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וְהָכָא בָּאִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ קָמִיפַּלְגִי, תַּנָּא קַמָּא סָבַר: אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ — מוּתָּר, וְרַבִּי יוֹסֵי הַגְּלִילִי סָבַר: אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ — אָסוּר.
Et ici, ils sont en désaccord concernant le statut d’un arbre que quelqu’un a planté et n’a adoré que par la suite. Le premier tanna soutient qu’un arbre que quelqu’un a planté puis adoré par la suite est permis, et Rabbi Yosei HaGelili soutient qu’un arbre que quelqu’un a planté puis adoré par la suite est interdit.
מִמַּאי? מִדְּקָתָנֵי סֵיפָא: מִפְּנֵי מָה אֲשֵׁירָה אֲסוּרָה? מִפְּנֵי שֶׁיֵּשׁ בָּהּ תְּפִיסַת יְדֵי אָדָם, וְכֹל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ תְּפִיסַת יְדֵי אָדָם אָסוּר. ״וְכֹל שֶׁיֵּשׁ בּוֹ תְּפִיסַת אָדָם״ לְאֵתוֹיֵי מַאי? לָאו לְאֵתוֹיֵי אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ?
La Guemara demande : D'où Rav Sheshet déduit-il que Rabbi Yosei HaGelili soutient qu'un tel arbre est interdit ? C'est du fait que la michna enseigne dans la clause finale : Pour quelle raison une ashera est-elle interdite ? C'est parce qu'elle est le produit d'une intervention humaine et n'a pas poussé d'elle-même, et la halakha est que tout ce qui est le produit d'une intervention humaine est interdit. Qu'est-ce qui est ajouté par la généralisation : Et tout ce qui est le produit d'une intervention humaine est interdit ? N'est-ce pas ajouté pour inclure le cas d'un arbre que l'on a planté puis adoré ?
וְאַף רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה סָבַר: אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ — אָסוּר, דְּתַנְיָא: רַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה אוֹמֵר, מִתּוֹךְ שֶׁנֶּאֱמַר: ״אֱלֹהֵיהֶם עַל הֶהָרִים״ — וְלֹא הֶהָרִים אֱלֹהֵיהֶם, ״אֱלֹהֵיהֶם עַל הַגְּבָעוֹת״ — וְלֹא גְּבָעוֹת אֱלֹהֵיהֶם, שׁוֹמֵעַ אֲנִי ״תַּחַת כׇּל עֵץ רַעֲנָן אֱלֹהֵיהֶם״ — וְלֹא רַעֲנָן אֱלֹהֵיהֶם?
La Guemara note : Et Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, soutient également qu’un arbre que l’on a planté puis adoré est interdit. Comme cela est enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Vous détruirez entièrement tous les lieux où les nations que vous allez déposséder ont servi leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines et sous tout arbre verdoyant » (Deutéronome 12:2) : Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, dit : De ce qui est énoncé dans le verset : « Vous détruirez…leurs dieux, sur les hautes montagnes », d’où les Sages ont déduit : Mais non les montagnes elles-mêmes, qui sont leurs dieux, et : « Vous détruirez…leurs dieux…sur les collines », mais non les collines elles-mêmes si elles sont leurs dieux, j’en déduirais de la clause suivante du verset : « leurs dieux…sous tout arbre verdoyant », que la mitsva de détruire un objet d’idolâtrie ne s’applique pas aux arbres verdoyants eux-mêmes, qui sont leurs dieux.
תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ״.
Par conséquent, le verset suivant déclare : « Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs stèles, et vous brûlerez leurs asherim au feu » (Deutéronome 12:3). Même un arbre qui n’a été adoré qu’après avoir été planté est interdit.
אֶלָּא ״תַּחַת כׇּל עֵץ רַעֲנָן״ לְמָה לִי? הָהוּא לְכִדְרַבִּי עֲקִיבָא הוּא דַּאֲתָא, דְּאָמַר רַבִּי עֲקִיבָא: אֲנִי אוֹבִין וְאָדוּן לְפָנֶיךָ, כׇּל מָקוֹם שֶׁאַתָּה מוֹצֵא הַר גָּבוֹהַּ וְגִבְעָה נִשָּׂאָה וְעֵץ רַעֲנָן, דַּע שֶׁיֵּשׁ שָׁם עֲבוֹדָה זָרָה.
Au contraire, si les arbres eux-mêmes sont interdits, pourquoi ai-je besoin de l’expression « sous tout arbre feuillu » ? Cette expression vient enseigner une halakha conformément à l’opinion de Rabbi Akiva ; car Rabbi Akiva dit : J’expliquerai et trancherai la question devant vous. Partout où tu trouves une haute montagne, ou une colline élevée, ou un arbre feuillu, sache qu’il y a là de l’idolâtrie. Du fait que Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, ne déduit pas de l’expression « sous tout arbre feuillu » qu’un arbre qui a été planté puis seulement ensuite adoré reste permis, il est évident qu’il soutient qu’un tel arbre est interdit. Cela est conforme à l’opinion que Rav Chéchet attribue à Rabbi Yossei HaGelili.
וְרַבָּנַן, הַאי ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? מִיבְּעֵי לֵיהּ לְאִילָן שֶׁנְּטָעוֹ מִתְּחִילָּה לְכָךְ.
La Guemara demande : Et quant aux Sages, qui soutiennent qu’un arbre qui a été planté puis adoré est permis, que font-ils de ce verset : « Et brûlez leurs asherim au feu » ? La Guemara répond : Ce verset est nécessaire en ce qui concerne la halakha d’un arbre qui a été initialement planté pour cette pratique idolâtre, qui doit être détruit et dont il est interdit de tirer profit.
וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה נָמֵי מִיבְּעֵי לֵיהּ לְהָכִי? הָכִי נָמֵי. אֶלָּא אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מִ״וַּאֲשֵׁרֵיהֶם תְּגַדֵּעוּן״, אֵיזֶהוּ עֵץ שֶׁגִּידּוּעוֹ אָסוּר וְעִיקָּרוֹ מוּתָּר? הֱוֵי אוֹמֵר: אִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ.
La Guemara demande : Mais est-ce que Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, exige lui aussi cette expression pour enseigner cela ? La Guemara répond : En effet, oui. Alors, d’où déduit-il qu’un arbre que l’on a planté puis adoré est interdit ? Il le déduit du verset suivant : « Mais c’est ainsi que vous agirez à leur égard : vous renverserez leurs autels, vous briserez leurs stèles, et vous abattrez leurs asherim, et vous brûlerez au feu leurs images sculptées » (Deutéronome 7:5). Or, quel est l’arbre dont le tronc est interdit mais dont la racine est permise, comme le verset ordonne de l’abattre ? Force est de dire qu’il s’agit d’un arbre que l’on a planté puis adoré.
וְהָא ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ״ קָא נָסֵיב לַהּ תַּלְמוּדָא!
La Guemara demande comment ce verset peut être la source de la décision de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, selon laquelle un arbre qui a été planté puis seulement ensuite adoré est considéré comme interdit. Mais la baraita n’enseigne-t-elle pas qu’il déduit l’interprétation interdisant les arbres d’ashera adorés du verset : « Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs stèles, et vous brûlerez leurs asherim au feu » ?
אִילּוּ לֹא נֶאֱמַר קָאָמַר: אִילּוּ לֹא נֶאֱמַר ״תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ״, הָיִיתִי אוֹמֵר ״אֲשֵׁרֵיהֶם תְּגַדֵּעוּן״ בְּאִילָן שֶׁנְּטָעוֹ מִתְּחִילָּה לְכָךְ, הַשְׁתָּא דִּכְתִיב ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תִּשְׂרְפוּן בָּאֵשׁ״, אִיַּיתַּר לֵיהּ ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תְּגַדֵּעוּן״ לְאִילָן שֶׁנְּטָעוֹ וּלְבַסּוֹף עֲבָדוֹ.
La Guemara répond : En dérivant cette halakha du verset : « Et vous brûlerez leurs asherim par le feu », Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, parle en utilisant le style de : S’il n’avait pas été énoncé. La Guemara explique : Si le verset : « Brûlez leurs asherim par le feu » n’avait pas été énoncé, j’aurais dit que le verset : « Et abattez leurs asherim », fait référence à un arbre qui avait été initialement planté pour l’idolâtrie. Maintenant qu’il est écrit : « Et vous brûlerez leurs asherim par le feu », le verset : « Et abattez leurs asherim » devient superflu et est par conséquent interprété comme faisant référence à un arbre que quelqu’un a planté puis adoré. Par conséquent, c’est en définitive ce dernier verset qui sert de source à la décision implicite de Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, selon laquelle il est interdit de tirer profit d’un tel arbre.
וְרַבָּנַן, הַאי ״וַאֲשֵׁרֵיהֶם תְּגַדֵּעוּן״ מַאי עָבְדִי לֵיהּ? לְכִדְרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי, דְּאָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: גִּידּוּעֵי עֲבוֹדָה זָרָה קוֹדְמִין לְכִיבּוּשׁ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל, כִּיבּוּשׁ אֶרֶץ יִשְׂרָאֵל קוֹדֵם לְבִיעוּר עֲבוֹדָה זָרָה.
La Guemara demande : Et, en ce qui concerne les Sages, que font-ils de ce verset : « Et abattez leurs asherim » ? La Guemara répond : Ce verset est écrit afin d’enseigner une halakhaconformément à l’enseignement de Rabbi Yehoshua ben Levi ; car Rabbi Yehoshua ben Levi dit : L’abattage des arbres consacrés à l’idolâtrie précède la conquête de tout Eretz Yisrael, et la conquête d’Eretz Yisrael précède l’éradication de tous les objets de l’idolâtrie.
דְּתָנֵי רַב יוֹסֵף: ״וְנִתַּצְתֶּם אֶת מִזְבְּחֹתָם״ וְהַנַּח, ״וְשִׁבַּרְתֶּם אֶת מַצֵּבֹתָם״ וְהַנַּח.
Comme l’enseigne Rav Yosef dans une baraita : Le verset déclare : « Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs stèles, et vous brûlerez leurs asherim au feu. » Rav Yosef explique : « Vous démolirez leurs autels », et laissez-les, car la Torah ne prescrit pas qu’ils soient brûlés ; « et vous briserez leurs stèles » et laissez-les.
וְהַנַּח, סָלְקָא דַּעְתָּךְ? שְׂרֵיפָה בָּעֵי! אָמַר רַב הוּנָא: רְדוֹף, וְאַחַר כָּךְ שְׂרוֹף.
La Guemara demande : Mais t’imagines-tu que la Torah ordonne de les laisser tranquilles ? Un objet d’idolâtrie ne doit-il pas être brûlé, comme il est dit à la fin du verset : « Et vous brûlerez leurs asherim par le feu » ? Rav Houna dit : Poursuis l’ennemi puis reviens pour les brûler. C’est-à-dire : d’abord brise leurs objets d’idolâtrie, ensuite conquiers le pays, puis reviens brûler les objets brisés.
וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, הַאי סְבָרָא מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מְ״אַבֵּד תְּאַבְּדוּן״ — ״אַבֵּד״, וְאַחַר כָּךְ ״תְּאַבֵּדוּן״.
La Guemara demande : Et d’où Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, tire-t-il cette opinion concernant l’ordre des priorités dans le processus de conquête d’Eretz Yisrael ? La Guemara répond : Il la tire du verset : « Vous détruirez tous les lieux où les nations que vous allez déposséder servaient leurs dieux, sur les hautes montagnes, sur les collines, et sous tout arbre verdoyant. » De la forme verbale double de l’injonction « vous détruirez [abbed te’abedun] » il déduit qu’il y a deux étapes dans la destruction de leurs dieux : d’abord détruisez-les [abbed], c’est-à-dire brisez-les ; ensuite allez conquérir le pays, et ce n’est qu’ensuite que vous détruirez [te’abedun] complètement, c’est-à-dire en les brûlant ou en les éradiquant.
וְרַבָּנַן? הָא מִיבְּעֵי לֵיהּ לְעוֹקֵר עֲבוֹדָה זָרָה, שֶׁצָּרִיךְ לְשָׁרֵשׁ אַחֲרֶיהָ.
La Guemara demande : Et qu’est-ce que les Sages déduisent du verbe doublé ? La Guemara répond : Ce verbe doublé est nécessaire pour enseigner que, lorsqu’on déracine un objet d’idolâtrie, il faut en extirper toute trace.
וְרַבִּי יוֹסֵי בְּרַבִּי יְהוּדָה, לְשָׁרֵשׁ אַחֲרֶיהָ מְנָא לֵיהּ? נָפְקָא לֵיהּ מִ״וְּאִבַּדְתֶּם אֶת שְׁמָם מִן הַמָּקוֹם הַהוּא״.
La Guemara demande : Et d’où Rabbi Yossei, fils de Rabbi Yehouda, déduit-il l’obligation d’éradiquer toute trace de l’idolâtrie ? La Guemara répond : Il l’apprend du verset : « Vous démolirez leurs autels, vous briserez leurs stèles, et vous brûlerez leurs asherim au feu ; vous abattrez les images sculptées de leurs dieux ; et vous ferez disparaître leur nom de ce lieu » (Deutéronome 12:3).
וְרַבָּנַן? הַהוּא לְכַנּוֹת לָהּ שֵׁם, דְּתַנְיָא: רַבִּי אֱלִיעֶזֶר אוֹמֵר: מִנַּיִן לְעוֹקֵר עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁצָּרִיךְ לְשָׁרֵשׁ אַחֲרֶיהָ? תַּלְמוּד לוֹמַר: ״וְאִבַּדְתֶּם אֶת שְׁמָם״.
La Guemara demande : Et qu’est-ce que les Sages déduisent de ce verset ? La Guemara répond : Que ce verset enseigne que c’est une mitsva de donner un surnom péjoratif à une idole. Comme il est enseigné dans une baraita où Rabbi Eliezer dit : D’où est-il déduit que lorsqu’on déracine un objet de culte idolâtre, il faut en extirper toute trace ? Le verset déclare : « Et vous ferez disparaître leur nom de ce lieu. »

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