בָּהּ, דִּכְתִיב: ״[כִּי] הִנֵּה הַיּוֹם בָּא בֹּעֵר כַּתַּנּוּר וְהָיוּ כׇל זֵדִים וְכׇל עֹשֵׂה רִשְׁעָה קַשׁ וְלִהַט אֹתָם הַיּוֹם הַבָא אָמַר ה׳ צְבָאוֹת אֲשֶׁר לֹא יַעֲזֹב לָהֶם שֹׁרֶשׁ וְעָנָף״, לֹא שׁוֹרֶשׁ — בָּעוֹלָם הַזֶּה, וְלֹא עָנָף — לָעוֹלָם הַבָּא.
par cela, comme il est écrit : « Car voici, le jour vient, brûlant comme une fournaise ; tous les orgueilleux et tous ceux qui commettent la méchanceté seront du chaume ; et le jour qui vient les embrasera, dit le Seigneur des armées, de sorte qu’il ne leur laissera ni racine ni rameau » (Malachie 3:19). Ce verset est interprété ainsi : Il ne leur restera ni racine dans ce monde, ni ne leur poussera de rameau dans le Monde à Venir. Cela enseigne que le soleil lui-même brûlera et consumera les méchants à l’avenir.
צַדִּיקִים מִתְרַפְּאִין בָּהּ, דִּכְתִיב: ״וְזָרְחָה לָכֶם יִרְאֵי שְׁמִי שֶׁמֶשׁ צְדָקָה וּמַרְפֵּא בִּכְנָפֶיהָ וְגוֹ׳״, וְלֹא עוֹד אֶלָּא שֶׁמִּתְעַדְּנִין בָּהּ, שֶׁנֶּאֱמַר: ״וִיצָאתֶם וּפִשְׁתֶּם כְּעֶגְלֵי מַרְבֵּק״.
Et les justes seront guéris par cela, comme il est écrit dans le verset suivant : « Mais pour vous qui craignez Mon Nom, le soleil de justice se lèvera avec la guérison dans ses ailes » (Malachie 3:20). Et de plus, non seulement ils seront guéris par cela, mais ils seront même rajeunis par cela, comme il est dit dans la suite de ce verset : « Et vous sortirez et bondirez comme les veaux de l’étable. »
דָּבָר אַחֵר: מָה דָּגִים שֶׁבַּיָּם — כׇּל הַגָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ בּוֹלֵעַ אֶת חֲבֵירוֹ, אַף בְּנֵי אָדָם — אִלְמָלֵא מוֹרָאָה שֶׁל מַלְכוּת, כָּל הַגָּדוֹל מֵחֲבֵירוֹ בּוֹלֵעַ אֶת חֲבֵירוֹ. וְהַיְינוּ דִּתְנַן: רַבִּי חֲנִינָא סְגַן הַכֹּהֲנִים אוֹמֵר: הֱוֵי מִתְפַּלֵּל בִּשְׁלוֹמָהּ שֶׁל מַלְכוּת, שֶׁאִלְמָלֵא מוֹרָאָהּ שֶׁל מַלְכוּת ״אִישׁ אֶת רֵעֵהוּ חַיִּים בָּלָעוּ״.
Autrement, de même que dans le cas des poissons de la mer, tout poisson qui est plus grand qu’un autre avale l’autre, de même dans le cas des êtres humains, n’était-ce la crainte du gouvernement en place, quiconque est plus grand qu’un autre avalerait l’autre. Et c’est comme nous l’avons appris dans une michna (Avot 3:2), où Rabbi Ḥanina, l’adjoint du Grand Prêtre, dit : Il faut prier pour le bien-être continu du gouvernement, car n’était-ce la crainte du gouvernement, tout homme avalerait son prochain vivant.
רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא רָמֵי, כְּתִיב: ״שַׁדַּי לֹא מְצָאנֻהוּ שַׂגִּיא כֹחַ״, וּכְתִיב: ״גָּדוֹל אֲדוֹנֵינוּ וְרַב כֹּחַ״, וּכְתִיב: ״יְמִינְךָ ה׳ נֶאְדָּרִי בַּכֹּחַ״! לָא קַשְׁיָא, כָּאן בִּשְׁעַת הַדִּין, כָּאן בִּשְׁעַת מִלְחָמָה.
§ Rav Ḥinnana bar Pappa soulève une contradiction entre les versets suivants. Il est écrit : « Le Tout-Puissant, nous ne L’avons pas trouvé, Il est sublime en puissance » (Job 37:23), ce qui indique que Sa puissance n’a pas été vue. Et il est écrit ailleurs : « Grand est notre Seigneur, et puissant en force » (Psaumes 147:5), et il est aussi écrit : « Ta droite, ô Seigneur, est glorieuse en puissance » (Exode 15:6), d’où l’on peut déduire que Sa puissance est discernable. La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; ici, dans le premier verset, la force de Dieu n’est pas vue à un moment de jugement, où Il agit avec miséricorde, tandis que là-bas, dans les autres versets, il est question d’un temps de guerre, lorsqu’Il fait la guerre à Ses ennemis et que Sa puissance est vue.
רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא רָמֵי: כְּתִיב ״חֵמָה אֵין לִי״, וּכְתִיב ״נֹקֵם ה׳ וּבַעַל חֵמָה״! לָא קַשְׁיָא: כָּאן — בְּיִשְׂרָאֵל, כָּאן — בְּאוּמּוֹת הָעוֹלָם. רַב חִינָּנָא בַּר פָּפָּא אָמַר: ״חֵמָה אֵין לִי״ — שֶׁכְּבָר נִשְׁבַּעְתִּי, ״מִי יִתְּנֵנִי״ — שֶׁלֹּא נִשְׁבַּעְתִּי, ״אֶהְיֶה שָׁמִיר וָשַׁיִת וְגוֹ׳״.
Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, soulève une contradiction entre les versets suivants. Il est écrit : « Il n’y a pas de fureur en Moi » (Isaïe 27:4), et il est écrit : « Le Seigneur est un Dieu jaloux et furieux » (Nahum 1:2). La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; ici, là où il est dit que Dieu n’a pas de fureur, il s’agit du peuple juif, tandis que là-bas, là où il est dit que Dieu a de la fureur, il s’agit des nations du monde. Rav Ḥinnana bar Pappa dit pour expliquer le verset : « Il n’y a pas de fureur en Moi ; si seulement J’étais comme les ronces et les épines dans la flamme ! D’un seul pas, Je la brûlerais entièrement » (Isaïe 27:4). « Il n’y a pas de fureur en Moi », car J’ai déjà prêté serment de ne pas détruire le peuple juif ; « si seulement J’» n’avais pas prêté ce serment, car alors Je serais actif « comme les ronces et les épines dans la flamme ! D’un seul pas, Je la brûlerais entièrement. »
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אֲלֶכְּסַנְדְּרִי: מַאי דִּכְתִיב ״וְהָיָה בַּיּוֹם הַהוּא אֲבַקֵּשׁ לְהַשְׁמִיד אֶת כׇּל הַגּוֹיִם״, אֲבַקֵּשׁ מִמִּי? אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲבַקֵּשׁ בְּנִיגְנֵי שֶׁלָּהֶם, אִם יֵשׁ לָהֶם זְכוּת — אֶפְדֵּם, וְאִם לָאו — אַשְׁמִידֵם.
Et cela est la même chose que dit Rabbi Alexandri : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Et il arrivera en ce jour-là que Je chercherai à détruire toutes les nations » (Zacharie 12:9) ? « Je chercherai » auprès de qui ? Dieu a-t-Il besoin de demander une permission ? Au contraire, le Saint, béni soit-Il, dit : Je chercherai et j’examinerai dans leurs registres [benigeni] ; s’ils ont du mérite, Je les rachèterai, et sinon, Je les détruirai.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רָבָא: מַאי דִּכְתִיב: ״אַךְ לֹא בְעִי יִשְׁלַח יָד אִם בְּפִידוֹ לָהֶן שׁוּעַ״? אָמַר לָהֶן הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא לְיִשְׂרָאֵל: כְּשֶׁאֲנִי דָּן אֶת יִשְׂרָאֵל, אֵין אֲנִי דָּן אוֹתָם כְּאוּמּוֹת הָעוֹלָם, דִּכְתִיב: ״עַוָּה עַוָּה עַוָּה אֲשִׂימֶנָּה וְגוֹ׳״, אֶלָּא אֲנִי נִפְרָע מֵהֶן כְּפִיד שֶׁל תַּרְנְגוֹלֶת.
Et cela est la même chose que dit Rava : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Assurément, nul n’étendra la main vers un monceau de ruines, et ce n’est pas à cause de ces choses que viendra du secours dans la calamité de quelqu’un [befido] » (Job 30:24) ? Le Saint, béni soit-Il, dit au peuple juif : Lorsque Je juge le peuple juif, Je ne le juge pas comme Je juge les nations du monde. Lorsque Je juge les nations du monde, Je les punis pour toutes leurs transgressions ensemble, comme il est écrit : « Ruine, ruine, ruine, J’en ferai une, cela non plus ne sera plus » (Ézéchiel 21:32). Au contraire, Je punis le peuple juif comme le picotement [kefid] d’une poule, qui ne ramasse qu’une toute petite quantité à chaque coup de bec.
דָּבָר אַחֵר: אֲפִילּוּ אֵין יִשְׂרָאֵל עוֹשִׂין מִצְוָה לְפָנַי כִּי אִם מְעַט, כְּפִיד שֶׁל תַּרְנְגוֹלִין שֶׁמְּנַקְּרִין בָּאַשְׁפָּה, אֲנִי מְצָרְפָן לְחֶשְׁבּוֹן גָּדוֹל, [שֶׁנֶּאֱמַר: ״אִם בְּפִידוֹ] לָהֶן שׁוּעַ״, [דָּבָר אַחֵר]: בַּשָּׂכָר שֶׁמְּשַׁוְּועִין לְפָנַי, אֲנִי מוֹשִׁיעַ אוֹתָם.
Autrement, même si le peuple juif n’accomplit devant Moi que quelques mitzvot, comme le picotement de poules qui picorent dans un tas de fumier, Je les joindrai en un grand compte, comme il est dit : « Bien qu’ils picorent [befido], » c’est-à-dire qu’ils accomplissent les mitzvot petit à petit, « ils seront sauvés [lahen shua] » (Job 30:24). Autrement, en récompense de la manière dont ils crient [shua] et prient devant Moi, Je les sauverai [moshia]. En d’autres termes, Dieu punit le peuple juif pour chaque infraction individuelle, mais Il ne les détruit pas entièrement dans un moment de fureur.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַבִּי אַבָּא: מַאי דִּכְתִיב ״וְאָנֹכִי אֶפְדֵּם וְהֵמָּה דִּבְּרוּ עָלַי כְּזָבִים״? אֲנִי אָמַרְתִּי אֶפְדֵּם בְּמָמוֹנָם בָּעוֹלָם הַזֶּה, כְּדֵי שֶׁיִּזְכּוּ לָעוֹלָם הַבָּא, וְהֵמָּה דִּבְּרוּ עָלַי כְּזָבִים.
Et c’est la même chose que dit Rabbi Abba : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Bien que Je les rachèterais, ils ont proféré des mensonges contre Moi » (Osée 7:13) ? J’ai dit que Je les rachèterais en prenant leur argent dans ce monde afin qu’ils méritent le Monde à venir, mais ils ont proféré des mensonges contre Moi, en disant que Je suis en colère et que Je ne m’intéresse pas à eux.
וְהַיְינוּ דְּאָמַר רַב פַּפִּי מִשְּׁמֵיהּ דְּרָבָא: מַאי דִּכְתִיב ״וַאֲנִי יִסַּרְתִּי חִזַּקְתִּי זְרוֹעֹתָם וְאֵלַי יְחַשְּׁבוּ רָע״? אָמַר הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: אֲנִי אָמַרְתִּי אֲיַסְּרֵם בְּיִסּוּרִין בָּעוֹלָם הַזֶּה כְּדֵי שֶׁיֶּחְזְקוּ זְרוֹעוֹתָם לָעוֹלָם הַבָּא, וְאֵלַי יְחַשְּׁבוּ רָע.
Et cela est la même chose que dit Rav Pappi au nom de Rava : Quel est le sens de ce qui est écrit : « Bien que Je les aie disciplinés [yissarti] et fortifié leurs bras, pourtant ils méditent le mal contre Moi » (Osée 7:15) ? Le Saint, béni soit-Il, dit : J’ai dit que Je les châtierais [ayasserem] par des afflictions dans ce monde pour leur bien, afin que leurs bras soient fortifiés dans le Monde à Venir, mais ils considèrent ce que J’ai fait comme mal.
מִשְׁתַּבַּח לְהוּ רַבִּי אֲבָהוּ לְמִינֵי בְּרַב סָפְרָא, דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא, שְׁבַקוּ לֵיהּ מִיכְסָא דִּתְלֵיסַר שְׁנִין. יוֹמָא חַד אַשְׁכְּחוּהוּ, אֲמַרוּ לֵיהּ: כְּתִיב ״רַק אֶתְכֶם יָדַעְתִּי מִכֹּל מִשְׁפְּחוֹת הָאֲדָמָה עַל כֵּן אֶפְקֹד עֲלֵיכֶם אֶת כׇּל עֲוֹנֹתֵיכֶם״, מַאן דְּאִית לֵיהּ סִיסְיָא בְּרָחֲמֵיהּ מַסֵּיק לֵיהּ? אִישְׁתִּיק וְלָא אֲמַר לְהוּ וְלָא מִידֵּי, רְמוֹ לֵיהּ סוּדָרָא בְּצַוְּארֵיהּ וְקָא מְצַעֲרוּ לֵיהּ.
Concernant les afflictions du peuple juif, la Guemara rapporte : Rabbi Abbahou faisait l’éloge de Rav Safra auprès des hérétiques en disant que c’est un grand homme. Par conséquent, ils dispensèrent Rav Safra de son obligation de payer des impôts pendant treize ans, car ils se fiaient à la parole de Rabbi Abbahou et voulaient récompenser un grand homme. Un jour, ils trouvèrent Rav Safra et lui dirent : Il est écrit : « Je n’ai connu que vous parmi toutes les familles de la terre ; c’est pourquoi Je vous châtierai pour toutes vos iniquités » (Amos 3:2). Le sens de ce verset n’est pas clair, car pourquoi Dieu punirait-Il spécifiquement le peuple juif parce qu’Il les aime ? Celui qui a de la colère [siseya], l’exerce-t-il contre son bien-aimé ? Rav Safra garda le silence et ne leur répondit rien en réponse à eux. Ils enroulèrent une écharpe autour de son cou et le tourmentèrent, en tirant dessus et en l’humiliant.
אֲתָא רַבִּי אֲבָהוּ אַשְׁכְּחִינְהוּ, אֲמַר לְהוּ: אַמַּאי מְצַעֲרִיתוּ לֵיהּ? אֲמַרוּ לֵיהּ: וְלָאו אָמְרַתְּ לַן דְּאָדָם גָּדוֹל הוּא? וְלָא יָדַע לְמֵימַר לַן פֵּירוּשָׁא דְּהַאי פְּסוּקָא! אֲמַר לְהוּ: אֵימַר דַּאֲמַרִי לְכוּ בְּתַנָּאֵי, בִּקְרָאֵי מִי אֲמַרִי לְכוּ?
Rabbi Abbahu vint et les trouva en train de faire cela à Rav Safra. Rabbi Abbahu leur dit : Pourquoi le tourmentez-vous ? Ils lui dirent : Ne nous as-tu pas dit que c’est un grand homme ? Mais il ne savait même pas comment nous donner l’explication de ce verset. Rabbi Abbahu leur dit : Vous pouvez dire que j’ai dit cette louange de Rav Safra à vous seulement en ce qui concerne la Loi orale et les enseignements des tanna’im, mais vous ai-je dit qu’il est savant en ce qui concerne la Torah ?
אֲמַרוּ לֵיהּ: מַאי שְׁנָא אַתּוּן דְּיָדְעִיתוּן? אֲמַר לְהוּ: אֲנַן דִּשְׁכִיחִינַן גַּבֵּיכוֹן — רָמִינַן אַנַּפְשִׁין וּמְעַיְּינַן, אִינְהוּ לָא מְעַיְּינִי.
Ils dirent à Rabbi Abbahu : Qu’y a-t-il de différent chez vous, les Sages d’Eretz Yisrael, pour que vous connaissiez aussi la Torah ? Rabbi Abbahu leur dit : Nous, qui sommes parmi vous, hérétiques, et sommes contraints de débattre du sens des versets, nous nous imposons cette obligation et analysons les versets en profondeur. En revanche, ces Sages de Babylonie, qui ne sont pas contraints de débattre avec vous, n’analysent pas la Torah avec une telle profondeur.
אֲמַרוּ לֵיהּ: לֵימָא לַן אַתְּ! אֲמַר לְהוּ: אֶמְשׁוֹל לָכֶם מָשָׁל, לְמָה הַדָּבָר דּוֹמֶה? לְאָדָם שֶׁנּוֹשֶׁה מִשְּׁנֵי בְּנֵי אָדָם, אֶחָד אוֹהֲבוֹ וְאֶחָד שׂוֹנְאוֹ. אוֹהֲבוֹ — נִפְרָע מִמֶּנּוּ מְעַט מְעַט, שׂוֹנְאוֹ — נִפְרָע מִמֶּנּוּ בְּבַת אַחַת.
Les hérétiques dirent à Rabbi Abbahu : Dans ce cas, tu dois nous dire la signification de ce verset. Rabbi Abbahu leur dit : Je vais vous raconter une parabole. À quoi cette chose est-elle comparable ? Elle est comparable à une personne qui prête de l’argent à deux personnes, l’une desquelles est sa bien-aimée, et l’autre personne est son ennemie. Dans le cas de sa bien-aimée, il recouvre la dette d’elle petit à petit, tandis que dans le cas de son ennemie il recouvre la dette d’elle en une seule fois. De même, en ce qui concerne le peuple juif, Dieu les punit pour chaque transgression au moment où elle se produit, afin qu’ils ne reçoivent pas une seule punition sévère en une seule occasion.
אָמַר רַבִּי אַבָּא בַּר כָּהֲנָא: מַאי דִּכְתִיב ״חָלִילָה לְּךָ מֵעֲשֹׂת כַּדָּבָר הַזֶּה לְהָמִית צַדִּיק עִם רָשָׁע״? אָמַר אַבְרָהָם לִפְנֵי הַקָּדוֹשׁ בָּרוּךְ הוּא: רִבּוֹנוֹ שֶׁל עוֹלָם, חוּלִּין הוּא מֵעֲשׂוֹת כַּדָּבָר הַזֶּה לְהָמִית צַדִּיק עִם רָשָׁע.
§ La Guemara poursuit la discussion sur la manière dont Dieu dispense le châtiment. Rabbi Abba bar Kahana dit : Quel est le sens de ce qui est écrit dans la prière d’Abraham à Dieu, lorsque Dieu l’informa qu’Il allait détruire Sodome : « Loin [ḥalila] de Toi d’agir ainsi, de faire mourir le juste avec le méchant » (Genèse 18:25) ? Voici ce qu’Abraham dit devant le Saint, béni soit-Il : Maître de l’Univers, c’est une profanation [ḥullin] pour Toi d’agir ainsi, de faire mourir le juste avec le méchant.
וְלָא? וְהָכְתִיב: ״וְהִכְרַתִּי מִמֵּךְ צַדִּיק וְרָשָׁע״! בְּצַדִּיק שֶׁאֵינוֹ גָּמוּר.
La Guemara demande : Et Dieu n’agit-Il pas de cette manière ? Mais n’est-il pas écrit : « Et Je retrancherai de toi le juste et le méchant » (Ézéchiel 21:8) ? La Guemara répond : Là, le verset fait référence à un juste qui n’est pas complètement juste, et il sera donc détruit avec les méchants.
אֲבָל בְּצַדִּיק גָּמוּר לָא? וְהָכְתִיב ״וּמִמִּקְדָּשִׁי תָּחֵלּוּ״, וְתָנֵי רַב יוֹסֵף: אַל תִּקְרֵי ״מִמִּקְדָּשִׁי״ אֶלָּא ״מִמְּקוּדָּשַׁי״, אֵלּוּ בְּנֵי אָדָם שֶׁקִּיְּימוּ אֶת הַתּוֹרָה מֵאָלֶף וְעַד תָּיו. הָתָם נָמֵי, כֵּיוָן שֶׁהָיָה בְּיָדָם לִמְחוֹת וְלֹא מִיחוּ, הָווּ לְהוּ כְּצַדִּיקִים שֶׁאֵינָן גְּמוּרִים.
La Guemara soulève une difficulté : Mais est-il vrai que celui qui est complètement juste ne peut pas être détruit avec les méchants ? Mais n’est-il pas écrit dans une prophétie sur la destruction du Temple que Dieu dit aux destructeurs : « Et commencez par Mon Sanctuaire [mimmikdashi] » (Ézéchiel 9:6) ; et Rav Yosef enseigne : Ne lis pas le mot comme « mimmikdashi, » mais plutôt lis-le comme mimmekudashai, ceux qui Me sont sanctifiés. Il explique : Ce sont des personnes qui ont observé la Torah dans son intégralité, de la première lettre de l’alphabet hébraïque, alef, jusqu’à sa dernière lettre, tav. Ces personnes ont observé chaque mitsva de la Torah, et pourtant elles ont été détruites avec les méchants. La Guemara répond à la difficulté : Là aussi, puisqu’elles avaient le pouvoir de protester contre les méchants et de les empêcher de pécher et qu’elles n’ont pas protesté, elles sont considérées comme des justes qui ne sont pas complètement justes.
רַב פָּפָּא רָמֵי, כְּתִיב: ״אֵל זֹעֵם בְּכׇל יוֹם״, וּכְתִיב: ״לִפְנֵי זַעְמוֹ מִי יַעֲמוֹד״! לָא קַשְׁיָא, כָּאן בְּיָחִיד, כָּאן בְּצִבּוּר.
Rav Pappa soulève une contradiction entre les versets suivants. Il est écrit : « Un Dieu qui éprouve de l’indignation chaque jour » (Psaumes 7:12), et pourtant le monde continue d’exister, et il est écrit : « Qui peut tenir devant Son indignation ? » (Nahum 1:6). La Guemara répond : Ce n’est pas difficile ; ici, là où le verset dit que personne ne peut tenir devant Son indignation, il s’agit d’un individu, tandis que là-bas, lorsqu’il est écrit que Dieu s’indigne chaque jour, il s’agit de la communauté, qui peut supporter l’indignation de Dieu grâce à ses mérites cumulés.
תָּנוּ רַבָּנַן: ״אֵל זֹעֵם בְּכׇל יוֹם״, וְכַמָּה זַעְמוֹ? רֶגַע. וְכַמָּה רֶגַע? אַחַת מֵחֲמֵשׁ רִיבּוֹא וּשְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים וּשְׁמוֹנֶה מֵאוֹת וְאַרְבָּעִים וּשְׁמֹנֶה בְּשָׁעָה, זוֹ הִיא רֶגַע, וְאֵין כָּל בְּרִיָּה יְכוֹלָה לְכַוֵּין אוֹתָהּ רֶגַע חוּץ מִבִּלְעָם הָרָשָׁע, דִּכְתִיב בֵּיהּ:
Les Sages ont enseigné au sujet du verset : Un Dieu qui éprouve de l’indignation chaque jour. Et combien de temps dure Son indignation ? Elle dure un instant. Et combien de temps dure un instant ? Une sur 53 848 parties d’une heure, une très petite quantité de temps, c’est cela un instant. La Guemara ajoute : Et aucune entité ne peut déterminer précisément cet instant où Dieu est indigné, sauf Balaam le méchant, comme il est écrit à son sujet :