לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא בִּדְמוּת אַרְבָּעָה פָּנִים בַּהֲדֵי הֲדָדֵי.
Cela n’inclut pas le soleil ni la lune, car la Torah interdit de façonner seulement une figure de l’ensemble des quatre faces des créatures du Char divin ensemble (voir Ézéchiel 1:10). Toutes les autres figures, qui ne ressemblent pas aux anges serviteurs, sont permises.
אֶלָּא מֵעַתָּה, פַּרְצוּף אָדָם לְחוֹדֵיהּ תִּשְׁתְּרֵי! אַלְּמָה תַּנְיָא: כׇּל הַפַּרְצוּפוֹת מוּתָּרִין, חוּץ מִפַּרְצוּף אָדָם?
La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, que soit permise la confection d’une figure de visage humain בלבד. Pourquoi, alors, est-il enseigné dans une baraita : Les figures de tous les visages sont permises, sauf celle du visage humain ?
אָמַר רַב יְהוּדָה בְּרֵיהּ דְּרַב יְהוֹשֻׁעַ: מִפִּרְקֵיהּ דְּרַבִּי יְהוֹשֻׁעַ שְׁמִיעַ לִי, ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן אוֹתִי, אֲבָל שְׁאָר שַׁמָּשִׁין שְׁרֵי.
Rav Yehouda, fils de Rav Yehoshoua, a dit : J’ai entendu dans un cours de Rabbi Yehoshoua qu’il existe une autre raison pour laquelle on ne peut pas façonner une figure de visage humain ; le verset déclare : « Vous ne ferez pas avec Moi [iti] » (Exode 20:20). Cela peut se lire ainsi : Vous ne Me ferez pas [oti]. Puisque l’être humain a été créé à l’image de Dieu (voir Genèse 1:27), il est interdit de façonner une image d’un être humain. Mais façonner des figures d’autres serviteurs de Dieu est permis.
וּשְׁאָר שַׁמָּשִׁין מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁין לְפָנַי בְּמָרוֹם, כְּגוֹן אוֹפַנִּים וּשְׂרָפִים וְחַיּוֹת הַקֹּדֶשׁ וּמַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת!
La Guemara demande : Est-il donc permis de façonner des figures d’autres serviteurs de Dieu ? Mais n’est-il pas enseigné dans une autre baraita que le verset : « Vous ne ferez pas avec Moi des dieux d’argent » (Exode 20:20), est interprété comme signifiant que vous ne devez pas faire de figures de Mes serviteurs qui officient devant Moi dans les hauteurs, par exemple, les ofanim, et les séraphins, et les saintes ḥayyot, et les anges de service ?
אָמַר אַבָּיֵי: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא שַׁמָּשִׁין שֶׁבַּמָּדוֹר הָעֶלְיוֹן.
Abaye a dit : La Torah interdit de façonner des figures de seulement ces serviteurs qui se trouvent dans le ciel supérieur, c’est-à-dire les anges suprêmes dans le firmament le plus élevé, mais elle n’interdit pas de façonner les corps célestes, par exemple le soleil et la lune, malgré le fait qu’eux aussi se trouvent dans le ciel.
וְשֶׁבְּמָדוֹר הַתַּחְתּוֹן מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: ״אֲשֶׁר בַּשָּׁמַיִם״ — לְרַבּוֹת חַמָּה וּלְבָנָה כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת, ״מִמַּעַל״ — לְרַבּוֹת מַלְאֲכֵי הַשָּׁרֵת!
La Guemara demande : Est-il donc permis de façonner des figures de ces corps qui se trouvent dans le ciel inférieur ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita, au sujet du verset : « Tu ne te feras pas d’image taillée, ni aucune ressemblance de ce qui est dans le ciel en haut, ni sur la terre en bas, ni dans les eaux au-dessous de la terre » (Exode 20:4) : L’expression « qui est dans le ciel » vient inclure le soleil, et la lune, les étoiles, et les constellations. Le terme « en haut » vient inclure les anges serviteurs. Apparemment, il est interdit de façonner une figure même des corps célestes qui se trouvent dans le ciel inférieur.
כִּי תַּנְיָא הָהִיא, לְעוֹבְדָם.
La Guemara répond : Lorsque cettebaraitaest enseignée, cela fait référence à l'interdiction de les adorer. Il n'y a pas d'interdiction de former une figure à leur ressemblance.
אִי לְעוֹבְדָם, אֲפִילּוּ שִׁילְשׁוּל קָטָן נָמֵי! אִין הָכִי נָמֵי, וּמִסֵּיפֵיהּ דִּקְרָא נָפְקָא, דְּתַנְיָא: ״אֲשֶׁר בָּאָרֶץ״ — לְרַבּוֹת יַמִּים וּנְהָרוֹת הָרִים וּגְבָעוֹת, ״מִתַּחַת״ — לְרַבּוֹת שִׁילְשׁוּל קָטָן.
La Guemara demande : Si cette baraita fait référence à l’interdiction de les adorer, alors pourquoi ne mentionne-t-elle que les corps célestes ? Il est interdit d’adorer même un petit ver. La Guemara répond : Oui, c’est bien le cas ; et cette interdiction est dérivée de la dernière clause de ce verset, comme cela est enseigné dans une baraita : « Qui est sur la terre » sert à inclure les mers, les fleuves, les montagnes et les collines. Le mot « au-dessous » sert à inclure un petit ver.
וַעֲשִׂיָּיה גְּרֵידְתָּא מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁין לְפָנַי בַּמָּרוֹם, כְּגוֹן: חַמָּה וּלְבָנָה, כּוֹכָבִים וּמַזָּלוֹת.
La Guemara demande : Et le simple fait de façonner des figures des corps célestes est-il permis ? Mais n’est-il pas enseigné dans une autre baraita que le verset : « Vous ne ferez pas avec Moi des dieux d’argent » (Exode 20:20), est interprété comme signifiant que vous ne ferez pas de figures de Mes serviteurs qui officient devant Moi dans les hauteurs, par exemple : Le soleil, et la lune, les étoiles, et les constellations. C’est une preuve qu’il est interdit de façonner des figures du soleil et de la lune. Par conséquent, la solution proposée par Abaye est rejetée, laissant sans résolution la difficulté du diagramme de Rabban Gamliel.
שָׁאנֵי רַבָּן גַּמְלִיאֵל, דַּאֲחֵרִים עָשׂוּ לוֹ.
La Guemara propose une autre résolution : le cas de Rabban Gamliel est différent, car d’autres, c’est-à-dire des gentils, ont façonné ces figures pour lui, et il est interdit à un Juif seulement de façonner de telles figures ; il n’y a pas d’interdiction à les avoir en sa possession.
וְהָא רַב יְהוּדָה, דַּאֲחֵרִים עָשׂוּ לוֹ, וַאֲמַר לֵיהּ שְׁמוּאֵל לְרַב יְהוּדָה: שִׁינָּנָא, סַמִּי עֵינֵיהּ דְּדֵין!
La Guemara demande : Mais il y a le cas de Rav Yehouda, pour qui d’autres ont fabriqué un sceau portant la figure d’une personne, et Chmouel dit à Rav Yehouda, qui était son élève : Esprit vif [shinnana], détruis les yeux de cette figure, c’est-à-dire défigure-la, car il est interdit même d’avoir une figure d’être humain en sa possession.
הָתָם בְּחוֹתָמוֹ בּוֹלֵט, וּמִשּׁוּם חֲשָׁדָא, דְּתַנְיָא: טַבַּעַת שֶׁחוֹתָמָהּ בּוֹלֵט — אָסוּר לְהַנִּיחָהּ, וּמוּתָּר לַחְתּוֹם בָּהּ. חוֹתָמָהּ שׁוֹקֵעַ — מוּתָּר לְהַנִּיחָהּ, וְאָסוּר לַחְתּוֹם בָּהּ.
La Guemara répond : Là, dans le cas de Rav Yehuda, le sien était un sceau en relief, c’est-à-dire que la figure ressortait de l’anneau, et Shmuel l’a interdit en raison du possible soupçon qu’il possédait un objet d’idolâtrie. Comme il est enseigné dans une baraita : Dans le cas d’un anneau dont le sceau est en relief, il est interdit de le porter au doigt en raison du soupçon d’idolâtrie, mais il est permis de sceller des objets avec lui. Dans ce cas, l’acte de sceller forme une figure en creux sous la surface de l’objet sur lequel le sceau a été imprimé, ce qui n’est pas interdit. Si son sceau est en creux, il est permis de le porter au doigt, mais il est interdit de sceller des objets avec lui, car cela forme une figure en relief.
וּמִי חָיְישִׁינַן לַחֲשָׁדָא? וְהָא בֵּי כְנִישְׁתָּא דְּשַׁף וִיתֵיב בִּנְהַרְדְּעָא, (דְּאוֹקְמִי) [דְּאוֹקִימוּ] בֵּיהּ אִנְדְּרָטָא, וַהֲווֹ עָיְילִי בֵּיהּ אֲבוּהּ דִּשְׁמוּאֵל וְלֵוִי וּמְצַלּוּ בְּגַוֵּיהּ, וְלָא חָיְישִׁי לַחֲשָׁדָא! רַבִּים שָׁאנֵי.
La Guemara demande : Sommes-nous donc préoccupés par le fait de susciter des soupçons en raison de l’usage d’une figure humaine ? Mais qu’en est-il de cette synagogue qui avait été détruite en Eretz Yisrael et qui fut rétablie à Neharde’a, et ils y ont érigé une statue du roi ? Et malgré cela, le père de Shmuel et Lévi y entraient et y priaient, et ils n’étaient pas préoccupés par le fait de susciter des soupçons. La Guemara répond : Une institution publique est différente ; le public n’est pas soupçonné d’avoir des intentions idolâtres. On suppose plutôt que la statue s’y trouve exclusivement à des fins ornementales.
וְהָא רַבָּן גַּמְלִיאֵל דְּיָחִיד הֲוָה? כֵּיוָן דְּנָשִׂיא הוּא, שְׁכִיחִי רַבִּים גַּבֵּיהּ. וְאִיבָּעֵית אֵימָא: דִּפְרָקִים הֲוַאי.
La Guemara demande : Mais Rabban Gamliel n’était-il pas un particulier ? Selon ce raisonnement, ses figures de la lune auraient dû être interdites, car elles auraient suscité des soupçons. La Guemara répond : Puisqu’il était le Nasi, le chef du Sanhédrin, des membres de le public se trouvaient souvent avec lui, et il n’y avait donc pas lieu de soupçonner quoi que ce soit. Et si tu veux, dis qu’il existe une autre réponse, à savoir que ces figures n’étaient pas entières ; elles étaient plutôt constituées de pièces de figures qu’il fallait assembler. Seules les figures complètes sont interdites.
וְאִיבָּעֵית אֵימָא, לְהִתְלַמֵּד שָׁאנֵי, דְּתַנְיָא: ״לֹא תִלְמַד לַעֲשׂוֹת״, אֲבָל אַתָּה לָמֵד לְהָבִין וּלְהוֹרוֹת.
Et si tu le souhaites, dis qu’il existe encore une autre réponse : Façonner des figures afin de s’instruire soi-même est différent, comme cela est enseigné dans une baraita au sujet du verset : « Tu n’apprendras pas à faire selon les abominations de ces nations » (Deutéronome 18:9) : Mais tu peux apprendre afin de comprendre la chose toi-même et l’enseigner aux autres. En d’autres termes, il est permis d’accomplir certains actes pour les besoins de l’étude de la Torah qui, autrement, seraient interdits.
רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אוֹמֵר וְכוּ׳. אֵיזוֹ הֵן מְכוּבָּדִין, וְאֵיזוֹ הֵן מְבוּזִּין?
§ La michna (42b) enseigne que Rabban Shimon ben Gamliel dit : Les figures qui se trouvent sur des récipients respectables sont interdites. Celles qui se trouvent sur des récipients méprisables sont permises. La Guemara demande : Quels récipients sont considérés comme respectables et lesquels sont considérés comme méprisables ?
אָמַר רַב: מְכוּבָּדִין — לְמַעְלָה מִן הַמַּיִם, מְבוּזִּין — לְמַטָּה מִן הַמַּיִם. וּשְׁמוּאֵל אָמַר: אֵלּוּ וָאֵלּוּ מְבוּזִּין הֵן, אֶלָּא אֵלּוּ הֵן מְכוּבָּדִין — שֶׁעַל הַשֵּׁירִין וְעַל הַנְּזָמִים וְעַל הַטַּבָּעוֹת.
Rav dit : Ces termes ne représentent pas différents types de récipients, mais plutôt l’emplacement de la figure sur le récipient. Un emplacement honorable pour une figure idolâtre est sur le côté du récipient, au-dessus du niveau de l’eau ou du contenu alimentaire ; un emplacement déshonorant est au-dessous du niveau de l’eau. Et Shmuel dit : Tant ceux-ci que ceux-là emplacements sur des ustensiles pour manger sont déshonorants. Au contraire, voici les emplacements honorables : sur des bracelets, ou sur des anneaux de nez, ou sur des bagues.
תַּנְיָא כְּוָותֵיהּ דִּשְׁמוּאֵל: מְכוּבָּדִין — שֶׁעַל הַשֵּׁירִין, וְעַל הַנְּזָמִים, וְעַל הַטַּבָּעוֹת; מְבוּזִּין — שֶׁעַל הַיּוֹרוֹת, וְעַל הַקּוּמְקְמֹסִין, וְעַל מְחַמֵּי חַמִּים, וְשֶׁעַל הַסְּדִינִין, וְעַל הַמִּטְפָּחוֹת.
La Guemara commente : Il est enseigné dans une baraitaconformément à l’opinion de Shmuel (Tosefta 5:1) : les endroits honorables pour des figures idolâtres sont sur des bracelets, ou sur des anneaux de nez, ou sur des bagues. Les endroits déshonorants sont sur de grands pots, ou sur de petites bouilloires [hakumkemasin], ou sur des samovars, ou sur des draps, ou sur des serviettes.
מַתְנִי׳ רַבִּי יוֹסֵי אוֹמֵר: שׁוֹחֵק וְזוֹרֶה לָרוּחַ, אוֹ מֵטִיל לַיָּם. אָמְרוּ לוֹ: אַף הוּא נַעֲשֶׂה זֶבֶל, שֶׁנֶּאֱמַר: ״לֹא יִדְבַּק בְּיָדְךָ מְאוּמָה מִן הַחֵרֶם״.
MICHNA :Rabbi Yossei dit : Lorsqu’on rencontre une idole, il faut la broyer et jeter la poussière au vent ou la jeter dans la mer. Les Sages lui dirent : À quoi cela sert-il ? Cela aussi procure à un Juif un bénéfice de l’idole, car elle devient de l’engrais pour ses cultures, or il est interdit d’en tirer le moindre bénéfice, comme il est dit : « Et rien des objets proscrits ne s’attachera à ta main » (Deutéronome 13:18).
גְּמָ׳ תַּנְיָא, אָמַר לָהֶם רַבִּי יוֹסֵי, וַהֲלֹא כְּבָר נֶאֱמַר: ״וְאֶת חַטַּאתְכֶם
GUEMARA :Il est enseigné dans une baraita (Tosefta 3:16) : Rabbi Yossei leur dit : Mais n’est-il pas déjà dit : « Et ton péché,