בִּטֵּל ״מִדָּה בְּחֶבֶל״ ״הֵן חָסֵר הֵן יָתֵר״; דִּבְרֵי בֶּן נַנָּס.
les mots : Mesuré précisément avec une corde annulent les mots : Plus ou moins, puisque le principe est que, dans tous les cas, il faut tenir compte de l’expression finale ; c’est la déclaration de ben Nanas.
גְּמָ׳ אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר מֶמֶל אָמַר רַב: חוֹלְקִין עָלָיו חֲבֵירָיו עַל בֶּן נַנָּס. מַאי קָא מַשְׁמַע לַן? תְּנֵינָא: מַעֲשֶׂה בְּצִיפּוֹרִי, בְּאֶחָד שֶׁשָּׂכַר מֶרְחָץ מֵחֲבֵירוֹ בִּשְׁנֵים עָשָׂר זְהוּבִים לְשָׁנָה – דִּינַר זָהָב לְחֹדֶשׁ;
GUEMARA :Rabbi Abba bar Memel dit que Rav dit : les collègues de Ben Nanas sont en désaccord avec lui au sujet de sa décision selon laquelle il faut suivre la formulation finale. La Guemara demande : Quelle nouvelle halakha Rav nous enseigne-t-il ? N’avons-nous pas déjà appris qu’ils sont en désaccord à partir d’une michna (Bava Metzia 102a) : Il y eut un jour un incident à Tzippori impliquant quelqu’un qui loua un bain public à un autre, et il fut stipulé que le loyer serait de douze dinars d’or [zehuvim] par an, un dinar d’or par mois, puis l’année fut embolismique, un mois supplémentaire étant ajouté.
וּבָא מַעֲשֶׂה לִפְנֵי רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל וְלִפְנֵי רַבִּי יוֹסֵי, וְאָמְרוּ: יַחְלוֹקוּ אֶת חֹדֶשׁ הָעִיבּוּר!
L’incident fut porté devant Rabban Shimon ben Gamliel et devant Rabbi Yosei pour décider si le mois intercalaire est inclus dans les termes : douze dinars d’or par an, ou si un paiement supplémentaire doit être effectué pour ce mois, comme le stipulait l’accord : un dinar d’or par mois. Et ils dirent : le propriétaire et le locataire doivent se partager le mois intercalaire entre eux, et ainsi le locataire ne doit payer que la moitié d’un dinar d’or pour celui-ci. Cela indique que ces Sages ont statué que le sens d’un accord contenant deux expressions contradictoires est douteux, et que par conséquent les parties se partagent la somme litigieuse. Il s’ensuit qu’ils sont en désaccord avec l’opinion de ben Nanas, qui dit que, dans un tel cas, il faut suivre la dernière expression.
אִי מֵהָתָם, הֲוָה אָמֵינָא: הָתָם הוּא דְּאִיכָּא לְמֵימַר מִיהְדָּר קָא הָדַר בֵּיהּ, וְאִיכָּא לְמֵימַר פָּרוֹשֵׁי קָא מְפָרֵשׁ. אֲבָל הָכָא, דְּוַדַּאי קָא הָדַר בֵּיהּ, אֵימָא לָא; קָא מַשְׁמַע לַן.
La Guemara répond : Si l’opinion des Sages n’était déduite que de là-bas, je ne saurais pas qu’ils sont en désaccord avec l’opinion de ben Nanas dans tous les cas, car je dirais que ce n’est que là-bas que les Sages disent que les parties se partagent entre elles la somme litigieuse. Car il est possible de dire que le propriétaire s’est rétracté de sa première déclaration et a fixé le loyer à un dinar d’or par mois, mais il est aussi possible de dire qu’il explique sa déclaration précédente. C’est-à-dire qu’il n’entendait pas parler du mois intercalaire ; il précisait plutôt que le paiement devait être effectué non pas en une somme forfaitaire à la fin de l’année, mais en versements mensuels. Puisqu’il y a une incertitude quant à son intention, les parties se partagent entre elles la somme contestée. Mais ici dans la michna, où le vendeur s’est certainement rétracté de sa première déclaration, on pourrait dire que les Sages ne sont pas en désaccord avec ben Nanas. Par conséquent, la michna nous enseigne que dans tous les cas les Sages sont en désaccord avec ben Nanas.
אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: זוֹ דִּבְרֵי בֶּן נַנָּס, אֲבָל חֲכָמִים אוֹמְרִים: הַלֵּךְ אַחַר פָּחוֹת שֶׁבַּלְּשׁוֹנוֹת.
Semblable à ce qui a été cité ci-dessus au nom de Rav, Rav Yehuda dit que Shmuel dit : Ceci est l'affirmation de ben Nanas, qui dit, à propos d'un cas d'expressions contradictoires, qu'il faut tenir compte de l'expression finale ; mais les Sages disent : Suis l'expression la moins inclusive, celle qui est la moins avantageuse pour l'acheteur, conformément au principe selon lequel, en cas d'incertitude, la charge de la preuve incombe au demandeur.
״זוֹ״ – וְלָא סְבִירָא לֵיהּ?! וְהָא רַב וּשְׁמוּאֵל דְּאָמְרִי תַּרְוַיְיהוּ: ״כּוֹר בִּשְׁלֹשִׁים אֲנִי מוֹכֵר לָךְ״ – יָכוֹל לַחֲזוֹר בּוֹ אֲפִילּוּ בַּסְּאָה הָאַחֲרוֹנָה.
La Guemara demande : Shmuel voulait-il dire que cela est l’affirmation de ben Nanas, mais que lui, Shmuel, n’est pas d’accord avec lui ? Mais Rav et Shmuel ne disent-ils pas tous deux : Si le vendeur a dit à l’acheteur : Je te vends un kor de grain, une quantité équivalente à trente se’a, pour la somme de trente sela, il peut se rétracter sur l’ensemble de la vente même pendant qu’il mesure la dernière se’a. Puisque le vendeur a stipulé qu’il vendait un kor complet de grain, tant qu’il n’a pas encore mesuré la quantité totale, il peut encore se rétracter, car la vente n’est pas encore achevée.
״כּוֹר בִּשְׁלֹשִׁים – סְאָה בְּסֶלַע אֲנִי מוֹכֵר לָךְ״ – רִאשׁוֹן רִאשׁוֹן קָנָה. אֶלָּא ״זוֹ״ – וּסְבִירָא לֵיהּ.
Mais si le vendeur a dit à l’acheteur : Je te vends un kor de grain pour trente sela, chaque se’a pour un sela, l’acheteur acquiert chaque se’a une par une à mesure qu’elle lui est mesurée. Puisque le vendeur a précisé le prix par sela, il a indiqué qu’il est prêt à vendre chaque se’a séparément. Cela semble indiquer que Shmuel soutient que, dans un cas d’expressions contradictoires, il faut tenir compte de l’expression finale. Au contraire, la formulation de Shmuel : Ceci est l’énoncé de ben Nanas, doit être expliquée comme suit : Ceci est l’énoncé de ben Nanas, et lui, Shmuel, est d’accord avec lui qu’il faut tenir compte de l’expression finale.
וּמִי סְבִירָא לֵיהּ?! וְהָאָמַר שְׁמוּאֵל: בְּבָא בָּאֶמְצַע הַחֹדֶשׁ עָסְקִינַן; אֲבָל בָּא בִּתְחִלַּת הַחֹדֶשׁ – כּוּלּוֹ לַמַּשְׂכִּיר. בְּסוֹף הַחֹדֶשׁ – כּוּלּוֹ לַשּׂוֹכֵר!
La Guemara demande : Et Shmuel est-il réellement d’accord avec lui ? Mais Shmuel ne dit-il pas : Concernant la décision des Sages selon laquelle le propriétaire et le locataire doivent se partager le mois intercalaire, nous parlons d’un cas où le propriétaire est venu percevoir le loyer au milieu du mois. Ce n’est que dans ce cas que le loyer litigieux est partagé entre eux. Mais dans un cas où il est venu percevoir le loyer au début du mois, l’intégralité de la somme revient au propriétaire qui réclame le paiement, puisqu’il est en possession du bien. Et s’il est venu à la fin du mois, l’intégralité de la somme revient au locataire qui refuse de payer, puisqu’il est en possession de l’argent. Cela indique que Shmuel soutient que, dans un cas d’expressions contradictoires, il ne faut pas tenir compte de l’expression ultérieure. Au contraire, le cas est considéré comme un cas d’incertitude, et la charge de la preuve incombe au demandeur.