וְאֶלָּא מִכֵּלִים, דִּכְתִיב: ״וְאֶת כׇּל הַכֵּלִים אֲשֶׁר הִזְנִיחַ הַמֶּלֶךְ אָחָז בְּמַלְכוּתוֹ בְּמַעֲלוֹ הֵכַנּוּ וְהִקְדָּשְׁנוּ״, וְאָמַר מָר: ״הֵכַנּוּ״ — שֶׁגְּנַזְנוּם, ״וְהִקְדָּשְׁנוּ״ — שֶׁהִקְדַּשְׁנוּ אֲחֵרִים תַּחְתֵּיהֶן, וְהָא אֵין אָדָם אוֹסֵר דָּבָר שֶׁאֵינוֹ שֶׁלּוֹ!
Mais plutôt, cela est dérivé du cas des ustensiles du Temple qu’Achaz utilisa pour l’idolâtrie, comme il est écrit : « Et tous les ustensiles, que le roi Achaz, durant son règne, avait rejetés lorsqu’il agit perfidement, nous les avons préparés et sanctifiés, et voici, ils sont devant l’autel du Seigneur » (II Chroniques 29:19). Et le Maître a dit : « Nous les avons préparés » signifie que nous les avons enfouis ; « et sanctifiés » signifie que nous avons sanctifié d’autres ustensiles à leur place, puisque les ustensiles originaux étaient interdits. Mais comment Achaz pouvait-il rendre les ustensiles du Temple interdits, alors qu’une personne ne rend pas interdit un objet qui ne lui appartient pas ?
אֶלָּא, כֵּיוָן דַּעֲבַד בְּהוּ מַעֲשֶׂה, אִיתְּסַרוּ לְהוּ; הָכָא נָמֵי, כֵּיוָן שֶׁעָשָׂה בָּהּ מַעֲשֶׂה — אֲסָרָהּ.
Au contraire, puisque Achaz a accompli sur eux un rite sacrificiel dans un culte idolâtre, les ustensiles furent interdits. Ici aussi, lorsque quelqu’un a accompli un rite sacrificiel sur l’animal d’autrui en l’abattant dans un culte idolâtre, il l’a rendu interdit.
כִּי אֲתָא רַב דִּימִי, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְקַרְקַע עוֹלָם לֹא אֲסָרָהּ, חָפַר בָּהּ בּוֹרוֹת שִׁיחִין וּמְעָרוֹת — אֲסָרָהּ. כִּי אֲתָא רַב שְׁמוּאֵל בַּר יְהוּדָה, אָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: אַף עַל פִּי שֶׁאָמְרוּ הַמִּשְׁתַּחֲוֶה לְבַעֲלֵי חַיִּים לֹא אֲסָרָן, עֲשָׂאָן חֲלִיפִין לַעֲבוֹדָה זָרָה — אֲסָרָן.
§ Lorsque Rav Dimi arriva d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan dit : Bien que les Sages aient dit que celui qui se prosterne devant le sol ne le rend pas interdit, si quelqu’un y a creusé des fosses, des tranchées et des grottes, il l’a rendu interdit. Lorsque Rav Shmuel bar Yehuda arriva d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit que Rabbi Yoḥanan dit : Bien que les Sages aient dit que celui qui se prosterne devant des animaux ne les rend pas interdits, si quelqu’un les a rendus un objet d’échange contre un objet d’idolâtrie, en échangeant l’animal contre un objet d’idolâtrie, il les a rendus interdits.
כִּי אֲתָא רָבִין אָמַר: פְּלִיגוּ בַּהּ רַבִּי יִשְׁמָעֵאל בַּר רַבִּי יוֹסֵי וְרַבָּנַן, חַד אָמַר: חֲלִיפִין אֲסוּרִין, חֲלִיפֵי חֲלִיפִין מוּתָּרִין, וְחַד אָמַר: אֲפִילּוּ חֲלִיפֵי חֲלִיפִין נָמֵי אֲסוּרִין.
Lorsque Ravin vint d’Eretz Yisrael en Babylonie, il dit : Rabbi Yishmael bar Rabbi Yosei et les Sages sont en désaccord au sujet de la halakha concernant un objet échangé contre un objet d’idolâtrie. L’un dit que l’objet de l’échange est interdit, mais si l’on acquiert ensuite un autre objet en échange de l’objet de cet échange, alors l’échange de l’échange est permis. Et l’un dit que même l’échange de l’échange est aussi interdit.
מַאי טַעְמָא דְּמַאן דְּאָמַר חֲלִיפֵי חֲלִיפִין אֲסוּרִין? אָמַר קְרָא: ״וְהָיִיתָ חֵרֶם כָּמֹהוּ״, כֹּל שֶׁאַתָּה מְהַיֶּה מִמֶּנּוּ הֲרֵי הוּא כָּמוֹהוּ. וְאִידַּךְ, אָמַר קְרָא: ״הוּא״ — הוּא וְלֹא חֲלִיפֵי חֲלִיפִין.
La Guemara demande : Quelle est la raison de celui qui dit que l’échange de l’échange est interdit ? Le verset déclare : « Tu n’introduiras pas une abomination dans ta maison, de peur que tu ne deviennes voué à l’anathème comme elle ; tu la détesteras absolument… car elle est vouée à l’anathème » (Deutéronome 7:26). Non seulement tu deviens voué à l’anathème, mais tout ce que tu fais devenir tien à partir de l’échange d’un objet d’idolâtrie est voué à l’anathème comme elle, c’est-à-dire interdit comme l’objet d’idolâtrie lui-même. Et quant à l’autre tanna, d’où déduit-il que l’échange de l’échange est permis ? Le verset déclare : « Car elle est vouée à l’anathème. » On en déduit que « elle », l’objet d’idolâtrie, est interdit, mais non l’échange de l’échange.
וְאִידַּךְ, הָהוּא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְמַעוֹטֵי עׇרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם, שֶׁאִם מְכָרָן וְקִידֵּשׁ בִּדְמֵיהֶן — מְקוּדֶּשֶׁת.
La Guemara demande : Et quant à l’autre tanna, comment interprète-t-il le terme « cela » ? La Guemara répond : Il a besoin de ce terme pour exclure un objet acquis en échange de orla ou de diverses espèces de cultures ayant poussé dans un vignoble. Le verset indique que si quelqu’un a vendu de l’orla ou diverses espèces ayant poussé dans un vignoble et a épousé une femme avec l’argent de la vente, elle est épousée.
וְאִידַּךְ, עׇרְלָה וְכִלְאֵי הַכֶּרֶם לָא צְרִיכִי מִיעוּטָא, דְּהָוְיָא לְהוּ עֲבוֹדָה זָרָה וּשְׁבִיעִית שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד, וְכׇל שְׁנֵי כְּתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד אֵין מְלַמְּדִין.
La Guemara demande : Et d’où l’autre tanna déduit-il cette halakha ? Il soutient que orla et les espèces mélangées qui ont poussé dans un vignoble ne nécessitent pas d’exclusion. Cela est parce que l’idolâtrie et l’année sabbatique sont deux versets qui viennent comme un seul, c’est-à-dire qu’ils enseignent tous deux le même principe : qu’un objet acquis en échange d’un objet interdit est interdit, et tous deux versets qui viennent comme un seul n’enseignent pas leur halakha commune à d’autres cas.
עֲבוֹדָה זָרָה — הָא דַּאֲמַרַן, שְׁבִיעִית — דִּכְתִיב: ״כִּי יוֹבֵל הִיא קֹדֶשׁ תִּהְיֶה לָכֶם״, מָה קֹדֶשׁ תּוֹפֵס אֶת דָּמָיו וְאָסוּר, אַף שְׁבִיעִית תּוֹפֶסֶת אֶת דָּמֶיהָ וַאֲסוּרָה.
La Guemara explique : La source de cette halakha concernant l’idolâtrie est cette décision que nous avons dite plus tôt. En ce qui concerne l’année sabbatique, la source est comme il est écrit : « Car c’est une année de Jubilé ; elle sera sacrée pour vous » (Lévitique 25:12). Le verset met en parallèle l’année de Jubilé, dont les produits ont le même statut que les produits de l’année sabbatique, et les objets sacrés. On en déduit que de même que, lorsqu’on achète un bien consacré, il transfère sa sainteté à l’argent avec lequel il est racheté, et l’argent est interdit, de même, les produits de l’année sabbatique transfèrent leur sainteté à l’argent avec lequel ils sont rachetés, et l’argent est interdit.
אִי מָה קֹדֶשׁ תּוֹפֵס אֶת דָּמָיו וְיוֹצֵא לְחוּלִּין, אַף שְׁבִיעִית תּוֹפֶסֶת אֶת דָּמֶיהָ וְיוֹצְאָה לְחוּלִּין! תַּלְמוּד לוֹמַר: ״תִּהְיֶה״, בַּהֲוָיָיתָהּ תְּהֵא.
La Guemara demande : Si tel est le cas, on pourrait dire que, de même qu’un bien consacré transfère sa sainteté à l’argent avec lequel il est racheté et passe à un statut profane, de même, le produit de l’année sabbatique transfère sa sainteté à l’argent avec lequel il est racheté et passe à un statut profane. C’est pourquoi le verset déclare : « Il sera saint pour vous » , indiquant que le produit demeurera toujours tel qu’il est, et n’est pas désacralisé.
הָא כֵּיצַד? לָקַח בְּפֵירוֹת שְׁבִיעִית בָּשָׂר — אֵלּוּ וְאֵלּוּ מִתְבַּעֲרִין בַּשְּׁבִיעִית, לָקַח בַּבָּשָׂר דָּגִים — יָצָא בָּשָׂר נִכְנְסוּ דָּגִים, בַּדָּגִים יַיִן — יָצְאוּ דָּגִים נִכְנַס יַיִן, בַּיַּיִן שֶׁמֶן — יָצָא יַיִן וְנִכְנַס שֶׁמֶן, הָא כֵּיצַד? אַחֲרוֹן אַחֲרוֹן נִתְפָּס בִּשְׁבִיעִית, וּפְרִי עַצְמוֹ אָסוּר.
La Guemara explique : Comment cela ? Si quelqu’un a acheté de la viande avec des produits de l’année sabbatique, ceux-ci comme ceux-là, c’est-à-dire la viande et les produits, doivent être éliminés pendant l’année sabbatique. La sainteté de l’année sabbatique s’applique également à la viande. Elle est traitée comme les produits, et elle doit être éliminée lorsque l’obligation d’éliminer les produits de l’année sabbatique entre en vigueur. S’il achète ensuite du poisson avec cette viande, la viande perd son statut consacré, et le poisson assume l’état consacré. S’il achète ensuite du vin avec ce poisson, le poisson perd son statut consacré et le vin assume l’état consacré. S’il achète ensuite de l’huile avec le vin, le vin perd son statut consacré et l’huile assume l’état consacré. Comment cela ? Le dernier article acheté reçoit le transfert de la sainteté de l’année sabbatique, et les produits de l’année sabbatique eux-mêmes demeurent interdits.
וְאִידַּךְ, קָסָבַר: שְׁנֵי כְתוּבִין הַבָּאִין כְּאֶחָד מְלַמְּדִין, וְאִיצְטְרִיךְ ״הוּא״ לְמַעוֹטִינְהוּ.
La Guemara demande : Et qu’en est-il de l’autre tanna, qui soutient que le terme « cela » exclut un objet échangé contre de l’orla ou contre des espèces diverses ayant poussé dans une vigne, comment répond-il à cela ? La Guemara répond : Il soutient que deux versets qui viennent comme un seul, c’est-à-dire qui enseignent le même principe, enseignent leur halakha commune à d’autres cas, et l’on aurait pu dériver l’interdiction des cas de l’idolâtrie et de l’Année sabbatique. Par conséquent, le terme « cela » était nécessaire afin d’exclure de l’interdiction un objet échangé contre de l’orla ou contre des espèces diverses ayant poussé dans une vigne.
מַתְנִי׳ שָׁאֲלוּ אֶת הַזְּקֵנִים בְּרוֹמִי: אִם אֵין רְצוֹנוֹ בַּעֲבוֹדָה זָרָה, לָמָה אֵינוֹ מְבַטְּלָהּ? אָמְרוּ לָהֶן: אִילּוּ לְדָבָר שֶׁאֵין צוֹרֶךְ לָעוֹלָם בּוֹ הָיוּ עוֹבְדִין — הָיָה מְבַטְּלוֹ, הֲרֵי הֵן עוֹבְדִין לַחַמָּה וְלַלְּבָנָה וְלַכּוֹכָבִים וְלַמַּזָּלוֹת, יְאַבֵּד עוֹלָמוֹ מִפְּנֵי הַשּׁוֹטִים?!
MISHNA : Les gentils ont demandé aux Sages juifs qui étaient à Rome : Si ce n’est pas la volonté de Dieu que les gens se livrent à l’idolâtrie, pourquoi ne l’élimine-t-Il pas ? Les Sages leur ont dit : Si les gens adoraient seulement des objets dont le monde n’a pas besoin, Il l’éliminerait. Mais ils adorent le soleil et la lune ainsi que les étoiles et les constellations. Devrait-Il détruire Son monde à cause des insensés ?
אָמְרוּ לָהֶן: אִם כֵּן, יְאַבֵּד דָּבָר שֶׁאֵין צוֹרֶךְ לָעוֹלָם בּוֹ, וְיַנִּיחַ דָּבָר שֶׁצּוֹרֶךְ הָעוֹלָם בּוֹ! אָמְרוּ לָהֶן: אַף אָנוּ מַחֲזִיקִין יְדֵי עוֹבְדֵיהֶן שֶׁל אֵלּוּ, שֶׁאוֹמְרִים: תֵּדְעוּ שֶׁהֵן אֱלוֹהוֹת, שֶׁהֲרֵי הֵן לֹא בָּטְלוּ.
Les gentils dirent aux Sages : Si tel est le cas, qu’Il détruise ces objets d’idolâtrie dont le monde n’a pas besoin et qu’Il laisse ces objets dont le monde a besoin. Les Sages leur dirent : Si cela arrivait, nous soutiendrions ainsi les adorateurs de ces objets dont le monde a besoin, car ils diraient : Sachez que ceux-ci sont véritablement des dieux, puisqu’ils n’ont pas été éliminés du monde, tandis que les autres l’ont été.
גְּמָ׳ תָּנוּ רַבָּנַן: שָׁאֲלוּ פִלוֹסוֹפִין אֶת הַזְּקֵנִים בְּרוֹמִי: אִם אֱלֹהֵיכֶם אֵין רְצוֹנוֹ בַּעֲבוֹדָה זָרָה, מִפְּנֵי מָה אֵינוֹ מְבַטְּלָהּ? אָמְרוּ לָהֶם: אִילּוּ לְדָבָר שֶׁאֵין הָעוֹלָם צוֹרֶךְ לוֹ הָיוּ עוֹבְדִין, הֲרֵי הוּא מְבַטְּלָהּ. הֲרֵי הֵן עוֹבְדִין לַחַמָּה וְלַלְּבָנָה וְלַכּוֹכָבִים וְלַמַּזָּלוֹת, יְאַבֵּד עוֹלָם מִפְּנֵי הַשּׁוֹטִים? אֶלָּא עוֹלָם כְּמִנְהָגוֹ נוֹהֵג, וְשׁוֹטִים שֶׁקִּלְקְלוּ עֲתִידִין לִיתֵּן אֶת הַדִּין.
GUEMARA :Les Sages ont enseigné : Certains philosophes [filosofin] demandèrent aux Sages juifs qui étaient à Rome : Si ce n’est pas la volonté de votre Dieu que les gens se livrent à l’idolâtrie, pour quelle raison ne l’élimine-t-Il pas ? Les Sages leur dirent : Si les gens adoraient seulement des objets dont le monde n’a pas besoin, Il l’éliminerait. Mais ils adorent le soleil et la lune ainsi que les étoiles et les constellations. Devrait-Il détruire le monde à cause des insensés ? Au contraire, le monde suit son cours, et les insensés qui ont péché seront jugés dans l’avenir pour leurs transgressions.
דָּבָר אַחֵר: הֲרֵי שֶׁגָּזַל סְאָה שֶׁל חִטִּים [וְהָלַךְ] וּזְרָעָהּ בַּקַּרְקַע — דִּין הוּא שֶׁלֹּא תִּצְמַח, אֶלָּא עוֹלָם כְּמִנְהָגוֹ נוֹהֵג וְהוֹלֵךְ, וְשׁוֹטִים שֶׁקִּלְקְלוּ עֲתִידִין לִיתֵּן אֶת הַדִּין.
La baraita présente une autre affaire qui illustre le même concept : Considérez le cas de quelqu’un qui a volé une se’a de blé et est allé la planter dans la terre. En droit, elle ne devrait pas pousser. Mais le monde suit son cours et les insensés qui ont péché seront jugés dans l’avenir pour leurs transgressions.
דָּבָר אַחֵר: הֲרֵי שֶׁבָּא עַל אֵשֶׁת חֲבֵירוֹ — דִּין הוּא שֶׁלֹּא תִּתְעַבֵּר, אֶלָּא עוֹלָם כְּמִנְהָגוֹ נוֹהֵג וְהוֹלֵךְ, וְשׁוֹטִים שֶׁקִּלְקְלוּ עֲתִידִין לִיתֵּן אֶת הַדִּין.
La baraita présente une autre question qui illustre le même concept : Considérez le cas de quelqu’un qui a eu des rapports avec la femme d’un autre. En droit, elle ne devrait pas tomber enceinte. Mais le monde continue d’avancer et suit son cours, et les insensés qui ont péché seront jugés dans l’avenir pour leurs transgressions.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: לֹא דַּיָּין לָרְשָׁעִים שֶׁעוֹשִׂין סֶלַע שֶׁלִּי פּוּמְבֵּי, אֶלָּא שֶׁמַּטְרִיחִין אוֹתִי וּמַחְתִּימִין אוֹתִי בְּעַל כׇּרְחִי.
La Guemara commente : Et c’est comme le dit Reish Lakish : Le Saint, béni soit-Il, a dit : Ne suffit-il pas aux méchants de traiter Mon mourir pour une pièce de sela comme si elle était sans propriétaire [pumbi], l’utilisant sans Ma permission et contre Ma volonté, lorsqu’ils rendent des femmes enceintes par adultère ? Mais, de plus, ils Me dérangent et Me font signer le résultat de leurs actes contre Ma volonté, car Je forme le fœtus et lui donne la vie, même lorsque sa création résulte d’un rapport sexuel interdit.
שָׁאַל פִלוֹסֹפוּס אֶחָד אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל: כָּתוּב בְּתוֹרַתְכֶם ״כִּי ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֵשׁ אֹכְלָה הוּא אֵל קַנָּא״, מִפְּנֵי מָה מִתְקַנֵּא בְּעוֹבְדֶיהָ וְאֵין מִתְקַנֵּא בָּהּ?
Un certain philosophe demanda à Rabban Gamliel : Il est écrit dans votre Torah au sujet de l’interdiction de l’idolâtrie : « Car l’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant, un Dieu jaloux » (Deutéronome 4:24). Pour quelle raison est-Il jaloux et exerce-t-Il sa vengeance contre les adorateurs de l’idole, mais n’est pas jaloux de l’idole elle-même et ne la détruit-Il pas ?
אָמַר לוֹ: אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁהָיָה לוֹ בֵּן אֶחָד, וְאוֹתוֹ הַבֵּן הָיָה מְגַדֵּל לוֹ אֶת הַכֶּלֶב וְהֶעֱלָה לוֹ שֵׁם עַל שֵׁם אָבִיו, וּכְשֶׁהוּא נִשְׁבָּע אוֹמֵר: ״בְּחַיֵּי כֶּלֶב אַבָּא״, כְּשֶׁשָּׁמַע הַמֶּלֶךְ, עַל מִי הוּא כּוֹעֵס, עַל הַבֵּן הוּא כּוֹעֵס אוֹ עַל הַכֶּלֶב הוּא כּוֹעֵס? הֱוֵי אוֹמֵר: עַל הַבֵּן הוּא כּוֹעֵס.
Rabban Gamliel dit au philosophe : Je vais te raconter une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? On peut la comparer à un roi de chair et de sang qui avait un fils unique, et ce fils élevait un chien. Et le fils donna au chien un nom, le nommant d'après son père. Lorsque le fils prêtait serment, il disait : Je jure par la vie du chien, mon père. Lorsque le roi entendit cela, contre qui le roi fut-il en colère ? Est-il en colère contre le fils ou est-il en colère contre le chien ? Tu dois dire qu'il est en colère contre le fils. De même, Dieu est en colère contre les adorateurs qui attribuent une divinité à des objets d'idolâtrie et non contre les objets d'idolâtrie eux-mêmes.
אָמַר לוֹ: כֶּלֶב אַתָּה קוֹרֵא אוֹתָהּ? וַהֲלֹא יֵשׁ בָּהּ מַמָּשׁ! אָמַר לוֹ: וּמָה רָאִיתָ? אָמַר לוֹ: פַּעַם אַחַת נָפְלָה דְּלֵיקָה בְּעִירֵנוּ, וְנִשְׂרְפָה כׇּל הָעִיר כּוּלָּהּ, וְאוֹתוֹ בֵּית עֲבוֹדָה זָרָה לֹא נִשְׂרַף!
Le philosophe dit à Rabban Gamliel : Appelles-tu l’idole un chien ? Mais l’idole existe réellement, c’est-à-dire qu’elle a du pouvoir. Rabban Gamliel dit au philosophe : Et qu’as-tu vu qui t’a amené à croire que les idoles ont du pouvoir ? Le philosophe dit à Rabban Gamliel : Un jour, un incendie s’est déclaré dans notre ville, et la ville entière a brûlé, mais ce temple d’idolâtrie n’a pas brûlé.
אָמַר לוֹ: אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְמֶלֶךְ בָּשָׂר וָדָם שֶׁסָּרְחָה עָלָיו מְדִינָה, כְּשֶׁהוּא עוֹשֶׂה מִלְחָמָה, עִם הַחַיִּים הוּא עוֹשֶׂה אוֹ עִם הַמֵּתִים הוּא עוֹשֶׂה? הֱוֵי אוֹמֵר: עִם הַחַיִּים הוּא עוֹשֶׂה.
Rabban Gamliel dit au philosophe : Je vais te raconter une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? On peut la comparer à un roi de chair et de sang dont la province a péché contre lui. Lorsqu’il fait la guerre, fait-il la guerre contre les vivants ou fait-il la guerre contre les morts ? Tu dois dire qu’il fait la guerre contre les vivants. Dieu punit les adorateurs vivants et non l’idole, qui n’est pas vivante.
אָמַר לוֹ: כֶּלֶב אַתָּה קוֹרֵא אוֹתָהּ, מֵת אַתָּה קוֹרֵא אוֹתָהּ, אִם כֵּן יְאַבְּדֶנָּה מִן הָעוֹלָם! אָמַר לוֹ: אִילּוּ לְדָבָר שֶׁאֵין הָעוֹלָם צָרִיךְ לוֹ הָיוּ עוֹבְדִין, הֲרֵי הוּא מְבַטְּלָהּ, הֲרֵי הֵן עוֹבְדִין לַחַמָּה וְלַלְּבָנָה, לַכּוֹכָבִים וְלַמַּזָּלוֹת, לָאֲפִיקִים וְלַגֵּאָיוֹת, יְאַבֵּד עוֹלָמוֹ מִפְּנֵי שׁוֹטִים? וְכֵן הוּא אוֹמֵר:
Le philosophe dit à Rabban Gamliel : Tu appelles l’idole un chien ; tu appelles l’idole morte. Si c’est ainsi, que Dieu la retire du monde. Rabban Gamliel dit au philosophe : Si les gens adoraient seulement des objets dont le monde n’a pas besoin, Il l’éliminerait. Mais ils adorent le soleil et la lune, les étoiles et les constellations, ainsi que les ruisseaux et les vallées. Devrait-Il détruire Son monde à cause des insensés ? Et ainsi le verset déclare :