״יִמְצָא חַיִּים״. בַּעֲלֵי עוֹשֶׁר – דִּכְתִיב: ״צְדָקָה״. בַּעֲלֵי אַגָּדָה – דִּכְתִיב: ״וְכָבוֹד״ – כְּתִיב הָכָא: ״וְכָבוֹד״, וּכְתִיב הָתָם: ״כָּבוֹד חֲכָמִים יִנְחָלוּ״.
« Celui qui poursuit la charité et la miséricorde trouve la vie » (Proverbes 21:21), et au sujet de la sagesse il est écrit : « Celui qui me trouve trouve la vie » (Proverbes 8:35). Maîtres de la richesse, comme il est écrit : « Celui qui poursuit la charité et la miséricorde trouve la charité, » c’est-à-dire qu’il pourra donner la charité. Maîtres de l’aggada, comme il est écrit : « Celui qui poursuit la charité et la miséricorde trouve l’honneur. » Et comment savons-nous que cela se rapporte aux maîtres de l’aggada ? Il est écrit ici « honneur », et il est écrit là : « Les sages hériteront de l’honneur » (Proverbes 3:35).
תַּנְיָא: הָיָה רַבִּי מֵאִיר אוֹמֵר, יֵשׁ לוֹ לְבַעַל הַדִּין לַהֲשִׁיבְךָ וְלוֹמַר לְךָ: אִם אֱלֹהֵיכֶם אוֹהֵב עֲנִיִּים הוּא, מִפְּנֵי מָה אֵינוֹ מְפַרְנְסָן? אֱמוֹר לוֹ: כְּדֵי שֶׁנִּיצּוֹל אָנוּ בָּהֶן מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם. וְזוֹ שְׁאֵלָה שָׁאַל טוֹרָנוּסְרוּפוּס הָרָשָׁע אֶת רַבִּי עֲקִיבָא: אִם אֱלֹהֵיכֶם אוֹהֵב עֲנִיִּים הוּא, מִפְּנֵי מָה אֵינוֹ מְפַרְנְסָם? אָמַר לוֹ: כְּדֵי שֶׁנִּיצּוֹל אָנוּ בָּהֶן מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם.
§ Il est enseigné dans une baraita : Rabbi Meir avait l’habitude de dire : Un adversaire peut avancer un argument contre toi et te dire : Si votre Dieu aime les pauvres, pour quelle raison ne les soutient-Il pas Lui-même ? Dans un tel cas, dis-lui : Il nous ordonne d’agir comme Ses agents pour soutenir les pauvres, afin que par leur intermédiaire nous soyons crédités de l’accomplissement des mitsvot et ainsi sauvés du jugement de la Géhenne. Et c’est la question que Turnus Rufus le méchant posa à Rabbi Akiva : Si votre Dieu aime les pauvres, pour quelle raison ne les soutient-Il pas Lui-même ? Rabbi Akiva lui dit : Il nous ordonne de soutenir les pauvres, afin que par leur intermédiaire et par la charité que nous leur donnons nous soyons sauvés du jugement de la Géhenne.
אָמַר לוֹ: [אַדְּרַבָּה], זוֹ שֶׁמְּחַיַּיבְתָּן לְגֵיהִנָּם! אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁכָּעַס עַל עַבְדּוֹ, וַחֲבָשׁוֹ בְּבֵית הָאֲסוּרִין, וְצִוָּה עָלָיו שֶׁלֹּא לְהַאֲכִילוֹ וְשֶׁלֹּא לְהַשְׁקוֹתוֹ. וְהָלַךְ אָדָם אֶחָד וְהֶאֱכִילוֹ וְהִשְׁקָהוּ. כְּשֶׁשָּׁמַע הַמֶּלֶךְ, לֹא כּוֹעֵס עָלָיו? וְאַתֶּם קְרוּיִן עֲבָדִים, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כִּי לִי בְנֵי יִשְׂרָאֵל עֲבָדִים״!
Turnus Rufus dit à Rabbi Akiva : Au contraire, c’est cette charité qui vous condamne, vous, le peuple juif, à la Géhenne parce que vous la donnez. Je vais te l’illustrer par une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? Elle est comparable à un roi de chair et de sang qui s’est mis en colère contre son esclave, l’a jeté en prison et a ordonné qu’on ne lui donne ni à manger ni à boire. Et une personne est allée lui donner à manger et à boire. Si le roi l’apprenait, ne se mettrait-il pas en colère contre cette personne ? Et vous, après tout, êtes appelés esclaves, comme il est dit : “Car les enfants d’Israël sont des esclaves pour Moi” (Lévitique 25:55). Si Dieu a décrété qu’une certaine personne soit appauvrie, celui qui lui donne la charité défie la volonté de Dieu.
אָמַר לוֹ רַבִּי עֲקִיבָא, אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל: לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁכָּעַס עַל בְּנוֹ וַחֲבָשׁוֹ בְּבֵית הָאֲסוּרִין, וְצִוָּה עָלָיו שֶׁלֹּא לְהַאֲכִילוֹ וְשֶׁלֹּא לְהַשְׁקוֹתוֹ. וְהָלַךְ אָדָם אֶחָד וְהֶאֱכִילוֹ וְהִשְׁקָהוּ. כְּשֶׁשָּׁמַע הַמֶּלֶךְ, לֹא דּוֹרוֹן מְשַׁגֵּר לוֹ?! וַאֲנַן קְרוּיִן בָּנִים, דִּכְתִיב: ״בָּנִים אַתֶּם לַה׳ אֱלֹהֵיכֶם״!
Rabbi Akiva dit à Turnus Rufus : Je vais t’illustrer le contraire par une autre parabole. À quoi cela est-il comparable ? Cela est comparable à un roi de chair et de sang qui s’était mis en colère contre son fils, l’avait mis en prison et avait ordonné qu’on ne lui donne ni à manger ni à boire. Et une personne alla lui donner à manger et à boire. Si le roi apprenait cela une fois sa colère apaisée, ne réagirait-il pas en envoyant à cette personne un cadeau ? Et nous sommes appelés fils, comme il est écrit : « Vous êtes les fils du Seigneur votre Dieu » (Deutéronome 14:1).
אָמַר לוֹ: אַתֶּם קְרוּיִם בָּנִים וּקְרוּיִן עֲבָדִים, בִּזְמַן שֶׁאַתֶּם עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם אַתֶּם קְרוּיִן בָּנִים, וּבִזְמַן שֶׁאֵין אַתֶּם עוֹשִׂין רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם אַתֶּם קְרוּיִן עֲבָדִים; וְעַכְשָׁיו אֵין אַתֶּם עוֹשִׂים רְצוֹנוֹ שֶׁל מָקוֹם! אָמַר לוֹ, הֲרֵי הוּא אוֹמֵר: ״הֲלֹא פָרֹס לָרָעֵב לַחְמֶךָ וַעֲנִיִּים מְרוּדִים תָּבִיא בָיִת״; אֵימָתַי ״עֲנִיִּים מְרוּדִים תָּבִיא בָיִת״ – הָאִידָּנָא, וְקָאָמַר: ״הֲלֹא פָרֹס לָרָעֵב לַחְמֶךָ״.
Turnus Rufus lui dit : Vous êtes appelés fils et vous êtes appelés esclaves. Lorsque vous accomplissez la volonté de l’Omniprésent, vous êtes appelés fils ; lorsque vous n’accomplissez pas la volonté de l’Omniprésent, vous êtes appelés esclaves. Et puisque maintenant vous n’accomplissez pas la volonté de l’Omniprésent, la parabole que j’ai proposée est plus appropriée. Rabbi Akiva lui dit : Le verset déclare : « N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé, et que tu fasses entrer dans ta maison les pauvres chassés ? » (Isaïe 58:7). Quand faisons-nous entrer les pauvres chassés dans nos maisons ? Maintenant, lorsque nous devons loger les soldats romains dans nos maisons ; et c’est précisément à ce moment-là que le verset déclare : « N’est-ce pas partager ton pain avec l’affamé ? »
דָּרֵשׁ רַבִּי יְהוּדָה בְּרַבִּי שָׁלוֹם: כְּשֵׁם שֶׁמְּזוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם קְצוּבִין לוֹ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה, כָּךְ חֶסְרוֹנוֹתָיו שֶׁל אָדָם קְצוּבִין לוֹ מֵרֹאשׁ הַשָּׁנָה. זָכָה – ״הֲלֹא פָרֹס לָרָעֵב לַחְמֶךָ״. לֹא זָכָה – ״וַעֲנִיִּים מְרוּדִים תָּבִיא בָיִת״.
Rabbi Yehouda, fils de Rabbi Shalom, a enseigné : De même que toute la subsistance d’une personne lui est allouée depuis Roch HaChana, lorsque Dieu rend Ses jugements pour l’année entière, de même les pertes financières d’une personne lui sont allouées depuis Roch HaChana. Si elle le mérite, le verset suivant lui est appliqué : « Tu partageras ton pain avec l’affamé, » c’est-à-dire qu’elle dépensera la somme qui lui a été allouée en dons de charité ; et si elle ne le mérite pas, le verset suivant lui est appliqué : « Tu feras entrer dans ta maison les pauvres errants, c’est-à-dire que le gouvernement la contraindra à loger des soldats chez elle et à les nourrir contre sa volonté.
כִּי הָא דִּבְנֵי אֲחָתֵיהּ דְּרַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי, חֲזָא לְהוּ בְּחֶילְמָא דְּבָעוּ לְמִיחְסַר שְׁבַע מְאָה דִּינָרֵי. עַשִּׂינְהוּ שְׁקַל מִינַּיְיהוּ לִצְדָקָה, פּוּשׁ גַּבַּיְיהוּ שִׁיבְסַר דִּינָרֵי. כִּי מְטָא מַעֲלֵי יוֹמָא דְכִיפּוּרֵי, שַׁדּוּר דְּבֵי קֵיסָר נַקְטִינְהוּ.
C’est comme cet incident concernant les neveux de Rabban Yoḥanan ben Zakkai, qui un jour vit en rêve que ses neveux étaient destinés à perdre sept cents dinars au cours de l’année. Il les encouragea et prit de l’argent d’eux pour la charité, et il leur resta dix-sept dinars sur les sept cents. Lorsque la veille de Yom Kippour arriva, le gouvernement envoya des messagers qui vinrent et prirent les dix-sept dinars restants.
אֲמַר לְהוּ רַבָּן יוֹחָנָן בֶּן זַכַּאי: לָא תִּדְחֲלוּן, שִׁיבְסַר דִּינָרֵי גַּבַּיְיכוּ שַׁקְלִינְהוּ מִינַּיְיכוּ. אָמְרִי לֵיהּ: מְנָא יָדְעַתְּ? אֲמַר לְהוּ: חֶלְמָא חֲזַאי לְכוּ. אֲמַרוּ לֵיהּ: וְאַמַּאי לָא אֲמַרְתְּ לַן [דְּנִיתְּבִינְהוּ]? אֲמַר לְהוּ: אָמֵינָא, כִּי הֵיכִי דְּתַעְבְּדוּ מִצְוָה לִשְׁמָהּ.
Rabban Yoḥanan ben Zakkaï leur dit : N’ayez pas peur qu’on vous prenne encore davantage ; on vous a pris les dix-sept dinars qui étaient encore en votre possession. Les neveux lui dirent : Comment l’as-tu su ? Rabban Yoḥanan ben Zakkaï leur dit : J’ai vu un rêve à votre sujet, et il leur raconta son rêve. Ils lui dirent : Et pourquoi ne nous as-tu pas parlé du rêve ? Rabban Yoḥanan ben Zakkaï leur dit : Je me suis dit, il vaut mieux qu’ils accomplissent une mitsva pour elle-même. Si vous aviez su dès le début que vous étiez destinés à perdre cette somme d’argent, la mitsva n’aurait pas été accomplie purement pour elle-même.
רַב פָּפָּא הֲוָה סָלֵיק בְּדַרְגָּא, אִישְׁתְּמִיט כַּרְעֵיהּ בָּעֵי לְמִיפַּל. אֲמַר: הַשְׁתָּא (כֵּן) [כּוּ], אִיחַיַּיב מַאן דְּסָנֵי לַן כִּמְחַלְּלֵי שַׁבָּתוֹת וּכְעוֹבְדֵי עֲבוֹדָה זָרָה. אֲמַר לֵיהּ חִיָּיא בַּר רַב מִדִּפְתִּי לְרַב פָּפָּא: שֶׁמָּא עָנִי בָּא לְיָדְךָ וְלֹא פִּרְנַסְתּוֹ.
La Guemara raconte : Rav Pappa était un jour en train de monter à une échelle lorsque son pied glissa et il faillit tomber. Il dit : Maintenant, celui qui nous hait, euphémisme pour lui-même, est-il passible comme les profanateurs du Chabbat et les idolâtres, qui sont passibles de la mort par lapidation, semblable à la mort par chute, le châtiment auquel Rav Pappa a échappé de justesse ? Ḥiyya bar Rav de Difti dit à Rav Pappa : Peut-être qu’un pauvre s’est un jour présenté à toi et tu ne l’as pas soutenu, et c’est pourquoi on t’a donné un aperçu du châtiment que tu mérites réellement.
דְּתַנְיָא, רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן קׇרְחָה אוֹמֵר: כׇּל הַמַּעֲלִים עֵינָיו מִן הַצְּדָקָה, כְּאִילּוּ עוֹבֵד עֲבוֹדָה זָרָה – כְּתִיב הָכָא: ״הִשָּׁמֶר לְךָ פֶּן יִהְיֶה דָבָר עִם לְבָבְךָ בְּלִיַּעַל״, וּכְתִיב הָתָם: ״יָצְאוּ אֲנָשִׁים בְּנֵי בְלִיַּעַל״; מַה לְהַלָּן עֲבוֹדָה זָרָה, אַף כָּאן עֲבוֹדָה זָרָה.
Comme il est enseigné dans une baraita : Rabbi Yehoshua ben Korḥa dit : Quiconque détourne ses yeux de celui qui cherche la charité est considéré comme s’il adorait des idoles. D’où cela est-il dérivé ? Il est écrit ici : « Garde-toi qu’il n’y ait pas une pensée vile dans ton cœur… et que ton œil soit mauvais envers ton frère pauvre, et que tu ne lui donnes rien » (Deutéronome 15:9). Et il est écrit là-bas : « Certains hommes vils sont sortis… et ont entraîné les habitants de leur ville, en disant : Allons servir d’autres dieux » (Deutéronome 13:14). De même que là-bas, les hommes vils fautent par idolâtrie, de même ici, la pensée vile est traitée comme de l’idolâtrie.
תַּנְיָא, אָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר בְּרַבִּי יוֹסֵי: כֹּל צְדָקָה וָחָסֶד שֶׁיִּשְׂרָאֵל עוֹשִׂין בָּעוֹלָם הַזֶּה, שָׁלוֹם גָּדוֹל וּפְרַקְלִיטִין גְּדוֹלִין בֵּין יִשְׂרָאֵל לַאֲבִיהֶן שֶׁבַּשָּׁמַיִם – שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳, אַל תָּבֹא בֵּית מַרְזֵחַ וְאַל תֵּלֵךְ לִסְפּוֹד וְאַל תָּנֹד לָהֶם, כִּי אָסַפְתִּי אֶת שְׁלוֹמִי מֵאֵת הָעָם הַזֶּה וְגוֹ׳ [אֶת] הַחֶסֶד וְאֶת הָרַחֲמִים״; ״חֶסֶד״ – זוֹ גְּמִילוּת חֲסָדִים, ״רַחֲמִים״ – זוֹ צְדָקָה.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Elazar, fils de Rabbi Yossei, a dit : Tous les actes de charité et de bonté que les Juifs accomplissent dans ce monde apportent une grande paix et sont de grands intercesseurs entre le peuple juif et son Père dans les Cieux, comme il est dit : « Ainsi parle le Seigneur : n’entre pas dans une maison de deuil, n’y va pas pour te lamenter ni pour les plaindre, car J’ai retiré Ma paix de ce peuple, dit le Seigneur, ainsi que la bonté et la miséricorde » (Jérémie 16:5). « Bonté » ; cela fait référence aux actes de bonté. « Miséricorde » ; cela fait référence aux actes de charité. Cela indique que lorsqu’il y a bonté et miséricorde, Dieu est en paix avec Son peuple.
תַּנְיָא, רַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר: גְּדוֹלָה צְדָקָה שֶׁמְּקָרֶבֶת אֶת הַגְּאוּלָּה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״כֹּה אָמַר ה׳, שִׁמְרוּ מִשְׁפָּט וַעֲשׂוּ צְדָקָה, כִּי קְרוֹבָה יְשׁוּעָתִי לָבֹא וְצִדְקָתִי לְהִגָּלוֹת״. הוּא הָיָה אוֹמֵר, עֲשָׂרָה דְּבָרִים קָשִׁים נִבְרְאוּ בָּעוֹלָם: הַר קָשֶׁה – בַּרְזֶל מְחַתְּכוֹ, בַּרְזֶל קָשֶׁה – אוּר מְפַעְפְּעוֹ, אוּר קָשֶׁה – מַיִם מְכַבִּין אוֹתוֹ, מַיִם קָשִׁים – עָבִים סוֹבְלִים אוֹתָן, עָבִים קָשִׁים – רוּחַ מְפַזַּרְתָּן, רוּחַ קָשֶׁה – גּוּף סוֹבְלוֹ, גּוּף קָשֶׁה – פַּחַד שׁוֹבְרוֹ, פַּחַד קָשֶׁה – יַיִן מְפִיגוֹ, יַיִן קָשֶׁה – שֵׁינָה מְפַכַּחְתּוֹ; וּמִיתָה – קָשָׁה מִכּוּלָּם [וּצְדָקָה מַצֶּלֶת מִן הַמִּיתָה] – דִּכְתִיב: ״וּצְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת״.
Il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehouda dit : Grande est la charité, car elle hâte la rédemption, comme il est dit : « Ainsi a dit le Seigneur : observez la justice et pratiquez la charité, car Mon salut est proche de venir, et Ma justice de se révéler » (Isaïe 56:1). Il avait coutume de dire : Dix entités puissantes furent créées dans le monde, chacune plus forte que l’autre. Une montagne est forte, mais le fer, qui est plus fort, la fend. Le fer est fort, mais le feu le fait fondre. Le feu est fort, mais l’eau l’éteint. L’eau est forte, mais les nuages la portent. Les nuages sont forts, mais le vent les disperse. Le vent est fort, mais le corps humain y résiste. Le corps humain est fort, mais la peur le brise. La peur est forte, mais le vin la dissipe. Le vin est fort, mais le sommeil le chasse. Et la mort est plus forte qu’eux tous, mais la charité sauve une personne de la mort, comme il est écrit : « Et la charité délivre de la mort » (Proverbes 10:2, 11:4).
דָּרֵשׁ רַבִּי דּוֹסְתַּאי בְּרַבִּי יַנַּאי: בּוֹא וּרְאֵה, שֶׁלֹּא כְּמִדַּת הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא – מִדַּת בָּשָׂר וָדָם; מִדַּת בָּשָׂר וָדָם, אָדָם מֵבִיא דּוֹרוֹן גָּדוֹל לַמֶּלֶךְ – סָפֵק מְקַבְּלִין אוֹתוֹ הֵימֶנּוּ, סָפֵק אֵין מְקַבְּלִין אוֹתוֹ הֵימֶנּוּ; [וְאִם תִּמְצָא לוֹמַר מְקַבְּלִים אוֹתוֹ מִמֶּנּוּ –] סָפֵק רוֹאֶה פְּנֵי הַמֶּלֶךְ, סָפֵק אֵינוֹ רוֹאֶה פְּנֵי הַמֶּלֶךְ. וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא אֵינוֹ כֵּן, אָדָם נוֹתֵן פְּרוּטָה לֶעָנִי – זוֹכֶה וּמְקַבֵּל פְּנֵי שְׁכִינָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֲנִי בְּצֶדֶק אֶחֱזֶה פָנֶיךָ, אֶשְׂבְּעָה בְהָקִיץ תְּמוּנָתֶךָ״.
Rabbi Dostai, fils de Rabbi Yannai, a enseigné : Viens et vois que l’attribut du Saint, béni soit-Il, n’est pas comme l’attribut de la chair et du sang. Une illustration de l’attribut de la chair et du sang est que, lorsqu’une personne apporte un grand présent au roi, il n’est pas certain que le roi l’acceptera d’elle ou ne l’acceptera pas d’elle. Et si tu dis que le roi l’acceptera d’elle, il n’est pas certain que la personne qui a apporté le présent finira par voir le visage du roi, ou ne verra pas le visage du roi. Mais le Saint, béni soit-Il, n’agit pas de cette manière. Même lorsqu’une personne donne une simple peruta à un pauvre, elle mérite de recevoir la Présence divine, comme il est dit : « Quant à moi, je contemplerai Ton visage par la charité ; je serai rassasié, à mon réveil, de Ta ressemblance » (Psaumes 17:15).
רַבִּי אֶלְעָזָר יָהֵיב פְּרוּטָה לְעָנִי, וַהֲדַר מְצַלֵּי – אָמַר, דִּכְתִיב: ״אֲנִי בְּצֶדֶק אֶחֱזֶה פָנֶיךָ״. מַאי ״אֶשְׂבְּעָה בְהָקִיץ תְּמוּנָתֶךָ״? אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: אֵלּוּ תַּלְמִידֵי חֲכָמִים שֶׁמְּנַדְּדִין שֵׁינָה מֵעֵינֵיהֶם בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְהַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא מַשְׂבִּיעָן מִזִּיו הַשְּׁכִינָה לָעוֹלָם הַבָּא.
Il est rapporté que Rabbi Elazar donnait d’abord une peruta à une personne pauvre et ce n’est qu’ensuite qu’il priait. Il disait : Comme il est écrit dans ce même verset : « Je contemplerai Ta face par la charité. » La Guemara demande : Que signifie ce qui est écrit : « Je serai rassasié, à mon réveil, de Ta ressemblance » ? Rav Naḥman bar Yitzḥak dit : Ce sont les sages de la Torah, qui, dans la poursuite de leur étude, bannissent le sommeil de leurs yeux dans ce monde, et le Saint, béni soit-Il, les rassasie de l’éclat de la Présence divine dans le Monde à venir.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן, מַאי דִּכְתִיב: ״מַלְוֵה ה׳ חוֹנֵן דַּל״? אִלְמָלֵא מִקְרָא כָּתוּב אִי אֶפְשָׁר לְאוֹמְרוֹ – כִּבְיָכוֹל ״עֶבֶד לֹוֶה לְאִישׁ מַלְוֶה״.
Rabbi Yoḥanan dit : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Celui qui fait grâce au pauvre prête au Seigneur, et ce qu’il a donné, Il le lui rendra » (Proverbes 19:17) ? Comment se peut-il que l’on considère qu’une personne a accordé un prêt à Dieu ? N’était-ce explicitement écrit dans le verset, il serait impossible de le dire, à savoir que quelqu’un qui fait grâce à un pauvre est considéré comme prêtant à Dieu. Ce serait impertinent, puisque « l’emprunteur est le serviteur du prêteur » (Proverbes 22:7), pour ainsi dire.
אָמַר רַבִּי חִיָּיא בַּר אַבָּא: רַבִּי יוֹחָנָן רָמֵי, כְּתִיב: ״לֹא יוֹעִיל הוֹן בְּיוֹם עֶבְרָה, וּצְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת״, וּכְתִיב: ״לֹא יוֹעִילוּ אוֹצְרוֹת רֶשַׁע, וּצְדָקָה תַּצִּיל מִמָּוֶת״ – שְׁתֵּי צְדָקוֹת הַלָּלוּ לָמָּה? אַחַת שֶׁמַּצִּילָתוֹ מִמִּיתָה מְשׁוּנָּה, וְאַחַת שֶׁמַּצִּילָתוֹ מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם. וְאֵי זוֹ הִיא שֶׁמַּצִּילָתוֹ מִדִּינָהּ שֶׁל גֵּיהִנָּם? הַהוּא דִּכְתִיב בֵּיהּ ״עֶבְרָה״ – דִּכְתִיב: ״יוֹם עֶבְרָה הַיּוֹם הַהוּא״. וְאֵי זוֹ הִיא שֶׁמַּצִּילָתוֹ מִמִּיתָה מְשׁוּנָּה?
Rabbi Ḥiyya bar Abba dit : Rabbi Yoḥanan soulève une contradiction entre deux textes. À un endroit il est écrit : « Les richesses ne profitent pas au jour de la colère, mais la charité délivre de la mort » (Proverbes 11:4), et ailleurs il est écrit : « Les trésors de la méchanceté ne profitent à rien, mais la charité délivre de la mort » (Proverbes 10:2). Pourquoi est-il nécessaire d’avoir ces deux versets au sujet de la charité, à savoir qu’elle délivre de la mort ? Rabbi Ḥiyya bar Abba poursuit : Un verset vient enseigner que la charité délivre d’une mort non naturelle dans ce monde, et un verset vient enseigner que la charité délivre du jugement de la Géhenne dans le Monde à venir. Et dans lequel des versets est mentionnée cette charité qui délivre du jugement de la Géhenne ? C’est dans ce verset où il est écrit « colère », car au sujet du jour du jugement il est écrit : « Ce jour-là est un jour de colère » (Sophonie 1:15). Et quel type de charité est celui qui délivre d’une mort non naturelle ?