וּלְרָבָא, דְּלָא שָׁאנֵי לֵיהּ, מוֹקֵים לֵיהּ כִּתְלָתָא תַּנָּאֵי.
La Guemara commente : Et selon Rava, qui explique que la michna concernant le vin utilisé pour les libations est conforme à une opinion, tandis que la michna concernant les dîmes est conforme à une autre opinion, et il ne soutient pas que le cas du vin utilisé pour une libation soit différent, il l’interprète comme une controverse entre trois tannaïm.
מַה שֶּׁבַּבּוֹר אָסוּר וְהַשְּׁאָר מוּתָּר. אָמַר רַב הוּנָא: לֹא שָׁנוּ אֶלָּא שֶׁלֹּא הֶחֱזִיר גַּרְגּוּתְנִי לַגַּת, אֲבָל הֶחְזִיר גַּרְגּוּתְנִי לַגַּת — אָסוּר.
§ La michna enseigne : Une fois que le vin descend dans la cuve de collecte, ce qui se trouve dans la cuve de collecte est interdit, et le reste, qui n’est pas encore descendu dans la cuve de collecte, est permis. Rav Houna dit : La michna a enseigné que le reste du vin est permis seulement dans un cas où il n’a pas remis le panier en osier [gargutni], qui sert à filtrer le vin en route vers la cuve, dans le pressoir. Mais s’il a remis le panier en osier dans le pressoir, même le vin restant dans le pressoir est interdit, car le vin dans le panier rend interdit le vin dans le pressoir.
גַּרְגּוּתְנִי גּוּפַהּ, בְּמַאי קָא מִיתַּסְרָא? בְּנִצּוֹק. שְׁמַע מִינַּהּ: נִצּוֹק חִיבּוּר! כִּדְתָנֵי רַבִּי חִיָּיא: שֶׁפְּחָסַתּוּ צְלוֹחִיתוֹ. הָכָא נָמֵי: שֶׁפְּחָסַתּוּ בּוֹרוֹ.
La Guemara demande : En ce qui concerne le vin dans le panier d’osier lui-même, de quelle manière devient-il interdit ? Apparemment, il devient interdit par le flux de liquide qui s’écoule du panier vers la cuve en dessous, reliant ainsi le vin du panier au vin interdit de la cuve. Si tel est le cas, conclus-en à partir de la déclaration de Rav Huna qu’un flux ininterrompu de liquide est considéré comme une connexion. La Guemara rejette cette déduction : la raison de la déclaration de Rav Huna pourrait être différente, comme l’enseigne Rabbi Ḥiyya, à savoir que si quelqu’un remplit la fiole d’un gentil au moyen d’un entonnoir, le vin dans l’entonnoir devient interdit dans un cas où le niveau du vin dans sa fiole est monté et a atteint l’entonnoir. Ici aussi, Rav Huna parle d’un cas où le niveau du vin dans sa cuve de collecte est monté et a atteint le panier.
הָהוּא יָנוֹקָא דִּתְנָא עֲבוֹדָה זָרָה בְּשֵׁית שְׁנֵי, בְּעוֹ מִינֵּיהּ: מַהוּ לִדְרוֹךְ עִם הַנׇּכְרִי בַּגַּת? אֲמַר לְהוּ: דּוֹרְכִין עִם הַנׇּכְרִי בַּגַּת. וְהָא קָא מְנַסֵּךְ בִּידֵיהּ? דְּצָיַירְנָא לְהוּ לִידֵיהּ. וְהָא קָא מְנַסֵּךְ בְּרֶגֶל? נִיסּוּךְ דְּרֶגֶל לָא שְׁמֵיהּ נִיסּוּךְ.
§ La Guemara raconte : Il y avait un certain enfant remarquable qui étudia le traité de Avoda Zara alors qu’il avait six ans. Des gens lui soumirent une question : Quelle est la halakha ? Est-il permis de fouler des raisins dans le pressoir avec le non-Juif ? L’enfant leur dit : On peut fouler des raisins dans le pressoir avec le non-Juif, conformément à la décision de la michna. Ils demandèrent à l’enfant : Mais le non-Juif ne rend-il pas le vin en libation en le touchant de ses mains, le rendant ainsi interdit ? Si tel est le cas, comment un Juif peut-il tirer profit du vin en recevant un paiement pour son travail ? L’enfant répondit : Cela est permis dans un cas où nous lui attachons les mains afin qu’il ne puisse pas verser le vin en libation. On demanda ensuite à l’enfant : Mais le non-Juif ne rend-il pas le vin en libation en le touchant avec son pied ? L’enfant répondit : Rendre le vin en libation en le touchant avec le pied n’est pas considéré comme le rendre en libation.
הָהוּא עוֹבָדָא דַּהֲוָה בִּנְהַרְדְּעָא, דְּדָשׁוּ יִשְׂרָאֵל וְגוֹי לְהָהוּא חַמְרָא, וְשַׁהֲיֵיהּ שְׁמוּאֵל תְּלָתָא רִיגְלֵי. מַאי טַעְמָא? אִילֵּימָא מִשּׁוּם דְּקָסָבַר:
La Guemara rapporte : Il y eut un certain incident à Neharde’a dans lequel un Juif et un non-Juif foulèrent des raisins et produisirent ensemble un certain vin, et Shmuel retarda sa décision sur la question pendant trois Fêtes, car les Sages se réunissaient pendant les Fêtes et cela donnait à Shmuel l’occasion de clarifier la question avec eux. La Guemara demande : Quelle est la raison pour laquelle Shmuel retarda sa décision ? Si nous disons que Shmuel retarda sa décision sur la question parce qu’il pensa en lui-même :