הָנֵי — אִין, צוּרַת דְּרָקוֹן — לָא!
Les Sages interprètent ce verset comme se référant aux constellations célestes, ce qui indique qu’il est interdit de former seulement ces figures, mais qu’il n’est pas interdit de former une figure de dragon.
אֶלָּא פְּשִׁיטָא בְּמוֹצֵא, וּכְדִתְנַן: הַמּוֹצֵא כֵּלִים וַעֲלֵיהֶם צוּרַת חַמָּה.
Au contraire, la Guemara conclut qu’il est évident que cette halakha fait référence à un cas où quelqu’un trouve un ustensile portant la figure d’un dragon, et c’est comme nous l’avons appris dans la michna : Dans le cas de celui qui trouve des ustensiles, et sur eux figure une image du soleil, une image de la lune ou une image d’un dragon, il doit les prendre et les jeter dans la mer Morte.
רֵישָׁא וְסֵיפָא בְּמוֹצֵא, וּמְצִיעֲתָא בְּעוֹשֶׂה?
La Guemara s’interroge sur le manque de cohérence entre les clauses de la déclaration de Rav Sheshet : Se peut-il que la première clause et la dernière clause se rapportent à un cas où quelqu’un trouve des ustensiles portant les figures spécifiées, tandis que la clause du milieu se rapporte à un cas où quelqu’un façonne ces figures ?
אָמַר אַבָּיֵי: אִין, רֵישָׁא וְסֵיפָא בְּמוֹצֵא, וּמְצִיעֲתָא בְּעוֹשֶׂה.
Abaye a dit : En effet, la première clause et la dernière clause se rapportent à des cas où l’on trouve des récipients avec des figures, et la clause du milieu se rapporte à un cas où l’on façonne des figures.
רָבָא אָמַר: כּוּלָּהּ בְּמוֹצֵא, וּמְצִיעֲתָא רַבִּי יְהוּדָה הִיא. דְּתַנְיָא: רַבִּי יְהוּדָה מוֹסִיף אַף דְּמוּת מְנִיקָה וְסַר אֲפֵיס. מְנִיקָה — עַל שֵׁם חַוָּה שֶׁמְּנִיקָה כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ, סַר אֲפֵיס — עַל שֵׁם יוֹסֵף שֶׁסָּר וּמֵפִיס אֶת כָּל הָעוֹלָם כּוּלּוֹ. וְהוּא דְּנָקֵיט גְּרִיוָא וְקָא כָיֵיל, וְהִיא דְּנָקְטָא בֵּן וְקָא מְנִיקָה.
Rava a dit : Toute la déclaration de Rav Sheshet se rapporte à un cas où l’on trouve des récipients portant ces figures, et la clause intermédiaire est conforme à l’opinion de Rabbi Yehuda. Comme il est enseigné dans une baraita que Rabbi Yehuda ajoute à la liste des figures interdites même une figure de femme allaitante et Sar Apis. La figure d’une femme allaitante est adorée car elle symbolise Ève, qui allaite le monde entier. La figure de Sar Apis est adorée car elle symbolise Joseph, qui a gouverné [sar] et apaisé [mefis] le monde entier en distribuant de la nourriture pendant les sept années de famine (voir Torah, chapitre 41). Mais la figure de Sar Apis n’est interdite que lorsqu’elle tient une mesure de denrées sèches et mesure avec celle-ci ; et la figure d’une femme allaitante n’est interdite que lorsqu’elle tient un enfant et l’allaite.
תָּנוּ רַבָּנַן: אֵיזֶהוּ צוּרַת דְּרָקוֹן? פֵּירֵשׁ רַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר: כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ צִיצִין בֵּין פְּרָקָיו. מַחְוֵי רַבִּי אַסִּי: בֵּין פִּרְקֵי צַוָּאר. אָמַר רַבִּי חָמָא בְּרַבִּי חֲנִינָא: הֲלָכָה כְּרַבִּי שִׁמְעוֹן בֶּן אֶלְעָזָר.
§ Les Sages ont enseigné : Qu’est-ce qu’une figure de dragon ? Rabbi Shimon ben Elazar a expliqué : C’est toute figure qui a des écailles entre ses articulations. Rabbi Asi fit un geste avec ses mains pour représenter des écailles entre les articulations du cou. Rabbi Ḥama, fils de Rabbi Ḥanina, dit : La halakha est conforme à l’opinion de Rabbi Shimon ben Elazar.
אָמַר רַבָּה בַּר בַּר חָנָה אָמַר רַבִּי יְהוֹשֻׁעַ בֶּן לֵוִי: פַּעַם אַחַת הָיִיתִי מְהַלֵּךְ אַחַר רַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר בְּרִיבִּי בַּדֶּרֶךְ, וּמָצָא שָׁם טַבַּעַת וְעָלֶיהָ צוּרַת דְּרָקוֹן, וּמָצָא גּוֹי קָטָן וְלָא אָמַר לוֹ כְּלוּם, מָצָא גּוֹי גָּדוֹל וְאָמַר לוֹ: בַּטְּלָהּ, וְלֹא בִּטְּלָהּ, סְטָרוֹ וּבִטְּלָהּ.
Rabba bar bar Ḥana dit que Rabbi Yehoshua ben Levi dit : Une fois, je suivais Rabbi Elazar HaKappar le Distingué sur la route, et il y trouva un anneau, sur lequel figurait l’image d’un dragon. Et il rencontra ensuite un jeune garçon non-juif mineur, mais ne lui dit rien. Puis il rencontra un non-juif adulte et lui dit : Révoque le statut idolâtre de l’anneau. Mais le non-juif ne le révoqua pas. Alors Rabbi Elazar HaKappar le gifla au visage, après quoi le non-juif céda et révoqua son statut idolâtre.
שְׁמַע מִינַּהּ תְּלָת: שְׁמַע מִינַּהּ גּוֹי מְבַטֵּל עֲבוֹדָה זָרָה שֶׁלּוֹ וְשֶׁל חֲבֵירוֹ, וּשְׁמַע מִינַּהּ יוֹדֵעַ בְּטִיב שֶׁל עֲבוֹדָה זָרָה וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ מְבַטֵּל, וְשֶׁאֵינוֹ יוֹדֵעַ בְּטִיב עֲבוֹדָה זָרָה וּמְשַׁמְּשֶׁיהָ אֵינוֹ מְבַטֵּל, וּשְׁמַע מִינַּהּ גּוֹי מְבַטֵּל בְּעַל כׇּרְחוֹ.
La Guemara commente : Apprends de cet incident les trois halakhot suivantes : Apprends-en qu’un gentil peut révoquer le statut idolâtre tant de son objet de culte idolâtre que de celui d’un autre gentil. Et apprends du fait que Rabbi Elazar HaKappar a attendu de trouver un gentil adulte, que seul quelqu’un qui est conscient de la nature du culte idolâtre et de ses accessoires peut révoquer le statut de l’idole, mais quelqu’un qui n’est pas conscient de la nature du culte idolâtre et de ses accessoires, tel qu’un mineur, ne peut pas révoquer le statut de l’idole. Et, enfin, apprends-en qu’un gentil peut révoquer le statut d’une idole même contre sa volonté.
מְגַדֵּף בַּהּ רַבִּי חֲנִינָא, וְלֵית לֵיהּ לְרַבִּי אֶלְעָזָר הַקַּפָּר בְּרִיבִּי הָא דִּתְנַן: הַמַּצִּיל מִן הָאֲרִי וּמִן הַדּוֹב וּמִן הַנָּמֵר וּמִן הַגַּיִיס וּמִן הַנָּהָר וּמִזּוֹטוֹ שֶׁל יָם וּמִשְּׁלוּלִיתוֹ שֶׁל נָהָר, וְהַמּוֹצֵא בִּסְרַטְיָא וּפְלַטְיָא גְּדוֹלָה, וּבְכׇל מָקוֹם שֶׁהָרַבִּים מְצוּיִן שָׁם — הֲרֵי אֵלּוּ שֶׁלּוֹ, מִפְּנֵי שֶׁהַבְּעָלִים מִתְיָיאֲשִׁין מֵהֶן?
Rabbi Ḥanina tourna cette décision en ridicule et demanda : Mais pourquoi était-il nécessaire qu’un non-Juif révoque activement le statut idolâtre de l’anneau ? Rabbi Elazar HaKappar le Distingué ne soutient-il pas conformément à ce que nous avons appris dans une baraita : Dans le cas de quelqu’un qui sauve un objet d’un lion, ou d’un ours, ou d’un guépard, ou d’une troupe de soldats, ou d’une rivière, ou de la marée de la mer, ou de la crue d’une rivière, ou de même quelqu’un qui trouve un objet sur une grande voie publique ou sur une grande place, ou d’ailleurs, n’importe où fréquenté par le public, dans tous ces cas, les objets lui appartiennent à lui, parce que les propriétaires désespèrent de les récupérer ? Par conséquent, dans le cas d’un anneau perdu portant une figure idolâtre, son statut idolâtre est automatiquement révoqué, puisque son propriétaire désespère de le récupérer.
אָמַר אַבָּיֵי: נְהִי דְּמִינַּהּ מִיָּיאַשׁ, מֵאִיסּוּרָא מִי מִיָּיאַשׁ? מֵימָר אָמַר: אִי גּוֹי מַשְׁכַּח לַהּ — מִפְלָח פָּלַח לַהּ, אִי יִשְׂרָאֵל מַשְׁכַּח לַהּ — אַיְּידֵי דְּדָמֶיהָ יְקָרִין מְזַבֵּין לַהּ לְגוֹי וּפָלַח לַהּ.
Abaye dit : Certes, le propriétaire renonce à récupérer l’objet lui-même, mais renonce-t-il à son statut interdit [me’issura] d’idolâtrie ? Le propriétaire ne suppose pas que l’objet ne sera plus jamais adoré ; au contraire, il se dit à lui-même : Si un non-Juif le trouve, il l’adorera. Si un Juif le trouve, puisqu’il a de la valeur, il le vendra à un non-Juif qui alors l’adorera. Par conséquent, Rabbi Elazar HaKappar a dû faire révoquer le statut idolâtre de l’anneau.
תְּנַן הָתָם: דְּמוּת צוּרוֹת לְבָנוֹת הָיָה לוֹ לְרַבָּן גַּמְלִיאֵל בַּעֲלִיָּיתוֹ, בְּטַבְלָא בַּכּוֹתֶל, שֶׁבָּהֶן מַרְאֶה אֶת הַהֶדְיוֹטוֹת, וְאוֹמֵר לָהֶן: כָּזֶה רְאִיתֶם אוֹ כָּזֶה רְאִיתֶם?
§ Nous avons appris dans une michna là-bas (Rosh HaShana 24a) : Rabban Gamliel avait des schémas des différentes formes de la lune dessinés sur une tablette qui était suspendue au mur de son grenier, qu’il montrait aux gens ordinaires [hahedyotot] qui venaient témoigner au sujet de l’observation de la nouvelle lune mais qui étaient incapables de décrire correctement ce qu’ils avaient vu. Et il leur disait : Avez-vous vu une image comme ceci, ou avez-vous vu une image comme cela ?
וּמִי שְׁרֵי? וְהָכְתִיב: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״, לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁים לְפָנַי!
La Guemara demande : Et est-il permis de former ces figures ? Mais n’est-il pas écrit : « Vous ne ferez pas avec Moi des dieux d’argent, ni des dieux d’or » (Exode 20:20), ce qui est interprété comme signifiant : Vous ne ferez pas de figures de Mes serviteurs qui servent devant Moi, c’est-à-dire ces corps célestes qui ont été créés pour servir Dieu, y compris le soleil et la lune.
אָמַר אַבָּיֵי: לֹא אָסְרָה תּוֹרָה אֶלָּא שַׁמָּשִׁין שֶׁאֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת כְּמוֹתָן,
En répondant, Abaye a dit : La Torah n’a interdit que les figures de ces serviteurs qu’il est possible de reproduire, quelque chose qui soit véritablement à leur ressemblance. Puisqu’il est impossible de reproduire le soleil et la lune, l’interdiction ne s’applique pas à ces entités.
כִּדְתַנְיָא: לֹא יַעֲשֶׂה אָדָם בַּיִת תַּבְנִית הֵיכָל, אַכְסַדְרָה תַּבְנִית אוּלָם, חָצֵר תַּבְנִית עֲזָרָה, שׁוּלְחָן תַּבְנִית שׁוּלְחַן, מְנוֹרָה תַּבְנִית מְנוֹרָה, אֲבָל הוּא עוֹשֶׂה שֶׁל חָמֵשׁ וְשֶׁל שֵׁשׁ וְשֶׁל שְׁמוֹנֶה, וְשֶׁל שֶׁבַע לֹא יַעֲשֶׂה אֲפִילּוּ שֶׁל שְׁאָר מִינֵי מַתָּכוֹת.
Comme il est enseigné dans une baraita : Une personne ne peut pas construire une maison à l’image exacte du Sanctuaire, ni un portique à l’image exacte du Vestibule du Sanctuaire, ni une cour correspondant à la cour du Temple, ni une table correspondant à la Table dans le Temple, ni un candélabre correspondant au Candélabre dans le Temple. Mais on peut fabriquer un candélabre de cinq, de six ou de huit lampes. Et on ne peut pas fabriquer un candélabre de sept lampes même s’il est fabriqué à partir d’autres types de métal plutôt qu’en or, car dans des circonstances atténuantes le Candélabre du Temple peut être fabriqué à partir d’autres métaux.
רַבִּי יוֹסֵי בַּר יְהוּדָה אוֹמֵר: אַף שֶׁל עֵץ לֹא יַעֲשֶׂה, כְּדֶרֶךְ שֶׁעָשׂוּ בֵּית חַשְׁמוֹנַאי.
La baraita continue : Rabbi Yossei bar Yehouda dit : On ne peut pas non plus fabriquer un candélabre en bois, de la manière dont les rois de la dynastie hasmonéenne l'ont fabriqué. Lorsqu'ils ont purifié le Temple pour la première fois, ils ont dû fabriquer la Ménorah en bois, car aucun autre matériau n'était disponible. Puisqu'un candélabre en bois convient au Temple, il est interdit d'en fabriquer un de ce type pour soi-même.
אָמְרוּ לוֹ: מִשָּׁם רְאָיָה? שַׁפּוּדִין שֶׁל בַּרְזֶל הָיוּ, (וְחוֹפִין) [וְחִיפּוּם] בְּבַעַץ, הֶעֱשִׁירוּ — עֲשָׂאוּם שֶׁל כֶּסֶף, חָזְרוּ וְהֶעֱשִׁירוּ — עֲשָׂאוּם שֶׁל זָהָב.
Les Sages dirent à Rabbi Yosei bar Yehuda : Cherches-tu à citer une preuve de là-bas, c’est-à-dire de l’époque hasmonéenne, qu’un candélabre fabriqué en bois convient au Temple ? À cette époque, les branches du Candélabre étaient faites de broches [shappudin] de fer, et ils les recouvrirent d’étain [beva’atz]. Plus tard, lorsqu’ils devinrent plus riches et purent se permettre un Candélabre d’un matériau de meilleure qualité, ils fabriquèrent le Candélabre en argent. Lorsqu’ils devinrent encore plus riches, ils fabriquèrent le Candélabre en or. En tout état de cause, Abaye prouve à partir de cette baraita que l’interdiction de former une figure ne s’applique qu’aux objets qui peuvent être reconstitués de manière exacte. Puisque cela n’est pas possible dans le cas de la lune, les figures de Rabban Gamliel étaient permises.
וְשַׁמָּשִׁין שֶׁאִי אֶפְשָׁר לַעֲשׂוֹת כְּמוֹתָן מִי שְׁרֵי? וְהָתַנְיָא: ״לֹא תַעֲשׂוּן אִתִּי״ — לֹא תַעֲשׂוּן כִּדְמוּת שַׁמָּשַׁי הַמְשַׁמְּשִׁים לְפָנַי בַּמָּרוֹם!
La Guemara demande : Est-il donc réellement permis de façonner des figures de ces serviteurs de Dieu au sujet desquels il est impossible de reproduire leur ressemblance ? Mais n’est-il pas enseigné dans une baraita que le verset : « Vous ne ferez pas avec Moi des dieux d’argent » (Exode 20:20), est interprété comme signifiant : Vous ne ferez pas de figures de Mes serviteurs qui officient devant Moi dans les hauteurs ? Apparemment, cela inclut le soleil et la lune.
אָמַר אַבָּיֵי:
Abaye a dit
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