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בַּלֶּחֶם הַקְּלֹקֵל״. בְּנֵי כְּפוּיֵי טוֹבָה, דִּכְתִיב: ״הָאִשָּׁה אֲשֶׁר נָתַתָּה עִמָּדִי הִיא נָתְנָה לִּי מִן הָעֵץ וָאֹכֵל״.
« ce pain misérable » (Nombres 21:5), malgré le fait que c’était une nourriture de la plus haute qualité. Moïse les a en outre appelés enfants d’ingrats, comme il est écrit qu’après avoir péché et mangé de l’arbre de la connaissance, Adam dit : « La femme que Tu as mise auprès de moi, c’est elle qui m’a donné du fruit de l’arbre, et j’en ai mangé » (Genèse 3:12). Adam se plaignit que la femme lui avait été donnée pour le faire pécher, alors qu’en réalité elle lui avait été donnée pour lui servir d’aide.
אַף מֹשֶׁה רַבֵּינוּ לֹא רְמָזָהּ לָהֶן לְיִשְׂרָאֵל אֶלָּא לְאַחַר אַרְבָּעִים שָׁנָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וָאוֹלֵךְ אֶתְכֶם בַּמִּדְבָּר אַרְבָּעִים שָׁנָה״, וּכְתִיב: ״וְלֹא נָתַן ה׳ לָכֶם לֵב וְגוֹ׳״. אָמַר רַבָּה: שְׁמַע מִינַּהּ לָא קָאֵי אִינִישׁ אַדַּעְתֵּיהּ דְּרַבֵּיהּ עַד אַרְבְּעִין שְׁנִין.
Pourtant, même Moïse, notre maître, qui a dit cela au peuple juif, n’a fait allusion au peuple juif qu’après quarante ans qu’ils auraient dû formuler cette demande, comme il est dit : « Et je vous ai conduits quarante ans dans le désert » (Deutéronome 29:4), ce qui montre que Moïse parlait quarante ans après la révélation au Sinaï. Et à ce moment-là il est écrit : « Mais le Seigneur ne vous a pas donné un cœur pour comprendre, ni des yeux pour voir, ni des oreilles pour entendre, jusqu’à ce jour » (Deutéronome 29:3). Rabba a dit : Conclus de là qu’une personne ne comprend pas l’opinion de son maître avant après quarante ans, car Moïse n’a dit cela au peuple juif qu’après quarante ans d’étude de la Torah.
אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן מִשּׁוּם רַבִּי בְּנָאָה, מַאי דִּכְתִיב: ״אַשְׁרֵיכֶם זֹרְעֵי עַל כׇּל מָיִם מְשַׁלְּחֵי רֶגֶל הַשּׁוֹר וְהַחֲמוֹר״? אַשְׁרֵיהֶם יִשְׂרָאֵל בִּזְמַן שֶׁעוֹסְקִין בְּתוֹרָה וּבִגְמִילוּת חֲסָדִים, יִצְרָם מָסוּר בְּיָדָם וְאֵין הֵם מְסוּרִים בְּיַד יִצְרָם, שֶׁנֶּאֱמַר: ״אַשְׁרֵיכֶם זֹרְעֵי עַל כׇּל מָיִם״, וְאֵין זְרִיעָה אֶלָּא צְדָקָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״זִרְעוּ לָכֶם לִצְדָקָה וְקִצְרוּ לְפִי חֶסֶד״, וְאֵין מַיִם אֶלָּא תּוֹרָה, שֶׁנֶּאֱמַר: ״הוֹי כׇּל צָמֵא לְכוּ לַמַּיִם״.
Rabbi Yoḥanan dit au nom de Rabbi Bana’a : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Heureux êtes-vous qui semez auprès de toutes les eaux, qui laissez aller librement les pieds du bœuf et de l’âne » (Isaïe 32:20) ? Heureux êtes-vous, Israël ; lorsqu’ils, c’est-à-dire le peuple juif, s’adonnent à l’étude de la Torah et aux actes de bonté, leur mauvais penchant leur est livré, et ils ne sont pas livrés à leur mauvais penchant, comme il est dit : « Heureux êtes-vous qui semez auprès de toutes les eaux. » Et le terme semer ne renvoie à rien d’autre qu’à l’accomplissement d’actes de charité, comme il est dit : « Semez pour vous selon la charité, moissonnez selon la miséricorde » (Osée 10:12). Et le terme eaux ne renvoie à rien d’autre qu’à la Torah, comme il est dit : « Holà, vous tous qui avez soif, venez aux eaux » (Isaïe 55:1).
״מְשַׁלְּחֵי רֶגֶל הַשּׁוֹר וְהַחֲמוֹר״, תָּנָא דְּבֵי אֵלִיָּהוּ: לָעוֹלָם יָשִׂים אָדָם עַצְמוֹ עַל דִּבְרֵי תוֹרָה כְּשׁוֹר לְעוֹל וְכַחֲמוֹר לְמַשּׂאוֹי.
Concernant la suite du verset : « Qui laisse aller librement les pieds du bœuf et de l’âne, » l’un des Sages de l’école d’Eliyahu a enseigné : Une personne doit toujours se rendre soumise aux questions de Torah comme un bœuf au joug et comme un âne au fardeau.
שְׁלֹשָׁה יָמִים אָסוּר לָשֵׂאת וְלָתֵת עִמָּהֶם וְכוּ׳. וּמִי בָּעִינַן כּוּלֵּי הַאי?
§ Après avoir conclu sa longue introduction, la Guemara analyse la michna. La michna a enseigné que pendant les trois jours précédant les fêtes des gentils, il est interdit de faire du commerce avec eux ou de leur prêter des objets. La Guemara demande : Et est-il d’usage pour un gentil d’acheter un animal si longtemps à l’avance de sa fête, au point qu’il soit nécessaire que les Juifs s’abstiennent de vendre un animal aux idolâtres pendant tous ces jours précédant leurs fêtes ?
וְהָתְנַן: בְּאַרְבָּעָה פְּרָקִים בַּשָּׁנָה, הַמּוֹכֵר בְּהֵמָה לַחֲבֵירוֹ צָרִיךְ לְהוֹדִיעוֹ: ״אִמָּהּ מָכַרְתִּי לִשְׁחוֹט״, ״בִּתָּהּ מָכַרְתִּי לִשְׁחוֹט״.
Mais n’avons-nous pas appris dans une michna (Ḥullin 83a) : À quatre occasions au cours de l’année, celui qui vend un animal à un autre est tenu de l’informer : J’ai vendu la mère de cet animal aujourd’hui à l’acheteur pour l’abattage, ou : J’ai vendu la fille de cet animal aujourd’hui à l’acheteur pour l’abattage. Cette notification est nécessaire afin que cet acheteur n’abatte pas l’animal le même jour où sa mère ou son petit est abattu, transgressant ainsi l’interdiction : « Tu ne tueras pas lui et son petit en un seul jour » (Lévitique 22:28).
וְאֵלּוּ הֵן: עֶרֶב יוֹם טוֹב הָאַחֲרוֹן שֶׁל חַג, עֶרֶב יוֹם טוֹב הָרִאשׁוֹן שֶׁל פֶּסַח, וְעֶרֶב עֲצֶרֶת, וְעֶרֶב רֹאשׁ הַשָּׁנָה, וּכְדִבְרֵי רַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי — אַף עֶרֶב יוֹם הַכִּפּוּרִים בַּגָּלִיל!
La michna continue : Et ces quatre occasions sont : la veille du dernier jour de la fête de Souccot, la veille du premier jour de la fête de Pessa'h, la veille de Chavouot, et la veille de Roch Hachana. Et selon l'avis de Rabbi Yossei HaGelili, la veille de Yom Kippour en Galilée est également incluse. Cette michna indique qu'on se prépare à une fête seulement un jour avant l'événement. Pourquoi la michna ici interdit-elle les ventes trois jours avant les fêtes des gentils ?
הָתָם דְּלַאֲכִילָה, סַגִּיא בְּחַד יוֹמָא. הָכָא דִּלְהַקְרָבָה, בָּעִינַן תְּלָתָא יוֹמֵי. וּלְהַקְרָבָה סַגִּי בִּתְלָתָא יוֹמֵי? וְהָתְנַן: שׁוֹאֲלִין בְּהִלְכוֹת הַפֶּסַח קוֹדֶם הַפֶּסַח שְׁלֹשִׁים יוֹם, רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר: שְׁתֵּי שַׁבָּתוֹת.
La Guemara répond : Là-bas, dans la michna de Ḥullin, l’animal est acheté pour la consommation, il suffit de se préparer un jour avant la fête. Ici, dans le cas de cette michna, où l’animal est acheté pour le sacrifice, le non-Juif a besoin de trois jours pour s’assurer que l’animal n’a aucun défaut. La Guemara demande : Et pour le sacrifice, est-il suffisant de se préparer seulement trois jours à l’avance ? Mais n’avons-nous pas appris dans une baraita : On commence à s’enquérir des halakhot de Pessaḥ trente jours avant Pessaḥ ; Rabban Shimon ben Gamliel dit : On commence à s’informer seulement deux semaines avant Pessaḥ. Selon les deux avis, il faut bien plus que trois jours pour commencer à se préparer au sacrifice d’une offrande. On peut supposer qu’il en va de même pour les non-Juifs.
אֲנַן דִּשְׁכִיחִי מוּמִין דְּפָסְלִי, אֲפִילּוּ בְּדוּקִּין שֶׁבָּעַיִן, בָּעִינַן תְּלָתִין יוֹמִין; אִינְהוּ, דִּמְחוּסַּר אֵבֶר אִית לְהוּ, בִּתְלָתָא יוֹמֵי סַגִּי.
La Guemara répond : Nous, les Juifs, pour qui les défauts qui disqualifient l’animal sont fréquents, puisque même un petit défaut sur la cornée de l’œil le disqualifie, avons besoin de trente jours pour nous préparer aux offrandes sacrificielles des fêtes. En revanche, en ce qui concerne eux, les gentils, ils soutiennent que le seul défaut qui disqualifie l’animal est qu’il lui manque un membre entier ; par conséquent, trois jours suffisent pour qu’ils se préparent au sacrifice.
דְּאָמַר רַבִּי אֶלְעָזָר: מִנַּיִן לִמְחוּסַּר אֵבֶר דְּאָסוּר לִבְנֵי נֹחַ? דִּכְתִיב: ״וּמִכׇּל הָחַי מִכׇּל בָּשָׂר שְׁנַיִם מִכֹּל וְגוֹ׳״, אָמְרָה תּוֹרָה: הָבֵא בְּהֵמָה שֶׁחַיִּין רָאשֵׁי אֵבָרִים שֶׁלָּהּ.
Comme le dit Rabbi Elazar : D’où est-il déduit, au sujet d’un animal auquel il manque un membre, qu’il est interdit aux descendants de Noé de l’offrir en sacrifice ? Comme il est écrit : « Et de tout être vivant de toute chair, deux de chaque espèce tu feras entrer dans l’arche, pour les garder en vie avec toi » (Genèse 6:19). Dans ce verset, la Torah dit : Apporte un animal dont les extrémités sont vivantes, car certains de ces animaux devaient ensuite être utilisés comme offrandes.
הַאי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי טְרֵיפָה דְּלָא! טְרֵיפָה מִ״לְּחַיּוֹת זֶרַע״ נָפְקָא. הָנִיחָא לְמַאן דְּאָמַר טְרֵיפָה אֵינָהּ יוֹלֶדֶת,
La Guemara demande : Ce verset n’est-il pas nécessaire pour enseigner qu’un animal ayant une blessure qui entraînera sa mort dans les douze mois [tereifa] n’est pas apte à être offert en sacrifice ? La Guemara répond : L’invalidité d’une tereifa est dérivée de l’expression : « Pour maintenir la semence en vie » (Genèse 7:3), car une tereifa ne peut pas se reproduire. La Guemara demande : Cela fonctionne bien selon celui qui dit qu’une tereifa ne peut pas mettre bas. Selon cette opinion, l’invalidité d’un membre manquant est dérivée de l’expression : « De tout être vivant », tandis que l’invalidité d’une tereifa est apprise de l’expression : « Pour maintenir la semence en vie ».

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