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טַעְמוֹ וְלֹא מַמָּשׁוֹ — אָסוּר, וְאֵין לוֹקִין עָלָיו, וְאִם רִיבָּה טַעַם לִפְגָם — מוּתָּר.
Mais si seul le goût de l’aliment interdit est perceptible dans le mélange, mais non sa substance, puisqu’il s’est complètement dissous dans l’aliment permis, le mélange est interdit, mais on n’est pas flagellé pour en consommer. Et si l’aliment interdit a altéré le goût de l’aliment permis à son détriment, il est permis.
וְלֵימָא: אִם נָתַן טַעַם לִפְגָם — מוּתָּר! הָא קָמַשְׁמַע לַן, דְּאַף עַל גַּב דְּאִיכָּא מִילֵּי אַחְרָנְיָיתָא דְּפַגְמַהּ בַּהֲדֵיהּ, וְהִלְכְתָא כְּלִישָּׁנָא בָּתְרָא דְּרֵישׁ לָקִישׁ.
La Guemara demande : Mais alors, que Rabbi Yoḥanan dise : Si l’aliment interdit donne du goût au détriment du mélange, il est permis. Pourquoi emploie-t-il alors le terme : Amplifié ? La Guemara répond que c’est ce que Rabbi Yoḥanan nous enseigne : que même s’il y a d’autres substances qui ont altéré le goût du mélange avec l’aliment interdit, par exemple un manque de sel ou un assaisonnement excessif, cela n’est pas pris en considération ; puisque l’aliment interdit a altéré son goût, le mélange est permis. La Guemara commente : Et la halakha est conforme à la dernière version de la déclaration de Reish Lakish.
אָמַר רַב כָּהֲנָא: מִדִּבְרֵי כּוּלָּם נִלְמַד נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם מוּתָּר. אֲמַר לֵיהּ אַבָּיֵי: בִּשְׁלָמָא מִכּוּלְּהוּ לְחַיֵּי, אֶלָּא דְּרֵישׁ לָקִישׁ — ״אָמְרוּ״ קָאָמַר, וְלֵיהּ לָא סְבִירָא לֵיהּ.
§ Rav Kahana dit : Des déclarations de tous les amora’im qui ont été cités, à savoir Shmuel, Rabbi Yoḥanan et Reish Lakish, nous apprenons que si un aliment interdit transmet du goût à un aliment permis au détriment du mélange, il est permis. Abaye lui dit : Soit, de tous les autres d’entre eux cette conclusion va très bien ; mais comment cela peut-il être déduit de la déclaration de Reish Lakish ? Il dit seulement que les Sages ont dit que si un aliment interdit transmet du goût à un aliment permis à son détriment, le mélange est permis. Peut-être ne fait-il que citer ce que d’autres ont dit et lui-même ne le soutient pas.
מִכְּלָל דְּאִיכָּא לְמַאן דְּאָמַר: נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם — אָסוּר?
La Guemara demande au sujet de la déclaration de Rav Kahana : Par déduction, y a-t-il quelqu’un qui dit que si un aliment interdit transmet du goût à un aliment permis au détriment du mélange, cela est interdit ?
אִין, וְהָתַנְיָא: אֶחָד נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם וְאֶחָד נוֹתֵן טַעַם לְשֶׁבַח — אָסוּר, דִּבְרֵי רַבִּי מֵאִיר. רַבִּי שִׁמְעוֹן אוֹמֵר: לְשֶׁבַח — אָסוּר, וְלִפְגָם — מוּתָּר.
La réponse de la Guemara : Oui, et cette opinion est enseignée dans une baraita : Aussi bien dans un cas où l’aliment interdit confère un goût au détriment de la saveur de l’aliment permis, que dans un cas où il confère un goût qui améliore l’aliment permis, le mélange est interdit ; c’est l’avis de Rabbi Meir. Rabbi Shimon dit : Si cela améliore le goût, c’est interdit, mais si cela cause un préjudice, c’est permis.
מַאי טַעְמָא דְּרַבִּי מֵאִיר? גָּמַר מִגִּיעוּלֵי גוֹיִם, גִּיעוּלֵי גוֹיִם לָאו נוֹתֵן טַעַם לִפְגָם הוּא? וְאָסַר רַחֲמָנָא, הָכִי נָמֵי לָא שְׁנָא.
La Guemara explique : Quel est le raisonnement de Rabbi Meir ? Il dérive cette halakhadu cas des ustensiles de gentils qui nécessitent une purge, c’est-à-dire des ustensiles que des gentils ont utilisés pour cuisiner, et que la Torah exige de purger par le feu et de purifier rituellement avant qu’ils puissent être utilisés par des Juifs (voir Nombres 31:22–23 et la michna en 75b). N’est-ce pas le cas que les ustensiles de gentils qui nécessitent une purge transmettent du goût aux aliments cuits en eux à leur détriment ? Puisqu’un certain temps s’est écoulé depuis que les gentils ont cuit des aliments non casher dans ces ustensiles, le goût que les ustensiles transmettent aux aliments qu’un Juif y cuit est certainement nuisible, et pourtant le Miséricordieux considère leur usage comme interdit sans purge. De même, le cas ici n’est pas différent, et même si le goût transmis par l’aliment interdit est nuisible, le mélange doit être interdit.
וְאִידַּךְ? כִּדְרַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב חִיָּיא, דְּאָמַר רַב הוּנָא בְּרֵיהּ דְּרַב חִיָּיא: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא קְדֵירָה בַּת יוֹמָא, דְּלָא לִפְגָם הוּא. וְאִידָּךְ? קְדֵירָה בַּת יוֹמָא נָמֵי אִי אֶפְשָׁר דְּלָא פָּגְמָה פּוּרְתָּא.
Et l’opinion de l’autre tanna, Rabbi Shimon, qui considère le mélange comme permis si la saveur transmise est nuisible, peut s’expliquer conformément à l’opinion de Rav Houna, fils de Rav Ḥiyya ; car Rav Houna, fils de Rav Ḥiyya, dit : En ce qui concerne les ustensiles des gentils, la Torah n’interdit qu’une marmite qui a servi à cuire ce même jour, laquelle ne transmet pas encore une saveur au détriment de l’aliment qui y est cuit. Au contraire, la saveur qu’elle transmet n’est pas considérée comme nuisible. Et l’opinion de l’autre tanna, Rabbi Meir, peut également s’expliquer conformément à cette déclaration, car selon lui, même dans le cas d’une marmite qui a servi à cuire ce même jour, il n’est pas possible qu’elle n’altère pas la saveur de l’aliment qui y est ensuite cuit, ne serait-ce que légèrement.
וְרַבִּי שִׁמְעוֹן, מַאי טַעְמָא? דְּתַנְיָא: ״לֹא תֹאכְלוּ כׇּל נְבֵלָה לַגֵּר אֲשֶׁר בִּשְׁעָרֶיךָ״, כָּל הָרְאוּיָה לַגֵּר — קְרוּיָה נְבֵילָה,
La Guemara demande : Et quel est le raisonnement de Rabbi Shimon ? C’est comme il est enseigné dans une baraita qu’à partir du verset : « Vous ne mangerez d’aucune carcasse non abattue ; vous pourrez la donner à l’étranger résident [la’ger] qui est dans vos portes, afin qu’il la mange » (Deutéronome 14:21), on déduit qu’en ce qui concerne les carcasses d’animaux, tout ce qui est propre à la consommation pour un gertoshav est appelé carcasse non abattue et est interdit,

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