כֹּל תְּלָתִין יוֹמִין, בֵּין אָמַר לֵיהּ מֵחֲמַת הִלּוּלָא וּבֵין לָא אָמַר לֵיהּ מֵחֲמַת הִלּוּלָא — אָסוּר, מִכָּאן וְאֵילָךְ, אִי אָמַר לֵיהּ מֵחֲמַת הִלּוּלָא — אָסוּר, וְאִי לָא אָמַר לֵיהּ מֵחֲמַת הִלּוּלָא — שְׁרֵי.
pendant tous les trente jours qui suivent la célébration du mariage, si le gentil invite un Juif à un festin, qu'il ait dit au Juif que le festin est dû à la célébration du mariage ou qu'il ne lui ait pas dit que le festin est dû à la célébration du mariage, il est interdit d'y assister, car on présume que la réjouissance fait partie de la célébration du mariage. À partir de ce moment et par la suite, s'il lui a dit que le festin est dû à la célébration du mariage, il est interdit d'y participer, mais s'il ne lui a pas dit que le festin est dû à la célébration du mariage, cela est permis.
וְכִי אָמַר לֵיהּ מֵחֲמַת הִלּוּלָא, עַד אֵימַת? אָמַר רַב פָּפָּא: עַד תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא. וּמֵעִיקָּרָא מֵאֵימַת אָסוּר? אָמַר רַב פָּפָּא מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: מִכִּי רָמוּ שְׂעָרֵי בַּאֲסִינְתֵּי.
La Guemara demande : Et dans un cas où il lui a dit que le festin est dû à la célébration du mariage, jusqu’à quand présume-t-on que le festin est lié à l’idolâtrie ? Rav Pappa a dit : Jusqu’à ce que douze mois de l’année se soient écoulés depuis le mariage. La Guemara demande : Et au départ, avant le mariage, à partir de quand cela est-il interdit ? Rav Pappa a dit au nom de Rava : À partir du moment où l’on jette de l’orge dans les mortiers [ba’asintei] pour préparer de la bière pour le mariage.
וּלְבָתַר תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא שְׁרֵי? וְהָא רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב מְשַׁרְשְׁיָא אִיקְּלַע לְבֵי הָהוּא גּוֹי לְבָתַר תְּרֵיסַר יַרְחֵי שַׁתָּא, וְשַׁמְעֵיהּ דְּאוֹדִי, וּפֵירַשׁ וְלָא אֲכַל! שָׁאנֵי רַב יִצְחָק בְּרֵיהּ דְּרַב מְשַׁרְשְׁיָא, דְּאָדָם חָשׁוּב הוּא.
La Guemara demande : Et après que les douze mois de l’année se sont écoulés depuis le mariage, est-il toujours permis de participer à un festin ? Mais Rav Yitzḥak, fils de Rav Mesharshiyya, se trouva à venir dans la maison d’un certain gentil après que douze mois de l’année se furent écoulés depuis le mariage de son fils, et il entendit le gentil rendre grâce à son idole pour le mariage de son fils, et il se retira du festin et ne mangea pas là-bas. La Guemara répond : Rav Yitzḥak, fils de Rav Mesharshiyya, est différent, car c’est une personne importante, et par conséquent sa présence fit réjouir le gentil.
וּקְרָטֵסִים וְכוּ׳. מַאי קְרָטֵסִים? אָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר שְׁמוּאֵל: יוֹם שֶׁתָּפְסָה בּוֹ רוֹמִי מַלְכוּת. וְהָתַנְיָא: קְרָטֵסִים וְיוֹם שֶׁתָּפְסָה בּוֹ רוֹמִי מַלְכוּת! אָמַר רַב יוֹסֵף: שְׁתֵּי תְּפִיסוֹת תָּפְסָה רוֹמִי, אַחַת בִּימֵי קְלֵפַּטְרָא מַלְכְּתָא, וְאַחַת שֶׁתָּפְסָה בִּימֵי יְוָנִים.
§ La michna enseigne : Et Kratesis, et le jour de la fête de leurs rois. La Guemara demande : Qu’est-ce que la fête de Kratesis ? Rav Yehouda a dit que Shmuel a dit : Elle commémore le jour où Rome s’est emparée du contrôle d’un empire. La Guemara demande : Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita : Deux fêtes sont Kratesis et le jour où Rome s’est emparée du contrôle d’un empire ? Cela indique que Kratesis et le jour où Rome s’est emparée du contrôle d’un empire sont deux fêtes distinctes. Rav Yossef a dit : À deux reprises distinctes, Rome s’est emparée du contrôle d’un empire. L’une eut lieu aux jours de la reine Cléopâtre, lorsqu’ils conquirent l’Égypte, et l’une se produisit bien plus tôt, lorsque Rome s’est emparée du contrôle aux jours des Grecs.
דְּכִי אֲתָא רַב דִּימִי אָמַר: תְּלָתִין וּתְרֵין קְרָבֵי עֲבַדוּ רוֹמָאֵי בַּהֲדֵי יַוְנָאֵי, וְלָא יְכַלוּ לְהוּ, עַד דְּשַׁתְּפִינְהוּ לְיִשְׂרָאֵל בַּהֲדַיְיהוּ, וְהָכִי אַתְנוֹ בַּהֲדַיְיהוּ: אִי מִינַּן מַלְכֵי — מִנַּיְיכוּ הִפַּרְכֵי, אִי מִנַּיְיכוּ מַלְכֵי — מִינַּן הִפַּרְכֵי.
La Guemara développe : Lorsque Rav Dimi vint d’Eretz Yisrael, il dit : Les Romains livrèrent trente-deux batailles contre les Grecs, mais ne purent pas les vaincre, jusqu’à ce qu’ils concluent une alliance avec le peuple juif et finissent par vaincre les Grecs. Et voici la condition qu’ils stipulèrent avec le peuple juif : Si les rois viennent de parmi nous, les gouverneurs [hiparkhei] viendront de parmi vous ; et si les rois viennent de parmi vous, les gouverneurs viendront de parmi nous.
וּשְׁלַחוּ לְהוּ רוֹמָאֵי לְיַוְנָאֵי: עַד הָאִידָּנָא עָבֵידְנָא בִּקְרָבָא, הַשְׁתָּא נַעֲבֵיד בְּדִינָא. מַרְגָּלִית וְאֶבֶן טוֹבָה, אֵיזוֹ מֵהֶן יֵעָשֶׂה בָּסִיס לַחֲבֵירוֹ? שְׁלַחוּ לְהוּ: מַרְגָּלִית לְאֶבֶן טוֹבָה.
Et les Romains envoyèrent le message suivant aux Grecs : Jusqu’à présent, nous avons tenté de résoudre notre conflit par des batailles ; maintenant, réglons l’affaire au moyen du jugement. Dans le cas d’une perle et d’une pierre précieuse, laquelle des deux doit servir de base à l’autre ? Les Grecs leur envoyèrent en réponse : La perle doit servir de base à la pierre précieuse, qui a une plus grande valeur.
אֶבֶן טוֹבָה וְאִינָךְ, אֵיזוֹ מֵהֶן יֵעָשֶׂה בָּסִיס לַחֲבֵירוֹ? אֶבֶן טוֹבָה לְאִינָךְ. אִינָךְ וְסֵפֶר תּוֹרָה, אֵיזוֹ מֵהֶן יֵעָשֶׂה בָּסִיס לַחֲבֵירוֹ? אִינָךְ לְסֵפֶר תּוֹרָה.
Les Romains demandèrent en outre : S’il y avait une pierre précieuse et un onyx [innakh], une pierre précieuse particulièrement précieuse, laquelle des deux devrait servir de base à l’autre ? Les Grecs répondirent : La pierre précieuse devrait servir de base à l’onyx. Une fois encore, les Romains demandèrent : Dans le cas d’un onyx et d’un rouleau de la Torah, lequel des deux devrait servir de base à l’autre ? Les Grecs répondirent : L’onyx devrait servir de base au rouleau de la Torah.
שְׁלַחוּ לְהוּ: [אִם כֵּן] אֲנַן סֵפֶר תּוֹרָה גַּבַּן וְיִשְׂרָאֵל בַּהֲדַן. כְּפוֹ לְהוּ עֶשְׂרִין וְשֵׁית שְׁנִין, קָמוּ לְהוּ בְּהֵימָנוּתַיְיהוּ בַּהֲדֵי יִשְׂרָאֵל, מִכָּאן וְאֵילָךְ אִישְׁתַּעְבַּדוּ בְּהוּ.
Les Romains envoyèrent cette réponse à eux : Si c’est ainsi, alors vous devez vous soumettre à nous, car nous avons le rouleau de la Torah avec nous, et le peuple juif est avec nous. Les Romains sont semblables à la pierre précieuse, et ils sont alliés au peuple juif, qui est semblable à l’onyx, et ils possèdent le rouleau de la Torah. Les Romains ont donc forcé les Grecs à se rendre et ont pris leur domination mondiale. Pendant vingt-six ans les Romains restèrent fidèlement avec le peuple juif ; à partir de ce point ensuite, ils les subjuguèrent.
מֵעִיקָּרָא מַאי דְּרוּשׁ, וּלְבַסּוֹף מַאי דְּרוּשׁ? מֵעִיקָּרָא דְּרוּשׁ ״נִסְעָה וְנֵלֵכָה וְאֵלְכָה לְנֶגְדֶּךָ״, וּלְבַסּוֹף דְּרוּשׁ ״יַעֲבׇר נָא אֲדֹנִי לִפְנֵי עַבְדּוֹ״.
La Guemara demande : Au début, lorsque les Romains agissaient avec loyauté, quel verset interprétaient-ils et, finalement, lorsqu’ils ont assujetti les Juifs, quel verset interprétaient-ils ? Au début, ils interprétaient le verset où Ésaü dit à Jacob lors de leur rencontre : « Partons, avançons, et j’irai devant toi » (Torah 33:12). Dans ce verset, Ésaü se met à égalité avec Jacob, préfigurant le traitement initial des Juifs par les Romains. Et finalement, ils interprétaient le verset qui rapporte la réponse de Jacob à Ésaü : « Que mon seigneur passe, je te prie, devant son serviteur » (Torah 33:14), montrant l’assujettissement de Jacob à Ésaü, et par extension celui des Juifs à Rome.
עֶשְׂרִין וְשֵׁית שְׁנִין דְּקָמוּ בְּהֵימָנוּתַיְיהוּ בַּהֲדֵי יִשְׂרָאֵל מְנָא לַן? דְּאָמַר רַב כָּהֲנָא: כְּשֶׁחָלָה רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר יוֹסֵי, שְׁלַחוּ לֵיהּ: רַבִּי! אֱמוֹר לָנוּ שְׁנַיִם וּשְׁלֹשָׁה דְּבָרִים שֶׁאָמַרְתָּ לָנוּ מִשּׁוּם אָבִיךָ.
La Guemara demande : En ce qui concerne les vingt-six années durant lesquelles les Romains se tinrent fidèlement aux côtés du peuple juif, d’où savons-nous que tel fut le cas ? La Guemara cite une preuve. Comme le dit Rav Kahana : lorsque Rabbi Yishmael, fils de Rabbi Yosei, tomba malade, les Sages lui envoyèrent le message suivant : Notre maître, dis-nous deux ou trois enseignements que tu nous as autrefois rapportés au nom de ton père, Rabbi Yosei ben Ḥalafta, car nous ne nous souvenons pas précisément de ces enseignements.
אֲמַר לְהוּ: מֵאָה וּשְׁמֹנִים שָׁנָה קוֹדֶם שֶׁנֶּחֱרַב הַבַּיִת פָּשְׁטָה מַלְכוּת הָרְשָׁעָה עַל יִשְׂרָאֵל, שְׁמוֹנִים שָׁנָה עַד לֹא חָרַב הַבַּיִת גָּזְרוּ טוּמְאָה עַל אֶרֶץ הָעַמִּים וְעַל כְּלֵי זְכוּכִית, אַרְבָּעִים שָׁנָה עַד לֹא חָרַב הַבַּיִת גָּלְתָה סַנְהֶדְרִין וְיָשְׁבָה לָהּ בַּחֲנוּת.
Rabbi Yishmaël, fils de Rabbi Yossei, leur dit les déclarations suivantes qui lui avaient été transmises par son père : Cent quatre-vingts ans avant que le Second Temple ne soit détruit, le malfaisant Empire romain s’étendit sur Israël et le domina. Quatre-vingts ans avant que le Temple ne soit détruit, les Sages décrétèrent l’impureté sur la terre des nations et sur les récipients en verre. Quarante ans avant que le Temple ne soit détruit, le Sanhédrin fut exilé de la Chambre de Pierre Taillée et siégea dans la boutique près du mont du Temple.
לְמַאי הִלְכְתָא? אָמַר רַבִּי יִצְחָק בַּר אַבְדִּימִי: לוֹמַר, שֶׁלֹּא דָּנוּ דִּינֵי קְנָסוֹת. דִּינֵי קְנָסוֹת סָלְקָא דַּעְתָּךְ? וְהָאָמַר רַב יְהוּדָה אָמַר רַב: בְּרַם זָכוּר אוֹתוֹ הָאִישׁ לַטּוֹב, וְרַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא שְׁמוֹ, שֶׁאִלְמָלֵא הוּא נִשְׁתַּכְּחוּ דִּינֵי קְנָסוֹת מִיִּשְׂרָאֵל! ״נִשְׁתַּכְּחוּ״? לִגְרְסִינְהוּ!
La Guemara demande : À l’égard de quelle halakha est-il nécessaire de savoir où le Sanhédrin se réunissait ? Rabbi Yitzḥak bar Avdimi a dit : Cela est nécessaire afin de dire qu’ils ne jugeaient plus les affaires d’amendes. La Guemara demande : Vous vient-il à l’esprit qu’à ce stade le Sanhédrin ne jugeait plus les affaires d’amendes ? Mais Rav Yehouda ne dit-il pas que Rav dit : En vérité [beram], cet homme sera rappelé favorablement, et Rabbi Yehouda ben Bava est son nom, car sans lui les lois des amendes auraient été oubliées parmi le peuple juif. La Guemara conteste cette affirmation : Les lois des amendes auraient-elles réellement été oubliées ? Que les sages les étudient, afin qu’elles ne soient pas oubliées.
אֶלָּא בָּטְלוּ דִּינֵי קְנָסוֹת מִיִּשְׂרָאֵל, שֶׁגָּזְרָה מַלְכוּת הַרְשָׁעָה שְׁמָד עַל יִשְׂרָאֵל: כָּל הַסּוֹמֵךְ יֵהָרֵג, וְכׇל הַנִּסְמָךְ יֵהָרֵג, וְעִיר שֶׁסּוֹמְכִין בָּהּ תֵּחָרֵב, וּתְחוּם שֶׁסּוֹמְכִין בּוֹ יֵעָקֵר.
Au contraire, son intention était de dire que les lois relatives aux amendes auraient cessé d’être appliquées parmi le peuple juif, car ils n’auraient pas été en mesure de juger des affaires impliquant ces halakhot en raison de l’absence de juges ordonnés. Cela est ainsi parce que à une certaine époque le royaume impie de Rome a promulgué des décrets de persécution religieuse contre le peuple juif dans le but d’abolir la chaîne de l’ordination et l’autorité des Sages. Ils ont dit que quiconque ordonne des juges sera mis à mort, et quiconque est ordonné sera mis à mort, et la ville dans laquelle on ordonnera les juges sera détruite, et les zones autour de la limite de la ville dans laquelle on ordonnera des juges seront déracinées. Ces mesures visaient à dissuader les Sages d’accomplir ou de recevoir l’ordination par crainte pour le bien-être de la population locale.
מָה עָשָׂה רַבִּי יְהוּדָה בֶּן בָּבָא? הָלַךְ וְיָשַׁב בֵּין שְׁנֵי הָרִים גְּדוֹלִים, וּבֵין שְׁתֵּי עֲיָירוֹת גְּדוֹלוֹת, בֵּין שְׁנֵי תְּחוּמֵי שַׁבָּת, בֵּין אוּשָׁא לִשְׁפַרְעָם, וְסָמַךְ שָׁם חֲמִשָּׁה זְקֵנִים: רַבִּי מֵאִיר וְרַבִּי יְהוּדָה וְרַבִּי יוֹסֵי וְרַבִּי שִׁמְעוֹן וְרַבִּי אֶלְעָזָר בֶּן שַׁמּוּעַ, וְרַב אַוְיָא מוֹסִיף: אַף רַבִּי נְחֶמְיָה.
Que fit le rabbin Yehuda ben Bava ? Il alla s’asseoir entre deux grandes montagnes, et entre deux grandes villes, et entre deux limites de Chabbat : entre Usha et Shefaram, c’est-à-dire dans un lieu désolé qui n’était associé à aucune ville particulière, afin de ne mettre en danger personne qui ne soit directement impliqué, et là il ordonna cinq Anciens, à savoir : Rabbi Meir, et Rabbi Yehuda, et Rabbi Shimon, et Rabbi Yosei, et Rabbi Elazar ben Shammua. Et Rav Avya ajoute que Rabbi Neḥemya était également parmi ceux qui furent ordonnés.
כֵּיוָן שֶׁהִכִּירוּ בָּהֶם אוֹיְבִים, אָמַר לָהֶם: בָּנַי, רוּצוּ! אָמְרוּ לוֹ: רַבִּי, וְאַתָּה מָה תְּהֵא עָלֶיךָ? אָמַר לָהֶם: הֲרֵינִי מוּטָל לִפְנֵיהֶם כְּאֶבֶן שֶׁאֵין לָהּ הוֹפְכִין. אָמְרוּ: לֹא זָזוּ מִשָּׁם עַד שֶׁנָּעֲצוּ לְגוּפוֹ שְׁלֹשׁ מֵאוֹת לוּלְנִיאוֹת שֶׁל בַּרְזֶל, וַעֲשָׂאוּהוּ לְגוּפוֹ כִּכְבָרָה.
Lorsque leurs ennemis les découvrirent, Rabbi Yehouda ben Bava dit aux rabbins nouvellement ordonnés : Mes fils, fuyez pour sauver vos vies. Ils lui dirent : Notre maître, et qu’adviendra-t-il de vous ? Rabbi Yehouda ben Bava était âgé et incapable de courir. Il leur dit : Quoi qu’il en soit, je suis jeté devant eux comme une pierre qu’on ne peut retourner ; même si vous essayez de m’aider, je ne pourrai pas m’échapper à cause de ma faiblesse, mais si vous ne vous échappez pas sans moi, vous serez vous aussi tués. On dit à propos de cet incident : Les soldats romains ne quittèrent pas cet endroit avant d’avoir enfoncé trois cents lances de fer [lulniot] dans son corps, faisant paraître son corps comme un tamis percé de nombreux trous. On peut déduire de cet épisode qu’il y avait des juges ordonnés qui pouvaient entendre des affaires d’amendes pendant de nombreuses années après la destruction du Temple, contrairement à la déclaration de Rabbi Yitzḥak bar Avdimi.
אָמַר רַב נַחְמָן בַּר יִצְחָק: לָא תֵּימָא דִּינֵי קְנָסוֹת, אֶלָּא שֶׁלֹּא דָּנוּ דִּינֵי נְפָשׁוֹת.
Rav Naḥman bar Yitzḥak dit en explication : Ne dis pas qu’après que le Sanhédrin a été exilé de la Chambre de Pierre Taillée, ils ne jugeaient plus les affaires d’amendes ; plutôt, corrige l’énoncé pour dire qu’ils ne jugeaient plus les affaires de droit capital, car un tribunal n’a pas l’autorité d’entendre des affaires capitales lorsque le Sanhédrin ne siège pas dans la Chambre de Pierre Taillée.
מַאי טַעְמָא? כֵּיוָן דַּחֲזוֹ דִּנְפִישִׁי לְהוּ רוֹצְחִין וְלָא יָכְלִי לְמֵידַן, אֲמַרוּ: מוּטָב נִגְלֵי מִמָּקוֹם לְמָקוֹם, כִּי הֵיכִי דְּלָא לִיחַיְּיבוּ.
La Guemara explique : Quelle est la raison pour laquelle les membres du Sanhédrin cessèrent de se réunir à leur place appropriée, mettant ainsi fin au jugement des affaires capitales ? Lorsqu’ils virent que les meurtriers étaient si nombreux et qu’ils n’étaient pas capables de les juger et de les punir de mort, ils dirent : Il vaut mieux que nous soyons exilés de la Chambre de Pierre Taillée et que nous allions de lieu en lieu, afin que les contrevenants ne soient pas considérés comme passibles de la peine de mort à une époque où le tribunal n’exécute pas ses sentences.
דִּכְתִיב: ״וְעָשִׂיתָ עַל פִּי הַדָּבָר אֲשֶׁר יַגִּידוּ לְךָ מִן הַמָּקוֹם הַהוּא״, מְלַמֵּד שֶׁהַמָּקוֹם גּוֹרֵם.
La Guemara explique pourquoi un tribunal ne peut pas juger des affaires capitales une fois que le Sanhédrin a quitté la Chambre de Pierre Taillée. Comme il est écrit : « Et tu agiras selon la teneur de la sentence qu’ils te déclareront depuis ce lieu » (Deutéronome 17:10). Ce verset enseigne que c’est le lieu où siège le Sanhédrin qui rend possible le jugement. En d’autres termes, si le Sanhédrin a abandonné son lieu approprié, la Chambre de Pierre Taillée, tous les tribunaux doivent cesser de juger les affaires capitales.
מֵאָה וּשְׁמֹנִים, וְתוּ לָא? וְהָתָנֵי רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי:
La Guemara revient au commentaire précédent de Rabbi Yishmaël au nom de son père, Rabbi Yossei ben Ḥalafta, selon lequel l’Empire romain a gouverné Israël cent quatre-vingts ans avant que le second Temple ne soit détruit. La Guemara demande : Rome a-t-elle gouverné Israël pendant cent quatre-vingts ans avant la destruction du Temple et pas davantage ? Pourtant, Rabbi Yossei le Grand, c’est-à-dire Rabbi Yossei ben Ḥalafta lui-même, a enseigné :