וְלֹא תְּהֵא תּוֹרָה שְׁלֵמָה שֶׁלָּנוּ, כְּשִׂיחָה בְּטֵלָה שֶׁלָּכֶם. מָה לְבַת בְּנוֹ – שֶׁכֵּן יִפָּה כֹּחָהּ בִּמְקוֹם הָאַחִין; תֹּאמַר בְּבִתּוֹ – שֶׁהוֹרַע כֹּחָהּ בִּמְקוֹם אַחִין. וְנִצְּחוּם, וְאוֹתוֹ הַיּוֹם עֲשָׂאוּהוּ יוֹם טוֹב.
mais notre Torah parfaite ne sera-t-elle pas aussi digne que ton discours frivole, puisque ton raisonnement est fallacieux : Qu’y a-t-il de remarquable dans l’héritage de la fille du fils du défunt ? Cela est remarquable en ce que son droit est renforcé du fait qu’elle hérite de son grand-père paternel avec les frères de son père. Dirais-tu que la même chose s’applique à l’égard de la fille du défunt, dont le droit d’hériter est diminué en ce qu’elle n’hérite pas de son père avec ses frères ? L’inférence a fortiori du sadducéen est ainsi réfutée. La Guemara conclut : Et, puisque les sadducéens n’avaient aucun contre-argument, les Sages l’emportèrent sur eux et établirent ce jour-là, le vingt-quatre tévèt, comme une petite fête pour célébrer l’établissement de la halakha conformément à l’opinion des Sages.
״וַיֹּאמְרוּ יְרֻשַּׁת פְּלֵטָה לְבִנְיָמִן, וְלֹא יִמָּחֶה שֵׁבֶט מִיִּשְׂרָאֵל״ –
Après avoir discuté de la halakha du droit à l’héritage de la fille d’un fils, la Guemara cite un verset qui se rapporte à la question. Après l’incident connu sous le nom de : La concubine de Guivéa, les hommes de la tribu de Benjamin n’étaient plus que six cents, et chacun de ces hommes avait hérité de grandes parcelles de terre de leurs proches décédés. Le verset déclare : « Et ils dirent : Que les rescapés aient un héritage pour Benjamin, afin qu’une tribu ne soit pas effacée d’Israël » (Juges 21:17).
אָמַר רַבִּי יִצְחָק דְּבֵי רַבִּי אַמֵּי: מְלַמֵּד שֶׁהִתְנוּ עַל שֵׁבֶט בִּנְיָמִין, שֶׁלֹּא תִּירַשׁ בַּת הַבֵּן עִם הָאַחִין.
Rabbi Yitzḥak de la maison de Rabbi Ami dit : Cela enseigne que les anciens de cette génération ont stipulé au sujet de la tribu de Benjamin qu’une fille d’un fils n’héritera pas avec les frères de son père. Puisqu’une fille d’un fils qui hérite des biens de son grand-père peut ensuite les léguer à son mari, qui peut être d’une autre tribu, les anciens ont institué cette ordonnance temporaire afin de garantir que d’autres tribus n’héritent pas de grandes quantités de terres appartenant à la tribu de Benjamin, de peur que la tribu de Benjamin ne se retrouve avec peu de terres lui appartenant en propre.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן יוֹחַאי: כֹּל שֶׁאֵינוֹ מַנִּיחַ בֵּן לְיוֹרְשׁוֹ – הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מָלֵא עָלָיו עֶבְרָה. כְּתִיב הָכָא: ״וְהַעֲבַרְתֶּם אֶת נַחֲלָתוֹ״, וּכְתִיב הָתָם: ״יוֹם עֶבְרָה הַיּוֹם הַהוּא״.
§ La Guemara présente une déclaration connexe. Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Shimon ben Yoḥai : En ce qui concerne quiconque ne laisse pas derrière lui un fils pour hériter de lui, le Saint, béni soit-Il, est rempli de colère [evra] contre lui, comme cela est écrit ici : « Si un homme meurt et qu’il n’a pas de fils, alors vous ferez passer son héritage [veha’avartem] à sa fille » (Nombres 27:8), et il est écrit là-bas : « Ce jour-là est un jour de colère [evra] » (Sophonie 1:15). Les mots « veha’avartem » et « evra » partagent des lettres racines communes, par lesquelles Rabbi Shimon ben Yoḥai interprète que la colère de Dieu peut résulter du fait que l’héritage passe à une fille plutôt qu’à un fils.
״אֲשֶׁר אֵין חֲלִיפוֹת לָמוֹ וְלֹא יָרְאוּ אֱלֹהִים״ – רַבִּי יוֹחָנָן וְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, חַד אָמַר: כֹּל שֶׁאֵינוֹ מַנִּיחַ בֵּן. וְחַד אָמַר: כֹּל שֶׁאֵינוֹ מַנִּיחַ תַּלְמִיד.
La Guemara présente une déclaration connexe. Concernant le verset : « Dieu entendra et les humiliera, Lui qui siège depuis les temps anciens, Sélah ; ceux qui n’ont pas de changement et ne craignent pas Dieu” (Psaumes 55:20), Rabbi Yoḥanan et Rabbi Yehoshua ben Levi interprètent chacun le verset d’une manière différente. L’un dit qu’il s’agit d’une référence à quiconque ne laisse pas derrière lui un fils pour hériter de lui, car il ne laisse personne pour servir à sa place, c’est-à-dire comme remplaçant pour lui ; et l’un dit qu’il s’agit d’une référence à quiconque ne laisse pas derrière lui un élève pour servir à sa place.
תִּסְתַּיֵּים רַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר תַּלְמִיד – דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: דֵּין גַּרְמֵיהּ דַּעֲשִׂירָאָה בִּיר. תִּסְתַּיֵּים דְּרַבִּי יוֹחָנָן דְּאָמַר תַּלְמִיד.
La Guemara suggère : On peut conclure que c’est Rabbi Yoḥanan qui dit que le verset fait référence à celui qui ne laisse pas derrière lui un élève, car Rabbi Yoḥanan, dont les dix fils moururent de son vivant, disait à ceux qu’il consolait : Voici l’os de mon dixième fils, afin de les encourager à ne pas succomber à leur chagrin. Puisque Rabbi Yoḥanan savait qu’il ne laisserait pas de fils pour hériter de ses biens, il est raisonnable de supposer qu’il interprétait le verset comme signifiant que Dieu est plein de colère contre celui qui ne laisse pas derrière lui un élève. La Guemara commente que l’on peut conclure que c’est Rabbi Yoḥanan qui dit que le verset fait référence à celui qui ne laisse pas derrière lui un élève.
וּמִדְּרַבִּי יוֹחָנָן אָמַר תַּלְמִיד – רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי אָמַר בֵּן?!
La Guemara note : Et de cela, du fait que Rabbi Yoḥanan est celui qui dit que le verset fait référence à quelqu’un qui ne laisse pas derrière lui un élève, il s’ensuit que Rabbi Yehoshua ben Levi dit que le verset fait référence à quelqu’un qui ne laisse pas derrière lui un fils.
וְהָא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי לָא אָזֵיל לְבֵי טַמְיָא אֶלָּא לְבֵי מַאן דְּשָׁכֵיב בְּלָא בְּנֵי, דִּכְתִיב: ״בְּכוּ בָכֹה לַהֹלֵךְ״, וְאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: לַהוֹלֵךְ בְּלֹא בֵּן זָכָר! אֶלָּא רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא דְּאָמַר תַּלְמִיד.
La Guemara demande : Mais cela ne peut pas être le cas, car Rabbi Yehoshua ben Levi ne se rendait pas dans une maison de deuil [bei tamya] pour consoler les endeuillés afin de ne pas interrompre son étude, sauf dans la maison de quelqu’un qui était mort sans aucun fils, comme il est écrit : « Ne pleurez pas le mort et ne le lamentez pas ; mais pleurez amèrement celui qui s’en va » (Jérémie 22:10), et Rabbi Yehouda dit que Rav dit que le verset fait référence à celui qui quitte ce monde sans laisser derrière lui un enfant mâle. Du fait que Rabbi Yehoshua ben Levi consolait précisément quelqu’un qui était mort sans laisser de fils, il est évident qu’il ne soutient pas que Dieu soit plein de colère envers un tel individu. Au contraire, il faut dire que Rabbi Yehoshua ben Levi est le Sage qui dit que le verset fait référence à celui qui ne laisse derrière lui aucun élève.
וּמִדְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי הוּא דְּאָמַר תַּלְמִיד – רַבִּי יוֹחָנָן אָמַר בֵּן?!
La Guemara note : Et du fait que Rabbi Yehoshua ben Levi est celui qui dit que le verset fait référence à celui qui ne laisse pas derrière lui un élève, il s’ensuit que Rabbi Yoḥanan dit qu’il fait référence à celui qui ne laisse pas derrière lui un fils.
קַשְׁיָא דְּרַבִּי יוֹחָנָן אַדְּרַבִּי יוֹחָנָן! לָא קַשְׁיָא, הָא דִידֵיהּ, הָא דְרַבֵּיהּ.
La Guemara demande : Cela pose une difficulté entre une déclaration de Rabbi Yoḥanan, selon laquelle le verset fait référence à celui qui ne laisse pas de fils, et une autre déclaration de Rabbi Yoḥanan, car il disait : Voici l’os de mon dixième fils. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile : Cette déclaration, concernant l’os de son fils, est de lui, tandis que cette autre déclaration, concernant le verset, est de son maître.
(סִימָן: הֲדַד, עָנִי וְחָכָם.)
§ La Guemara poursuit avec trois interprétations homilétiques de Rabbi Pineḥas ben Ḥama et fournit un moyen mnémotechnique pour faciliter la mémorisation de ces exposés : Hadad, pauvreté et sage.
דָּרַשׁ רַבִּי פִּנְחָס בֶּן חָמָא, מַאי דִּכְתִיב: ״וַהֲדַד שָׁמַע בְּמִצְרַיִם כִּי שָׁכַב דָּוִד עִם אֲבוֹתָיו, וְכִי מֵת יוֹאָב שַׂר הַצָּבָא״? מִפְּנֵי מָה בְּדָוִד נֶאֶמְרָה בּוֹ ״שְׁכִיבָה״, וּבְיוֹאָב נֶאֶמְרָה בּוֹ ״מִיתָה״? דָּוִד, שֶׁהִנִּיחַ בֵּן – נֶאֶמְרָה בּוֹ שְׁכִיבָה. יוֹאָב, שֶׁלֹּא הִנִּיחַ בֵּן – נֶאֶמְרָה בּוֹ מִיתָה.
La Guemara présente la première interprétation homilétique : Rabbi Pineḥas ben Ḥama a interprété un verset de manière homilétique : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et lorsque Hadad apprit en Égypte que David s’était endormi avec ses pères, et que Joab, chef de l’armée, était mort » (I Rois 11:21) ? Pour quelle raison est-ce que, dans le cas du roi David, le fait de dormir a été mentionné au sujet de sa disparition, et dans le cas de Joab, la mort a été mentionnée au sujet de sa disparition ? Il répond : Concernant le roi David, qui a laissé un fils après lui, le fait de dormir a été mentionné au sujet de sa disparition, car ce n’était pas une mort complète ; tandis que, concernant Joab, qui n’a pas laissé de fils après lui, la mort a été mentionnée au sujet de sa disparition, car il n’a laissé aucun fils pour lui succéder.
וְיוֹאָב לֹא הִנִּיחַ בֵּן?! וְהָכְתִיב: ״מִבְּנֵי יוֹאָב – עֹבַדְיָה בֶּן יְחִיאֵל״! אֶלָּא: דָּוִד, שֶׁהִנִּיחַ בֵּן כְּמוֹתוֹ – נֶאֶמְרָה בּוֹ ״שְׁכִיבָה״. יוֹאָב, שֶׁלֹּא הִנִּיחַ בֵּן כְּמוֹתוֹ – נֶאֶמְרָה בּוֹ ״מִיתָה״.
La Guemara demande : Et est-ce bien le cas que Joab n’a pas laissé de fils après lui ? Mais n’est-il pas écrit : « Des fils de Joab : Abdias, fils de Jehiel » (Esdras 8:9) ? Plutôt, concernant le roi David, qui a laissé un fils aussi grand que lui-même, le sommeil a été mentionné au sujet de sa disparition ; mais concernant Joab, qui n’a pas laissé de fils aussi grand que lui-même, la mort a été mentionnée au sujet de sa disparition.
דָּרַשׁ רַבִּי פִּנְחָס בֶּן חָמָא: קָשָׁה עֲנִיּוּת בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ שֶׁל אָדָם, יוֹתֵר מֵחֲמִשִּׁים מַכּוֹת – שֶׁנֶּאֱמַר: ״חׇנֻּנִי חׇנֻּנִי אַתֶּם רֵעָי, כִּי יַד אֱלוֹהַּ נָגְעָה בִּי״, וְקָא אָמְרִי לֵיהּ חַבְרֵיהּ: ״הִשָּׁמֶר אַל תֵּפֶן אֶל אָוֶן, כִּי עַל זֶה בָּחַרְתָּ מֵעֹנִי״.
La Guemara présente la deuxième interprétation homilétique : Rabbi Pineḥas ben Ḥama a interprété un verset de manière homilétique, et en a déduit que la pauvreté dans la maison d’une personne est plus difficile que cinquante plaies, comme il est dit : « Ayez pitié de moi, ayez pitié de moi, ô vous mes amis ; car la main de Dieu m’a touché » (Job 19:21), et ses amis lui disaient : « Prends garde, ne te tourne pas vers l’iniquité ; car c’est cela que tu as choisi plutôt que la pauvreté » (Job 36:21). Job, qui a subi de nombreuses plaies, s’est vu dire par ses amis que sa souffrance était préférable à la pauvreté.
דָּרַשׁ רַבִּי פִּנְחָס בַּר חָמָא: כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ חוֹלֶה בְּתוֹךְ בֵּיתוֹ, יֵלֵךְ אֵצֶל חָכָם וִיבַקֵּשׁ עָלָיו רַחֲמִים – שֶׁנֶּאֱמַר: ״חֲמַת מֶלֶךְ מַלְאֲכֵי מָוֶת, וְאִישׁ חָכָם יְכַפְּרֶנָּה״.
La Guemara présente la troisième interprétation homilétique : Rabbi Pineḥas bar Ḥama a interprété un verset de manière homilétique : Quiconque a un malade dans sa maison doit aller voir un sage, et le sage demandera miséricorde pour le malade, comme il est dit : « La colère d’un roi est comme des messagers de mort ; mais un homme sage l’apaisera » (Proverbes 16:14).
זֶה הַכְּלָל: כׇּל הַקּוֹדֵם בַּנַּחֲלָה – יוֹצְאֵי יְרֵכוֹ קוֹדְמִין, וְהָאָב קוֹדֵם לְכׇל יוֹצְאֵי יְרֵכוֹ. בָּעֵי רָמֵי בַּר חָמָא: אֲבִי הָאָב וַאֲחֵי הָאָב – כְּגוֹן אַבְרָהָם וְיִשְׁמָעֵאל בְּנִכְסֵי עֵשָׂו, אֵיזֶה מֵהֶן קוֹדֵם? אָמַר רָבָא, תָּא שְׁמַע: הָאָב קוֹדֵם לְכׇל יוֹצְאֵי יְרֵכוֹ. וְרָמֵי בַּר חָמָא –
§ La michna enseigne que voici le principe : En ce qui concerne quiconque précède un autre en matière d’héritage, ses descendants précèdent eux aussi l’autre, et un père précède tous ses descendants. Rami bar Ḥama soulève un dilemme : En ce qui concerne la revendication du père du père du défunt et la revendication du frère du père du défunt, comme les revendications d’Abraham et Ismaël sur les biens d’Ésaü, qui était le petit-fils d’Abraham et le neveu d’Ismaël, lequel d’entre eux précède l’autre et hérite des biens ? Rava a dit : Viens et écoute une preuve tirée de la michna : Un père précède tous ses descendants, par conséquent Abraham hériterait, puisque Ismaël était son descendant. La Guemara demande : Et pourquoi Rami bar Ḥama avait-il un dilemme ; n’avait-il pas connaissance de l’énoncé de la michna ?