שׁוֹטְטוֹת בּוֹ. הַשְׁתָּא כִּילְבִּית אַחַת אָמְרַתְּ שְׁרֵי, שְׁתֵּי כִּילְבִּיּוֹת מִבַּעְיָא? לָא קַשְׁיָא: כָּאן בִּפְתוּחוֹת, כָּאן בִּסְתוּמוֹת.
flottant dedans. La Guemara demande : Maintenant que tu as dit que la saumure qui n’a qu’un seul kilbit dedans est permise, est-il nécessaire d’enseigner que la saumure qui contient deux kilbiyot est elle aussi permise ? La Guemara explique que ce n’est pas difficile : Ici, deux kilbiyot sont requis pour permettre la saumure, car elle est contenue dans des tonneaux ouverts, mais là-bas, un seul est requis, puisqu’elle est dans des tonneaux scellés.
אִיתְּמַר: רַב הוּנָא אָמַר: עַד (שֶׁתְּהֵא) [שֶׁיְּהֵא] רֹאשׁ וְשִׁדְרָה נִיכָּר, רַב נַחְמָן אָמַר: אוֹ רֹאשׁ אוֹ שִׁדְרָה. מֵתִיב רַב עוּקְבָא בַּר חָמָא: וּבַדָּגִים כֹּל שֶׁיֵּשׁ לוֹ סְנַפִּיר וְקַשְׂקֶשֶׂת! אֲמַר אַבָּיֵי: כִּי תַּנְיָא הָהִיא בְּאָרָא וּפַלְמוּדָא, דְּדָמוּ רֵישַׁיְיהוּ לִטְמֵאִים.
§ Il a été enseigné que Rav Huna dit : le Tarit n’est pas permis à la consommation tant que sa tête et son arête dorsale ne sont pas reconnaissables. Rav Naḥman dit : Il est permis si soit la tête soit l’arête dorsale est reconnaissable. Rav Ukva bar Ḥama soulève une objection à partir d’une michna (Ḥullin 59a) : Et en ce qui concerne les poissons, tout poisson qui a des nageoires et des écailles est permis. De toute évidence, la cacherout des poissons est déterminée uniquement par leurs nageoires et leurs écailles, et non par leur tête ou leur arête dorsale. Abaye a dit : Lorsque cette michna est enseignée, c’est en référence aux poissons ara’a et falmuda, dont les têtes ressemblent aux têtes de poissons non casher.
אָמַר רַב יְהוּדָה מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: מַחְלוֹקֶת לְטַבֵּל בְּצִירָן, אֲבָל בְּגוּפָן — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר עַד שֶׁיְּהֵא רֹאשׁ וְשִׁדְרָה נִיכָּר. אָמַר רַבִּי זֵירָא: מֵרֵישׁ הֲוָה מְטַבֵּילְנָא בְּצִירָן, כֵּיוָן דִּשְׁמַעְנָא לְהָא דְּאָמַר רַב יְהוּדָה מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: מַחְלוֹקֶת לְטַבֵּל בְּצִירָן, אֲבָל בְּגוּפָן — דִּבְרֵי הַכֹּל אָסוּר עַד שֶׁיְּהֵא רֹאשׁ וְשִׁדְרָה נִיכָּר, בְּצִירָן נָמֵי לָא מְטַבֵּילְנָא.
La Guemara analyse le différend entre Rav Houna et Rav Naḥman. Rav Yehouda a dit au nom de Oulla : Le différend s'applique au fait de tremper des aliments dans leur saumure, mais en ce qui concerne le fait de manger leurs corps réels, tout le monde est d'accord pour dire que cela est interdit jusqu'à ce que la tête et la colonne vertébrale soient reconnaissables. La Guemara note que Rabbi Zeira a dit : Au début, je trempais des aliments dans leur saumure, mais une fois que j'ai entendu ce que Rav Yehouda a dit au nom de Oulla : Le différend ne porte que sur le fait de tremper des aliments dans leur saumure, mais en ce qui concerne le fait de manger leurs corps réels, tout le monde est d'accord pour dire que cela est interdit jusqu'à ce que la tête et la colonne vertébrale soient reconnaissables ; moi non plus, je ne trempe plus des aliments dans leur saumure.
אָמַר רַב פָּפָּא, הִלְכְתָא: עַד שֶׁיְּהֵא רֹאשׁ וְשִׁדְרָה נִיכָּר שֶׁל כׇּל אַחַת וְאַחַת. מֵיתִיבִי: חֲתִיכוֹת שֶׁיֵּשׁ בָּהֶן סִימָן, בֵּין בְּכוּלָּן בֵּין בְּמִקְצָתָן, וַאֲפִילּוּ בְּאֶחָד מִמֵּאָה שֶׁבָּהֶן — כּוּלָּן מוּתָּרוֹת, וּמַעֲשֶׂה בְּגוֹי אֶחָד שֶׁהֵבִיא גָּרָב שֶׁל חֲתִיכוֹת, וְנִמְצָא סִימָן בְּאַחַת מֵהֶן, וְהִתִּיר רַבָּן שִׁמְעוֹן בֶּן גַּמְלִיאֵל אֶת הַגָּרָב כּוּלּוֹ!
Rav Pappa a dit : La halakha est que le tarit est interdit jusqu’à ce que la tête et l’arête de chacun et de chaque poisson soient reconnaissables. La Guemara soulève une objection à la déclaration de Rav Pappa à partir d’une baraita : En ce qui concerne des morceaux de poisson qui ont un signe de cacherout, que ce signe soit présent dans tous ou seulement dans une minorité d’entre eux, et même s’il est présent dans un seul poisson sur cent, ils sont tous permis. Et il y eut un incident impliquant un certain gentil qui apporta une grande jarre de morceaux de poisson, et un signe de cacherout fut trouvé dans l’un d’eux, et Rabban Shimon ben Gamliel permit la jarre entière de poisson. Cela contredit apparemment l’affirmation de Rav Pappa selon laquelle tous les morceaux doivent être reconnaissables pour être permis.
תַּרְגְּמַהּ רַב פָּפָּא: כְּשֶׁחֲתִיכוֹת שָׁווֹת. אִי הָכִי, מַאי לְמֵימְרָא? מַהוּ דְּתֵימָא נֵיחוּשׁ דִּלְמָא אִתְרְמִי, קָא מַשְׁמַע לַן.
Rav Pappa a interprété cette baraita comme se référant à un cas où les morceaux correspondent les uns aux autres, c’est-à-dire qu’ils s’emboîtent de sorte qu’il est clair qu’ils proviennent tous du même poisson. La Guemara soulève une difficulté : Si tel est le cas, quel est l’intérêt d’énoncer cela explicitement ? Si les morceaux correspondent, il est évident qu’ils sont permis, puisqu’ils proviennent manifestement du même poisson casher. La Guemara explique que cela a été enseigné de peur que tu ne dises qu’il faut craindre que peut-être les morceaux n’aient simplement fini par s’emboîter ; la baraita nous enseigne donc que, dans un tel cas, les morceaux sont permis.
הָהוּא אַרְבָּא דְּצַחַנְתָּא דַּאֲתַי לְסִיכְרָא, נְפַק רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא וַחֲזָא בֵּיהּ קִלְפֵי וְשַׁרְיֵיהּ. אֲמַר לֵיהּ רָבָא: וּמִי אִיכָּא דְּשָׁרֵי כְּהַאי גַּוְונָא בְּאַתְרָא דִּשְׁכִיחִי קִלְפֵי? נָפֵק שִׁיפּוּרֵי דְּרָבָא וְאָסַר, שִׁיפּוּרֵי דְּרַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא וְשָׁרֵי.
La Guemara rapporte qu’il y avait un certain bateau transportant de la tzaḥanta qui arriva dans la ville de Sikhra. Rav Houna bar Ḥinnana sortit et vit que les poissons avaient des écailles et les permit, car tout poisson ayant des écailles est casher. Rava lui dit : Mais y a-t-il quelqu’un qui permette la tzaḥanta dans un cas comme celui-ci, lorsqu’elle vient d’un endroit où les poissons à écailles sont courants et qu’il est très possible que les écailles proviennent de poissons casher qui avaient été auparavant dans le bateau ? Des shofarot sortirent du tribunal de Rava pour proclamer une annonce publiant sa décision, et il interdit ainsi tous les poissons de ce bateau. Et des shofarot sortirent du tribunal de Rav Houna bar Ḥinnana, et il permit ainsi les poissons.
אָמַר רַב יִרְמְיָה מִדִּפְתִּי: לְדִידִי אָמַר לִי רַב פַּפֵּי, כִּי שְׁרָא רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא — בְּצִירָן, אֲבָל בְּגוּפָן לָא. אָמַר רַב אָשֵׁי: לְדִידִי אָמַר לִי רַב פָּפָּא, כִּי שְׁרָא רַב הוּנָא בַּר חִינָּנָא — אֲפִילּוּ בְּגוּפָן.
La Guemara présente deux interprétations de la décision ci-dessus. Rav Yirmeya de Difti a dit : Rav Pappi m’a dit que lorsque Rav Huna bar Ḥinnana a permis les poissons sur le bateau, il faisait référence uniquement à leur saumure, mais en ce qui concerne leurs corps, non, il ne les a pas permis. Rav Ashi a dit : Rav Pappa m’a dit que lorsque Rav Huna bar Ḥinnana a permis les poissons, il faisait référence même à leurs corps.
וַאֲנָא לָא מֵיסָר אָסַרְנָא, דְּקָאָמַר לִי רַב פָּפָּא, וְלָא מִישְׁרֵא שָׁרֵינָא, דְּהָא אָמַר (לִי) רַב יְהוּדָה מִשְּׁמֵיהּ דְּעוּלָּא: מַחְלוֹקֶת לְטַבֵּל בְּצִירָן, אֲבָל בְּגוּפָן — דִּבְרֵי הַכֹּל עַד שֶׁיְּהֵא רֹאשׁ וְשִׁדְרָה נִיכָּר שֶׁל כׇּל אֶחָד וְאֶחָד.
Rav Ashi poursuivit : Et moi, je n’interdis pas le poisson, comme Rav Pappa me l’a dit, à savoir que Rav Houna l’a permis, mais moi non plus je ne le permets pas, comme Rav Yehouda me l’a dit au nom de Oulla, selon quoi le désaccord entre Rava et Rav Houna bar Ḥinnana concerne le fait de tremper des aliments dans leur saumure, mais en ce qui concerne la consommation de leurs corps réels, tout le monde est d’accord que cela est interdit jusqu’à ce que la tête et l’arête de chacun et de tous les poissons soient reconnaissables.
יָתֵיב רַב חִינָּנָא בַּר אִידִי קַמֵּיהּ דְּרַב אַדָּא בַּר אַהֲבָה, וְיָתֵיב וְקָאָמַר: גּוֹי שֶׁהֵבִיא עֲרֵיבָה מְלֵאָה חָבִיּוֹת, וְנִמְצֵאת כִּילְבִּית בְּאַחַת מֵהֶן — פְּתוּחוֹת, כּוּלָּן מוּתָּרוֹת; סְתוּמוֹת, הִיא מוּתֶּרֶת וְכוּלָּן אֲסוּרוֹת. אֲמַר לֵיהּ: מְנָא לָךְ הָא? מִתְּלָתָא קְרָאֵי שְׁמִיעַ לִי, מֵרַב וּשְׁמוּאֵל וְרַבִּי יוֹחָנָן.
Rav Ḥinnana bar Idi était assis devant Rav Adda bar Ahava, et il s’assit et dit : En ce qui concerne un non-Juif qui apporta un bateau qui était plein de tonneaux de saumure de poisson, et qu’un kilbit fut trouvé dans l’un d’eux, la halakha est la suivante : si les tonneaux étaient ouverts, ils sont tous permis ; s’ils étaient fermés, alors le tonneau contenant le kilbit est permis, et tous les autres sont interdits. Rav Adda bar Ahava lui dit : D’où sais-tu cela ? Rav Ḥinnana bar Idi répondit : J’ai entendu cela de trois versets, c’est-à-dire de grands Sages sur lesquels on peut s’appuyer comme si leurs paroles étaient consignées dans des versets : de Rav, Shmuel et Rabbi Yoḥanan.
אָמַר רַב בְּרוֹנָא אָמַר רַב: קִירְבֵי דָּגִים וְעוּבָּרָן אֵין נִקָּחִין אֶלָּא מִן הַמּוּמְחֶה. רָמֵי לֵיהּ עוּלָּא לְרַבִּי דּוֹסְתַּאי דְּמִן בֵּירֵי, מִדְּקָאָמַר רַב: קִירְבֵי דָּגִים וְעוּבָּרָן אֵין נִקָּחִין אֶלָּא מִן הַמּוּמְחֶה — מִכְּלָל דְּדָג טָמֵא אִית לֵיהּ עוּבָּר, וּרְמִינְהִי: דָּג טָמֵא מַשְׁרִיץ, דָּג טָהוֹר מֵטִיל בֵּיצִים!
§ La Guemara discute de la halakha concernant d’autres parties du poisson. Rav Beruna dit que Rav dit : Les intestins de poisson et leurs œufs ne peuvent être achetés qu’auprès d’un expert. Oulla soulève une contradiction à Rabbi Dostaï de Biri : Du fait que Rav dit : Les intestins de poisson et leurs œufs ne peuvent être achetés qu’auprès d’un expert, on peut déduire qu’un poisson non casher a des œufs, car sinon il n’y aurait aucune raison de permettre uniquement des œufs achetés auprès d’un expert. Et la Guemara soulève une contradiction à cette affirmation à partir de la baraita suivante : Un poisson non casher met bas tandis qu’un poisson casher pond des œufs.
סְמִי מִכָּאן ״עוּבָּרָן״. אֲמַר לֵיהּ רַבִּי זֵירָא: לָא תִּיסְמֵי, תַּרְוַיְיהוּ מְטִילֵי בֵּיצִים נִינְהוּ, אֶלָּא זֶה מַשְׁרִיץ מִבַּחוּץ, וְזֶה מַשְׁרִיץ מִבִּפְנִים.
Rabbi Dostaï accepta cet avis et dit : Supprimez l’expression : Leurs œufs, d’ici. Rabbi Zeira lui dit : Ne la supprime pas, car tous deux, les poissons casher et non casher, sont des poissons qui pondent, c’est-à-dire produisent, des œufs, mais ce poisson casher se reproduit extérieurement en pondant des œufs dans l’eau, qui éclosent ensuite, tandis que ce poisson non casher se reproduit intérieurement en gardant les œufs dans son propre corps jusqu’à ce qu’ils se développent. Néanmoins, tous deux produisent des œufs, et il y a donc lieu de craindre qu’un Juif n’achète des œufs non casher.
לְמָה לִי מוּמְחֶה? לִבְדּוֹק בְּסִימָנִין! דְּתַנְיָא: כְּסִימָנֵי בֵיצִים כָּךְ סִימָנֵי דָגִים. סִימָנֵי דָגִים סָלְקָא דַּעְתָּךְ? סִימָנֵי דָגִים ״סְנַפִּיר וְקַשְׁקֶשֶׁת״ כְּתִיב בְּהוּ! אֶלָּא, כְּסִימָנֵי בֵיצִים כָּךְ סִימָנֵי עוּבְּרֵי דָגִים.
La Guemara demande : Mais malgré cela, pourquoi ai-je besoin d’un expert ? Que l’on vérifie les signes de cacherout sur les œufs de poisson soi-même, comme il est enseigné dans une baraita : Comme les signes des œufs d’oiseau, tels sont les signes des poissons. La Guemara intervient : Est-ce que tu pourrais penser que les signes de cacherout des poissons sont les mêmes que les signes de cacherout des œufs ? Ce n’est pas le cas, car les signes du poisson casher sont la présence de nageoires et d’écailles, comme il est écrit à leur sujet dans la Torah. Plutôt, la baraita veut dire : Comme les signes des œufs d’oiseau, tels sont les signes des œufs de poisson.
וְאֵלּוּ הֵן סִימָנֵי בֵיצִים: כֹּל שֶׁכּוֹדֶרֶת וַעֲגוּלְגֹּלֶת, רֹאשָׁהּ אֶחָד כַּד וְרֹאשָׁהּ אֶחָד חַד — טְהוֹרָה, שְׁנֵי רָאשֶׁיהָ חַדִּין וּשְׁנֵי רָאשֶׁיהָ כַּדִּין — טְמֵאָה, חֶלְמוֹן מִבַּחוּץ וְחֶלְבּוֹן מִבִּפְנִים — טְמֵאָה, חֶלְבּוֹן מִבַּחוּץ וְחֶלְמוֹן מִבִּפְנִים — טָהוֹר, חֶלְבּוֹן וְחֶלְמוֹן מְעוֹרָבִין זֶה בָּזֶה — זוֹ הִיא בֵּיצַת הַשֶּׁרֶץ. אָמַר רָבָא: כְּשֶׁנִּימּוֹחוּ.
La baraita continue : Et voici les signes des œufs d’oiseau : Tout œuf qui se rétrécit vers le haut et est arrondi, de sorte que l’une de ses extrémités est large et l’autre de ses extrémités est pointue est casher. Si ses deux extrémités sont pointues ou si ses deux extrémités sont larges, il est non casher. Si le jaune est à l’extérieur et le blanc est à l’intérieur, il est non casher ; si le blanc est à l’extérieur et le jaune est à l’intérieur, il est casher. Si le jaune et le blanc sont mélangés l’un à l’autre, c’est l’œuf d’un animal rampant. Étant donné qu’on peut facilement déterminer la cacherout de tels œufs, pourquoi seuls ceux achetés auprès d’un expert sont-ils permis ? Rava dit : La décision de Rav se rapporte spécifiquement à un cas où les œufs ont fondu ensemble et où il est impossible de déterminer s’ils sont casher ou non sur la base de ces signes.
וּלְרַבִּי דּוֹסְתַּאי דְּמִן בֵּירֵי, דְּאָמַר: סְמִי מִכָּאן ״עוּבָּרָן״,
La Guemara demande : Mais selon l’opinion de Rabbi Dostaï de Biri, qui a accepté l’idée que les poissons non casher ne pondent pas d’œufs et dit : Supprimez d’ici l’expression : Leurs œufs, cela est difficile.