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הָא כֵּיצַד? נַחֲלָה מְמַשְׁמֶשֶׁת וְהוֹלֶכֶת, עַד רְאוּבֵן. וְלֵימָא עַד יַעֲקֹב! אָמַר אַבָּיֵי: גְּמִירִי דְּלָא כָּלֵה שִׁבְטָא.
La Guemara demande : Comment cela, c’est-à-dire comment l’examen est-il effectué lorsqu’il n’a aucune descendance ? La Guemara répond : La lignée familiale qui détermine l’héritage est examinée successivement jusqu’à Réouven, fils de Yaakov, c’est-à-dire que les héritiers sont déterminés en examinant la généalogie familiale, et cet examen peut s’étendre jusqu’à Réouven, fils de notre patriarche Yaakov. La Guemara demande : Et qu’elle dise : jusqu’à Yaakov lui-même, plutôt que jusqu’à Réouven, puisque, si aucun des descendants de Réouven ne survit, il faudrait examiner les descendants de Yaakov. Abaye a dit en réponse : Il est enseigné comme tradition qu’une tribu ne sera pas anéantie entièrement, et il en restera toujours quelques descendants.
אָמַר רַב הוּנָא אָמַר רַב: כׇּל הָאוֹמֵר תִּירַשׁ בַּת עִם בַּת הַבֵּן, אֲפִילּוּ נָשִׂיא שֶׁבְּיִשְׂרָאֵל – אֵין שׁוֹמְעִין לוֹ, שֶׁאֵינָן אֶלָּא מַעֲשֵׂה צָדוֹקִין. דְּתַנְיָא: בְּאַרְבָּעָה וְעֶשְׂרִים בְּטֵבֵת תַּבְנָא לְדִינַנָא. שֶׁהָיוּ צָדוֹקִין אוֹמְרִין: תִּירַשׁ הַבַּת עִם בַּת הַבֵּן.
§ Rav Houna dit que Rav dit : En ce qui concerne quiconque dit qu’une fille du défunt devrait hériter du patrimoine de son père avec la fille du fils du défunt, même s’il est un prince du peuple juif, il ne faut pas l’écouter, car ce n’est rien d’autre qu’un acte des sadducéens, et cela va à l’encontre de la décision de la michna selon laquelle les descendants d’un fils héritent avant une fille. Comme il est enseigné dans une baraita de Megillat Ta’anit, qui décrit diverses fêtes mineures pendant lesquelles il est interdit de jeûner ou de prononcer des oraisons funèbres : Le vingt-quatre tévèt, nous sommes revenus à notre Torah, c’est-à-dire que la halakha a été rétablie conformément à l’opinion des Sages après avoir été imposée par les sadducéens. Car les sadducéens disaient : Une fille devrait hériter du patrimoine de son père avec la fille du fils du défunt.
נִטְפַּל לָהֶן רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, אָמַר לָהֶם: שׁוֹטִים, מִנַּיִן זֶה לָכֶם? וְלֹא הָיָה אָדָם שֶׁהֶחְזִירוֹ דָּבָר, חוּץ מִזָּקֵן אֶחָד שֶׁהָיָה מְפַטְפֵּט כְּנֶגְדּוֹ, וְאוֹמֵר: וּמָה בַּת בְּנוֹ הַבָּאָה מִכֹּחַ בְּנוֹ – תִּירָשֶׁנּוּ; בִּתּוֹ הַבָּאָה מִכֹּחוֹ – לֹא כׇּל שֶׁכֵּן?
La baraita continue : Rabban Yoḥanan ben Zakkai se joignit à eux pour discuter de leur décision, et leur dit : Imbéciles, d’où tirez-vous cette décision ? Et il n’y eut personne qui lui répondit quoi que ce soit, sauf un vieillard qui bavardait contre lui en disant qu’il s’agit d’une inférence a fortiori : Et de même qu’une fille du fils du défunt, qui vient du fait de son fils, hérite des biens de son grand-père, de même aussi, en ce qui concerne la propre fille du défunt, qui vient du fait de lui pour hériter, à plus forte raison n’est-il pas clair qu’elle devrait hériter de ses biens ?
קָרָא עָלָיו אֶת הַמִּקְרָא הַזֶּה: ״אֵלֶּה בְנֵי שֵׂעִיר הַחֹרִי יֹשְׁבֵי הָאָרֶץ: לוֹטָן וְשׁוֹבָל וְצִבְעוֹן וַעֲנָה״, וּכְתִיב: ״אֵלֶּה בְּנֵי צִבְעוֹן, וְאַיָּה וַעֲנָה״! אֶלָּא מְלַמֵּד שֶׁבָּא צִבְעוֹן עַל אִמּוֹ, וְהוֹלִיד עֲנָה.
Rabban Yoḥanan ben Zakkai récita ce verset à son sujet : « Voici les fils de Séir le Horite, habitants du pays : Lotan, Shobal, Tsibeon et Ana » (Genèse 36:20), et il est écrit : « Et voici les enfants de Tsibeon : Aïa et Ana » (Genèse 36:24). Le premier verset présente Tsibeon et Ana comme des frères, tandis que le second affirme qu’ils sont père et fils. Au contraire, cela enseigne que Tsibeon eut des rapports sexuels avec sa mère et engendra Ana, de sorte qu’il était à la fois le père d’Ana et son frère. Du fait que le premier verset met Tsibeon et Ana sur un pied d’égalité en les désignant tous deux comme fils de Séir, bien qu’Ana fût le petit-fils de Séir, il est clair que les petits-enfants sont comme des enfants, contrairement à l’affirmation des sadducéens.
וְדִלְמָא תְּרֵי עֲנָה הֲווֹ! אָמַר רַבָּה: אָמֵינָא מִלְּתָא דְּלָא אַמְרַהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא; וּמַנּוּ? שְׁמוּאֵל. אִיכָּא דְאָמְרִי, אָמַר רַב פָּפָּא: אָמֵינָא מִלְּתָא דְּלָא אַמְרַהּ שַׁבּוּר מַלְכָּא; וּמַנּוּ? רַבָּה. אָמַר קְרָא: ״הוּא עֲנָה״ – הוּא עֲנָה דְּמֵעִיקָּרָא.
La Guemara interrompt le récit de la baraita et remet en question l’inférence de Rabban Yoḥanan ben Zakkai : Mais peut-être y en avait-il deux portant le nom de Anah, de sorte qu’un Anah était le fils de Tsivéon, et l’autre son frère ? Rabba dit : Je vais énoncer une chose que même le roi Shapur n’a pas énoncée. Et qui est ce roi Shapur ? Cela ne peut pas être une référence à Shapur, roi de Perse ; il doit plutôt s’agir d’un surnom pour quelqu’un d’autre. C’est Shmuel, dont les décisions juridiques furent acceptées par le public comme les édits d’un roi par ses sujets. Certains disent une version différente, selon laquelle c’était Rav Pappa qui dit : Je vais énoncer une chose que même le roi Shapur n’a pas énoncée. Et qui est ce roi Shapur ? C’est Rabba. Le verset poursuit et dit : « C’est Anah » (Torah 36:24), indiquant que c’est bien le même Anah mentionné au début, plus tôt dans le verset. En conséquence, il n’y avait qu’un seul Anah, qui était à la fois le frère de Tsivéon et le fils de Tsivéon.
אֲמַר לֵיהּ: רַבִּי, בְּכָךְ אַתָּה פּוֹטְרֵנִי?! אָמַר לוֹ: שׁוֹטֶה,
La baraita continue : le sadducéen dit à Rabban Yoḥanan ben Zakkai : Mon maître, tu me repousses avec cette réplique ? Je reconnais que le fils d’un fils précède une fille, comme le suggère le verset que tu as cité ; j’affirme qu’une fille hérite avec la fille d’un fils, et le verset que tu as cité n’a aucune incidence sur cette affirmation. Rabban Yoḥanan ben Zakkai lui dit : Imbécile,

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