle est la mitsva, mais concernant les fils, ce n’est pas le cas. La Guemara demande : D’où peut-on le déduire ? Rava a dit que le verset déclare là-bas : « Telle est la chose que le Seigneur a ordonnée » (Nombres 36:6), c’est-à-dire : Cette règle ne sera appliquée que dans cette génération.
אֲמַר לֵיהּ רַבָּה זוּטֵי לְרַב אָשֵׁי: אֶלָּא מֵעַתָּה, ״זֶה הַדָּבָר״ דִּשְׁחוּטֵי חוּץ – הָכִי נָמֵי דְּלָא יְהֵא נוֹהֵג אֶלָּא בְּדוֹר זֶה? שָׁאנֵי הָתָם, דִּכְתִיב: ״לְדֹרֹתָם״.
Rabba Zuti dit à Rav Ashi : Si c’est ainsi, alors, concernant l’expression « voici la chose » écrite au sujet d’une offrande abattue à l’extérieur du Tabernacle (voir Lévitique 17:2–3), également, est-ce la halakhaqu’elle ne sera pratiquée que dans cette génération ? Certainement pas, car cette interdiction s’applique à toutes les générations. Quelle est la différence entre les deux passages ? Rav Ashi répondit : C’est différent là-bas, en ce qui concerne les offrandes abattues à l’extérieur du Tabernacle ou du Temple, car il est écrit : « Dans toutes leurs générations » (Lévitique 17:7), ce qui indique que l’interdiction est en vigueur dans toutes les générations.

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