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נוֹתְנָהּ – וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְמִי נוֹתְנָהּ, נוֹטְלָהּ – וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ מִמִּי נוֹטְלָהּ. נוֹתְנָהּ וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ לְמִי נוֹתְנָהּ – לְאַפּוֹקֵי מִדְּמַר עוּקְבָא; נוֹטְלָהּ וְאֵינוֹ יוֹדֵעַ מִמִּי נוֹטְלָהּ – לְאַפּוֹקֵי מִדְּרַבִּי אַבָּא. וְאֶלָּא הֵיכִי לֶיעְבֵּיד? לִיתֵּיב לְאַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה.
C’est le type dans lequel on donne la charité sans savoir à qui on l’a donnée, et l’autre la prend sans savoir de qui il l’a prise. La Guemara explique : On la donne sans savoir à qui on l’a donnée, cela sert à exclure la pratique de Mar Ukva, qui donnait personnellement la charité aux pauvres sans qu’ils sachent qu’il était le donateur. L’autre la prend sans savoir de qui il l’a prise ; cela sert à exclure la pratique de Rabbi Abba, qui rendait son argent sans propriétaire, afin que les pauvres viennent le prendre sans qu’il sache qui il avait aidé, bien qu’eux sachent de qui venait l’argent. La Guemara demande : Alors, comment doit-on agir pour dissimuler sa propre identité tout en restant ignorant de l’identité des bénéficiaires ? La Guemara répond : La meilleure méthode est de mettre l’argent dans la bourse de charité.
מֵיתִיבִי: מָה יַעֲשֶׂה אָדָם וְיִהְיוּ לוֹ בָּנִים זְכָרִים? רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: יְפַזֵּר מְעוֹתָיו לַעֲנִיִּים. רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ אוֹמֵר: יְשַׂמַּח אִשְׁתּוֹ לִדְבַר מִצְוָה. רַבִּי אֱלִיעֶזֶר בֶּן יַעֲקֹב אוֹמֵר: לֹא יִתֵּן אָדָם פְּרוּטָה לְאַרְנָקִי שֶׁל צְדָקָה, אֶלָּא אִם כֵּן מְמוּנֶּה עָלֶיהָ כְּרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן! כִּי קָא אָמְרִינַן – דִּמְמַנֵּי עֲלַהּ כְּרַבִּי חֲנַנְיָא בֶּן תְּרַדְיוֹן.
La Guemara soulève une objection à partir de ce qui est enseigné dans une baraita : Que doit faire une personne pour avoir des enfants mâles ? Rabbi Eliezer dit : Il doit distribuer généreusement son argent parmi les pauvres. Rabbi Yehoshua dit : Il doit réjouir sa femme avant d’accomplir la mitsva des relations conjugales. Rabbi Eliezer ben Ya’akov dit : Une personne ne doit pas donner une perouta à la caisse de charité, à moins qu’une personne grande et digne de confiance comme Rabbi Ḥananya ben Teradyon ne soit nommée responsable de celle-ci. Cela semble indiquer que mettre de l’argent dans la caisse de charité n’est pas toujours préférable. La Guemara répond : Lorsque nous disons que mettre de l’argent dans la caisse de charité est la manière préférable de donner à la charité, cela fait référence au cas un homme comme Rabbi Ḥananya ben Teradyon est nommé responsable de celle-ci.
אָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, אָמַר מֹשֶׁה לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, בַּמֶּה תָּרוּם קֶרֶן יִשְׂרָאֵל? אָמַר לוֹ: בְּ״כִי תִשָּׂא״.
La Guemara traite d’autres sujets concernant la charité. Rabbi Abbahou dit : Moïse dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, par quoi la corne d’Israël sera-t-elle exaltée ? Dieu lui dit : Par le passage de « Lorsque tu élèveras », c’est-à-dire qu’Israël sera exalté grâce aux dons et à la charité qu’ils donneront, comme il est dit : « Lorsque tu élèveras les têtes des enfants d’Israël… alors ils donneront » (Exode 30:12).
וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, שָׁאֲלוּ אֶת שְׁלֹמֹה בֶּן דָּוִד: עַד הֵיכָן כֹּחָהּ שֶׁל צְדָקָה? אָמַר לָהֶן, צְאוּ וּרְאוּ מָה פֵּירֵשׁ דָּוִד אַבָּא: ״פִּזַּר נָתַן לָאֶבְיוֹנִים – צִדְקָתוֹ עוֹמֶדֶת לָעַד, קַרְנוֹ תָּרוּם בְּכָבוֹד״. רַבִּי אַבָּא אָמַר מֵהָכָא: ״הוּא מְרוֹמִים יִשְׁכֹּן, מְצָדוֹת סְלָעִים מִשְׂגַּבּוֹ, לַחְמוֹ נִתָּן, מֵימָיו נֶאֱמָנִים״; מָה טַעַם ״מְרוֹמִים יִשְׁכֹּן, מְצָדוֹת סְלָעִים מִשְׂגַּבּוֹ״ – מִשּׁוּם דְּ״לַחְמוֹ נִתָּן״ וּ״מֵימָיו נֶאֱמָנִים״.
Et Rabbi Abbahu dit : Ils demandèrent au roi Salomon, fils de David : Jusqu’où s’étend la puissance de la charité ? Le roi Salomon leur dit : Sortez et voyez ce que mon père David a expliqué : « Il a distribué largement, il a donné aux pauvres ; sa justice demeure à jamais, sa corne sera exaltée avec honneur » (Psaumes 112:9). Rabbi Abba dit : C’est d’ici que l’on déduit jusqu’où s’étend la puissance de la charité : « Il habitera dans les hauteurs, son lieu de défense sera la forteresse des rochers ; son pain lui sera donné, ses eaux seront assurées » (Isaïe 33:16). Quelle est la raison pour laquelle « Il habitera dans les hauteurs, son lieu de défense sera la forteresse des rochers » ? Parce que « son pain lui sera donné » aux pauvres, et « ses eaux seront assurées », c’est-à-dire qu’elles seront données fidèlement et qu’on peut lui faire confiance en cette matière.
וְאָמַר רַבִּי אֲבָהוּ, שָׁאֲלוּ אֶת שְׁלֹמֹה: אֵיזֶהוּ בֶּן הָעוֹלָם הַבָּא? אָמַר לָהֶם: כֹּל שֶׁכְּנֶגֶד זְקֵנָיו כָּבוֹד. כִּי הָא דְּיוֹסֵף בְּרֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ חֲלַשׁ, אִינְּגִיד. אֲמַר לֵיהּ אֲבוּהּ: מַאי חָזֵית? אֲמַר לֵיהּ: עוֹלָם הָפוּךְ רָאִיתִי – עֶלְיוֹנִים לְמַטָּה, וְתַחְתּוֹנִים לְמַעְלָה. אֲמַר לֵיהּ: עוֹלָם בָּרוּר רָאִיתָ. וַאֲנַן, הֵיכִי חֲזֵיתִינַּן? [אֲמַר לֵיהּ:] כִּי הֵיכִי דַּחֲשִׁבִינַן הָכָא, חֲשִׁבִינַן הָתָם.
Et Rabbi Abbahu dit : Ils demandèrent au roi Salomon : Qui est celui qui est destiné au Monde à Venir ? Le roi Salomon leur dit : Tous ceux à propos desquels il est dit : « Et devant Ses Anciens sera Sa gloire » (Isaïe 24:23), en référence à ceux qui sont honorés dans ce monde en raison de leur sagesse. Cela est comme l’incident concernant Yosef, fils de Rabbi Yehoshua, qui tomba malade et s’évanouit. Lorsqu’il retrouva la santé, son père lui dit : Qu’as-tu vu lorsque tu étais inconscient ? Yosef lui dit : J’ai vu un monde inversé. Ceux d’en haut, c’est-à-dire ceux qui sont considérés comme importants dans ce monde, étaient en bas, insignifiants, tandis que ceux d’en bas, c’est-à-dire ceux qui sont insignifiants dans ce monde, étaient en haut. Rabbi Yehoshua lui dit : Tu as vu un monde clair. Le monde que tu as vu est le vrai monde, dans lequel la stature spirituelle et morale d’une personne détermine sa véritable importance. Rabbi Yehoshua lui demanda en outre : Et comment nous as-tu vus, nous, les sages de la Torah, là-bas ? Yosef lui dit : De même que nous sommes importants ici, nous sommes importants là-bas.
וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: אַשְׁרֵי מִי שֶׁבָּא לְכָאן – וְתַלְמוּדוֹ בְּיָדוֹ. וְשָׁמַעְתִּי שֶׁהָיוּ אוֹמְרִים: הֲרוּגֵי מַלְכוּת – אֵין כׇּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לַעֲמוֹד בִּמְחִיצָתָן. מַאן נִינְהוּ? אִילֵימָא רַבִּי עֲקִיבָא וַחֲבֵרָיו, מִשּׁוּם הֲרוּגֵי מַלְכוּת – וְתוּ לָא?! פְּשִׁיטָא, בְּלָאו הָכִי נָמֵי! אֶלָּא הֲרוּגֵי לוֹד.
Yosef ajouta : Et j’ai entendu qu’ils disaient dans ce monde-là : Heureux celui qui arrive avec son étude en main. Et j’ai aussi entendu qu’ils disaient : Ceux qui ont été exécutés par le gouvernement jouissent d’un statut si exalté que personne ne peut se tenir dans leur section. La Guemara demande : Qui sont ces martyrs auxquels Yosef faisait référence ? Si nous disons qu’il faisait référence à Rabbi Akiva et à ses collègues, qui furent tués par les Romains, cela ne peut pas être le cas : Leur statut élevé est-il seulement au fait qu’ils ont été martyrisés par le gouvernement romain et à rien d’autre ? Ces hommes étaient déjà exceptionnels par leur piété et leur sainteté de leur vivant également. Par conséquent, il est évident que même sans leur martyre, ils seraient plus grands que les autres. Au contraire, cela fait référence à des personnes comme les martyrs de Lod, qui sont morts pour la sanctification du nom de Dieu mais n’étaient pas des érudits de la Torah.
תַּנְיָא, אָמַר לָהֶן רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי לְתַלְמִידָיו: בָּנַי, מַהוּ שֶׁאָמַר הַכָּתוּב: ״צְדָקָה תְרוֹמֵם גּוֹי, וְחֶסֶד לְאֻמִּים חַטָּאת״? נַעֲנָה רַבִּי אֱלִיעֶזֶר וְאָמַר: ״צְדָקָה תְּרוֹמֵם גּוֹי״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל גּוֹי אֶחָד בָּאָרֶץ״; ״וָחָסֶד לְאֻמִּים חַטָּאת״ – כׇּל צְדָקָה וָחֶסֶד שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם עוֹשִׂין, חֵטְא הוּא לָהֶן; שֶׁאֵינָם עוֹשִׂין אֶלָּא לְהִתְגַּדֵּל בּוֹ, כְּמוֹ שֶׁנֶּאֱמַר: ״דִּי לֶהֱוֹן מְהַקְרְבִין נִיחוֹחִין לֶאֱלָהּ שְׁמַיָּא, וּמְצַלַּיִן לְחַיֵּי מַלְכָּא וּבְנוֹהִי״.
Il a été enseigné dans une baraita : Rabban Yoḥanan ben Zakkai dit à ses élèves : Mes fils, quel est le sens de ce que déclare le verset : « La justice élève une nation, mais la bonté des peuples est un péché » (Proverbes 14:34) ? Rabbi Eliezer répondit et dit : « La justice élève une nation » ; il s’agit du peuple d’Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme ton peuple Israël, une nation unique sur la terre ? » (I Chroniques 17:21). « Mais la bonté des peuples est un péché », c’est-à-dire que tous les actes de charité et de bonté que les nations du monde accomplissent sont considérés comme un péché pour elles, puisqu’elles ne les accomplissent que pour s’élever elles-mêmes en prestige, comme il est dit : « Afin qu’ils offrent des sacrifices d’agréable odeur au Dieu du ciel et prient pour la vie du roi et de ses fils » (Esdras 6:10). Bien qu’elles aient donné des offrandes, elles ne l’ont fait que pour leur propre bénéfice.
וּדְעָבֵיד הָכִי, לָאו צְדָקָה גְּמוּרָה הִיא?! וְהָתַנְיָא, הָאוֹמֵר: ״סֶלַע זֶה לִצְדָקָה, בִּשְׁבִיל שֶׁיִּחְיוּ בָּנַי״, וּ״בִשְׁבִיל שֶׁאֶזְכֶּה לָעוֹלָם הַבָּא״ – הֲרֵי זֶה צַדִּיק גָּמוּר! לָא קַשְׁיָא; כָּאן בְּיִשְׂרָאֵל, כָּאן בְּגוֹי.
La Guemara demande : Et si quelqu’un agit de cette manière, n’est-ce pas une charité à part entière ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que celui qui dit : Je donne ce sela à la charité afin que mes fils vivent, ou s’il dit : J’accomplis la mitsva afin de mériter une part dans le Monde à venir, cette personne est un juste accompli, en ce qui concerne cette mitsva, même si elle a en tête son propre bien-être ? La Guemara répond : Ce n’est pas difficile. Ici, l’affirmation selon laquelle il est considéré comme absolument juste est à l’égard d’un Juif ; tandis que là-bas, l’affirmation selon laquelle une telle bienfaisance ne lui est pas créditée comme charité est à l’égard d’un non-Juif.
נַעֲנָה רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ וְאָמַר: ״צְדָקָה תְּרוֹמֵם גּוֹי״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל גּוֹי אֶחָד״; ״וָחָסֶד לְאֻמִּים חַטָּאת״ – כׇּל צְדָקָה וָחֶסֶד שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם עוֹשִׂין, חֵטְא הוּא לָהֶן; שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֶלָּא כְּדֵי שֶׁתִּמָּשֵׁךְ מַלְכוּתָן, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לָהֵן מַלְכָּא, מִלְכִּי יִשְׁפַּר עֲלָךְ, וַחֲטָיָךָ בְּצִדְקָה פְרֻק, וַעֲוָיָתָךְ בְּמִחַן עֲנָיִן, הֵן תֶּהֱוֵי אַרְכָא לִשְׁלֵוְתָךְ וְגוֹ׳״.
Rabbi Yehoshua répondit au défi de Rabban Yoḥanan ben Zakkai d’interpréter le verset et dit : « La justice élève une nation » ; ce sont le peuple d’Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme ton peuple Israël, une nation sur la terre. » « Mais la bonté des peuples est péché » signifie que tous les actes de charité et de bonté que les nations du monde accomplissent leur sont comptés comme un péché, puisqu’elles ne les accomplissent que pour perpétuer leur domination, comme il est dit par Daniel à Nabuchodonosor : « C’est pourquoi, ô roi, que mon conseil te soit agréable : rachète tes péchés par la charité, et tes iniquités en faisant miséricorde aux pauvres ; afin qu’il y ait une prolongation de ta sérénité » (Daniel 4:24). Puisque c’est cet argument qui persuada Nabuchodonosor, il semblerait que son véritable motif fût son propre intérêt.
נַעֲנָה רַבָּן גַּמְלִיאֵל וְאָמַר: ״צְדָקָה תְּרוֹמֵם גּוֹי״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, ״דִּכְתִיב: וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל [וְגוֹ׳]״; ״וְחֶסֶד לְאֻמִּים חַטָּאת״ – כׇּל צְדָקָה וָחֶסֶד שֶׁגּוֹיִים עוֹשִׂין, חֵטְא הוּא לָהֶן; שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֶלָּא לְהִתְיַהֵר בּוֹ, וְכׇל הַמִּתְיַהֵר נוֹפֵל בְּגֵיהִנָּם – שֶׁנֶּאֱמַר: ״זֵד יָהִיר לֵץ שְׁמוֹ, עוֹשֶׂה בְּעֶבְרַת זָדוֹן״ – וְאֵין ״עֶבְרָה״ אֶלָּא גֵּיהִנָּם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״יוֹם עֶבְרָה הַיּוֹם הַהוּא״.
Rabban Gamliel répondit et dit : « La justice élève une nation » ; ce sont le peuple d'Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme ton peuple Israël, une nation sur la terre. » « Mais la bonté des peuples est péché » signifie que tous les actes de charité et de bonté que les nations du monde accomplissent sont comptés comme un péché pour elles, car elles ne les accomplissent que pour agir avec hauteur par leur moyen, et quiconque agit avec hauteur tombe dans la Géhenne, comme il est dit : « L'orgueilleux et le hautain, moqueur est son nom, agit avec une fureur arrogante » (Proverbes 21:24). Et la fureur ne signifie rien d'autre que la Géhenne, comme il est dit : « Ce jour-là est un jour de fureur » (Sophonie 1:15).
אָמַר רַבָּן גַּמְלִיאֵל: עֲדַיִין אָנוּ צְרִיכִין לַמּוֹדָעִי – רַבִּי אֱלִיעֶזֶר הַמּוֹדָעִי אוֹמֵר: ״צְדָקָה תְּרוֹמֵם גּוֹי״ – אֵלּוּ יִשְׂרָאֵל, דִּכְתִיב: ״וּמִי כְּעַמְּךָ יִשְׂרָאֵל גּוֹי אֶחָד״; ״וָחֶסֶד לְאֻמִּים חַטָּאת״ – כׇּל צְדָקָה וָחֶסֶד שֶׁאוּמּוֹת הָעוֹלָם עוֹשִׂין, חֵטְא הוּא לָהֶן; שֶׁאֵין עוֹשִׂין אֶלָּא לְחָרֵף אוֹתָנוּ בּוֹ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וַיָּבֹא וַיַּעַשׂ ה׳ כַּאֲשֶׁר דִּבֵּר, כִּי חֲטָאתֶם לַה׳ וְלֹא שְׁמַעְתֶּם בְּקוֹלוֹ, וְהָיָה לָכֶם הַדָּבָר הַזֶּה״.
Rabban Gamliel a dit : Nous devons encore entendre ce que le Moda’i a à dire, car Rabbi Eliezer HaModa’i dit : « La justice élève une nation » ; ce sont le peuple d’Israël, comme il est écrit : « Et qui est comme ton peuple Israël, une nation unique sur la terre. » « Mais la bonté des peuples est péché » signifie que tous les actes de charité et de bonté que les nations du monde accomplissent sont comptés comme un péché pour elles, puisqu’elles ne les accomplissent que pour nous en faire reproche, comme il est dit que l’officier babylonien Nebuzaradan a dit : « Le Seigneur l’a fait venir et a agi comme Il l’avait dit ; parce que vous avez péché contre le Seigneur et n’avez pas obéi à Sa voix, c’est pourquoi cette chose vous est arrivée » (Jérémie 40:3).
נַעֲנָה רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה וְאָמַר: ״צְדָקָה תְרוֹמֵם גּוֹי וָחֶסֶד״ – לְיִשְׂרָאֵל; וּ״לְאֻמִּים – חַטָּאת״. אָמַר לָהֶם רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי לְתַלְמִידָיו: נִרְאִין דִּבְרֵי רַבִּי נְחוּנְיָא בֶּן הַקָּנָה מִדְּבָרַי וּמִדִּבְרֵיכֶם, לְפִי שֶׁהוּא נוֹתֵן צְדָקָה וָחֶסֶד לְיִשְׂרָאֵל, וְלָאוּמּוֹת חַטָּאת. מִכְּלָל דְּהוּא נָמֵי אָמַר; מַאי הִיא? דְּתַנְיָא, אָמַר לָהֶם רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: כְּשֵׁם שֶׁהַחַטָּאת מְכַפֶּרֶת עַל יִשְׂרָאֵל – כָּךְ צְדָקָה מְכַפֶּרֶת עַל אוּמּוֹת הָעוֹלָם.
Rabbi Neḥunya ben HaKana répondit et dit : « La justice élève une nation, et la bonté » fait référence à Israël ; et, de plus, « des peuples, c’est le péché ». Rabban Yoḥanan ben Zakkaï dit à ses élèves : La déclaration de Rabbi Neḥunya ben HaKana semble être plus précise que à la fois ma déclaration et les vôtres, car il attribue à la fois la justice et la bonté à Israël, et le péché aux peuples du monde. La Guemara demande : Par déduction, il semble que lui, Rabban Yoḥanan ben Zakkaï, a également proposé une interprétation de ce verset. Quelle est-elle ? Comme il est enseigné dans une baraita : Rabban Yoḥanan ben Zakkaï leur dit que le verset doit être compris ainsi : De même qu’une offrande expiatoire fait expiation pour Israël, ainsi la charité fait expiation pour les nations du monde.
אִיפְרָא הוֹרְמִיז אִימֵּיהּ דְּשַׁבּוּר מַלְכָּא, שַׁדַּרָה אַרְבַּע מְאָה דִּינָרֵי לְקַמֵּיהּ דְּרַבִּי אַמֵּי, וְלָא קַבְּלִינְהוּ. שַׁדַּרְ[תִּ]ינְהוּ קַמֵּיהּ דְּרָבָא, וְקַבְּלִינְהוּ מִשּׁוּם שְׁלוֹם מַלְכוּת. שְׁמַע רַבִּי אַמֵּי, אִיקְּפַד, אֲמַר: לֵית לֵיהּ: ״בִּיבֹשׁ קְצִירָהּ תִּשָּׁבַרְנָה, נָשִׁים בָּאוֹת מְאִירוֹת אוֹתָהּ״?! וְרָבָא – מִשּׁוּם שְׁלוֹם מַלְכוּת.
Il est rapporté que Ifera Hurmiz, la mère du roi Shapur, roi de Perse, envoya quatre cents dinars à Rabbi Ami, mais il ne les accepta pas. Elle les envoya ensuite à Rava, et il les accepta pour la paix avec le royaume. Rabbi Ami apprit ce que Rava avait fait et se mit en colère. Il dit : Est-ce que Rava n’accepte pas l’enseignement du verset : « Quand les branches seront desséchées, elles seront brisées ; les femmes viendront et y mettront le feu » (Isaïe 27:11), ce qui signifie que lorsque la justice a cessé dans une nation particulière, il est temps que ses citoyens soient punis, et par conséquent nous ne devrions pas les aider à accomplir des actes méritoires, ce qui retarderait leur punition ? La Guemara demande : Et pourquoi Rava a-t-il accepté l’argent ? La Guemara répond : Il l’a fait pour la paix avec le royaume.
וְרַבִּי אַמֵּי נָמֵי, מִשּׁוּם שְׁלוֹם מַלְכוּת! דְּאִיבְּעִי לֵיהּ לְמִפְלְגִינְהוּ לַעֲנִיֵּי גוֹיִים. וְרָבָא נָמֵי – לַעֲנִיֵּי גוֹיִים יַהֲבִינְהוּ; וְרַבִּי אַמֵּי דְּאִיקְּפַד, הוּא
La Guemara demande : Mais, est-ce que Rabbi Ami ne voyait pas lui aussi l’importance d’accepter l’argent pour la paix avec le royaume ? La Guemara répond : Rabbi Ami soutient que Rava aurait dû distribuer l’argent aux pauvres gentils plutôt qu’aux pauvres juifs, car c’est une honte pour les Juifs d’avoir besoin de la bonté des nations du monde pour soutenir leurs pauvres. La Guemara commente : En fait, Rava a aussi donné l’argent aux pauvres gentils et non aux pauvres juifs. Et Rabbi Ami s’est mis en colère parce que

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