״אָסֹף אָסֵף כֹּל מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה נְאֻם ה׳, אָסֵף אָדָם וּבְהֵמָה אָסֵף עוֹף הַשָּׁמַיִם וּדְגֵי הַיָּם וְהַמַּכְשֵׁלוֹת אֶת הָרְשָׁעִים [וְגוֹ׳]״, וְכִי מִפְּנֵי שֶׁהָרְשָׁעִים נִכְשָׁלִים בָּהֶן יְאַבְּדֵם מִן הָעוֹלָם? וַהֲלֹא לְאָדָם הֵן עוֹבְדִין, ״וְהִכְרַתִּי אֶת הָאָדָם מֵעַל פְּנֵי הָאֲדָמָה [וְגוֹ׳]״.
« Détruirai-je entièrement toutes choses de dessus la face de la terre ? dit le Seigneur. Détruirai-je l’homme et la bête ? Détruirai-je les oiseaux des cieux et les poissons de la mer, ainsi que les pierres d’achoppement des méchants, et retrancherai-je l’homme de dessus la face de la terre ? dit le Seigneur » (Sophonie 1:2–3). Dieu devrait-il retirer les objets d’idolâtrie du monde en raison du fait que les méchants trébuchent à cause d’eux ? Si oui, Il devrait aussi détruire toute l’humanité, puisque les idolâtres ne rendent-ils pas aussi un culte à des personnes ? Cela s’exprime dans la suite du verset : « Et retrancherai-je l’homme de dessus la face de la terre ? dit le Seigneur. »
שָׁאַל אַגְרִיפַּס שַׂר צָבָא אֶת רַבָּן גַּמְלִיאֵל: כְּתִיב בְּתוֹרַתְכֶם: ״כִּי ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֵשׁ אֹכְלָה הוּא אֵל קַנָּא״, כְּלוּם מִתְקַנֵּא אֶלָּא חָכָם בְּחָכָם, וְגִבּוֹר בְּגִבּוֹר, וְעָשִׁיר בְּעָשִׁיר?
§ Agrippa, le général, demanda à Rabban Gamliel : Il est écrit dans votre Torah, au sujet de l’idolâtrie : « Car l’Éternel, ton Dieu, est un feu dévorant, un Dieu jaloux » (Deutéronome 4:24). La jalousie ne surgit-elle pas seulement dans les cas suivants : un sage peut être jaloux d’un autre sage, et un homme puissant peut être jaloux d’un autre puissant, et un homme riche peut être jaloux d’un autre riche ? Si tel est le cas, pourquoi Dieu est-il jaloux d’objets d’idolâtrie, qui ne sont pas des dieux ?
אָמַר לוֹ: אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁנָּשָׂא אִשָּׁה עַל אִשְׁתּוֹ, חֲשׁוּבָה מִמֶּנָּה — אֵין מִתְקַנְּאָה בָּהּ, פְּחוּתָה מִמֶּנָּה — מִתְקַנְּאָה בָּהּ.
Rabban Gamliel dit à Agrippas : Je vais te raconter une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? On peut la comparer à une personne qui a épousé une seconde femme en plus de sa première femme. Si la seconde femme est plus distinguée que la première femme, la première femme n'est pas jalouse d'elle, et elle ne ressent pas de colère envers son mari. Mais si la seconde femme est moins distinguée que la première femme, elle est jalouse d'elle.
אֲמַר לֵיהּ זוּנִין לְרַבִּי עֲקִיבָא: לִבִּי וְלִבָּךְ יָדַע דַּעֲבוֹדָה זָרָה לֵית בַּהּ מְשָׁשָׁא, וְהָא קָחָזֵינַן גַּבְרֵי דְּאָזְלִי כִּי מְתַבְּרִי וְאָתוּ כִּי מְצַמְּדִי! מַאי טַעְמָא?
Zunin dit à Rabbi Akiva : Mon cœur et ton cœur savent tous deux qu’il n’y a aucune substance dans l’idolâtrie. Néanmoins, ne voyons-nous pas des gens qui vont avec des membres brisés adorer des idoles et reviennent lorsqu’ils sont guéris ? Quelle est la raison de cela ?
אָמַר לוֹ: אֶמְשׁוֹל לְךָ מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם נֶאֱמָן שֶׁהָיָה בָּעִיר, וְכׇל בְּנֵי עִירוֹ הָיוּ מַפְקִידִין אֶצְלוֹ שֶׁלֹּא בְּעֵדִים, וּבָא אָדָם אֶחָד וְהִפְקִיד לוֹ בְּעֵדִים. פַּעַם אֶחָד שָׁכַח וְהִפְקִיד אֶצְלוֹ שֶׁלֹּא בְּעֵדִים, אָמְרָה לוֹ אִשְׁתּוֹ: בּוֹא וְנִכְפְּרֶנּוּ, אָמַר לָהּ: וְכִי מִפְּנֵי שֶׁשּׁוֹטֶה זֶה עָשָׂה שֶׁלֹּא כַּהוֹגֶן אָנוּ נְאַבֵּד אֶת אֱמוּנָתֵינוּ?
Rabbi Akiva dit à Zunin : Je vais te raconter une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? On peut la comparer à une personne digne de confiance qui se trouvait dans une certaine ville, et tous les habitants de sa ville déposaient des objets et de l’argent chez lui, même sans la présence de témoins. Et il y avait un homme qui ne lui faisait pas confiance, qui vint et précisément déposa de l’argent chez lui en présence de témoins. Une fois, cette personne oublia et déposa de l’argent chez lui sans la présence de témoins. La femme de l’homme digne de confiance lui dit : Viens, nions qu’il a déposé l’argent chez nous, puisqu’il n’y a pas de témoins. L’homme lui dit : Devons-nous perdre notre crédibilité et agir avec tromperie simplement parce que cet insensé a agi de manière impropre et n’a pas exigé la présence de témoins ?
אַף כָּךְ יִסּוּרִין, בְּשָׁעָה שֶׁמְּשַׁגְּרִין אוֹתָן עַל הָאָדָם, מַשְׁבִּיעִין אוֹתָן: שֶׁלֹּא תֵּלְכוּ אֶלָּא בְּיוֹם פְּלוֹנִי, וְלֹא תֵּצְאוּ אֶלָּא בְּיוֹם פְּלוֹנִי וּבְשָׁעָה פְּלוֹנִית, וְעַל יְדֵי פְּלוֹנִי וְעַל יְדֵי סַם פְּלוֹנִי. כֵּיוָן שֶׁהִגִּיעַ זְמַנָּן לָצֵאת, הָלַךְ זֶה לְבֵית עֲבוֹדָה זָרָה, אָמְרוּ יִסּוּרִין: דִּין הוּא שֶׁלֹּא נֵצֵא, וְחוֹזְרִין וְאוֹמְרִים: וְכִי מִפְּנֵי שֶׁשּׁוֹטֶה זֶה עוֹשֶׂה שֶׁלֹּא כַּהוֹגֶן אָנוּ נְאַבֵּד שְׁבוּעָתֵנוּ?
Ainsi aussi, en ce qui concerne les différentes formes de souffrance, au moment où elles sont envoyées pour affliger la personne, on leur fait prêter serment comme suit : Prêtez serment que vous n’irez pas affliger la personne sauf tel ou tel jour. Et vous ne la quitterez sauf tel ou tel jour, à telle ou telle heure, par l’intermédiaire d’untel, un médecin précis, et au moyen de tel ou tel remède. Lorsque le moment fut venu pour la souffrance de le quitter, cet homme malade alla dans un temple d’idolâtrie. Les formes de souffrance dirent : En droit nous ne devrions pas le quitter. Mais alors elles disent : Devons-nous perdre l’accomplissement de notre serment simplement parce que cet insensé agit de manière impropre ?
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי יוֹחָנָן: מַאי דִּכְתִיב ״וׇחֳלָיִם רָעִים וְנֶאֱמָנִים״? רָעִים בִּשְׁלִיחוּתָן, וְנֶאֱמָנִים בִּשְׁבוּעָתָן.
Et cela est conforme à ce que dit Rabbi Yoḥanan : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Alors le Seigneur rendra extraordinaires tes plaies et les plaies de ta descendance, des plaies grandes et fidèles, et des maladies mauvaises et fidèles » (Deutéronome 28:59) ? Le terme « mauvaises » ne signifie pas que l’agent de la maladie soit mauvais en lui-même. Il s’agit plutôt ici de sa mission, qui est de causer du tort. L’expression « et fidèles maladies » indique que les maladies sont fidèles à leur serment et respectent les temps désignés pour l’affliction.
אֲמַר לֵיהּ רָבָא בַּר רַב יִצְחָק לְרַב יְהוּדָה: הָאִיכָּא בֵּית עֲבוֹדָה זָרָה בְּאַתְרִין, דְּכִי מִצְטְרִיךְ עָלְמָא לְמִטְרָא, מִתְחֲזֵי לְהוּ בְּחֶלְמָא וְאָמַר לְהוּ: שַׁחֲטוּ לִי גַּבְרָא וְאַיְיתֵי מִטְרָא — שָׁחֲטוּ לַהּ גַּבְרָא וְאָתֵי מִטְרָא!
Rava bar Rav Yitzḥak dit à Rav Yehuda : N’y a-t-il pas un temple d’idolâtrie dans notre localité, où, lorsque le monde a besoin de pluie, l’idole leur apparaît en rêve et leur dit : Sacrifiez un homme en offrande pour moi, et j’apporterai la pluie. Ils alors sacrifient un homme pour elle, et la pluie vient.
אֲמַר לֵיהּ: הַשְׁתָּא (אִי הֲוַי) [אִיכּוֹ] שָׁכֵיבְנָא, לָא אֲמַרִי לְכוּ הָא מִלְּתָא, דְּאָמַר רַב: מַאי דִּכְתִיב ״אֲשֶׁר חָלַק ה׳ אֱלֹהֶיךָ אֹתָם לְכֹל הָעַמִּים״? מְלַמֵּד שֶׁהֶחְלִיקָן בִּדְבָרִים, כְּדֵי לְטוֹרְדָן מִן הָעוֹלָם.
Rav Yehouda dit à Rava bar Rav Yitzḥak : À présent, si j’étais mort, je n’aurais pas pu te dire l’explication de cette affaire. Il est donc bon que tu m’aies rappelé cette affaire pendant que je suis en vie. L’explication est comme Rav le dit : Que signifie ce qui est écrit : « De peur que tu ne lèves les yeux vers les cieux et que, voyant le soleil, la lune et les étoiles, toute l’armée des cieux, tu ne sois entraîné à te prosterner devant eux et à les servir, que le Seigneur ton Dieu a attribués [ḥalak] à toutes les nations sous tous les cieux » (Deutéronome 4:19). Le verset enseigne que Dieu a permis aux nations d’être égarées [sheheḥelikan] par des choses qui semblent indiquer que l’idolâtrie est efficace, afin de chasser les nations du monde en raison de leur décision de se livrer à l’idolâtrie.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רֵישׁ לָקִישׁ: מַאי דִּכְתִיב ״אִם לַלֵּצִים הוּא יָלִיץ וְלַעֲנָוִים יִתֶּן חֵן״? בָּא לִטַּמֵּא — פּוֹתְחִין לוֹ, בָּא לִטָּהֵר — מְסַיְּיעִין אוֹתוֹ.
Et cela est conforme à ce que dit Reish Lakish : Quel est le sens de ce qui est écrit : « S’il s’agit des moqueurs, Il se moque d’eux, mais aux humbles Il accorde la grâce » (Proverbes 3:34) ? Celui qui vient afin de devenir impur, c’est-à-dire pour fauter, on lui, au Ciel, ouvre une possibilité de le faire, et on ne l’empêche pas de pécher. Si quelqu’un vient afin de devenir purifié, non seulement on lui permet de le faire, mais on, au Ciel, l’aide.
מַתְנִי׳ לוֹקְחִין גַּת בְּעוּטָה מִן הַנׇּכְרִי, אַף עַל פִּי שֶׁהוּא נוֹטֵל בְּיָדוֹ וְנוֹתֵן לַתַּפּוּחַ, וְאֵינוֹ עוֹשֶׂה יֵין נֶסֶךְ עַד שֶׁיֵּרֵד לַבּוֹר. יָרַד לַבּוֹר — מַה שֶּׁבַּבּוֹר אָסוּר, וְהַשְּׁאָר מוּתָּר.
MICHNA : On peut acheter à un non-Juif un pressoir dans lequel les raisins ont été foulés, bien que le non-Juif prenne des raisins dans sa main du pressoir et les place sur le tas qu’il reste à fouler. Et le contact du non-Juif ne rend pas le jus des raisins en vin utilisé pour une libation dans l’idolâtrie, ce qui est interdit, jusqu’à ce qu’il descende dans la cuve de collecte, car jusque-là il n’a pas le statut de vin. Une fois que le vin est descendu dans la cuve de collecte, ce qui est dans la cuve est interdit, et le reste, qui n’est pas encore descendu dans la cuve, est permis.
דּוֹרְכִין עִם הַנׇּכְרִי בַּגַּת,
On peut fouler des raisins avec le gentil dans le pressoir,