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אֶלָּא לְמַאן דְּאָמַר: טְרֵיפָה יוֹלֶדֶת, מַאי אִיכָּא לְמֵימַר? אָמַר קְרָא: ״אִתָּךְ״ — בְּדוֹמִין לָךְ. וְדִלְמָא נֹחַ גּוּפֵיהּ טְרֵיפָה הֲוָה? ״תָּמִים״ כְּתִיב בֵּיהּ.
Mais selon celui qui dit qu’une tereifa peut enfanter, que peut-on dire ? Selon cet avis, une tereifa ne peut pas être exclue par l’expression : « Pour maintenir une descendance en vie. » La Guemara répond : Le verset déclare au sujet des animaux que Noé fit entrer dans l’arche : « Tu les feras entrer dans l’arche, pour les maintenir en vie avec toi” (Torah 6:19). Le terme « avec toi » indique que le verset parle de animaux qui sont semblables à toi, mais non d’une tereifa. La Guemara demande : Mais peut-être Noé lui-même était-il une tereifa. Si tel était le cas, on ne pourrait pas exclure une tereifa de la comparaison des animaux avec Noé. La Guemara répond : Il est écrit au sujet de Noé qu’il était « intègre » (Torah 6:9).
וְדִלְמָא ״תָּמִים בִּדְרָכָיו״ הָיָה? ״צַדִּיק״ כְּתִיב בֵּיהּ!
La Guemara objecte : Mais peut-être que le verset signifie que ses voies étaient complètes, mais qu’il ne fait pas référence aux attributs physiques de Noé. La Guemara explique : Il est déjà écrit à son sujet qu’il était « juste » (Genèse 6:9), ce qui signifie que ses actions étaient parfaites. Par conséquent, lorsque le verset dit qu’il était aussi complet, cela doit faire référence à son corps.
דִּלְמָא ״תָּמִים״ בִּדְרָכָיו, ״צַדִּיק״ בְּמַעֲשָׂיו הֲוָה? לָא סָלְקָא דַּעְתָּךְ דְּנֹחַ גּוּפֵיהּ טְרֵיפָה הֲוַאי, דְּאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ דְּנֹחַ טְרֵיפָה הֲוָה, אֲמַר לֵיהּ רַחֲמָנָא: כְּוָותָךְ עַיֵּיל, שַׁלְמִין לָא תְּעַיֵּיל?
La Guemara objecte : Mais peut-être que le verset signifie que Noé était intègre dans sa conduite, et qu’il était juste dans ses bonnes actions. En conséquence, le verset n’exclurait pas la possibilité que Noé lui-même fût une tereifa. La Guemara explique : Il ne peut pas te venir à l’esprit que Noé lui-même fût une tereifa, car, s’il te venait à l’esprit que Noé était une tereifa, est-ce que le Miséricordieux lui aurait dit : Fais entrer des tereifot comme toi dans l’arche, mais ne fais pas entrer des animaux entiers et parfaits ?
וְהַשְׁתָּא דְּנָפְקָא לֵיהּ מֵ״אִתָּךְ״, ״לְחַיּוֹת זֶרַע״ לְמָה לִי? אִי מֵ״אִתָּךְ״ הֲוָה אָמֵינָא לְצַוְותָּא בְּעָלְמָא, וַאֲפִילּוּ זָקֵן וַאֲפִילּוּ סָרִיס, כְּתַב רַחֲמָנָא ״זֶרַע״.
La Guemara demande : Et maintenant qu'il a été établi que l'on déduit l'invalidité d'une tereifa de l'expression « avec toi », pourquoi ai-je besoin de la phrase « pour garder une semence en vie » ? La Guemara répond : Si l'on ne pouvait apprendre que de « avec toi », je dirais que Noé a amené les animaux dans l'arche uniquement pour la compagnie, et par conséquent même un animal qui est âgé, et même un animal castré, peut entrer dans l'arche, à condition qu'il ne soit pas une tereifa. C'est pourquoi le Miséricordieux écrit : « Pour garder la semence en vie », enseignant que seuls les animaux capables d'engendrer une descendance peuvent être amenés dans l'arche.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: ״שְׁלֹשָׁה יָמִים״ — הֵן וְאֵידֵיהֶן, אוֹ דִלְמָא הֵן בְּלֹא אֵידֵיהֶן?
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : lorsque la michna enseigne qu’il est interdit de faire du commerce avec les gentils pendant les trois jours précédant leur fête, ces trois jours les incluent-ils eux, c’est-à-dire les jours précédant la fête et leur fête elle-même, auquel cas l’interdiction ne s’applique qu’à la fête et aux deux jours qui la précèdent ? Ou peut-être fait-elle référence à eux sans leur fête, c’est-à-dire que l’interdiction s’applique à trois jours pleins avant la fête.
תָּא שְׁמַע, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל אוֹמֵר: שְׁלֹשָׁה לִפְנֵיהֶם וּשְׁלֹשָׁה לְאַחֲרֵיהֶן אָסוּר. אִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הֵן וְאֵידֵיהֶן, רַבִּי יִשְׁמָעֵאל יוֹם אֵידֵיהֶן חַשֵּׁיב לְהוּ מֵעִיקָּרָא וְחַשֵּׁיב לְהוּ לְבַסּוֹף?
La Guemara propose une preuve tirée d’une michna (7b). Viens et écoute, car Rabbi Yishmael dit : Pendant les trois jours précédant les fêtes des gentils et les trois jours qui les suivent, ces actions sont interdites. La Guemara analyse cette déclaration. S’il te vient à l’esprit que les trois jours incluent eux et leur fête, cela signifierait que Rabbi Yishmael compte le jour de leur fête deux fois, puisqu’il le compte au début, comme faisant partie du premier groupe de trois jours, et il le compte aussi à la fin, avec le second groupe de trois jours. Il est clair que les trois jours n’incluent pas le jour de la fête lui-même.
אַיְּידֵי דִּתְנָא ״שְׁלֹשָׁה לִפְנֵיהֶם״, תְּנָא נָמֵי ״שְׁלֹשָׁה לְאַחֲרֵיהֶם״.
La Guemara rejette cette preuve : Il est possible que la fête soit comptée comme l’un des trois premiers jours, c’est-à-dire que les trois jours les incluent, eux et leur fête, et qu’elle ne soit pas comptée comme faisant partie des trois jours suivant la fête. Mais, puisque Rabbi Yishmaël a enseigné que ces actions sont interdites pendant les trois jours qui les précèdent, il a aussi employé la même expression et a enseigné que ces actions sont interdites pendant les trois jours qui les suivent, bien que ce qu’il enseigne réellement soit que ces actions ne sont interdites que pendant les deux jours qui la suivent.
תָּא שְׁמַע, דְּאָמַר רַב תַּחְלִיפָא בַּר אַבְדִּימִי אָמַר שְׁמוּאֵל: נוֹצְרִים לְדִבְרֵי רַבִּי יִשְׁמָעֵאל לְעוֹלָם אָסוּר, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ ״הֵן וְאֵידֵיהֶן״, הָאִיכָּא אַרְבָּעָה וַחֲמִשָּׁה דְּשָׁרֵי!
La Guemara suggère : Viens et écoute une preuve tirée de ce que Rav Taḥlifa bar Avdimi dit que Shmuel dit : Selon l’affirmation de Rabbi Yishmael, il est toujours interdit de faire du commerce avec des chrétiens, puisque leur fête a lieu chaque dimanche. Puisque les trois jours qui précèdent et les trois jours qui suivent leur fête sont inclus dans l’interdiction, on ne peut faire du commerce avec eux aucun jour de la semaine. Et s’il te vient à l’esprit que les trois jours de la michna incluent eux et leur fête, c’est-à-dire que seuls les deux jours précédant et suivant la fête sont inclus dans l’interdiction, alors, selon Rabbi Yishmael, il reste encore le mercredi et le jeudi, pendant lesquels il est permis de faire du commerce avec des chrétiens.
אַלִּיבָּא דְּרַבִּי יִשְׁמָעֵאל לָא קָמִבַּעְיָא לִי, דְּהֵן בְּלֹא אֵידֵיהֶן, כִּי קָא מִבַּעְיָא לִי אַלִּיבָּא דְּרַבָּנַן — מַאי?
La Guemara précise : Selon l’avis de Rabbi Yishmaël, je n’ai aucune difficulté, car il est clair que les trois jours mentionnés dans la michna sont eux sans leur fête. Lorsque je soulève la difficulté, c’est selon l’avis des Sages : Quels jours sont inclus dans l’interdiction selon leur avis ?
אָמַר רָבִינָא: תָּא שְׁמַע, וְאֵלּוּ הֵן אֵידֵיהֶן שֶׁל גּוֹיִם: קָלֶנְדָּא, סְטָרוּנְיָיא, וּקְרָטֵסִים. וְאָמַר רַב חָנִין בַּר רָבָא: קָלֶנְדָּא — שְׁמוֹנָה יָמִים אַחֵר תְּקוּפָה, סְטָרוּנְיָיא — שְׁמוֹנָה יָמִים לִפְנֵי תְּקוּפָה, וְסִימָנָךְ: ״אָחוֹר וָקֶדֶם צַרְתָּנִי״.
Ravina dit : Viens et écoute une preuve tirée de la suite de la michna (8a). Et voici les fêtes des gentils : Kalenda, Saturnalia et Kratesis. Et Rav Ḥanin bar Rava dit en expliquant cette michna : Quand ces fêtes ont-elles lieu ? Kalenda est célébrée pendant les huit jours après le solstice d’hiver, et Saturnalia est célébrée pendant les huit jours avant le solstice d’hiver. Et ton moyen mnémotechnique pour te souvenir de quelle fête est laquelle est que la fête qui a lieu après le solstice est mentionnée en premier, et la fête qui a lieu avant lui est mentionnée plus tard, comme dans le verset : « Tu m’as cerné par derrière et par devant » (Psaumes 139:5), où le mot « par devant » apparaît après le terme « par derrière ».
וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הֵן וְאֵידֵיהֶן, עַשְׂרָה הָווּ! תַּנָּא כּוּלֵּיהּ קָלֶנְדָּא חַד יוֹמָא הוּא חָשֵׁיב לֵיהּ.
Ravina explique la preuve : Et s’il te vient à l’esprit que le tanna de la michna compte eux et leur fête, dans ce cas il y a dix jours inclus dans l’interdiction : les huit jours de la fête et les deux jours qui la précèdent. Pourquoi, alors, la michna dirait-elle que l’interdiction ne s’applique que pendant trois jours ? Si les trois jours n’incluent pas les fêtes elles-mêmes, alors cette difficulté ne s’applique pas, car bien qu’en pratique l’interdiction dure onze jours, la michna ne fait pas référence à la période de la fête. La Guemara répond : Cette preuve n’est pas concluante, car le tanna compte toute la fête de Kalenda comme un seul jour.
אָמַר רַב אָשֵׁי, תָּא שְׁמַע: ״לִפְנַי אֵידֵיהֶן שֶׁל גּוֹיִם שְׁלֹשָׁה יָמִים״, וְאִי סָלְקָא דַעְתָּךְ הֵן וְאֵידֵיהֶן, לִיתְנֵי: ״אֵידֵיהֶן שֶׁל גּוֹיִם שְׁלֹשָׁה יָמִים״!
Rav Ashi dit : Viens et entends une preuve tirée de la michna, qui précise que le moment où les actions sont interdites est : Pendant les trois jours précédant les fêtes des gentils. Et s’il te vient à l’esprit que la michna fait référence à eux et à leur fête, qu’elle enseigne : Au temps des fêtes des gentils, il est interdit de faire du commerce avec eux pendant trois jours. La formulation de la michna indique que les trois jours sont tous avant la fête.
וְכִי תֵּימָא, הַאי דְּקָתָנֵי ״לִפְנֵי אֵידֵיהֶן״ — לְמַעוֹטֵי לְאַחַר אֵידֵיהֶן, לִיתְנֵי: אֵידָם שֶׁל גּוֹיִם שְׁלֹשָׁה יָמִים לִפְנֵיהֶם! אֶלָּא שְׁמַע מִינַּהּ, הֵן בְּלֹא אֵידֵיהֶן. שְׁמַע מִינַּהּ.
Et si tu disais : Ce qui est enseigné dans la michna : Avant les fêtes des gentils, vient exclure les jours qui suivent leurs fêtes, c’est-à-dire que le tanna indique clairement que l’interdiction s’applique avant, et non après, que la michna enseigne : Au moment des fêtes des gentils, il est interdit de faire du commerce avec eux pendant les trois jours précédents. Au contraire, conclus de la formulation employée que, lorsque la michna déclare : Les trois jours avant les fêtes, elle fait référence à eux sans leur fête. La Guemara confirme : Conclue de là que tel est le cas.
אִיבַּעְיָא לְהוּ: מִשּׁוּם הַרְוָוחָה, אוֹ דִּלְמָא מִשּׁוּם ״וְלִפְנֵי עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשֹׁל״?
§ Un dilemme fut soulevé devant les Sages : la raison de l’interdiction de faire du commerce avec les gentils dans les jours précédant leurs fêtes est-elle que le gentil pourrait en tirer profit, ce qui lui apportera de la joie, et il remerciera ensuite son idole lors de sa fête ? Ou peut-être est-ce parce que cela constitue une violation de l’interdiction : « Tu ne mettras pas d’obstacle devant l’aveugle » (Lévitique 19:14), car celui qui vend un animal à un gentil l’aide ainsi à se livrer à un culte idolâtre interdit.
לְמַאי נָפְקָא מִינַּהּ? דְּאִית לֵיהּ בְּהֵמָה לְדִידֵיהּ. אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם הַרְוָוחָה — הָא קָא מַרְוַוח לֵיהּ, אִי אָמְרַתְּ מִשּׁוּם ״עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשֹׁל״ — הָא אִית לֵיהּ לְדִידֵיהּ.
La Guemara explique : Quelle est la différence pratique entre les deux options ? La différence pratique se présente dans une situation le non-Juif a déjà son propre animal. Si vous dites que la raison de l’interdiction est parce qu’il pourrait en tirer profit, ici aussi le Juif lui fait tirer profit. Mais si vous dites que la raison de l’interdiction est due à l’interdiction : « Tu ne mettras pas d’obstacle devant l’aveugle », puisque le non-Juif a le sien, le Juif ne l’aide pas à fauter.
וְכִי אִית לֵיהּ לָא עָבַר מִשּׁוּם ״עִוֵּר לֹא תִתֵּן מִכְשֹׁל״? וְהָתַנְיָא: אָמַר רַבִּי נָתָן:
La Guemara objecte : Et même s’il a déjà son propre animal, celui qui l’aide ne transgresse-t-il pas le commandement : « Tu ne mettras pas d’obstacle devant l’aveugle » ? Mais n’a-t-on pas enseigné dans une baraita que Rabbi Natan a dit :

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